Chapitre 15 Où certains feraient bien de se déboucher les oreilles

Une fois Jack parti, Elizabeth se dirigea d’un pas chancelant vers la table où il avait déposé la bouteille de laudanum, elle crispa ses doigts sur la fiole et défit le bouchon d’une main tremblante. Elle soupira d’impatience en sentant les effluves du liquide pâteux qui la ramenèrent à la sécurité de l’oubli. Salivant à l’idée de sentir la suave douceur sur sa langue, Elizabeth inclina légèrement la bouteille. Elle laissa tomber quelques gouttes dans sa bouche et souffla de soulagement. Les dernières heures avaient été atroces, elle avait cru devenir folle, des images de son passé et de son présent se superposaient, Jack, Will, Jane… Tous lui étaient apparus comme nimbés de fumée, leurs visages se disloquant peu à peu alors que le besoin impérieux se faisait sentir.

 

Apaisée, Elizabeth se laissa tomber sur le lit de Jack et ferma les yeux pour laisser la torpeur l’envahir. Elle ne savait pas ce que Jack allait faire d’elle, pas plus qu’elle ne comprenait son comportement. Sa bouche ne savait plus que lui adresser des mots de haine, des insultes. Et elle comprenait qu’il la déteste. Elle l’avait tué. Elle avait espéré, il y avait de cela longtemps que le fait d’aller le sauver, de le libérer de l’enfer dans lequel elle l’avait plongé lui apporterait la rédemption et surtout le pardon. Mais il n’en était rien. Jack la haïssait. Elle l’avait perdu. Comme elle avait perdu Will. A cette pensée le souffle d’Elizabeth se bloqua tandis qu’un hoquet étranglé la faisait frissonner. Jane lui avait menti, elle l’avait utilisée, l’encourageant à vendre son corps pour sauver un homme qui était déjà condamné. Pourtant elle ne parvenait pas à en vouloir entièrement à Jane. La jeune catin n’avait fait que ce qu’elle-même avait toujours fait. Utiliser les autres. Les détruire pour servir ses intérêts.

 

Elizabeth soupira, secouée par une nouvelle quinte de toux qui emplit sa bouche de sang. La main tremblante, elle tâtonna à la recherche d’un linge pour éponger le sang noir qui semblait vouloir s’écouler de sa bouche et se laissa tomber sur le lit, sa main étreignant la chemise de Jack qu’elle avait utilisée. Ses pensées la ramenèrent à Will. Elle l’avait trahi. Elle avait causé sa mort. Si elle avait eu le courage de lui dire ce qu’elle ressentait lorsqu’il lui avait demandé sa main sur le Pearl, il aurait eu le cœur brisé mais celui-ci battrait encore dans sa poitrine. Elle était une menteuse, une tricheuse. Une putain aussi comme le disait si bien Jack. Mais elle ne voulait pas penser à tout cela. Avec un soupir, Elizabeth dévissa à nouveau le flacon de laudanum et prit une longue gorgée du sirop qui lui sembla atténuer un peu la brûlure de sa gorge.

 

La jeune femme ferma les yeux et sourit de voir le visage de Jack se présenter à son esprit. Si seulement elle ne l’avait pas tué. Si seulement il l’avait aimée. Un seul mot aurait suffi pour qu’elle se donne à lui, elle le réalisait à présent. Et si Tai Huang lui en avait laissé le temps, peut-être aurait-elle fini ainsi entre les draps du pirate, expiant sa trahison en lui donnant ce qu’elle lui avait fait miroiter tellement de fois. Pas pour récompense, mais parce qu’elle en avait envie. Pas pour de l’argent mais pour être avec lui. Elizabeth éclata d’un rire rauque à cette idée avant de se mettre à pleurer. Elle avait tout raté. Elle avait tué ceux qui l’aimaient et poussé celui qu’elle aimait à la haïr. Jack n’avait pas compris. Il ne le pouvait pas. Elle se soumettrait à Jack. Elle ne dirait rien. Peu importe ce qu’il lui demanderait elle le ferait. Parce qu’elle était une putain et parce que son corps était la seule chose qu’elle avait à offrir. Peut-être qu’ainsi il la haïrait moins.

 

Elle se recroquevilla dans le lit et se débarrassa maladroitement de la chemise qui la couvrait. Elizabeth se laissa glisser dans la torpeur et accueillit avec soulagement le voile noir qui recouvrait peu à peu ses pensées.

 

()()

 

Jack s’était allongé à même le sol de la cale. Il n’avait plus la force de faire un mouvement. Le visage morne il ouvrit une nouvelle fois son compas et son cœur se serra en voyant l’aiguille osciller dans la lumière tremblante de la lampe. Avec un soupir il le referma sèchement et tâtonna à la recherche de sa bouteille de rhum. A présent qu’elle était à bord, c’était encore pire. Le compas ne savait plus quoi lui indiquer, même occasionnellement. Le compas n’avait plus de réponses. Il avait tout essayé pour la sortir de ses pensées mais la haine qu’il lui portait dévorait tous ses autres désirs.

 

Il voulait la voir morte mais il n’avait pas le courage de la tuer. Il n’était pas un meurtrier contrairement à elle. Certes il avait tué Marco mais c’était plus pour préserver son autorité de capitaine que pour autre chose, se persuada-t-il en évitant de s’interroger sur une éventuelle autre raison qui aurait justifié son crime. Il l’avait sauvée tant et tant de fois. Il avait tout tenté pour la mettre dans son lit alors qu’une poignée de pièces aurait suffi. Sauf que même là elle ne le voyait pas. Elle ne l’avait jamais vu, il n’était qu’un pion pour elle, un moyen de sauver son précieux Will. Mais William Turner était mort à présent et elle n’avait plus besoin de lui.

 

Jack but une longue gorgée de rhum et laissa son esprit vagabonder avec résignation. Il ne pouvait plus penser qu’à elle de toute manière, à sa vengeance et à la manière dont il pourrait l’extirper de sa tête. Il avait usé de son corps, il l’avait humiliée après l’avoir couronnée. Il avait refusé avec hauteur son étreinte compensatrice, maigre remerciement pour lui avoir tout sacrifié. A ce moment il avait pensé en avoir fini avec elle, sauf que toujours elle ressurgissait sur sa route, comme un rappel de son passé douloureux. Il avait tout maintenant. La fortune, la jeunesse éternelle, l’assouvissement de ses désirs. Mais il ne la possédait pas. Chaque fois qu’il croyait pouvoir la saisir elle lui échappait que ce soit pour retrouver Will ou un autre. Tous les autres. Ceux qui avaient droit à ses baisers, à ses sourires, à son amour.

 

Et il y avait l’opium. En la voyant se jeter sur la bouteille de laudanum et sachant ce qu’elle avait fait pour se la procurer, il avait compris qu’elle se noyait désormais dans le bonheur illusoire de la drogue. Sûrement pour retrouver son précieux William. Jack serra les poings à cette idée. Elle avait dû commencer à en prendre chez Madame Wu, ainsi chacun de ses clients était son foutu Will. Même lui. Du reste, elle avait vendu son corps pour Will et Jack sourit méchamment en se rappelant à quel point ses efforts avaient été inutiles.

 

S’il l’avait moins haïe il aurait pu la plaindre. Mais c’était ce genre de raisonnement qui l’avait conduit à la mort une première fois et il s’était juré qu’il n’y en aurait pas de seconde. Jack se releva légèrement et ouvrit son compas, histoire de vérifier. Pas de changement, pas de cap. Évidemment. Avec un soupir désespéré, Jack se laissa retomber en arrière. Comment faire en sorte qu’elle lui offre ce qu’il désirait, comment la forcer à lui rendre sa liberté ? Un instant il envisagea de la donner à son équipage, de la regarder se faire prendre comme la catin qu’elle était en réalité avant de repousser cette idée avec horreur. Il ne voulait pas la voir avec d’autres, il ne voulait pas la voir jouir et sourire à d’autres caresses. Jamais.

 

La libérer était impossible parce qu’alors il savait qu’elle se donnerait au plus offrant pour se procurer sa dose et il serait à nouveau ridicule. Chacun reconnaitrait dans sa figure de proue la putain qu’elle était en vérité. Il devrait entendre les quolibets, les réflexions comme celles de l’amiral de Singapour lui disant qu’il naviguait sous les couleurs d’une catin. Alors que ce n’était pas le cas. Le Deadly Swan avait navigué sous les couleurs d’une reine pirate qui les avait menés à la victoire. Et la figure de proue était là pour ne plus qu’il fasse d’erreur. Pour lui rappeler à quel point les femmes pouvaient être dangereuses. Mais la plus empoisonnée d’entre elles était à présent à bord, vivait, respirait, quelque part au-dessus de lui. Sa dangereuse demoiselle, lady, pirate, putain.

 

Le pas de Bonner, reconnaissable entre tous, le fit sursauter mais Jack ne bougea pas et se contenta de reprendre une large rasade de rhum.

«  A-t-on un cap Jack ? »

Jack soupira, un cap… Avec un geste qui se voulait nonchalant il ouvrit son compas et désigna une direction au hasard.

« Par là. Maintenant laisse-moi tu veux ….

- La fille, Lia, elle est toujours dans ta cabine. C’est pour ça que tu es ici ? »

Jack serra les poings.

« Si je suis ici c’est pour boire mon rhum tranquillement en évitant les questions stupides de MON équipage.

- Oh … » Répondit Bonner d’un ton traînant sans faire mine de bouger.

 

Agacé, Jack se releva sur un coude et lui sourit avant de parler d’un ton hostile qui démentait ce sourire.

« Quelque chose te gêne Bonner ? »

Le second le regarda et hésita avant de se décider.

« En fait oui Jack. Lorsque tu es venu me chercher en France, j’ai tout lâché pour te suivre, je t’ai aidé à t’emparer de ce navire …

- Personne ne t’y forçait. Observa Jack. Quant au Swan je l’aurais réquisitionné, avec ou sans ton aide. »

Bonner rit doucement en reconnaissant l’habituelle modestie de son capitaine.

« Sûrement. Mais je suis ici et je ne le regrette pas. Précisa-t-il

- Et bien tout est parfait, tu es heureux je suis heureux de le savoir alors maintenant laisse-moi boire en paix pigé ? »

 

Bonner ne bougea pas une nouvelle fois.

« Pourquoi l’amiral de Singapour a-t-il dit que nous naviguions sous les couleurs d’une catin Jack ? »

Jack grimaça avant de se détendre.

« Sûrement parce qu’il avait eu plus que sa dose d’opium, de rhum ou de je ne sais quelle substance.

- Je ne crois pas.

- Tu me traites de menteur ! » S’insurgea Jack, l’air outragé.

Bonner soupira et s’assit à côté de lui.

« Jack, nous nous connaissons depuis longtemps toi et moi. Je pensais qu’avant d’être un capitaine et son second nous étions amis. Alors je t’en prie, fais-moi confiance. Je ne suis pas Barbossa. Dis-moi juste qui est cette fille. »

Jack prit l’air ennuyé et s’offrit une nouvelle rasade de rhum.

« Tu le sais, c’est Lia, la Perle d’Occident. »

Bonner secoua la tête.

« Pas uniquement. Sinon son visage n’ornerait pas la figure de proue que TU as spécialement fait faire pour ton navire. »

 

Jack lui lança un regard noir.

«  Dans le genre entêté…

- Je sais. Alors ? Pourquoi elle et pourquoi l’avoir emmenée avec nous et risqué la mutinerie si les hommes découvraient que tu abrites une fille pour ton seul plaisir.

- Tu l’as dit ! S’exclama joyeusement Jack. Elle est là pour mon seul plaisir.

- Jack, tu as fait construire la figure de proue avant de la rencontrer c’est donc qu’il y a autre chose. »

Jack soupira et pesta intérieurement sur le fait que Bonner ne soit pas un des abrutis crédules qui composaient habituellement ses équipages. Finalement, un sourire aux lèvres il se décida.

« D’accord en fait c’est la … Reine des Pirates. » Lâcha Jack en grimaçant.

 

Bonner éclata de rire, sa bedaine secouée par son hilarité.

« Je ne vois pas ce qu’il y a de drôle… Marmonna Jack d’un ton boudeur.

- Si tu disais la vérité je rirais peut être moins.

- Mais je dis la vérité ! Seulement personne ne me croit jamais quand je le fais ! Je me demande bien pourquoi. »

Bonner sourit et négligea de répondre à sa dernière question.

« Très bien. Admettons. Lia est la Reine des Pirates. Et donc ?

- Et bien je la ramène à l’île des épaves pour obtenir son titre. » Improvisa Jack qui songea qu’à tout prendre ce n’était pas une si mauvaise idée.

Bonner le regarda d’un air dubitatif.

«  Soit et pour le reste ? Comment une Reine pirate se retrouve t’elle catin ? Qui est-elle réellement ? »

 

Jack soupira d’un air las.

« Je ne sais pas comment elle s’est retrouvée chez Madame Wu. Apparemment elle était douée pour ça. Grinça-t-il avec ironie. Son nom, bah il importe peu.

- J’aimerais le connaitre Jack. J’ai toujours été curieux. »

Jack but une nouvelle gorgée.

«  Elizabeth. Elizabeth Swann… Turner. » Ajouta-t-il avec une grimace.

Bonner lui lança un sourire sans joie.

« Ah. Lizzie. C’est donc elle. »

Jack se raidit imperceptiblement.

« Je ne vois pas de quoi tu veux parler. »

Bonner le regarda droit dans les yeux pendant que Jack tentait sans succès d’éviter son regard.

« Je parle de la Lizzie que lorsque tu as bu, tu supplies de te laisser tranquille, entre autres choses. »

 

Jack se leva et commença à arpenter la cale d’un pas nerveux.

« Je t’ai déjà dit de déboucher tes oreilles crasseuses !

- Serais tu tombé dans ce qui fâche tous les hommes Jack ? Je ne l’aurais pas cru possible.

- Je n’ai aucun problème avec le calcul mental. Répondit Jack d’un ton digne.

- Je parle d’une fille. Et tu le sais très bien.

- Pourquoi se limiter à une fille quand il en existe tant prêtes à écarter les cuisses ? Répondit Jack avec un sourire vicieux.

- C’est pas à moi de répondre à ça. Une dernière chose : si elle est devenue Roi des pirates c’est donc qu’un autre de vos Seigneurs a voté pour elle au lieu de voter pour lui-même. Dois-je te demander de qui il s’agit ? »

Jack se mordit nerveusement les doigts, brutalement nerveux.

« C’est-ce que je pensais. Soupira Bonner. Alors tu as des sentiments pour elle. »

 

Jack sursauta et le regarda avec hostilité.

«  Tu n’y es pas du tout !!! La seule chose que je ressens pour cette fille est qu’elle a le meilleur cul que j’ai jamais goûté ! Pour le reste, et même si ça ne te regarde pas, sache que c’est à cause d’elle que je me suis retrouvé au Purgatoire de Jones ! Elle n’est qu’une catin et une dangereuse, très dangereuse demoiselle. Et la seule chose qu’elle m’inspire c’est de la haine !!! Elle m’a tué Bonner et si elle est ici c’est parce que je préfère la surveiller plutôt que de risquer qu’elle ne vienne me tuer par derrière comme la sale petite peste hypocrite et meurtrière qu’elle est en réalité !!! » S’énerva Jack tout en se convainquant lui-même à mesure qu’il parlait.

Bonner, l’air placide, le regarda gesticuler tout en parlant avant de soupirer.

« Et donc tu n’as pas trouvé de meilleur endroit que ton lit dans ta cabine sur ton navire pour la surveiller. Et d’afficher son visage sur la proue de ton navire pour ? La décourager de recommencer ?

- C’est ça ! S’exclama Jack.

- Et bien sûr dans le cadre de ta surveillance tu te devais de faire d’elle une Reine pirate puis de la sortir de la maison dans laquelle elle était enfermée sans espoir d’en sortir pour l’avoir au plus près de toi afin qu’elle ne puisse pas te nuire. Pourquoi ne pas la tuer tout simplement ? » Ironisa Bonner.

Jack grimaça avant de le regarder d’un air détaché.

« Parce qu’elle pourrait revenir. Ça c’est déjà vu !! Barbossa est bien revenu ! »

 

Bonner secoua à nouveau la tête avant de le regarder d’un air moqueur.

« Tu devrais l’épouser comme ça tu serais sûr qu’elle ne te tuerait pas… ou du moins tu pourrais la surveiller d’encore plus près.

- J’y ai pensé. Mais elle a refusé. » Lâcha Jack avec amertume qui ne se rappelait que trop bien la tirade d’Elizabeth.

Bonner éclata de rire.

« Pour résumer tu la détestes mais tu couches avec elle et tu lui as proposé le mariage. »

Jack blêmit.

« Tu n’y comprends rien ! Le mariage c’était il y a longtemps !!! Et avant que cette garce ne me tue. Du reste si je l’ai fait c’était pour la mettre de mon lit. Je ne savais pas qu’il me suffisait de payer pour ça. »

Bonner siffla entre ses dents et le regarda en haussant le sourcil. Jack ramassa sa bouteille de rhum d’un geste rageur.

« Ce que tu insinues n’a aucun sens. Aucun homme ne peut aimer sa meurtrière. Et du reste mon seul et unique amour est l’océan ! » S’exclama Jack en claquant la porte

 

Bonner, soupira. Non en effet aucun homme n’était assez fou pour aimer sa meurtrière sauf Jack Sparrow.

 

()()

 

Pestant après l’idiotie de Bonner, Jack gravit en chancelant les marches qui le séparaient de sa cabine et déverrouilla celle-ci qu’il referma derrière lui. Avec rancune il se tourna vers le lit et sentit sa rage se décupler en la voyant paisiblement endormie, le drap enroulé autour de son corps.

 

Sans faire de bruit il s’approcha d’elle. Son visage était détendu, nullement méfiant. Il lui suffirait de passer sa lame en travers de son corps ou de lui tirer une balle en plein cœur et elle disparaîtrait. Enfin. Bonner avait raison. La tuer était le seul moyen. Jack s’approcha encore, il sortit son pistolet d’une main tremblante et visa le flot de cheveux blonds répandu sur l’oreiller. Il ajusta son tir avant de baisser son arme. Il n’était pas un assassin.

 

A cet instant, Elizabeth se retourna dans son sommeil, les paupières agitées par un rêve alors qu’elle balbutiait.

«  Jack … sauve… oui… »

Penché sur elle, Jack recula brusquement, les mâchoires serrées. Un instant il avait cru qu’elle l’appelait mais non, encore et toujours Will ! En rage il arracha brutalement le drap qui la recouvrait et la réveilla du même coup. Elizabeth papillonna des yeux, désorientée.

« Jane ? »

 

Les yeux assombris par la colère, Jack la toisa, son regard errant malgré lui sur son corps nu.

« Non. Ni Will ni Jane. »

Elizabeth, complètement perdue tendit la main vers le laudanum dans un réflexe mais ne rencontra que le vide. Jack, la regarda brièvement, tremblant de rage cette fois à l’idée qu’elle cherche encore à lui échapper et lança la bouteille contre le mur, la brisant net.

« Pas d’échappatoire Lizzie ! Tu as compris !!! C’est fini ! Fini !!! Cette fois tu vas être obligée de me regarder que ça te plaise ou non !! » Hurla-t-il en enlevant ses propres vêtements, les arrachant dans sa hâte.

 

Elizabeth ramena le drap contre elle, le regard fixé sur le laudanum que le bois absorbait lentement. Jack fou de rage, lui prit le menton entre ses doigts et la força à tourner le visage vers lui.

« Tu vois ce que ça fait ! Quel goût ça a de ne pas pouvoir avoir ce qu’on désire !!! Mais c’est terminé pour moi !!! » Gémit-il en forçant sa bouche

Le souffle d’Elizabeth se bloqua sous la brutalité du baiser, sa bouche submergée par le goût de rhum de celle de Jack tandis qu’il lui écartait les cuisses sans douceur et glissait ses doigts dans son intimité.

 

Jack la relâcha avant de sortir ses doigts humides d’elle.

« Sale catin. Toujours tellement prête hein ? Sauf que cette fois tu n’auras rien absolument rien en échange de tes services. Cracha-t-il. Ni or, ni laudanum. »

Sans attendre sa réaction il abattit son corps sur elle et la prit par la voie la plus étroite avec brutalité, lui faisant pousser un cri de douleur.

« Oh … Vos clients ne vous prenaient pas par-là Miss Swann ? Se moqua Jack entre deux râles. Et bien voyez-vous moi je ne suis qu’un maudit pirate … »

Elizabeth ferma les yeux, son corps s’ouvrit peu à peu tandis que Jack poussait un cri de rage et se retirait brutalement.

« Ne ferme pas les yeux !!!! » Exigea-t-il en la retournant sans douceur.

 

Elizabeth poussa un gémissement de protestation alors que la langue de Jack s’insinuait entre ses fesses et léchait son anneau dilaté par sa brutale intrusion.

« Tu mens encore. Grinça-t-il. Ça aussi tu ne veux pas me l’offrir hein ! Alors que les autres ont pu l’avoir ! »

Sans attendre, il se poussa à nouveau en elle et la força à se mettre à quatre pattes, ses hanches claquant contre ses fesses alors qu’il la prenait avec brutalité. Elizabeth poussa un gémissement, ses doigts se crispèrent sur le drap tandis qu’elle emplissait ses poumons de l’odeur suave du laudanum. Derrière elle, Jack grogna avant de se lâcher en elle avec un cri de frustration. Il ressortit d’elle et se leva d’un bond, puis présenta son sexe à ses lèvres.

«  J’ai pas fini Lizzie. Tu veux oublier ? Je vais te faire oublier moi ! »

 

Elizabeth le regarda, les yeux chavirés, son corps bruni par le soleil dont elle pouvait saisir tous les contours la fit frissonner. Sans attendre, elle glissa sa langue le long de sa hampe attirant un long gémissement de la part de Jack qui se détendit brusquement. Le cœur battant, Elizabeth remonta lentement sur son torse et embrassa les cicatrices auxquelles elle avait tellement rêvé dans le secret de sa chambre durant ses longues fiançailles avec Will. Contre sa bouche elle sentit le cœur de Jack cogner tandis qu’elle caressait son sexe de sa main libre, le sentant gonfler de secondes en secondes.

« Lizzie… » Gémit Jack en la repoussant sur le lit, écartant ses cuisses avant de la posséder de nouveau.

 

Elizabeth soupira en réponse, ses doigts crispés guidèrent la tête de Jack vers sa poitrine et elle souleva légèrement son corps. Jack gémit à nouveau et colla sa bouche contre l’un des tétons, le suçant voluptueusement avant de le relâcher.

« Jack … » Souffla-t-elle d’un ton plaintif, ses mains parcourant son torse.

Le cœur battant à tout rompre, Jack lui donna un violent coup de rein avant de l’embrasser dans le cou, emplissant son nez de son odeur.

« Encore… Exigea-t-il d’une voix rauque. Dis-le encore

- Jack… » Gémit-elle en réponse alors qu’elle jouissait, le visage tendu par le plaisir.

 

Il la regarda avant de se lâcher à son tour et son cri rauque retentit dans la cabine.

« Je te hais… » Gémit-il d’un ton désespéré.

Elizabeth serra les paupières en l’entendant et lutta contre les larmes qui montaient irrépressiblement. Il n’avait fait cela que pour l’humilier plus encore.

 

La respiration hachée, Jack la repoussa et se leva. Il enfila son pantalon et ses bottes avec précipitation.

« Tu as été convaincante. Grinça-t-il. Mais je ne te donnerais rien en échange. Je ne te donnerais plus rien maudite catin. »

D’un geste rageur, il ramassa sa chemise sur le sol et se dirigea vers la porte, torse nu.

« Faudra faire beaucoup mieux que ça la prochaine fois. Pour l’instant tu n’es pas meilleure que les autres. En attendant si tu veux ton oubli tu peux lécher le sol. » Ricana-t-il en désignant la flaque de laudanum.

 

Sans attendre de réaction, il sortit et claqua la porte. Il n’avait pas besoin d’ouvrir son compas pour savoir qu’il n’avait toujours pas de cap.

Chapitre 14                                                                                            Chapitre 16

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