Chapitre 4 Le choix

Le surnom de Judas que Jenny avait fort opportunément trouvé colla longtemps à la peau de Rebecca. La petite fille passa de longues heures à pleurer, au milieu de l’indifférence de ses compagnons de chambre. Seul, Tim consentait à lui manifester un peu d’affection et remplaçait peu à peu dans l’esprit de Rebecca le frère qu’elle n’avait même pas eu le temps de pleurer.

 

Dans l’orphelinat, le temps passait lentement et Rebecca avait vite compris que si les sœurs s’acquittaient avec soin de la dispense de leçons de morale, il en allait tout autrement lorsqu’il s’agissait de montrer de la compassion envers les « pauvres orphelins » dont elles avaient la garde. Seule Sœur Marie de la Compassion portait avec fierté son nom de religieuse et Rebecca trouvait souvent refuge dans les jupons de la bonne sœur.

 

Cela faisait maintenant plus d’un an qu’elle avait passé les portes de l’orphelinat et Rebecca adressa une pensée émue à son père tandis qu’elle balayait la cour ainsi qu’on le lui avait ordonné. La petite fille tenta tant bien que mal de se souvenir des traits du visage de son père mais comme ceux de Will et d’Arabella avant lui, ceux-ci s’étaient envolés… De Reece, elle ne gardait que le souvenir des paroles rassurantes, des bras consolateurs, de la promesse de ne jamais la laisser. Sauf que comme toutes les promesses des adultes, celle-ci était fausse. Arabella avait promis d’être là à son retour et elle était morte. Will avait promis de toujours l’attendre et il était parti. Bill Turner avait promis de revenir et il ne l’avait jamais fait. Et enfin Reece…. Qui avait juré qu’ils se reverraient.

 

Rebecca essuya ses yeux d’une main tremblante et Tim s’approcha d’elle.

«  Becky faut que tu t’y remettes, la sœur elle te regarde. »

Rebecca releva le visage et croisa la mine pincée de la Sœur économe.

«  Je m’en fiche.

- Tu vas encore finir au trou. » prédit Tim.

Comme pour lui donner raison, la sœur économe s’approcha d’elle.

«  Passe le balais Rebecca.

- Pourquoi ? » Répondit la petite avec insolence.

La sœur posa son regard sévère sur elle.

«  Parce qu’à ton âge la seule perspective que tu aies est de trouver une famille prête à te prendre en tant que domestique. »

 

Rebecca écarquilla les yeux, indignée, tandis que la perfide Jenny s’approchait d’elle.

« Sauf que personne te prendra, même comme domestique pasque t’es qu’un sale Judas. »

Rebecca frissonna et se tourna vers elle.

«  Et toi ? Je croyais qu’la duchesse viendrait te chercher dès qu’y aurait pu de danger ??? »

Jenny releva son visage de fouine.

«  En attendant, elle m’a envoyé un tas de friandises. Mais toi personne ne t’envoie jamais rien. »

 

Rebecca retint ses larmes. Jenny avait raison, elle avait reçu des friandises dont tout le dortoir s’était régalé, excepté elle.

«  Adoption !!! » Cria une petite fille en se précipitant vers la cour.

Rebecca soupira. C’était toujours comme ça, les riches venaient faire leur marché parmi eux mais aucun d’eux ne s’arrêtaient sur les plus âgés. Les bambins avaient leur préférence. Toutefois, une pause était la bienvenue et la petite reposa son balai avant de rejoindre les autres.

 

Cette fois, l’homme était seul. Il ignora les bambins et se dirigea vers les plus grands. Rebecca retint son souffle et suivit des yeux son uniforme. C’était le même que celui de l’homme qui l’avait amenée ici. Il s’appelait, James, James…. Rebecca soupira. Elle avait oublié son nom comme elle avait oublié le reste. L’homme posa un regard exercé sur les plus grands et désigna trois garçons.

«  Ceux-là me paraissent d’une robuste constitution.

- Assurément, » confirma la sœur économe.

Rebecca jeta un regard éloquent à Tim, tout le monde savait que le grand David prenait froid au premier coup de vent.

«  Il recrute » souffla Tim.

 

Rebecca lui jeta un regard surpris.

«  Quoi ??

- Pour la Navy, » murmura Tim.

Rebecca tourna le visage vers l’homme sévère qui leur faisait face.

«  Toi. » déclara-t-il à Tim qui s’avança d’un pas.

Eperdue, Rebecca referma sa main sur le plastron du garçon.

«  Non !! »

Tim frémit et se tourna vers elle, furieux.

«  Arrête imbécile, tu ne vois pas que c’est ma chance ? »

Rebecca recula et des larmes montèrent à ses yeux.

«  Mais t’avais dit… commença-t-elle.

- De quoi faire un robuste soldat, apprécia le recruteur. Je le prends aussi, il est jeune mais il a l’air sain. Comment t’appelles-tu mon garçon ?

- Tim M’sieur.

- On dit mon Capitaine mais tu apprendras, rejoins les autres. » Ordonna l’homme tout en continuant son examen.

 

Tim avança d’un pas et Rebecca agrippa sa manche.

«  Tim !! Tu ne vas le suivre, c’est, c’est un soldat !!! Il ne veut pas t’adopter, il veut t’enrôler.

- M’enroquoi ??? Demanda Tim.

- Te faire devenir soldat !! » Souffla Rebecca en le tirant vers elle.

Contrairement à ce qu’elle avait espéré, le visage de Tim se fendit d’un sourire.

«  Tu crois que je l’ignore bécasse ? Mais tout vaut mieux plutôt que de rester ici

- Mais Tim, tu avais promis de jamais me laisser. » Protesta Rebecca.

Tim posa un regard bravache sur elle.

«  Bah c’était avant, t’en fait pas Becky tu t’en sortiras. » lâcha-t-il avant de se dégager de l’étreinte de la petite fille.

Les larmes aux yeux, Rebecca le regarda sans comprendre.

«  TIM !!!! »

Le jeune garçon avança sans se retourner et Rebecca fondit en larmes.

«  C’est qui ? Ta petite sœur ? Demanda l’officier à Tim.

- Non m’sieur, j’veux dire c’ptaine, c’est personne.

- C’est bien mon gars, quand tu rentres dans la Navy tu regardes plus en arrière.

- Oui, Mons, C’ptaine. » Se reprit Tim.

 

Effondrée, Rebecca vit le jeune garçon s’éloigner sans un regard en arrière. La rage au cœur, la petite fille songea que, non, décidément on ne pouvait croire personne.

 

 

()()

 

Le soir venu, Rebecca pleura longuement l’absence de Tim que les sœurs avaient rapidement remplacé par un garçonnet malingre prénommé David.

«  Bah alors on dirait que Judas a perdu son protecteur, pavoisa Jenny. Snif, snif, snif….

- Tais-toi salope, » ragea Rebecca.

 

Jenny rougit sous l’insulte et se jeta sur elle.

«  Retire ce que tu viens de dire sale bâtarde !!!

- Chuis pas une bâtarde !!!! Ma maman c’était Laura Smith et mon papa Connor Reece et maman Arabella elle s’est occupée de moi !!! » Hurla Rebecca.

Un silence de plomb tomba sur la chambrée tandis que Sœur Marie de la Compassion s’avançait.

«  Dans le couloir Rebecca.

- Mais c’est elle qui …

- Dans le couloir »

 

La mort dans l’âme, Rebecca obéit et la sœur la rejoignit.

«  Je croyais que nous avions réglé cette histoire Rebecca.

- Mais c’est Jenny, protesta Rebecca.

- Tais-toi !!!!! Ordonna la sœur. Je ne vœux plus jamais t’entendre parler de pirates tu as compris ?

- Mais…. C’est ma maman. » Se rebiffa Rebecca.

La gifle la prit par surprise et la petite fille posa une main tremblante sur sa joue. Sœur Marie la fixa.

«  Pardon Rebecca, mais il est temps que tu grandisses et que tu oublies tout ça. »

 

Rebecca, le visage buté, ne répondit pas. En une journée, le monde qu’elle s’était construit avait volé en éclats. Tim l’avait abandonnée sans un regard en arrière et maintenant, la sœur Marie venait de la rejeter. Tout ça en raison de sa naissance.

«  Je vous déteste, cracha Rebecca. Ma mère est un pirate et je ne l’oublierai pas !!!! SALOPE ! »

 

La sœur blêmit et la traina tout le long du couloir.

«  Impertinente, ils auraient mieux fait de te pendre avec ton père. » lui  lança-t-elle avant de la jeter dans une cellule glaciale.

Restée seule, Rebecca versa des larmes amères sur sa vie.

 

Une fois que ce fut fait, elle comprit que le passé était mort et qu’elle n’avait personne sur qui se reposer, excepté elle-même. Elle venait d’avoir onze ans dans l’indifférence générale.

 

()()

 

Après ce fameux anniversaire désastreux, Rebecca ne noua plus la moindre relation avec d’autres enfants au-delà de ce que les circonstances les forçaient à partager. La petite fille regardait avec philosophie la petite cour qui s’était constituée autour de Jenny grandir et prendre possession du dortoir. Lorsque Susan, une petite fille au visage de fouine décréta qu’elle souhaitait prendre le lit de Rebecca afin d’être plus proche de sa chère Jenny, Rebecca ne protesta pas. Elle ramassa ses maigres affaires et rejoignit la paillasse qui se trouvait à l’autre bout du dortoir, à côté de la fenêtre qui fermait mal.

 

Lorsque la Sœur Marie de la Compassion s’émut de ce déménagement impromptu, Rebecca la regarda sans répondre. Elle n’avait pas oublié les paroles qui avaient accompagnées la gifle et la Sœur eut beau tenter de se rapprocher d’elle, Rebecca ne céda pas. Elle avait été trop cruellement déçue pour accorder de nouveau sa confiance.

 

La leçon qu’elle avait reçue ce jour-là porta également ses fruits. Rebecca n’évoqua plus jamais ce qu’elle avait coutume d’appeler « sa première vie » quand elle y pensait à la faveur de la solitude nocturne. Envolées les histoires de pirates et les souvenirs de Cornwallis, peu à peu, Rebecca se força à les oublier parce que se les rappeler était trop douloureux.

 

A la grande satisfaction de la Mère Supérieure, Rebecca était donc devenue une orpheline disciplinée et obéissante et la femme y vit une confirmation divine de ses méthodes d’éducation. Puisque cela avait fonctionné pour la jeune rebelle, cela ne pouvait être mauvais. Rebecca, elle, refusait toute tentative des sœurs qui, voyant en elle une enfant docile, cherchaient à s’en rapprocher.

 

En vérité, le seul endroit où Rebecca se plaisait c’était dans la froide bibliothèque des Sœurs. Ici, à travers les livres saints dont elle lisait les histoires elle devenait tantôt, Jonas, tantôt Jézabel. Un jour, la sœur bibliothécaire s’avisa de sa présence régulière.

«  Rebecca ? Tu viens souvent ici, tu sais donc lire ?

- Un peu, mentit la petite, sur ses gardes.

- Et qu’est-ce que tu aimes dans la Bible ? » Tenta la sœur.

Rebecca referma le livre à la hâte et le reposa.

«  Les images. » Répondit-elle avec sécheresse.

 

Après ça, elle ne vint plus aussi souvent dans la grande salle de peur d’y revoir la sœur.

 

()()

 

Des années s’écoulèrent ainsi, Rebecca devint une jeune fille dans l’indifférence générale tandis que dans la chambre, les compagnons partaient, mourraient, se chamaillaient…. Comme Tim, Jimmy avait été enrôlé par la Navy mais on racontait qu’il s’était enfui au bout de deux jours et était parti à la recherche de son petit frère. Jenny en fit des gorges chaudes pendant une semaine entière, répétant à qui voulait l’entendre que Jimmy n’était qu’un idiot. Rebecca, elle, souhaita silencieusement à son ancien compagnon de réussir.

 

Un jour où Rebecca était armée de son balais et montrait aux petites comment nettoyer la cour comme le voulaient les sœurs, la cloche retentit.

«  Adoption !!! » Hurla Jenny en faisant voler ses jupons.

Un sourire las se forma sur les lèvres de Rebecca à la vue de l’espoir qui s’allumait dans les yeux des petites et elle leur fit signe d’y aller. Tandis que les enfants courraient vers la salle d’exposition comme l’avait surnommée intérieurement Rebecca, la jeune fille prit le temps de ranger son balai avant de se diriger d’un pas trainant vers les autres.

 

Là, Rebecca se glissa aux côtés de Jenny et aperçut le bas froufrouteux d’une robe d’un rouge orangé audacieux. La jeune fille haussa le sourcil. Peu de femmes désireuses d’adopter un enfant venaient vêtues d’une telle couleur, au contraire leurs tenues étaient le plus souvent à l’image de celles que portaient ceux qu’elles voulaient adopter : grises, beiges ou bleues foncés. Jenny lui pressa la main et Rebecca se tourna vers elle, surprise par ce geste inattendu.

«  C’est la Duchesse, murmura Jenny. Elle venue me chercher, tu verras. »

Rebecca vit les yeux brillants de son ennemie et s’adoucit brusquement alors qu’elle comprenait à quel point Jenny souffrait de son abandon.

«  J’en suis sûre. » lui glissa-t-elle gentiment.

 

Jenny ne répondit pas, les yeux écarquillés, elle suivait les mouvements de la femme. L’inconnue passa devant les enfants les plus jeunes sans un regard et se tourna vers la Mère Supérieure qui l’accompagnait.

«  Pourquoi les plus grandes ont les cheveux aussi courts ? S’agaça-t-elle. Ils vont mettre des mois à repousser.

- Hélas, nous avons du les couper pour éviter que la vermine ne les infeste Madame. » Répondit la mère.

Rebecca secoua la tête et passa une main négligente dans ses propres cheveux qui s’échappaient du fichu dans lequel elle les enfermait chaque matin.

«  Tu parles c’est pasqu’elles les vendent aux coiffeurs pour que les dames se fassent des perruques, ricana la jeune Alice à quelques pas de Rebecca.

- C’est pour ça que Judas a encore les siens, se moqua Jenny. Personne ne veut de roux. »

 

Rebecca se força à rester droite et dégagea sa main de celle de Jenny que l’autre tenait toujours. La femme avança avec une moue mécontente et s’arrêta devant Sara, une jeune fille de quelques années de moins que Rebecca.

«  Celle-ci a une bonne mine, commenta t’elle. Avance un peu que je te vois.

- Oui Madame, » s’empressa Sara.

La femme grimaça en la voyant et se tourna vers la sœur.

« Pourquoi boîte-t-elle ?

- Un accident survenu quand elle était bébé madame, sa mère l’a laissé tomber » Répondit la Mère en se signant.

Sara baissa la tête, honteuse, et la femme lui fit signe de retourner à sa place.

«  Elle fait semblant de s’intéresser aux autres pour brouiller ses ennemis » souffla Jenny.

 

Surprise, Rebecca se tourna à nouveau vers son ennemie et soupira. De toute évidence, Jenny y croyait vraiment, mais après tout, il était vrai qu’elle avait toujours reçu des colis de friandises au fil des ans, moins toutefois depuis quelques mois. La femme dédaigna les jeunes filles avec une moue dégoutée.

«  Trop pâle, pas assez…. Brune »

Finalement, elle posa le regard sur Rebecca qui soutint le sien avec placidité. Depuis le temps qu’elle était ici, elle savait n’intéresser personne.

«  Toi, lui lança la femme. Avance un peu. »

Consciente du regard chargé de haine de Jenny sur elle, Rebecca obéit toutefois. Un léger sourire se forma sur les lèvres de la femme et elle désigna d’un mouvement de tête le fichu qui retenait ses cheveux.

«  Enlève ça. »

 

Surprise, Rebecca obéit et laissa ses lourdes boucles rousses retomber sur ses épaules.

«  Celle-ci n’est pas tondue, observa la femme.

- Rebecca euh n’a pas de poux, » répondit la Supérieure, un peu embarrassée.

La visiteuse sourit avec ironie.

«  Tant mieux. »

Elle se retourna ensuite vers Rebecca.

«  Quel âge as-tu ? »

Stupéfaite par une telle marque d’intérêt, Rebecca ne répondit pas et la femme s’agaça.

«  Est-elle sourde ? Muette ? Les deux ? » Demanda-t-elle à la religieuse.

La question secoua Rebecca qui répondit.

«  J’ai dix-sept ans madame.

- Voilà qui est mieux, » apprécia la femme.

Maintenant qu’elle était plus proche d’elle, Rebecca pouvait voir la dentelle compliquée qui ornait la robe de la femme et respirer le doux parfum qu’elle exhalait. Séduite par l’odeur inhabituelle, elle inspira à plein poumons. La femme sourit et la fixa.

«  Met toi de profil. »

Rebecca obéit et le sourire de la femme s’accentua.

«  Une belle bouche et de jolis traits. Sans parler de ses cheveux. Je suppose qu’ils sont vrais ?

- Oui hélas, soupira la Mère Supérieure.

- Et est-elle obéissante ? Demanda la femme.

- Rebecca donne toute satisfaction à ses éducatrices.

- Pas trop quand même j’espère, plaisanta la femme avant de se reprendre. Bien je la prends. »

 

Rebecca écarquilla les yeux, foudroyée sur place tandis que la femme se tournait vers elle.

«  Veux être ma nouvelle fille Rebecca ? »

Stupéfaite, Rebecca ne répondit pas. Comme dans un rêve, elle entendit le cri de Jenny qui la rejoignit.

«  Mais Mère, ce n’est pas Judas votre fille, regardez-moi !! C’est moi, je suis Jenny !!! »

La femme se tourna vers elle et une moue écœurée lui échappa à la vue du visage déformé de la jeune fille.

«  Ma Mère, écartez cette chose de moi voulez-vous ? »

Un gémissement échappa à Jenny tandis qu’une religieuse la prenait par le bras.

«  Allons viens mon enfant,

- Non !! Maman, maman !!! » Hurla Jenny en agrippant le bas de la robe de la visiteuse.

 

Cette dernière ne lui accorda même pas un regard et fixa Rebecca.

«  Qu’en dis-tu ? Veux-tu être ma nouvelle fille ? »

Trop étonnée pour réfléchir, Rebecca répondit.

«  Oui Madame. »

La Mère Supérieure se crispa.

«  C’est que Rebecca est d’une grande aide pour les petits, nous espérions la voir rester dans notre communauté. »

Rebecca haussa le sourcil à nouveau, c’était la première fois que la Mère Supérieure la reconnaissait pour autre chose que pour la punir. La femme sourit et se tourna vers elle.

«  Et toi Rebecca ? Tu veux rester ici et finir comme… être religieuse ou alors venir avec moi ? »

Rebecca vit Jenny qui se trainait sur le sol, une lueur haineuse dans le regard.

«  Salope !!!! JUDAS !!!!!

- Venir avec vous, répondit Rebecca. S’il vous plait emmenez-moi !!! S’affola-t-elle soudain.

- Voilà qui règle la question, » déclara la femme d’un ton satisfait.

 

Le regard de la Mère Supérieure s’emplit de culpabilité et la femme ne s’y trompa pas.

« Pour vos bonnes œuvres et vos orphelins » déclara-t-elle en glissant une bourse dans les mains de la religieuse.

Cette fois la religieuse ne protesta pas et hocha la tête.

«  Va rassembler tes affaires Rebecca, tu as… une nouvelle mère. »

 

La jeune fille ne se le fit pas dire deux fois et courut vers le dortoir, poursuivie par les malédictions de Jenny qui lui promettait de bruler en enfer.

 

()()

 

Rebecca finissait son maigre paquetage encore secouée par la chance incroyable qui venait de lui donner l’occasion de quitter les lieux lorsque Sœur Marie de La Compassion la rejoignit.

«  Rebecca mon enfant, ne choisit pas la voie facile, elle est pavée d’or et de diamants mais ne te conduira nulle part. »

Rebecca se raidit et se tourna vers la religieuse.

«  C’est ici que je ne vais nulle part !!

- Ta mère serait tellement déçue, » tenta Sœur Marie.

 

Rebecca la toisa.

«  Je n’ai ni père ni mère, c’est ce que vous m’avez enseigné Sœur Marie de la Compassion. » cracha-t-elle avant de sortir sans un regard en arrière.

A l’extérieur, la femme l’attendait.

«  Tu as fait le bon choix, viens ma fille. » lui déclara-t-elle avec un doux sourire.

Chapitre 3                                                                                         Chapitre 5

Écrire commentaire

Commentaires : 1
  • #1

    emeline (lundi, 28 novembre 2011 18:32)

    je le sens mal