La grande épopée du Capitaine Jack Sparrow



Résumé : Post At World's End, Jack Sparrow a tourné le dos à Will & Elizabeth et s'apprête à vivre de nouvelles aventures... Il cherche une quête qui lui permettra de transformer sa vie en épopée légendaire

 

Genre : Romance, Humour

 

Rating : K+

 

Note : Ecrit dans le cadre des Nuits du FoF, 60 minutes pour un thème. Le mot était : épopée


La grande épopée du Capitaine Jack Sparrow

Alors que Jack, enfin le Capitaine Jack Sparrow, étreignait d’une main aussi caressante que jalouse la barre du Black Pearl, il ouvrit son compas, un sourire au coin des lèvres. Sourire qui disparut bien vite en constatant que l’aiguille ne cessait de tourner sur elle-même, incapable de se fixer.

« Mais non, couina-t-il. Je sais exactement ce que je veux ! Être le plus grand des pirates et que l’on parle de moi jusque dans les livres ! Je veux que ma vie soit tellement incroyable qu’elle ressemble à l’épopée d’Ulysse ! Voilà ce que je veux, stupide compas détraqué. »

En dépit des insultes et des affirmations de Jack, l’aiguille ne daigna pas se fixer et le pirate couina de nouveau. Cette fois avec une intense frustration.

 

« Jack, où allons-nous maintenant ? l’interrogea Gibbs une lueur au fond des yeux. Chercher un trésor maudit ? Ou poignarder le cœur de Jones, enfin de Turner, ouais non, ça se fait pas… Non, je sais, nous allons capturer une sirène et mettre fin à toutes les malédictions du monde marin ! »

Le pirate sourit. Toutes ces options le séduisaient bien ! 

« Et la Fontaine de Jouvence ! L’immortalité, bava Gibbs. Du rhum à perte de vue et une ivresse éternelle. »

 

Jack sentit sa bouche s’assécher. Ça c’était encore mieux que tout le reste… Immortel avec des tonneaux de rhum et des tonnes d’aventures à vivre ! De Port Royal jusqu’à Singapour en passant par Libertalia, les océans résonneraient de ses exploits et il deviendrait le plus célèbre des pirates !

« Je veux trouver la Jouvence de Fontaine », répéta-t-il à son compas, mélangeant les mots tant il était impatient de poursuivre sa légende.

 

L’aiguille se contenta d’opérer un va et vient moqueur sur le cadran de son compas.

 

Agacé, Jack le referma d’un coup sec et confia la barre à Gibbs, même si le second était déjà clairement plus imbibé que lui.

 

Après avoir sifflé deux bouteilles de rhum, Jack ouvrit de nouveau son compas.

« Allez, chuis prêt, dis-moi où se trouve mon immortalité, rota-t-il. J’veux vivre une telle épopée que personne n’oubliera jamais le Captain Jack ! »

Le compas persista dans son incertitude et Jack le referma avec colère. Encore une bouteille de rhum ? 

 

Une bouteille plus tard, la bouche pâteuse, Jack se pencha sur son compas.

« Allez-vas-y, montre-moi ce que je désire ! J’veux être immortel et vivre une épopée à la Turner, enfin sans les tentacules et la malédiction », hoqueta Jack.

A sa grande surprise, l’aiguille s’immobilisa enfin, indiquant les eaux qu’ils venaient juste de quitter.

« La Fontaine de Joucenve est là-bas ? » bredouilla le pirate, un peu surpris.

Enfin, si le compas le disait, il n’allait pas le contrarier...

 

Jack plissa les yeux en découvrant le bout de terre devant lui. 

Molokai.

L’île où il avait débarqué Elizabeth Swann, non Turner, quelques jours plus tôt.

« Pourquoi on est revenu là, Jack ? C’est not’ point de départ », remarqua un Gibbs pas si aviné qu’il y paraissait.

Le pirate haussa légèrement les épaules.

« Qu’est-ce que j’en sais, peut-être que par un étrange fait du hasard, la Fontaine de Jouvence se trouve précisément sur cette île. »

 

Sans attendre la réaction de Gibbs, Jack ordonna à grand renfort de gestes désordonnés que l’on mette une chaloupe à la mer.

 

Il débarqua sur le sable rose de la petite île et, le compas en main, suivit la direction qu’il lui indiquait. Au bout de presque une heure de marche, il parvint devant une cabane mal construite et un peu bancale. Interloqué, Jack regarda la ruine puis son compas. Aucun doute, l’aiguille pointait clairement dans cette direction. Résigné, mais néanmoins curieux, Jack pénétra dans la cabane.

 

« Jack ! Mais, qui vous a permis d’entrer ici ? »

Un soufflet violemment administré lui mit la tête à l’envers et le capitaine reconnut la furie… Enfin Elizabeth… Dite aussi la petite traitresse pirate qui n’avait pas hésité à le tromper avec un baiser pour faire de lui de la chair à Kraken…

« Bugger, ce compas est vraiment détraqué, marmonna Jack.

— Vous êtes encore ivre, c’est ça ! Vous êtes réellement répugnant », lui jeta Elizabeth avec un mépris un peu surjoué.

Le pirate la fixa quelques secondes. Les joues un peu rouges et la poitrine se soulevant sous sa chemise, la jeune femme avait l’air furieuse.

 

Les mots qu’il avait prononcés un peu plus tôt lui revinrent brusquement en mémoire : « vivre une épopée à la Turner, enfin, sans les tentacules et la malédiction… » c’était ce qu’il avait souhaité et, à présent, il se retrouvait face à une Elizabeth en chemise presque transparente.

« Bugger, c’est un cauchemar, siffla le pirate.

— Je ne suis pas non plus ravie de vous voir vous imposer chez moi, rétorqua Elizabeth.

— Chez vous ? Une ruine pareille ? se moqua Jack. Allons, trésor, vous valez mieux que ça.

— Sûrement, reconnut Elizabeth sans le moindre complexe. Mais visiblement, c’est la seule chose qui est à ma portée actuellement. Bien sûr, les choses pourraient s’améliorer, si quelqu’un, disons un pirate sans peur mais avec un peu d’honneur, m’aidait à rejoindre Port Royal afin de récupérer le contenu du coffre fort de mon père… »

Le ton de la jeune femme s’était fait enjôleur et Jack sentit sa bouche s’assécher. Un coup d’œil à son compas lui confirma ses pires craintes… L’aiguille indiquait à présent sans la moindre hésitation la direction de Port Royal. 

 

Avec un sentiment d’impuissance, le pirate fit signe à Elizabeth de le suivre et, tout en regagnant sa chaloupe, il songea à ce que la jeune femme l’avait déjà poussé à faire : un séjour au Purgatoire, affronter Jones, voter pour un autre que lui au conseil des pirates, renoncer à l’immortalité… Se faire manger par le Kraken ! 

 

« Après vous, Lizzie, sourit-il en l’invitant à prendre place dans la fragile embarcation.

— Vous ramez, moi j’ai horreur de ça, pesta la jeune femme en s’asseyant.

— Bien sûr mon ange », soupira Jack, blasé.

 

Il devait s’y résoudre… Elizabeth Swann était sa grande épopée… Sans elle, sa vie serait un peu moins flamboyante.

 


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