Chapitre 21 Complots et moments ratés

Au large de l’île des épaves…

 

Il savourait sa victoire et observait les lueurs de l’incendie qu’il avait donné l’ordre d’allumer dans la forteresse des pirates après son départ. Le corps du supplicié se détachait comme une ombre sinistre dans la lumière des flammes et Lord Beckett sourit en se rappelant le plaisir éprouvé. Il caressa le pommeau de l’arme qui lui avait servi pour éviscérer le père de Jack et se souvint avec un sourire de la manière dont l’épée s’était enfoncée dans la chair molle qui ne lui avait offert aucune résistance. Pendant des années, il avait fait faire ses basses besognes par un assassin, par son Mercer, mais à présent il lui semblait que rien ne pourrait plus égaler le plaisir de sentir une vie s’enfuir de sa main. Il leva sa lame et la porta à la lumière. Il sourit en découvrant quelques taches d’un rouge sombre… Il ne savait pas si c’était le sang du père ou du fils qui avait taché sa lame mais ça n’avait pas d’importance, son plaisir était dans le cri du vieil homme mourant, dans les larmes d’Elizabeth Turner sur le corps de Jack. Il aimait cette vie.

« Bientôt, Elizabeth, bientôt… Murmura-t-il en contemplant sa lame, imaginant comment il pourrait l’utiliser pour la faire souffrir le plus possible.

- Ainsi donc tu as détruit le Code des Pirates, leur histoire et leur refuge. » Déclara une voix derrière lui.

 

L’arme au poing, Beckett se retourna avec une vivacité inattendue et posa la pointe de son épée sur la gorge de l’importune. Il lui suffirait d’appuyer un peu pour lui sectionner l’aorte.

« Tu ne peux pas me tuer Cutler Beckett. Personne ne peut tuer la puissante Calypso. »

A ces mots, il écarta doucement son épée et la regarda avec méfiance.

« Que voulez-vous dans ce cas, Calypso.

- Oh chéri, plein de choses… » Murmura-t-elle en s’approchant de lui pour caresser l’odieuse brûlure qui le défigurait.

Beckett prit son poignet et l’écarta de son visage.

« Il me semble ma chère Calypso que vous me sous estimez… Tenez donc compte du fait que je ne suis pas un de ces pirates stupides prêt à tout pour goûter l’intérieur des cuisses d’une fille. »

 

Une lueur rageuse brilla dans les yeux de Calypso qui n’aimait pas se faire éconduire. Cependant, elle reprit d’un ton dur.

« Je sais ce que tu cherches Cutler Beckett. Tu veux détruire les pirates mais pas n’importe quels pirates. Tu veux Elizabeth Turner et Jack Sparrow … »

Beckett la regarda.

« En effet. »

Calypso s’approcha de lui et posa sa main sur son torse, l’air en transe.

« Je sens ta haine, je sens ton désir de revanche. Et je peux t’aider à les détruire et à trouver le Coffre que tu désires tant… »

Beckett la jaugea et elle lui rendit son sourire cruel.

« Et pourquoi m’aiderais tu ? Quel est ton intérêt ? Pourquoi la toute puissante Calypso aurait-elle besoin de moi ? »

Elle caressa le torse de Beckett qui cette fois se laissa faire, leurs regards s’affrontant sans mots.

«  Je veux me venger des pirates qui m’ont jadis emprisonnée et je veux la tête d’Elizabeth Turner. »

Beckett sourit à ces mots et se tourna vers elle, la forçant à reculer.

« J’entends bien, mais la question est pourquoi ? Murmura-t-il contre ses lèvres avant de s’écarter. Dites-moi Calypso que vous a donc fait la douce Elizabeth Turner pour mériter la mort ? »

Calypso se retourna vers lui et laissa tomber la séduction, ulcérée par son comportement.

« Peu importe les raisons ! Du moment que notre but est commun ! Je te propose une alliance, je te dirais où attendre le Black Pearl. »

 

Beckett sourit.

« Et où notre ami Sparrow compte t’il mouiller ? Peut-être que la meilleure chose à faire serait de l’attendre ici.

- Jack connaît mieux ces eaux que toi. Et tu ne bénéficieras plus de l’effet de nombre et de surprise, alors que là-bas je t’aiderai.

- Et comment serais-je sur que Sparrow viendra ?

- Il viendra, il ira chercher le coffre de Jones pour faire plaisir à sa petite reine. Nous aurons un homme sur le Black Pearl. »

Beckett éclata de rire.

«  Oh oh, espionnage, trahison…. Voilà qui me plait de plus en plus. Quel est cet homme ? Un matelot ? Un mousse mécontent ? Se moqua-t-il en jouant avec le couvercle de son encrier

- Non. Barbossa. »

 

Un bruit mat empli la pièce alors l’encrier se fermait brutalement. Cutler se tourna vers Calypso.

« Impossible. C’est un Seigneur Pirate. Il ne s’alliera jamais à moi

- Oh tu n’imagines pas ce que les hommes sont parfois prêts à vendre pour atteindre leur but. »

Cutler la regarda, les yeux dans le vague. Il se rappela du Gouverneur Swann qui avait abandonné son libre arbitre, sa liberté et son honneur pour la sauvegarde de sa fille et sourit.

«  Il me semble que j’en ai pourtant une idée… »

Calypso le regarda.

« Barbossa attend non loin d’ici. Va le rejoindre et scelle notre accord ou bien coule le et compte moi parmi tes ennemis. Alors Cutler Beckett que choisis tu ? »

 

Beckett s’approcha d’elle et à la grande surprise de Calypso il laissa glisser sa main sur son épaule, écartant le tissu qui la couvrait.

« Nous avons un accord Calypso. Mais il me semble que Barbossa peut bien attendre un peu non ? »

Calypso sourit avec hésitation devant son air froid. Elle se demanda où il voulait en venir, à la fois déstabilisée et excitée à l’idée d’avoir un adversaire à sa mesure.

« J’épargnerais ton pirate tant qu’il me sera utile. » Déclara Beckett avant d’écraser sa bouche sur la sienne et de la pousser contre toute attente vers le lit.

 

Royaume des Morts, Le Hollandais Volant

 

 

Il les avait vues arriver. Une cohorte d’âmes gémissantes et complètement désorientées, tous des pirates. Depuis des heures Will s’efforçait d’endiguer le flot des âmes et d’expliquer aux malheureux que le moment était venu pour eux de passer de l’autre côté. A chaque nouvel arrivant il redoutait de voir un visage connu, peut-être même aimé. Soudain il se troubla en reconnaissant un homme de haute stature aux longs cheveux noirs. Jack… Will plissa les yeux et avança vers l’homme, partagé entre la déception et le soulagement en découvrant que ce n’était pas le fameux pirate.

 

Il commença à parler, à dire les paroles rassurantes qu’il distribuait depuis des heures mais l’autre lui coupa la parole.

« T’as du rhum gamin ? »

Will regarda le visage buriné dont les traits portaient les stigmates d’une vie dure et la marque d’une mort violente. Il se borna à indiquer une direction à l’homme qui se dirigea vers la caisse d’un air ravi. Il tira le bouchon d’un geste rapide et s’offrit une grande lampée de rhum.

« Ainsi c’est toi Will Turner … »

Will le regarda, un peu déstabilisé.

« On se connaît ?

- Non mais tu connais mon fils, Jack. »

 

Will grimaça à la pensée de Jack qui lui avait pris sans le savoir celle qu’il aimait ou du moins une partie de son cœur.

« Vous êtes Teague Sparrow le Gardien du Code… »Murmura Will plus pour lui-même que pour l’homme.

Le visage de Teague se crispa à ces mots.

« Je ne suis plus le Gardien, j’ai échoué. Ils sont venus et ils ont tout pris, massacré les nôtres. Brûlé le Code, notre histoire, notre refuge. Tout ! »

Will resta un moment silencieux, ne sachant que dire avant de reprendre.

« Qui a fait ça… et pourquoi ? »

Teague éclata de rire.

« N’as-tu pas encore compris ou bien ton cerveau est-il aussi engourdi qu’il en a l’air ? A moins que… T’es pas un débile au moins ? » Demanda-t-il l’air inquiet.

Will serra les dents et attendit patiemment que l’homme lui réponde.

« C’est Beckett qui a fait ça, il cherchait Jack et Elizabeth. »

A ces mots, Will saisit l’autre par le col.

« Vous lui avez dit où elle est ??? »

Teague le regarda froidement.

« Ôte tes mains de là petit. Je suis déjà mort je te le rappelle. Et non, je n’ai rien dit, et du reste je l’ignore. »

 

Will desserra son étreinte avec un soupir de soulagement sous le regard ironique de Teague.

« Comment l’aider … Murmura-t-il.

- En aidant Jack. » Répondit simplement Teague.

Will secoua la tête.

« Jack Sparrow est de taille à se débrouiller seul. Il ne m’utilisera plus. »

Teague éclata d’un rire moqueur.

« Ce n’est pas la vraie raison de ton refus !

- Et quelle est-elle selon vous?

- Elle tient en deux mots. Elizabeth Swan.

- Turner !

- …Seulement si tu ne fais rien, elle mourra comme Jack ou comme moi. Vois-tu petit il n’y a que deux règles vraiment importantes: ce que tu peux faire et ce que tu ne peux pas faire. »

Will soupira lourdement à ce discours qui lui rappelait le passé mais Teague n’en tint pas compte et commença à déambuler sur le pont.

« Par exemple tu peux décider que les histoires de pirates ne t’intéressent plus et laisser Elizabeth et Jack se débrouiller seuls. Ou alors tu peux les aider à ta manière… »

 

Will le regarda pensivement.

« Je suis coincé ici …

- Mais Beckett compte sur une alliée puissante. Si celle-ci se trouvait dans l’incapacité de l’aider, ça donnerait plus de chance à mon fils et à ta femme.

- Calypso…  Murmura Will.

- Calypso. Confirma Teague. Vois-tu, il existe une formule qui, prononcée au bon moment dans les bonnes circonstances permettrait de …

- …l’enfermer à nouveau. » Finit Will.

Teague hocha la tête d’un air ravi et Will le regarda d’un air décidé.

« Et quelles sont ces circonstances ? »

Teague lui fit un clin d’œil graveleux.

« Devine … »

 

Will tourna la tête et pensa à Elizabeth. Il ne voulait pas la trahir, même si elle ne l’aimait plus. Il savait qu’elle n’était pas responsable, que depuis le premier jour Jack avait tout fait pour lui prendre.

« C’est faux. Déclara posément Teague qui suivait aisément ses pensées. Il ne l’a jamais forcée et une fois encore elle tombera d’elle-même dans ses bras.

- Vous en semblez certain… » Murmura Will avec amertume.

Teague soupira et prit une voix basse.

«  Petit, j’étais à l’île des épaves lorsque Jack a demandé qu’on élise un roi. J’étais là lorsqu’elle est arrivée. J’ai vu le regard qu’elle posait sur mon fils et j’ai vu celui qu’il posait sur elle. Lorsqu’il l’a désignée comme reine, ça a représenté beaucoup pour elle. Et pour lui aussi, comme, comme un pardon. »

Will soupira avec tristesse.

« C’en était un. Elle l’a donné au Kraken. »

Teague éclata de rire.

« Bien … Dit-il avant de reprendre son sérieux et de regarder Will. Tu n’es pas responsable pas plus que Jack. Elle a fait son choix, la question est quel sera le tien ? La laisseras-tu mourir avec Jack parce que tu ne pourras plus la posséder, la priveras-tu ainsi d’un bonheur que tu pourras jamais lui donner ? Ou bien l’aimes-tu suffisamment pour lui laisser une chance d’être heureuse avec un autre ? »

Will baissa la tête.

« Vous savez très bien quel est mon choix. Je mourrais cent fois pour elle.

- Parfait ! S’écria Teague. Alors viens je vais te donner la formule… »

 

 

Pacific Princess

 

 

Beckett se rhabilla et prit le temps d’arranger sa tenue. La déesse à la peau sombre s’était révélée une amante appliquée, passionnée et il ne regrettait pas de l’avoir goûtée. Stratégiquement, c’était à son sens un coup bien joué. Chacun savait que Calypso protégeait ses amants, infidèle à tous, mais capable de leur épargner les tempêtes tant qu’ils lui donnaient du plaisir. Pourtant la femme ne lui avait pas donné le plaisir auquel il s’attendait. Elle s’était montrée trop consentante. Il soupira en repensant à Elizabeth Swann et à sa résistance, à la manière dont son corps se fermait au sien et au plaisir inégalable de forcer ses défenses. Il devrait revivre ça une fois.

 

Il soupira et s’approcha du navire qui se balançait doucement sur l’eau, ses canons armés prêts à couler l’autre navire au moindre geste suspect.

« Capitaine Barbossa ! Hurla-t-il. Veuillez accepter une tasse de thé… »

Sur l’autre navire, Barbossa chuchota ses instructions avant de se rendre sur le pont du Pacific Princess, l’arme au poing. Un sifflement désapprobateur salua son arrivée.

« Allons Capitaine Barbossa nous sommes entre gens bien élevés non ? Et il me semble que nous avons des intérêts communs. Suivez-moi dans ma cabine je vous prie. »

 

Hector l’air rusé le suivit, calculant déjà comment il pourrait le doubler. Une fois à l’intérieur, Cutler lui tendit une tasse remplie d’un liquide chaud et odorant.

« Vous n’auriez pas une boisson un peu moins raffinée ? Ironisa Hector. Voyez-vous je ne suis qu’un humble pirate et non un Lord avec des goûts aussi délicats et aussi

- Suffit ! J’ai compris. » Tonna Beckett en servant deux verres d’alcool.

Barbossa vida le premier d’un trait avant de s’emparer du second faisant lever les yeux au ciel à Beckett qui songea que, décidemment, il haïssait les pirates.

« Maintenant que vous avez étanché votre soif. Parlons de notre accord et de celui que nous avons avec notre amie commune.

- Je veux Sparrow. Annonça Hector.

- Soit, vous l’aurez. Quant à moi je souhaite obtenir la jouissance de Madame Turner. »

 

Barbossa le regarda un instant, mal à l’aise devant l’air désagréable du lord qui parut ne se rendre compte de rien et reprit.

« Je ne connais pas les détails de votre accord avec Calypso mais sachez que si vous remplissez votre part du contrat je vous laisserais repartir avec le Black Pearl et avec ceci. Déclara-t-il en désignant des lettres de marque. Elles sont à votre nom et font de vous un corsaire au service de l’Angleterre, ce qui efface tout votre passé de pirate. Une fois mon sceau apposé vous serez libre Barbossa. »

Hector le regarda et murmura.

« Vivre en devenant un esclave ou mourir en restant un pirate. Quel choix …

- Le seul possible pour des hommes dans votre genre Barbossa. Alors, dites-moi voulez-vous rejoindre les morts ? »

 

Barbossa le regarda avec horreur.

« Non ! »

 

Beckett eut un sourire satisfait.

« Très bien. Dans ce cas je vais couler votre navire. Puis vous blesser suffisamment pour que Jack pense que vous étiez sur Shipwreck Cove durant l’attaque. Du reste ça vous permettra d’avoir un avant-goût de ce qui vous attend si vous me trahissez.

- Oh voyons, comme si c’était mon genre …

- Une fois que Sparrow sera là vous ferez appel à votre imagination et vous lui raconterez que vous êtes arrivé trop tard, que vous avez reçu une balle perdue et que vous n’avez rien pu faire pour son père. »

Hector se troubla légèrement.

« Teague … Le vieux Teague est mort ?

- Il semblerait qu’il soit impossible de vivre les viscères sorties du corps. Déclara Beckett d’un ton faussement navré. Bref. Là vous regagnerez leur confiance et vous leur direz que vous m’avez entendu dire que je partais pour Ithaque chercher le coffre contenant le cœur de Turner. Votre mission s’arrête là, avouez que c’est une amnistie facilement gagnée et une revanche douce à prendre non ? »

 

Hector ne répondit pas et soupira lourdement avant d’hocher la tête. Dans toutes les guerres il y avait des pertes et il n’avait pas l’attention d’être parmi celles de celle-ci. Beckett sourit, l’air satisfait.

« Quelle jambe préférez-vous ? »

Hector leva les sourcils.

« Quelle jambe je »

Il n’eut pas le temps de finir, Beckett tira dans sa cuisse gauche et il retomba au sol.

«  Tsss mettez un linge autour de votre blessure, je ne tiens pas à devoir changer mon tapis.

- Et ça se dit raffiné… » Grinça Barbossa, la mâchoire crispée par la douleur.

 

Une heure plus tard, Barbossa était débarqué, seul, sur les épaves de l’ancienne forteresse pirate, tandis qu’au loin brûlaient les vestiges du navire que lui avait donné Calypso qui illuminaient le corps supplicié qui, comme lui, attendait l’arrivée de Jack.

 

 

Le Black Pearl, pleine mer…

 

Ils avaient enfin repris la mer. Jack sourit à la barre et respira les embruns à pleins poumons puis jeta un petit regard vers Elizabeth, qui non loin de lui, surveillait l’horizon. Il était heureux de la voir ainsi, heureux de voir qu’elle allait mieux et que peu à peu l’espoir revenait dans ses yeux. Elle souriait même de temps à autres, comme avant, comme avant Beckett et la mort.

 

Il laissa la barre à Tai pour s’approcher d’elle et s’accouda à ses côtés.

« On va le retrouver trésor …

- Je sais, j’ai confiance en vous. Et dans les autres pirates. Dit-elle

- Le chant a retenti. Ils ne peuvent faire autrement que d’y répondre. Si Beckett met la main sur le cœur c’est nous tous qui sommes en danger, pas seulement Will. Une fois à l’île des épaves, nous établirons un plan. Croyez-moi Beckett ne survivra pas cette fois. »

Elizabeth soupira tristement.

«  Je vous crois. »

Jack se rapprocha doucement et glissa doucement sa main dans ses cheveux avant de la poser sur son épaule.

«  Alors prouvez le trésor. Vous n’êtes pas du genre à pleurer… » Dit-il, ses yeux se posant comme malgré lui sur sa bouche, dévoré par l’envie de poser ses lèvres sur elle.

Elizabeth sourit à son affirmation naïve.

« Non je suis du genre à me battre. Merci Jack. Je vais étudier les cartes que vous m’avez données et voir si quelque chose est possible de ce côté-là. Déclara-t-elle en se dégageant. Du reste nous serons bientôt à l’île des Épaves. » Annonça-t-elle.

 

Jack soupira lourdement en la regardant s’éloigner. Tout était une histoire de moment, et dans son cas tout était une histoire de moment raté. Son regard glissa sur l’équipage et il surprit celui, moqueur, de Tai.

« Bougez-vous ! Le chant a retenti ! On doit être à Shipwreck Cove avant ce soir !!! » Hurla-t-il pour évacuer sa frustration.

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