Chapitre 18 La fin

Les jours passèrent puis les semaines sans qu’Arabella ne trouve le courage suffisant pour annoncer à Will que son père ne reviendrait jamais. Le petit garçon devait du reste l’avoir compris car après avoir reçu son médaillon, il ne demanda plus jamais quand son père reviendrait et Arabella et lui reprirent le rythme de vie qui leur était familier depuis le départ de Rebecca.

 

De son côté, Arabella avait de plus en plus de mal à supporter la taverne malodorante, les clients et leurs avances déplacées ainsi que Mac Fridge dont les avances étaient semblables à celles de sa clientèle avinée. Elle se surprenait à penser de plus en plus souvent à la suggestion de Reece de repartir en mer…En fait plus elle y pensait, plus cette perspective lui semblait séduisante, après tout c’était en mer qu’elle avait passé les années les plus excitantes de son existence et l’idée de vivre à nouveau sur un bateau la rebutait de moins en moins. Will était grand désormais et finalement hormis ses amis, peu de choses la retenaient à Cornwallis. Sans compter le fait qu’une fois les six mois impartis passés, il ne faisait aucun doute de Reece voudrait à nouveau emmener Rebecca. Et être avec Rebecca et William l’emportait sur tout le reste à ses yeux … Après tout, maintenant que l’abandon de Bill était avéré… Ses enfants étaient la seule chose qui lui restait…

 

Elle n’avait pas encore soufflé mot de ses projets à Will et appréhendait le moment où elle serait bien forcée de lui dire qu’il était inutile d’attendre Bill. Briser le cœur de son petit garçon pouvait bien attendre … Les semaines passèrent donc tranquillement et fortifièrent sa décision de mettre les voiles lorsqu’un événement d’apparence anodine bouleversa brutalement les nouveaux projets secrets d’Arabella.

 

Ce matin-là, elle était assise dans la cuisine d’Emmaline Mac Drache, laquelle parlait avec enthousiasme du bal auquel assisterait bientôt sa Penny et qui serait sans doute l’occasion de rencontrer un beau parti. Arabella l’écoutait d’une oreille distraite, elle avait déjà entendu cela pour Sarah et Charlotte, tout en buvant son café lorsqu’une violente nausée lui coupa le souffle

« Et donc Penny épousera sûrement un officier… Continua Emmaline avant de s’interrompre, alertée par sa pâleur. Arabella ça ne va pas ? »

Arabella secoua négativement la tête et se précipita à l’extérieur pour vomir le contenu de son estomac dans les plates-bandes de son amie.

 

Emmaline grimaça et se pencha sur elle

« Vous voulez un médecin ?

- Non… Non merci… Répondit négativement Arabella. Je … C’est passé. Je suis désolée, je ne comprends pas ce qui m’est arrivé. »

Emmaline haussa le sourcil. Son regard se posa sur le corsage une fois de plus trop serré d’Arabella avant de revenir se poser sur le visage aux traits fatigués de la jeune femme

« Vous êtes sûre Arabella ?

- Évidemment ! S’exclama la jeune femme. Pourquoi cette question ? »

 

Se sachant sur un terrain glissant, Emmaline commença prudemment

« C’est que je me demandais …

- Quoi ? Demanda âprement Arabella

- Bah… Vous peinez à fermer votre corsage, vous vomissez, vos traits sont tirés. Énuméra Emmaline

- ?????

- Arabella je suis désolée de vous demander ça mais … Se pourrait-il que vous soyez enceinte ? »

La jeune femme ouvrit la bouche pour nier avant de se rappeler brutalement la nuit passée avec Jack.

 

Devant son silence qui était plus qu’un aveu, Emmaline soupira et la prit familièrement par le bras. Elle la ramena à l’intérieur et la fit asseoir.

« De quand datent vos dernières menstrues ? »

Arabella déglutit, se livrant à un rapide compte mental…

« Deux mois… » Lâcha-t-elle d’une voix blanche, songeant à la visite de Jack presque un mois et demi plus tôt

Emmaline la fixa, retenant à grand peine la question qui lui brûlait les lèvres. De son côté Arabella réfléchissait à sa poitrine gonflée, à son bas ventre douloureux… Des petits signes qu’elle avait déjà expérimentés lorsqu’elle attendait William.

« Oh non, non , non ! S’exclama-t-elle avant de fondre en larmes, songeant à ses projets de départ qu’une grossesse condamnerait à coup sûr

- J’ai bien peur que si … Lui répondit Emmaline en lui tapotant le dos. Allons ne pleurez pas ma chérie … Le .. Enfin le père sera sûrement… Content non ? » Tenta-t-elle

 

Arabella leva un visage bouleversé vers elle

« Le père ??? Mais non le père ne sera pas content ! Il est parti comme le père de Will sauf que lui ne s’est pas donné la peine de me mentir contrairement à mon mari. »

Emmaline ne put contenir plus longtemps sa curiosité

« C’est quelqu’un d’ici ?

- Non… Souffla Arabella. C’est …

- Oui ?

- Oh et puis à quoi bon le cacher… Soupira Arabella. C’est l’homme que Penny a vu partir de chez moi il y a quelques temps

- J’en étais sûre ! S’exclama Emmaline. Vous étiez bien trop radieuse ce matin-là pour que ce soit un hasard ! »

 

Arabella lui fit un sourire amer, ne voyant pas ce que cette révélation avait de bien. Voyant cela Emmaline s’inquiéta.

« Dites il ne vous a pas… euh payée pour ça hein ? »

Arabella soupira, agacée

« Excusez-moi c’est juste qu’avec votre mère… S’enfonça Emmaline

- Jack est un vieil ami. Soupira Arabella. Nous nous étions pas vu depuis des années, nous avons bu et .. J’ai pas réfléchi… » Murmura-t-elle, honteuse

 

Le visage d’Emmaline s’adoucit et elle s’assit à côté d’elle

« Si une autre personne que vous m’avait avoué cela je penserais que c’est une catin… Commença-t-elle

- Oh ne vous privez pas …Murmura Arabella, anéantie par la nouvelle

- Mais… La coupa Emmaline. Pour vous je pense que vous avez eu raison.

- Quoi ??? » Lui demanda Arabella, incrédule

Emmaline s’expliqua

« Chérie, ça fait des années que nous nous connaissons toutes les deux alors je pense que je peux me permettre de vous parler franchement. Lorsque vous êtes arrivée ici avec votre mari et votre petit bout, j’ai dit à Grand Pa que vous n’étiez sûrement pas un couple aussi tranquille que vous vouliez en donner l’allure et que vous étiez à coup sûr une coureuse qui allait attirer les hommes du village dans vos filets.

- Charmant… Murmura Arabella, choquée

- Mais… J’ai appris à vous connaître… Même si au début, lorsque j’ai vu votre mère … Je me suis vraiment posé des questions ridicules. Soupira-t-elle. Un moment j’ai même pensé que vous et votre Billy étiez des sortes de hors la loi en fuite, ainsi que votre maman. »

 

Arabella blêmit en l’entendant et reconnut intérieurement qu’elle avait de toute évidence sous-estimé la sagacité d’Emmaline

« Je me rappelle encore de la façon dont Grand Pa s’est moqué de moi… Ajouta avec tendresse Emmaline. Bref… Ce que je veux vous dire Arabella, c’est que je sais que vous n’êtes rien de tout ça. Ça fait des années que je vis à vos côtés, que je vous vois faire avec vos enfants… Que je me rends compte de quelle femme généreuse vous êtes pour avoir accepté la charge de l’enfant de votre mère puis supporté ma peste de Sarah. »

Arabella haussa le sourcil, surprise

« Chérie, Sarah est ma fille mais je ne suis pas assez idiote pour ne pas être au courant de son manège… Soupira Emmaline. Et puis bien sûr … je vous ai vue attendre et attendre et attendre encore votre Billy.

Une boule dans la gorge, Arabella tenta de l’arrêter mais Emmaline continua.

« Je vous ai vue gâcher votre jeunesse et votre beauté à l’attendre. J’ai vu la manière dont vous éconduisez les hommes. Tout ça pour un type qui ne vous a pas rendu une seule visite en sept ans ! Et pire que tout j’ai vu votre tristesse lorsque les autres femmes attendaient des enfants. Alors pour tout ça je suis contente que vous vous soyez enfin décidée à vivre au lieu d’attendre. Ça va peut-être vous choquer mais je pense que sept ans d’attente et de chasteté c’est trop demander à une femme. Et si votre Billy vous fait des reproches sur le petit que vous avez dans le ventre c’est qu’il est encore plus égoïste que je ne le pense ! »

Médusée, Arabella fixa Emmaline et craqua brusquement, la révélation de sa grossesse ainsi que le discours de son amie ayant raison de ses résistances

« Bill ne reviendra pas. Il me l’a écrit il y a un peu plus d’un mois… C’est pour ça que .. Que cette nuit-là.. Avec cet homme, enfin Jack…  Bredouilla-t-elle en pleurant.

-Raison de plus pour trouver cela bien. Dieu vous a envoyé cet homme pour qu’il vous console de vos peines et c’est-ce qu’il a fait. »

 

Arabella sourit entre ses larmes

« Je suis grosse d’un autre que mon mari, d’un homme avec qui j’ai passé une nuit et que je ne reverrais sans doute jamais et vous trouvez ça bien ? Je rêve

- Oui. Dans votre cas oui. » Affirma Emmaline.

Arabella secoua la tête, incrédule puis reprit 

« Seigneur je ne sais même pas comment je vais faire avec ce bébé… J’ai un peu d’argent de côté mais…

- Ne vous en faites pas… A chaque jour suffit sa peine… Réjouissez-vous plutôt

- J’aimerais bien pouvoir le faire.. Soupira Arabella. Et oh… seigneur comment vais-je annoncer ça à Willy ?

- Le plus simplement du monde. Après tout il est en âge de comprendre que vous n’êtes pas qu’une mère mais aussi une femme.

- Il ne sait même pas que Billy… » Soupira Arabella

 

Emmaline se pencha vers elle avec compassion.

« Il s’en doute sûrement … Vous devriez lui dire …

- Pas maintenant … Murmura Arabella d’une voix blanche. Plus tard… Lorsque, lorsque je serais sure pour le bébé…

- D’accord. L’apaisa Emmaline. Vous ferez comme vous voudrez… Je ne lui dirais rien, c’est promis. »

Arabella la regarda d’un air de doute et Emmaline s’insurgea

« Je sais garder un secret ! Je garderais celui-là je vous le jure…

- Merci… » Souffla Arabella, émue

 

*

 

Un mois plus tard

 

Arabella se pencha avec attendrissement sur son ventre et le caressa avec tendresse avant de se décider à se lever. La maison était déserte, William passait la journée avec le fils de Sarah et elle avait obtenu un congés de Mac Fridge (en grande partie grâce à l’intervention de Joe Mac Drache ). Arabella prit une profonde inspiration. Rebecca et Reece reviendraient dans deux mois et elle devait avoir pris une décision pour cette date. Elle n’avait que trop laissé traîner les choses… La jeune femme jeta un regard absent vers la marmite où mijotait un ragoût de poisson (le plat préféré de Will) et soupira.

 

Ce soir c’était le grand soir… Le soir où elle avait résolu d’annoncer sa grossesse à Will, espérant que peut être cette nouvelle et le ragoût le consoleraient un peu de l’autre nouvelle : celle que son père ne reviendrait pas. Elle soupira tristement, consciente qu’il faudrait plus qu’un ragoût et un petit frère (ou petite sœur) pour adoucir la peine d’un petit garçon qui n’avait jamais cessé d’attendre son père lorsqu’il apprendrait que ce dernier l’avait abandonné et ne reviendrait jamais des lointaines Caraïbes où il était censé se trouver… Malheureusement, elle n’avait pas mieux à offrir …

 

Un bruit à la porte la sortit de ses tristes pensées et Arabella se força à prendre une voix pleine d’entrain pour accueillir Penny et Emmaline, lourdement chargées de tissus

« Bonjour Madame Turner ! » La salua Penny, qui devenue une vraie jeune fille, possédait la tignasse rousse de Sarah mais avait heureusement des traits réguliers qui la faisaient ressembler à son autre sœur Charlotte, quoique moins jolie.

Là où Charlotte avait été ravissante, Penny était quant à elle juste mignonne…

« Bonjour Penny. Alors c’est bientôt le grand soir ? La taquina Arabella

- Dans trois jours Madame ! » S’exclama Penny, les yeux brillants d’excitation à l’idée du bal prochain, son premier

 

Emmaline sourit avec indulgence et se pencha sur Arabella

« Comment allez-vous ma chérie ? 

- Bien… » Répondit Arabella en passant instinctivement la main sur son ventre

Contre toute attente, Emmaline s’était tenue à sa promesse de ne rien révéler de son secret ce qui avait encore renforcé l’amitié entre les deux femmes

« Ça sent bon ! S’exclama Penny d’un ton de gamine en reniflant bruyamment

- Du ragoût de poisson, le plat préféré de Will. Je vous aurais bien proposé de rester dîner mais.. Je dois parler à mon fils ce soir. Expliqua Arabella en fixant Emmaline

- Oh… Vous vous êtes décidée… Souffla la voisine. C’est bien ma chérie. »

Arabella lui fit un pâle sourire tandis que Penny s’agitait, déballant les tissus de sa future robe

« Alors on commence ? Sinon elle ne serait jamais prête pour le bal ! » S’inquiéta la jeune fille

 

Remisant ses angoisses, Arabella se dirigea vers elle, un peu inquiète à l’idée de tout ce qu’il faudrait ôter à la robe remplie de froufrous pour en faire une toilette simple.

 

Les heures défilèrent, les femmes tiraient l’aiguille et bavardaient autour d’une Penny surexcitée et finalement Arabella et Emmaline reculèrent pour juger du résultat.

« C’est vrai que sans froufrous… C’est joli aussi… » Reconnut à regret Emmaline

Arabella se contenta de sourire tandis que Penny tournait sur elle-même, pour faire gonfler son jupon de taffetas pourpre et laisser apparaître le jupon blanc surmonté d’un chemin de dentelle noire qui complétait la robe.

« Alors comment je suis ? Demanda la jeune fille

- Ravissante. » Lui affirma Arabella en souriant.

Penny poussa un petit cri excité et Arabella se tourna vers Emmaline

« Je crois que nous avons bien mérité une tasse de thé.

- Je le crois aussi. » Répondit Emmaline en se laissant tomber sur une chaise.

 

Arabella, un sourire aux lèvres se dirigeait vers la casserole lorsque la porte s’ouvrit avec fracas, sortie de ses gonds par un pied chaussé d’une botte. Tout alla très vite… Arabella eut à peine le temps de se retourner qu’une dizaine d’hommes aux mines féroces se précipitaient dans la pièce, l’arme à la main. Penny poussa un hurlement et Emmaline blêmit tandis qu’Arabella, pétrifiée, fixait les intrus.

 

Un homme à la haute stature fendit le passage et son regard froid passa sur les trois femmes.

« Laquelle d’entre vous est Arabella Turner ? »

Emmaline referma ses bras autour de Penny qui tremblait et, voyant que sa question n’avait pas de réponse, l’homme pointa son pistolet droit sur la tête de Penny

« Je répète ma question. Laquelle d’entre vous est Arabella Turner ?

- Moi… Répondit Arabella en tremblant, comprenant sans doute possible qu’elle était face à des pirates

- Voyez-vous ça … Ricana le chef. Bill le bottier nous avait caché ça …

- Qui êtes-vous ? Demanda Arabella en adressant le regard le plus rassurant qu’elle pouvait dans ces circonstances à Emmaline et Penny

- Oh .. C’est vrai, je manque à tous mes devoirs… Se moqua l’homme. Capitaine Hector Barbossa. » S’inclina-t-il cyniquement, ôtant le large chapeau qui ornait sa tête

 

Emmaline gémit en sentant le regard des hommes posés sur elles et se tourna vers Arabella

« Arabella… Couina-t-elle. Vous connaissez ces hommes ? »

Concentrée, le cœur battant à tout rompre à la pensée qu’elle était face aux mutins dont lui avait parlé Jack, Arabella se força à demander

« Que .. Qu’êtes-vous venus faire ici ?

- Vous avez quelque chose qui nous appartient. Répondit Barbossa en faisant signe à ses hommes qui commencèrent à retourner les meubles, déchirant, détruisant tout ce qui leur tombait sous la main.

- Mais enfin ce ne sont pas des façons ! S’insurgea Emmaline.

- La ferme. Répondit Barbossa sans la regarder. Où est-il Arabella ? »

 

La jeune femme frissonna, elle connaissait assez bien les pirates pour savoir que ceux-ci n’étaient pas du genre à les laisser partir, qu’elle leur réponde ou non… Et elle devait protéger Will. Quoiqu’il lui en coûte. La main crispée sur son ventre, Arabella répondit

« Je .. Je ne sais pas de quoi vous parlez…

- Allons réfléchissez… Susurra Barbossa en pointant son pistolet droit vers Penny sans quitter Arabella des yeux. Je suis certaine que ça va vous revenir… Un cadeau de votre bottier de mari… »

Arabella secoua négativement la tête, se demandant avec horreur ce qui était arrivé à Billy et d’où venait ce sobriquet de « bottier »

 

Emmaline poussa un gémissement

« Arabella … que veulent ces hommes …

- Je ne sais pas… Mentit Arabella avec remords

- Vous avez un fils. Où est-il ? Demanda Barbossa

- Il est mort l’année dernière. Mentit Arabella avec aplomb, priant pour que les deux femmes ne la corrigent pas

- Y’a rien Capitaine. Annonça un grand blond déguenillé d’un ton geignard

- Rien du tout. Pleurnicha un petit gros à ses côtés

- Cherchez mieux. » Ordonna Barbossa

 

Arabella frémit et se tourna vers Barbossa

« Si c’est mon mari que vous cherchez ça fait sept ans maintenant que je l’attends…

- Sept ans... Ricana Ragetti avec une œillade vers Arabella qui regretta sur le champ ses paroles

- Maman… » Pleurnicha Penny

Barbossa se tourna vers elle

« Elle sait peut-être elle la mignonne… Ricana-t-il en l’attirant contre lui

- NON ! Hurla Emmaline en se précipitant sur Barbossa. Lâchez ma fille !! Vous ne»

 

Un coup de feu retentit, l’arrêtant au beau milieu de sa phrase et le corps d’Emmaline retomba sur le sol, une balle entre les deux yeux. Penny hurla, hystérique

« Maman !!!

- Oh mon dieu… Souffla Arabella. Vous l’avez tuée….

- Oui. Reconnut Barbossa. Elle a de la chance … Vous ne savez pas ce que c’est vous … d’être maudit... De ne pas apprécier la nourriture ! » Ragea-t-il en renversant la marmite d’Arabella d’un coup de pied, répandant son contenu sur le sol

Penny hurla tandis qu’il la maintenait contre lui.

« De ne pas non plus pouvoir … boire ! Ragea Barbossa en reversant la table

- Je vous en prie .. Souffla Arabella, terrifiée

- De ne pas non plus pouvoir sentir … la chaleur d’une femme … » Souffla Barbossa

 

Les larmes aux yeux Arabella recula tandis que Penny à bout de force, s’évanouissait dans les bras de son tortionnaire

«  Je vous en prie … Murmura Arabella

- Y’a rien ici. Annonça finalement un grand homme à la peau sombre. »

Barbossa se tourna vers Arabella et une expression rageuse emplit son visage

« Où est la pièce ! Où est-elle ? On sait qu’il vous l’a envoyée alors cessez de mentir !!! » Explosa-t-il en soulevant Penny qui reprenait douloureusement conscience

 

Arabella fixa la jeune fille aux yeux gonflés par les larmes et soupira

« Je l’ai … dépensée… je l’ai échangée à un marin contre de la nourriture … Mentit elle, espérant ainsi les éloigner

- Nous y voilà… Triompha Barbossa. Quel bateau ?

- Je ne sais plus… je vous jure je ne sais plus… Bredouilla Arabella

- Elle ne sait plus ! Déclama Barbossa prenant ses hommes à témoins

- Je vous en prie … Gémit Arabella. Partez… Ce que vous voulez n’est pas ici. »

 

Barbossa sourit

« Oui nous pourrions faire ça … Seulement vous comprendrez que vu que c’est ce maudit Bill qui nous a condamné à cette malédiction… Il est juste que nous lui prenions quelque chose de cher à notre tour. »

Arabella se mordit la lèvre, incapable de maîtriser ses tremblements

« Bill.. Il m’a quittée… je vous en prie … je… »

Barbossa ricana cruellement et jeta Penny vers Arabella

« Nous ne partirons pas sans rien… Dites-lui d’enlever sa robe »

 

Arabella serra Penny contre elle.

«  Oh non… non c’est qu’une gamine … Tenta-t-elle

- Madame Turner … Gémit Penny, terrifiée

- La robe. » Répéta Barbossa.

Arabella, le remord au cœur, se tourna vers Penny

« Donne leur … »

La jeune fille, les mains tremblantes tenta de défaire les lacets sous les rires cruels des hommes et Arabella s’empressa de l’aider, la cachant au mieux de son corps

« Voilà vous l’avez maintenant partez ! » Déclara-t-elle en lançant la robe à Barbossa

 

Le pirate l’attrapa au vol et la porta à son visage avec une expression de ravissement

« Encore chaude… Souffla-t-il en la donnant à celui qui devait être son second. Attache-la. Ordonna-t-il à Arabella

- Non…

- D’accord…Pintel et Ragetti attachez les. »

Arabella poussa un hurlement en sentant les mains crasseuses des deux hommes se refermer sur ses poignets tandis qu’ils la forçaient à s’allonger, et entravaient ses bras en se servant du crochet au mur pour fixer la corde. A ses côtés, Penny subit le même traitement et Arabella s’efforça de glisser vers elle

« N’ai pas peur ... » Tenta-t-elle inutilement de la rassurer

 

Les yeux écarquillés par la terreur, Penny regarda Barbossa tandis qu’il se penchait sur elle et écartait ses cuisses

« Une vierge, messieurs ! S’exclama-t-il

- Non !!! Hurla Arabella en le voyant défaire son ceinturon dans une intention évidente

- Ne vous en faites pas Madame Turner, votre tour arrive … Lui répondit cyniquement Barbossa en s’abattant sur Penny qui poussa un hurlement alors qu’il la déflorait brutalement. Oh… oui… Soupira Barbossa. Si seulement on pouvait en profiter pleinement ! » Ragea-t-il en s’abattant violement sur le corps de la pauvre Penny qui n’eut pas la chance de s’évanouir

 

Au bout de quelques minutes de son violent traitement, Barbossa relâcha la jeune fille avec un soupir de rage

« Incapable de jouir !! S’exclama-t-il en retroussant les jupons d’Arabella. Allez-y ! Lança-t-il à l’équipage. Prenez ce que vous pouvez à la santé du Bottier

- A la santé du Bottier ! » Ricana un des hommes en se précipitant sur Penny, la refaisant sienne sans se soucier du sang qui maculait les cuisses de la jeune fille qui les yeux grands ouverts, fixait le plafond sans ciller.

 

Lorsque Barbossa s’enfonça en elle, Arabella se força à ne pas crier et serra les dents sous la douleur tandis qu’il progressait inlassablement avant de la relâcher avec un cri frustré

« Allez y … Lança-t-il à ses hommes en ramassant la robe. Puis brûlez la maison. »

Les larmes roulant sur ses joues, Arabella fixa son dos tandis qu’il s’éloignait, vite remplacé par un autre de ses hommes

A ses côtés, Penny finit par s’évanouir au bout ce qui sembla être des heures à Arabella.

 

Elle était seule à être encore consciente lorsque les derniers cassèrent une lampe et répandirent l’huile qu’elle contenait sur le sol. La bouche endolorie, Arabella se souvint trop tard des principes des pirates.

« Pour… Parlers… Gémit-elle alors que l’un des derniers hommes approchait une torche de l’huile

- Attend elle a dit quoi ? » Demanda un de ses compères, le grand blond qu’elle avait remarqué

Arabella tenta de répéter mais les lettres se mélangèrent dans sa bouche et elle vit l’homme hausser les épaules en enflammant l’huile

« Bof ... On s’en fiche. » Ricana-t-il

Le grand blond la regarda

« Adieu poupée… » Lui dit-il

 

Arabella les vit sortir tandis que le feu progressait et se rapprochait d’elle et de Penny. Alors que la fumée emplissait ses poumons et que le feu commençait à lécher son corps, Arabella pensa à sa mère morte, à son père qu’elle avait abandonné pour courir les mers. A Billy qui n’avait pas su l’aimer et l’avait condamnée à finir ainsi et que malgré tout elle n‘avait jamais d‘aimer… A Rebecca dont elle se félicitait maintenant qu’elle soit au loin. Au bébé qui ne verrait jamais le jour.

 

Sa dernière pensée fut pour son fils.

 

Alors qu’elle s’éteignait, Arabella Smith Turner songea ironiquement que pour William, l’histoire de la mère morte, tuée par des pirates serait cette fois tragiquement vraie….

 

Chapitre 17                                                                                          Epilogue

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