Chapitre 12 Et en finir avec toi...

Ça faisait presque une semaine qu’ils étaient là et Jack avait l’impression d’avoir glissé dans un brouillard plus épais que les fumées de l’opium qui envahissaient les rues de Singapour. Après avoir assouvi le désir qui le taraudait depuis des années, après avoir humilié sa meurtrière, après l’avoir prise comme la putain qu’elle était en réalité il avait cru que ce serait terminé. Ça ne l’était pas.

 

Il était retourné voir Lydie au sortir des bras d‘Elizabeth, se faisant violence face au souvenir des bavardages de la fille. Il l’avait prise, lentement, tendrement presque … Mais ce n’était pas son visage qu’il avait vu sous lui, ni sa voix qui gémissait. C’était elle. Encore. Comme si la prendre une fois n’avait pas suffi pour calmer ses ardeurs.

 

Jack se leva douloureusement, sa tête cogna sourdement alors qu’il se remettait de l’ivresse de la veille. Il ne se souvenait plus guère de la manière dont il était revenu à bord du Swan mais la douleur dans sa main droite lui indiqua qu’il s’était battu. Celle de sa tête qu’il avait bu. Et il n’avait pas la moindre envie de se rappeler pourquoi il s’était retrouvé accoudé, seul, à la table d’une taverne. Parce que bien sûr c’était à cause d’elle.

 

Bonner passa la tête avec hésitations et le regarda avec réticences.

« Tu es réveillé ….

- Pourquoi ne le serais-je pas ? Plaisanta platement Jack qui se leva et nota qu’une de fois de plus ses bottes étaient restées bien au bout de ses pieds pendant son sommeil.

- Bah t’étais dans un drôle d’état cette nuit. Commença Bonner en se dandinant.

- Le rhum était frelaté. Grinça Jack

- Ah …. Répondit Bonner sans oser lui demander pourquoi en pleine nuit il s’était planté devant sa figure de proue pour l’invectiver de toutes les insultes possibles et inimaginables avant de gémir en lui demandant pourquoi elle ne le laissait pas tranquille.

- Un problème Bonner ? Demanda Jack.

- Je … non. Cette nuit Jack tu as insulté la figure de proue. » Souffla Bonner avec hésitation.

 

La bouche de Jack se tordit alors qu’il ne se rappelait que trop bien son débordement de rage en découvrant que son foutu compas ne fonctionnait toujours pas.

« Et alors ? Demanda-t-il d’un ton dégagé. C’est ma figure de proue non ? Je fais ce que je veux avec elle ! »

Bonner, la bouche ouverte le regarda. Jack, qu’il connaissait depuis des années avait toujours été bizarre mais depuis quelque temps son état semblait avoir empiré. Le pirate qu’il connaissait, insouciant, joyeux, désinvolte, était à présent comme rongé de l’intérieur par un mal que Bonner ne comprenait pas. Jack avait tout. Un navire magnifique, plus beau que le Pearl de son point de vue, un équipage dévoué, ou presque, et les poches pleines d’or qui lui permettaient de s’offrir tout ce qu’il désirait, rhum, filles, repas copieux.

 

Bonner soupira et ravala ses questions avant de courir à la suite de Jack qui, sur le pont, réveillait ses hommes et les traitait de tas de fainéants.

« Alors où on va Jack ? C’est quoi notre cap ? » Demanda-t-il.

Jack s’immobilisa et se retourna lentement.

«  Partir ? Qui a dit que nous partions ?

- Bah toi Jack … Hier tu as ordonné de…

- Tu te prends pour le Capitaine, Bonner ? Le Dangerous Swan reste ici, j’en ai pas fini avec cette ville ! » Grinça Jack.

Bonner le dévisagea avec inquiétude, ça ne ressemblait vraiment pas à Jack de se tromper dans le nom de son navire.

«  Le Deadly Swan tu veux dire … »

Jack se retourna vivement, le visage tendu.

«  Pourquoi j’ai dit quoi ?

- T’as dit le Dangerous Swan. » Répondit obligeamment Bonner.

Jack accusa le coup avant de relever le menton d’un air pédant.

« Mon vieux Bonner tu devrais prendre un bain la couche de crasse qui recouvre tes oreilles te fait comprendre n’importe quoi. »

Bonner secoua la tête d’un air navré et renonça à argumenter.

« Jack, tous les hommes sont à bord. Ils attendent ton signal pour le départ. »

 

Jack regarda autour de lui, il croisa les regards curieux de ses hommes et baissa les yeux sur son compas. Il devait partir, il aurait dû partir. Mais pas tant que ce maudit compas refuserait de lui obéir et de lui dire ce qu’il désirait le plus au monde. L’air sur de lui, il se tourna vers ses hommes.

« Messieurs, par des circonstances hautement regrettables dues à une situation qu’il serait inutile de vous expliquer, le Deadly Swan restera à quai pour l’instant. En attendant amusez-vous, Bonner vous distribuera de quoi écumer les tavernes. »

Un concert de vivats lui répondit, chacun remerciant ces circonstances particulières qui leur permettaient de rester encore un peu à terre et surtout de profiter d’une bourse bien remplie pour assouvir leurs vices. Bonner sursauta et regarda Jack d’un air pénétrant, il se précipita à sa suite tandis que le pirate, souriant et triomphant, fendait la foule de ses hommes et s‘arrêtait brièvement au niveau du mât.

« Jack ! Enfin c’est de la folie ! Et quelles sont ces circonstances ? » Demanda-t-il en retenant le pirate par le bras.

 

Jack considéra d’un air hautain la main crasseuse du second posée sur son veston avant de l’écarter d’une pichenette.

«  Je ne vois pas pourquoi je te répondrais, je suis capitaine et seul maître à bord. Le reste ne te concerne pas. »

Bonner soupira et renonça à se faire expliquer les raisons de Jack.

« Bien …

- Donne-leur une bourse et va t’amuser. Répondit Jack en descendant du navire

- Tu ne restes pas ?

- J’ai à faire. Murmura Jack d’un ton mystérieux. Je suis sur le point de mettre la main sur un trésor. » Ajouta-t-il pour faire bonne mesure.

Bonner sourit en le regardant s’éloigner. Après tout peut être que Jack n’était pas si fou que cela songea-t-il en pensant aux cartes magiques qu’il lui avait montrées en France …

 

()()

 

Elizabeth se leva avec lenteur et s’empara d’un mouchoir pour étouffer sa toux qui progressait de jours en jours. Secouée par une quinte elle plaça le mouchoir sur ses lèvres, ne s’étonnant plus de le retrouver maculé de sang. Un sang noirâtre qui semblait chaque fois plus épais que la précédente. Elle s’en moquait bien. Après la veille plus rien n’avait d’importance. Elle savait à présent qu’elle n’aurait pu aller voir Jack si elle avait conservé sa liberté. Le pirate la haïssait, il la détestait tellement qu’il avait trouvé le moyen de la rabaisser en la mettant face à elle-même. Jack avait raison. Elle n’était qu’une putain. Une meurtrière.

 

Elle avait tué Jack, elle avait tué Will. Son père, Norrington, Feng. Tous morts par sa faute. Tous morts parce qu’ils avaient succombé à ses charmes pour lesquels des hommes payaient cher à présent. Quant à elle, elle avait menti, triché envers les autres et envers elle-même. Lorsque Jack était venu la voir, voir Lia, quand il avait posé ses mains rugueuses sur son corps elle avait réalisé que c’était ce qu’elle avait toujours désiré. L’ultime trahison. Au-delà de celle de vendre son corps. Celle de le désirer. Jusqu’à présent aucun de ses clients n’avait d’importance, ils n’étaient qu’une expiation, une sorte de prix à payer pour ses actes passés. Se vendre pour assurer la survie de Will. Se donner à des hommes qu’elle n’aimait ni ne désirait en paiement de son mensonge lorsqu’elle avait affirmé à Will avoir fait son choix. Elle avait toujours su que Jack la désirait, mais hier elle avait compris qu’il la haïssait pour ça. Mais comment lui dire que jamais elle ne se serait donnée à lui, non pas par peur qu’il l’abandonne une fois obtenu ce qu’il désirait ce qu‘il n‘aurait pas manqué de faire, pas plus que par fidélité envers Will mais parce que franchir la barrière invisible qui les séparait aurait réveillé ces sentiments qu’elle gardait profondément enfouis en elle et qu’elle ne réalisait que maintenant qu’il était trop tard ?

 

Jack avait toujours été dans chacune de ses étreintes, il était dans son désir, dans ses gémissements, dans chaque client de Lia. Et hier, lorsqu’elle était sur lui et savourait de le sentir en elle, se saoulant de ses baisers, l’espace d’un instant elle avait été heureuse. Vraiment heureuse. Elizabeth soupira tristement et se pencha sur la pipe qu’elle alluma d’une main tremblante. Elle en avait besoin. La fumée chasserait les mots, chasserait la haine, le sentiment de bonheur enfui aussi. La fumée chasserait tout. Même Jack.

 

()()

 

Soumettre à tes plaisirs
Tant que le compte est bon
Arracher des sourires
Même changer son nom

 

 

Jack poussa la porte de la maison de Madame Wu, les mains tremblant légèrement à l’idée de ce qu’il s’apprêtait à faire. Mais était-ce sa faute si une fois n’était pas suffisante ? Nerveusement il s’approcha du salon où les autres se tenaient. Il ne leur jeta pas un regard, elles n’étaient pas elle. Cette fois ce qu’il voulait c’était se venger de l’avoir laissée l’attacher au mat du Pearl. Cette fois il allait en finir avec Elizabeth Swann.

 

Jane, un sourire ironique aux lèvres, lui prit le bras.

«  Capitaine Smith. C’est un plaisir de vous revoir ici. Que pouvons-nous pour vous aujourd’hui ?

- Lia. » Répondit-il simplement.

Jane grimaça et hocha la tête en direction de la bourse.

« Le compte y est ? »

D’un geste agacé, Jack défit la cordelette et en sortit vingt pièces.

« Suivez-moi Capitaine Smith. »

 

Et ça recommençait, le même couloir, la même odeur suave dans l’air, la même porte lourdement ornée qui se referma sur lui tandis qu’il allait prendre place dans son fauteuil. Hier il était allé trop vite, il n’avait pas eu le temps de goûter. C’était pour ça qu’il la désirait encore. Aujourd’hui il allait assouvir tout ce qu’il avait imaginé lui faire un jour et après elle s’en irait. Après, cette putain n’aurait plus de secrets pour lui, elle n’aurait plus rien qu’il puisse vouloir.

 

La porte s’ouvrit et laissa le passage à une Elizabeth vêtue de rouge. Un rouge sang, agressif. Et Jack songea que ça lui allait bien, une couleur de meurtrière pour cette foutue catin … Elle leva ses yeux dilatés sur lui et son visage accusa la surprise.

« Jack. » Souffla-t-elle.

Encore. Encore cette manière de prononcer son nom qui réveilla sa rage.

«  Tais-toi. Lorsque je m’offre une pute je veux qu’elle se taise. Cracha Jack avec haine. Demande moi ce que je désire, traite moi comme les autres. Je ne suis qu’un client pour toi. Grinça-t-il. Et je paie. Je n’en ai pas fini avec toi… » Gronda-t-il, en colère de devoir l’admettre.

 

Elizabeth frissonna à la fois de crainte et d’impatience. Elle souffrirait elle le savait. Mais il était là. Il était revenu. Pour l’humilier, pour la prendre, pour l’insulter, peu importe. Il était là.

« Que désirez-vous ? » Murmura-t-elle d’un ton languide.

Jack soupira. Cette fois serait la bonne.

« Déshabille-toi. Doucement. Lentement. » Ordonna-t-il.

Tremblante et le regard perdu ailleurs, très loin. Loin de cette pièce, loin de la pensée qu’il la payait pour ça, Elizabeth tira sur les lacets qui emprisonnaient sa poitrine pour défaire le corset qui retenait ses seins et l’empêchait de respirer. Jack ne dit rien, sa respiration s’alourdit et résonna dans la pièce brutalement calme.

 

Elizabeth défit la lourde jupe rouge qui retomba au sol dans un froissement et Jack la fixa sans bouger. Son regard nota l’ivoire de la peau, la courbe douce de la poitrine, le galbe des cuisses. Il siffla entre ses dents en sentant son corps déjà prêt à la prendre. Mais il ne devait pas se laisser aller à la colère. Pas encore. Il se leva souplement et s’approcha, tournant autour d’elle. Il avait envie de lui faire peur. Envie de la blesser. Envie de lui faire aussi mal qu’elle lui avait fait par son dédain.

 

Sa bouche se posa doucement sur son épaule et il l’embrassa légèrement.

« Gémis catin. » Ordonna-t-il.

Elizabeth ferma les yeux et rejeta la tête en arrière. Sa bouche était sur elle et elle pouvait sentir son haleine chaude sur son corps. Elle le voulait. Un gémissement étranglé franchit ses lèvres alors qu’il empoignait ses fesses. Il les écarta sans douceur et insinua son doigt dans sa voie la plus étroite. Jack grinça des dents en reconnaissant la dilatation familière sous sa peau.

«  La Reine des Pirates. Souffla-t-il avec mépris. La Reine des Putains plutôt… Quand je pense à tout ce que j’ai fait pour avoir tout ça alors qu’il m’aurait suffi de payer. » Murmura-t-il à son oreille.

 

Elizabeth soupira. Elle ouvrit la bouche pour lui dire, pour lui expliquer mais aucun son ne franchit ses lèvres, son cerveau embrumé la trahissait. Il la poussa sur le lit. Les lèvres de Jack s’étirèrent en un sourire alors qu’il plongeait son regard dans le sien.

« Lizzie… » Murmura-t-il d’un ton affectueux qui fit battre le cœur de la jeune femme plus fort.

Lentement, Jack se pencha sur elle pour l’embrasser passionnément, ses lèvres effleurèrent les siennes avant de les prendre fermement. Elizabeth soupira et laissa sa langue se nouer à celle de Jack, retrouvant ce goût de rhum et d’océan qui n’appartenait qu’à lui. Son corps répondit sans réserve à ses caresses tandis que les mains de Jack glissaient lentement le long de ses bras pour la forcer à les mettre au-dessus de sa tête. Ses mains remontèrent lentement jusqu’à ses poignets. Elizabeth gémit de surprise en sentant le métal froid se refermer sur elle, un cliquetis la renseignant sur ce qu’il venait de faire.

 

Jack recula, le visage déformé par la haine et sourit avec froideur en la découvrant entravée, les fers à ses poignets. Elizabeth tira nerveusement sur ses chaînes, brusquement affolée devant l’expression de son visage. Un rire glacial salua ses efforts pour se libérer.

« Non sale putain. Pas tant que je n’en aurais pas fini avec toi. »

Jack se pencha sur elle et sa bouche frôla son oreille.

«  Tu sais ce que ça fait Lizzie ? Ce qu’on ressent lorsque des milliards de dents nous déchiquètent ?

- Non … Gémit elle.

- Si. » Répondit Jack qui mordit sans retenue son oreille et savoura le goût du sang dans sa bouche. Son sang.

 

Elizabeth hurla alors qu’il se retirait, le cœur cognant dans sa poitrine. Son sexe se tendit plus encore en la voyant aussi vulnérable, enfin offerte. C’était de ça dont il avait besoin. Ça dont il avait rêvé au Purgatoire alors qu’il se traitait d’imbécile d’être revenu sur le Pearl pour être l’homme bien qu’elle voulait qu’il soit. Parce qu’encore à ce moment, il avait imaginé qu’après ça elle voudrait de lui. Mais ça n’avait pas été le cas. Elle donnait tout à tous mais pas à lui. Sauf que maintenant il avait de quoi payer. De quoi assouvir tous ses désirs et la chasser enfin.

«  J’en ai passé du temps à te haïr. Souffla-t-il en descendant sa bouche le long de sa poitrine. Meurtrière. »

Elizabeth ouvrit la bouche pour lui dire qu’elle regrettait, qu’elle n’avait pas voulu mais ses dents qui se refermaient sur son téton lui firent oublier toute pensée cohérente et elle hurla à nouveau tandis qu’il enfonçait ses doigts en elle sans douceur.

 

Jack recula. Il se réjouit de voir la marque de sa bouche sur sa chair pale et ressortit ses doigts de son intimité pour en apprécier l’humidité.

« Ça te plait hein. Non bien sûr. Miss Swann fait la catin mais uniquement celle des officiers, des riches ou des forgerons. Pas des pirates. Jamais des pirates. C’est pour ça Lizzie ? C’est pour ça que tu n’as jamais voulu de moi ? Parce que je n’étais pas assez bien pour toi ? Parce que je ne suis qu’un vil pirate ? » Gronda Jack.

Elizabeth ne répondit pas à demi étouffée sous ses sanglots. Jack la considéra avec rage. Elle osait pleurer. Elle le rejetait encore. Avec mépris il laissa tomber une pièce sur son corps.

« Maintenant je peux payer ton prix. Alors sourit. Souris-moi Lizzie. Comme tu le fais pour les autres… »

 

Elizabeth gémit alors que sa bouche glissait sur son ventre et mordait une nouvelle fois sa peau tendre. Affolée elle sentit son souffle sur ses cuisses et tenta de les refermer mais les mains de Jack, plaquées sur elles l’en empêchèrent.

« Non. J’ai payé. » Dit Jack en posant ses lèvres sur elle, sa bouche se refermant sur son intimité.

Elizabeth ferma les yeux et attendit la douleur brutale, âpre, qui ne tarderait pas. Entre ses cuisses, Jack soupira, sa langue glissa sur elle, puis s’insinua en elle pour la goûter. Le cœur battant, il songea qu’elle était meilleure qu’il l’avait imaginée, la meilleure de toutes celles qu’il avait payées. Ses dents se refermèrent sur son clitoris qu’il aspira doucement et elle poussa un long soupir de plaisir. Avec un sourire mauvais il descendit sa bouche, sa langue parcourut son corps et s’insinua entre ses fesses avant de se redresser.

 

Jack la regarda, la gorge brusquement nouée en voyant ses poignets blanchis sous la morsure des fers, son visage crispé alors qu’elle entrouvrait les lèvres, sa poitrine meurtrie se soulevant avec difficultés. Tremblant de désir mal contenu il recula et défit son pantalon à la hâte pour en sortir son sexe gonflé. Il en avait assez de jouer. Il la voulait. Ici, sur le champ. Sa putain. Sa meurtrière. Sa Lizzie.

 

Il s’enfonça en elle dans un râle alors qu’elle resserrait ses cuisses autour de sa taille et le forçait à la prendre plus profondément. Jack gémit sans retenue, ses mains empoignèrent ses seins à pleines mains, en pinçant les pointes alors qu’il allait et venait en elle, y mettant toute sa rage de la désirer encore plus à chaque minute qui passait. Elizabeth ferma les yeux, son corps se tendit irrépressiblement vers lui, au-delà de la douleur. Jack se pencha vers elle et fouilla sa bouche à nouveau alors qu’il sentait un cœur battre follement dans sa poitrine sans réussir à démêler si c’était le sien ou celui d’Elizabeth qui faisait ce bruit assourdissant.

 

Finalement il sentit ses parois intimes se resserrer autour de son sexe alors qu’un cri étouffé s’échappait d’elle. C’en fut trop pour lui et Jack se libéra à son tour, jaillissant en elle avec un gémissement de désespoir.

 

A bout de souffle il s’écarta d’elle et remonta son pantalon à la hâte, n’osant regarder dans sa direction. Il était calme. Sur le lit Elizabeth tira faiblement sur ses poignets et Jack frissonna au bruit des fers. Avec lenteur il se retourna vers elle, et la haine monta brutalement en lui lorsqu’il prit conscience que non ça ne suffisait pas. Il la désirait encore. Il en voulait plus. Elle le tuait encore. Et il la haïssait pour ça. Parce qu’elle n’était pas à lui. Maudite catin. Ses doigts fouillèrent nerveusement sa bourse et il en sortit les clefs des fers qu’il approcha de son humidité humide de leur plaisir. Avec une lenteur calculée il enfonça les clefs en elle, fixant ses yeux sombres.

« Tu me dégoûtes. » Lâcha-t-il finalement.

 

Elizabeth poussa un cri étranglé en sentant le métal froid en elle et ferma les yeux pour retenir ses larmes alors qu’il sortait et claquait la porte derrière lui.

 

()()

 

Dans le couloir, Jack croisa Jane qui rodait, attentive à chaque bruit de la maison. Avec un sourire enjôleur, il s’approcha d’elle et glissa une main le long de sa taille.

« Tu devrais aller la voir. Je lui ai laissé un cadeau. » Souffla-t-il avant de la relâcher, continuant sa route.

 

Jane, surprise, se dirigea vers la chambre et réprima un sourire mauvais en découvrant Elizabeth encore attachée, les marques évidentes du plaisir s’écoulant entre ses cuisses maculées. Son regard embrassa les chaînes et elle fronça les sourcils.

«  Ce ne sont pas les nôtres. »

Elizabeth secoua la tête nerveusement et Jane s’approcha d’elle. Jane fixa les traces de morsures sur son corps, agacée. Il faudrait du temps pour faire disparaître les marques. Il faudrait demander plus cher au Capitaine Smith lorsqu’il reviendrait. Parce qu’il le ferait, elle n’en doutait pas.

« Où sont les clefs ? » Demanda-t-elle avec nonchalance.

Elizabeth bredouilla, sa voix se perdant dans une nouvelle quinte de toux, et Jane comprit.

 

Alors qu’elle se penchait sur Elizabeth, sa main caressa doucement sa poitrine et Jane songea que pour la première fois, elle était bien contente que ce client-là ne soit pas le sien…

 

()()

 

Jack se pressa dans le salon des catins et son regard méprisant détailla les visages peints qui s’efforçaient de l’aguicher. Il regarda à peine l’officier qui venait d’entrer et sursauta au son de la voix polie, à la diction parfaite qui s’adressait à la jeune fille dédiée à l’accueil des clients.

«  Je veux voir Lia… » Souffla-t-il d’un ton où se lisait l’impatience.

 

Jack se retourna vers lui, son cœur cogna dans sa poitrine en imaginant le corps lourd du vieil homme gras sur sa Lizzie. Ce n’était pas possible. Pourquoi cet homme pourrait-il l’avoir alors qu’il n’avait pas fait le moindre sacrifice pour cette foutue catin ? Jack serra les poings en le voyant disparaître derrière la tenture rouge et il s’approcha de la fille.

«  Je veux voir Madame Wu. » Exigea-t-il d’une voix rauque.                                                          

Chapitre 11                                                                                            Chapitre 13

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Commentaires : 4
  • #1

    Microcosmos (dimanche, 06 mai 2012 15:19)

    Je me répète mais pauvre, pauvre, pauvre Lizzie. :'(
    J'ai mal pour elle. Elle mérite pas ça. Avec l'opium en plus, ça doit pas être joli à voir...

    "Jack, tu insultais la figure de proue"...
    ça par contre, c'était drôle! mdrr!!
    *imagine Jack pestant après sa figure de proue*

    ^^'

  • #2

    JessSwann (dimanche, 06 mai 2012 17:47)

    Ah oui, je sais.... Liz morfle beaucoup. Avec l'opium au moins elle ressent moins

    Lol oui j'ai tenté d'alléger un peu :)

  • #3

    F (jeudi, 16 avril 2015)

    ALLEGER ?!? ET OU ? Pourquoi t'en veux autant à Elisabeth, dis-moi ? De l'opium, de la haine de tous, avilie, veuve... What else ? J'attends la syphillis d'un moment à l'autre !

  • #4

    Jess Swann (jeudi, 16 avril 2015 14:54)

    Euh, Elizabeth est mon personnage favori, donc ce n'est pas la peine de se faire des noeuds au cerveau en se demandant pourquoi je la déteste ^^
    L'allègement vient de quelques scènes d'humour placées de temps à autres pour sortir du contexte dramatique de l'histoire