Chapitre 4 Dans la grotte

Beckett mit quelques secondes de plus que sa compagne d'infortune pour réagir et regarda d'un air ahuri le cyclone qui se rapprochait de leur plage. Le vent commença à mugir dans les maigres arbres qui demeuraient encore debout et Cutler s'élança à la suite d’Elizabeth. La peur aiguillonna sa course alors qu'il apercevait derrière lui une vague gigantesque qui roulait vers eux, prête à s'écraser sur la plage.

 

Folle de terreur, Elizabeth courait d'un pas sûr et se dirigeait instinctivement vers la grotte qui l'avait déjà abritée lors du précédent déferlement de rage de l'océan. Elle se précipitait vers cette dernière lorsque Beckett s'écrasa brusquement sur elle et la plaqua au sol. Paniquée, Elizabeth hurla et chercha à se dégager tandis qu'il la maintenait au sol de tout son poids. La lutte dura une fraction de seconde puis Elizabeth se releva, révoltée par la manière dont il avait tenté de l'arrêter.

« Vous êtes malade. » Hurla-t-elle pour surmonter le bruit du vent.

 

Beckett la regarda avec froideur et lui désigna l'arbre déraciné qui s'était abattu à quelques mètres d'elle, sa localisation lui indiqua clairement qu'elle aurait sans nul douté été emportée et tuée s'il ne l'avait pas arrêtée.

« Oh… » Murmura Elizabeth, surprise et mal à l'aise à l'idée qu'il venait de lui sauver la vie

Beckett ne lui accorda pas plus d'attention et chercha des yeux un refuge tandis que derrière eux, la vague progressait rapidement. Elizabeth le tira brusquement par la manche et lui fit signe de la suivre, tous deux s'engagèrent au pas de course dans la grotte.

 

Une fois arrivés au bout de celle-ci, trempés jusqu'à la taille, Beckett regarda d'un air désespéré le mur de roche qu'Elizabeth avait franchi une première fois.

« Vous êtes complètement folle. Ragea-t-il. Nous sommes faits comme des rats. »

Sans se préoccuper de lui, Elizabeth tenta de se hisser mais ses doigts glissaient sur la roche humide. Beckett la regarda faire un bref instant, cherchant à deviner son intention.

« J'espère que vous savez ce que vous faites Miss Swann. » Déclara-t-il froidement avant de refermer ses bras autour de la taille de la jeune femme.

 

Surprise, Elizabeth se sentit soulevée avec force et faillit pleurer de soulagement lorsque ses doigts se refermèrent sur la roche et qu'elle rejoignit la relative sécurité de la pierre. Elle se retourna maladroitement tandis que, plus bas, Beckett cherchait une prise, affolé par le vacarme de l'eau qui s'engouffrait dans la caverne. Il leva les yeux vers elle et l'espace d'un instant leurs regards se croisèrent. Elizabeth hésita et songea durant une fraction de seconde à la manière dont était mort son père et à la responsabilité de Beckett dans cette dernière. Elle pensa fugacement que le Lord méritait de mourir, avant de soupirer avec regret et de lui tendre la main, incapable de rompre la promesse qu'elle lui avait faite quelques jours plus tôt.

 

Les doigts de Beckett se refermèrent sur les siens et elle le tira vers elle de toutes ses forces tandis que le lord attrapait la roche de l'autre main. Quelques instants plus tard, ils étaient tous les deux au sec. Les vagues frappèrent le promontoire sur lequel ils étaient et Elizabeth trembla à l'idée que cette fois la tempête soit suffisamment violente pour submerger leur abri de fortune. Aiguillonnée par la peur, elle se retourna maladroitement, faisant grogner Beckett alors qu'elle lui donnait un coup de pied.

 

Lentement, Elizabeth commença à ramper, consciente du souffle de Beckett sur ses jambes nues tandis qu'il la suivait en silence. Ils progressèrent ainsi durant quelques mètres et Elizabeth poussa un cri en sentant la roche se dérober sous eux.

 

Quelques secondes plus tard, elle s'écrasait avec un gémissement sur le sol meuble de la caverne tandis que Beckett retombait sur elle et enfouissait sa tête contre son cou pour se protéger des morceaux de roche. Ils mirent quelques instants à reprendre leurs esprits puis Beckett se releva lentement et frotta son veston d'un air dégoûté. Elizabeth le regarda en grinçant des dents, attendant qu'il parle et le Lord lui lança un regard aigu.

« Vous êtes blessée Miss Swann ? Lui demanda-t-il froidement

- Non. » Répondit Elizabeth en se relevant

L'ignorant totalement, Beckett leva les yeux vers le goulet étroit le long duquel ils avaient rampés et se retourna vers elle.

«  Je suppose que c'est le seul abri disponible sur cette île ?

- Ça vous pose un problème ? Ragea Elizabeth qui regrettait amèrement son mouvement de charité envers lui.

- Croyez-vous que la paroi éboulée résistera ? Continua Beckett.

- Je ne sais pas ! Elle a tenu la première fois…

- Bien. » Répondit Beckett.

Il se dirigea vers le fond de l'endroit et souleva des bouteilles.

« Des contrebandiers. Cracha-t-il avec mépris.

- Soyez heureux qu'ils existent… Lui rétorqua Elizabeth. Sans eux nous serions morts. »

 

Comme pour confirmer son assertion, le vent se leva brutalement, son mugissement résonna sinistrement dans la grotte et tous deux regardèrent avec inquiétude les pierres de l'éboulis.

«  Il faudrait renforcer ceci. » Annonça Beckett en se dirigeant vers une lourde caisse dans l'intention évidente de la traîner contre la paroi

Il se pencha sur elle, les dents serrées sous l'effort.

« Venez m'aider ! » S’exclama-t-il en voyant qu'Elizabeth ne bougeait pas.

Réprimant la réflexion désagréable qui lui venait, Elizabeth le rejoignit et tous deux travaillèrent de concert un long moment à consolider la paroi de leur refuge.

 

Finalement Beckett, en nage, se laissa tomber sur le sol et s'adossa aux caisses tandis que les bruits provenant de l'extérieur leur annonçaient que, loin de se calmer, la tempête redoublait.

« Je suppose que je vous dois des remerciements. Soupira-t-il finalement, les mots semblant lui écorcher la bouche.

- Inutile. Répondit Elizabeth. Je ne vous ai aidé que pour respecter mon engagement, si je m'étais écoutée je vous aurais laissé.

- Voilà qui est franc. » Répondit calmement Beckett.

Elizabeth hésita quelques instants et lui jeta un petit regard en coin.

« Il me semble que moi aussi je doive vous, enfin … »Commença t'elle, embarrassée.

Beckett leva la main.

« Ne me remerciez pas vous non plus. Si j'ai empêché cet arbre de vous arracher la tête c'est uniquement pour avoir le plaisir de vous passer la corde au cou lorsque je vous pendrais pour piraterie. Lui affirma-t-il avec un sourire forcé.

- Bien … Au moins nous savons à quoi nous en tenir. » Répondit Elizabeth qui frissonna légèrement, ses vêtements trempés lui collant au corps.

Beckett la contempla un instant avant de claquer sa langue avec agacement. Il se leva alors d'un air décidé et ôta sa lourde veste, se retrouvant torse nu.

« Mettez cela Miss Swann. Ordonna-t-il en lui tendant son vêtement

- Vous avez aussi froid que moi. Observa Elizabeth sans bouger

- Prenez je vous dis ! Même si elle est trempée, elle vous réchauffera un peu. »

 

Elizabeth leva les yeux au ciel et s'emmitoufla dans le vêtement avec un nouveau frisson tandis que Beckett s'asseyait à quelques mètres d'elle.

« Nous devons trouver un moyen de quitter cette île. Du moins si nous survivons à cette tempête. » Annonça t'il en lançant un regard désabusé vers l'issue bouchée dans laquelle un bruit de vagues et de vent mêlés rugissait.

Elizabeth transie, ne répondit pas tandis que Beckett lui lançait un coup d'œil curieux.

« Dites-moi Miss Swann … Il me semble que vous vous soyez déjà trouvée dans cette situation avec Sparrow … Comment avez-vous réussi à être secourue ? »

Elizabeth sourit légèrement au souvenir de son escapade involontaire et répondit.

« La compagnie était nettement plus agréable alors… Ironisa-t-elle avant de se reprendre en le voyant grimacer légèrement. Mais si vous voulez tout savoir, je l'ai fait boire puis j'ai profité de son sommeil pour brûler le rhum que nous avions, la fumée a attiré les soldats. »

 

Les yeux de Beckett brillèrent un instant d'une lueur rusée et il fixa d'un air équivoque les bouteilles de rhum au moment où, mue par la même idée, Elizabeth en faisait de même.

« Ça pourrait marcher à nouveau… Murmura la jeune femme.

- Assurément. Répondit d'un ton calme Beckett. Si nous survivons à cette journée, il nous faudra essayer. Nous devrions réussir à déblayer en partie les pierres qui obstruent l’issue, à nous deux ça devrait fonctionner. »

Elizabeth le fixa.

«  Ce qui inclut de nous priver de notre seul refuge. Déclara-t-elle d'une voix tendue. Et cela sans garantie qu'un navire croise au large.

- Dans ce cas nous mourrons à la prochaine tempête. Répondit avec philosophie Beckett avant de la fixer. Dites-moi comment avez-vous réussi à saouler Jack Sparrow ? »

Un sourire illumina le visage d'Elizabeth tandis qu'elle répondait.

« Je lui ai fait croire que je buvais moi aussi mais bien sûr il n'en était rien

- Ingénieux. Commenta Beckett. Quoique risqué pour votre vertu. »

Elizabeth se crispa et Beckett précisa d'une voix sèche.

« C'était un compliment Miss Swann. Êtes-vous donc devenue si peu civilisée que vous êtes incapable d'en reconnaître un lorsqu'il vous est adressé ? »

Elizabeth secoua lentement la tête en guise de dénégation.

« Non, je pensais juste que vous n'étiez pas assez civilisé pour en faire Rétorqua-t-elle. D'où ma surprise. »

 

Beckett pinça les lèvres et se détourna, le regard glacial tandis qu'elle se réchauffait peu à peu et se sentait à présent suffisamment en sécurité pour passer en revue les événements qui avaient précédé leur fuite.

« Lord Beckett ? Demanda Elizabeth d'une voix hésitante.

- Quoi Miss Swann? » Soupira Beckett.

La jeune femme hésita un long moment. Elle se mordit les lèvres, tout son être regimbait à l'idée de s'abaisser à poser une question à son ennemi, puis elle se décida.

« Tout à l'heure avant la tempête … Lorsque nous parlions, vous avez laissé entendre que, que Jack avait une raison de revenir à Port Royal. Et je … » Commença-t-elle.

 

Un sourire sarcastique se forma sur les lèvres de Beckett tandis qu'il complétait sa phrase.

« Vous aimeriez que je vous confirme ce que vous savez déjà. Vous avez envie de l'entendre, intéressant. » Commenta-t-il.

Elizabeth secoua la tête, embarrassée, tandis qu'il poursuivait, plus ironique que jamais.

« La réponse est vous-même Miss Swann. C'est vous que Sparrow désire à ce point. »

Elizabeth se troubla quelques instants avant de se reprendre, son cœur cognait étrangement plus rapidement dans sa poitrine à l'idée qu'il puisse dire vrai.

« Je doute que Jack vous ai fait des confidences. » Répondit-elle platement.

Beckett sourit, amusé par son trouble évident.

« En effet, mais cependant il apparaît que vous étiez la rétribution que Sparrow attendait en échange de sa trahison.

- Sa … trahison ? » Bredouilla Elizabeth.

Beckett la regarda avec une pointe d'exaspération.

« Allons Miss Swann, vous ne croyez tout de même pas que cet imbécile que vous avez épousé a réussi à voler le compas de Jack ? Non c'est Sparrow qui le lui a donné. Pour moi.

- Mais pourquoi ? Demanda Elizabeth d'une voix tremblante sans relever l'insulte envers Will

- Voyez-vous ma chère, il apparaît que votre cher Sparrow ne soit pas aussi sensible à la cause des pirates que vous l'êtes. Notre accord stipulait qu'il devait me livrer le conseil de la confrérie en échange de quoi il était libre de partir avec son Black Pearl, l'équipage et vous-même… Le marché n'incluait pas Mr Turner. » Précisa Beckett avec un sourire sadique.

 

Elizabeth digéra un instant la nouvelle, surprise de ne pas être plus furieuse d'apprendre que Jack l'avait marchandée comme un vulgaire morceau de viande tandis que Beckett l'observait avec attention. Finalement le Lord finit par reprendre la parole d'une voix froide.

« Ainsi j'avais raison à votre sujet Miss Swann, comme toutes les autres vous désirez Sparrow.

- J'aime Will ! S'écria Elizabeth

- Bien sûr. Répondit Beckett avec cynisme. Eléanor aussi m'aimait ma chère. Cela ne l'a toutefois pas empêchée de le désirer.

- Je ne suis pas votre femme Lord Beckett. Mais si la malchance avait voulu que je le sois, j'aurais sans doute agi comme elle. Mais comme je suis l'épouse d'un homme bon et que j'aime cela n'arrivera pas. » Affirma-t-elle.

 

A la surprise d'Elizabeth, sa protestation virulente fit éclater brièvement de rire Beckett et elle le regarda avec hostilité tandis qu'il s'expliquait.

« Vous êtes cruelle ma chère. Chaude et glaciale tout à la fois. Parfois je plains Sparrow d'être tombé sur une femme telle que vous…

- Je ne comprends pas. Rétorqua Elizabeth, un peu vexée.

- Au contraire Miss Swann, vous me comprenez fort bien. Vous êtes de ces femmes pour lesquelles les hommes font des folies et qui n'amènent que malheur et mort à ceux qui les aiment. Il suffit de voir comment ont fini Norrington et Turner… Je me suis même demandé si vous n'aviez pas à voir avec la disparition momentanée de Sparrow, était-ce le cas ? » Lui demanda-t-il avec un sourire.

Elizabeth rougit au souvenir du baiser de la mort qu'elle avait offert à Jack avant de le livrer au Kraken.

« Cela ne vous regarde pas … Souffla-t-elle.

- Allons Miss Swann, il me semble avoir répondu à toutes vos questions y compris les plus indiscrètes… » Ironisa Beckett.

 

Elizabeth frissonna. Elle resserra inconsciemment ses bras autour de la veste de Beckett et se leva pour se saisir d'une bouteille de rhum.

« C'était le cas. Soupira-t-elle. Je l'ai attaché à son navire. Dit-elle froidement en débouchant la bouteille de rhum. Après l'avoir embrassé pour endormir sa méfiance. Satisfait ? »

Beckett dédaigna de répondre et la regarda tandis qu'elle portait la bouteille à ses lèvres.

« Que diable faites-vous donc Miss Swann ? »

Elizabeth se retourna vers lui et prit une longue gorgée.

« Je me réchauffe Lord Beckett.

- Vous êtes écœurante … Commenta Beckett en la regardant boire

- Non, je suis transie. Répondit Elizabeth. Et du reste nous n'avons que cela à faire non ?

- Oh… Ironisa Beckett. Proposeriez-vous que nous nous saoulions pour passer le temps ?

- Pourquoi pas ? Répondit Elizabeth d'un ton rempli de défi. A moins que cela ne soit pas assez bien pour vous ? »

 

Un mince sourire éclaira les lèvres de Beckett et il se leva pour venir la rejoindre. Durant une fraction de seconde, le regard d'Elizabeth se posa sur son torse dénudé puis elle revint à son visage froid tandis qu'il lui prenait la bouteille des mains.

« Cette boisson est ignoble. Commenta-t-il en en buvant toutefois une longue rasade. Vous avez des goûts déplorables Miss Swann.

- Oh je vous en prie. S'agaça brutalement Elizabeth. Cessez donc votre ton compassé, nous ne sommes pas dans un salon.

- Je l'avais remarqué figurez-vous… Ironisa Beckett. Si c'était le cas, la compagnie serait toute autre. Toutefois, je vous avertis Miss Swann ne tentez pas de me saouler comme vous l'avez fait avec Sparrow car vous risquez une déconvenue.

- Oh, croyez bien que je n'ai nulle intention de quelque nature que ce soit envers quelqu'un comme vous Lord Beckett. Comme vous l'avez vous-même souligné et à l'instar de votre femme, j'aime les hommes et non les pantins emperruqués. » Rétorqua Elizabeth.

 

Beckett crispa brutalement ses mâchoires sous l'insulte et prit une nouvelle gorgée de rhum.

« Vous devriez prendre garde à ne pas aller trop loin Miss Swann. Gronda-t-il. Quand à vos goûts croyez-moi j'avais remarqué qu'ils se portaient plus vers la fange que vers l'honneur. Mais après tout qu'attendre d'autre d'une femme pour qui l'appel de la chair est si évident et qui n'a aucune notion d'honneur ou de décence ? »

Elizabeth ouvrit la bouche pour répondre mais il ne lui en laissa pas le temps et reprit d'un ton glacial.

« Je reconnais néanmoins que votre idée de boire est salutaire, ainsi peut être oublierais je que je suis forcé de subir votre compagnie.

- Parfait. Commenta Elizabeth qui but une large rasade avant de reprendre d'un ton moqueur. Vous voyez je ne fais pas semblant. Après tout il faudrait que je sois en compagnie d'un homme pour que mon honneur soit en danger. »

 

Beckett serra les dents puis se détendit avant de boire une gorgée de rhum avec application.

« Nous voilà donc avertis tout deux. Mais laissez-moi vous rassurez Miss Swann : je n'ai jamais goûté la compagnie des catins. A présent, pourquoi ne pas tenter d'entretenir une conversation agréable pour une fois puisque nous sommes d'accord ? Lui demanda-t-il avec un sourire forcé.

- Pourquoi pas…  Répondit Elizabeth qui s'empara d'une nouvelle bouteille. A la liberté ! S’exclama-t-elle avec défi.

- A la Couronne ! Répondit Beckett qui trinqua toutefois avec elle. Et à notre évasion future…. » Ajouta-t-il tandis qu'Elizabeth hochait la tête en guise d'accord.

 

Une poignée d'heures plus tard….

 

Assis l'un à côté de l'autre, Elizabeth et Beckett buvaient, sourds à présent aux bruits de la tempête qui semblait ne pas vouloir cesser. La langue un peu chargée par l'alcool, Beckett racontait une anecdote sur la cour tandis qu'Elizabeth éclatait de rire devant sa description acide d'une des femmes en vogue à cette dernière.

« Ce n'est pas qu'elle ne sait pas danser… Expliqua Beckett. C'est juste qu'il semble que ses pieds soient possédés par une existence propre. »

Calmant son hilarité qui était pour moitié due à l'alcool et pour l'autre au récit, Elizabeth le regarda, les yeux pétillants.

« Seigneur comment pouvez endurer ceci ? Les soirées, les bals, toutes ces convenances étouffantes… »Soupira-t-elle finalement.

Beckett regarda froidement sa bouteille et répondit.

« Elles ne sont pas si nombreuses. Mais je dois admettre que danser sans partenaire à sa hauteur est assez ennuyeux. »

Elizabeth éclata à nouveau de rire et persifla sans pouvoir se retenir.

« Ne vous êtes-vous jamais dit que c'était parce qu'elles étaient mal dirigées ? »

Beckett se crispa et reprit d'un ton hautain.

« Contrairement à ce que vous semblez penser, je suis fort bon danseur Miss Swann, j'excelle en ce domaine comme en de nombreux autres.

- Prouvez-le. » Rétorqua Elizabeth sans réfléchir.

 

Beckett haussa le sourcil.

« Je n'ai point de partenaire.

- Allons Lord Beckett, auriez-vous oublié que je sais danser toutes ces voltes ennuyeuses dans lesquels vous dites exceller ? Ironisa Elizabeth. Ou bien avez-vous peur de perdre une fois de plus ? » Ajouta-t-elle, le défi faisant briller ses yeux.

Beckett sourit légèrement et se leva. Il lui tendit la main et oscilla imperceptiblement.

« Soit Miss Swann, me feriez-vous l'honneur ? Ironisa-t-il en s'inclinant, grisé par le rhum.

- Avec un grand plaisir Lord Beckett. » Répondit-elle sur le même ton en ignorant sa main tendue pour se relever.

Beckett la regarda sans ciller et elle glissa sa main dans la sienne, amusée.

« Conduisez donc Lord Beckett. Se moqua t’elle. Ou bien préférez-vous que je le fasse ?

- Lent ou rapide ? Rétorqua Beckett d'un ton froid

- Comme il vous plaira. » Se moqua Elizabeth à nouveau.

 

Beckett ne répondit pas et glissa son bras autour de sa taille pour l'attirer à lui tandis qu'elle affermissait sa main dans la sienne, le regard rempli de défi. Quelques instants plus tard, il la guidait dans un rythme échevelé et la faisait tournoyer gracieusement dans la grotte réduite tandis que son bras la maintenait comme un étau. Une main posée sur son épaule, Elizabeth le dévisageait avec étonnement pendant qu'il la guidait précisément et suivait une musique qu'il n'avait de toute évidence pas besoin d'entendre. Beckett surprit son regard et la regarda d'un air sarcastique.

« Quoi donc Miss Swann ? Auriez-vous des difficultés à suivre ?

- Pas du tout. » Rétorqua Elizabeth.

Elle appuya un peu plus sa main sur son épaule et se fit la réflexion que la peau du Lord était brûlante sous ses doigts.

« Seigneur auriez-vous de la fièvre ? » Lui demanda t'elle finalement tandis que la danse ralentissait et se faisait plus rapprochée.

Beckett la regarda d'un air surpris.

« Non absolument pas. » Répondit-il d'un ton glacial en l'approchant encore un peu plus de lui.

 

Elizabeth déglutit légèrement alors qu'il lui semblait brutalement qu'ils étaient beaucoup trop proches et elle rata la mesure suivante au grand plaisir de Beckett.

« Je pensais que vous saviez danser Miss Swann ? Ironisa-t-il.

- C'est un peu malaisé sans musique. Rétorqua Elizabeth que ça n'avait pas gênée jusqu'alors.

- S'il n'y a que ça… » Murmura Beckett qui commença à fredonner légèrement l'air qu'il suivait mentalement.

Elizabeth sourit et se détendit. Son corps se plaqua contre celui de Beckett sans qu'elle y prenne garde.

« C'est joli. Commenta-t-elle. Je ne connaissais pas cet air.

- Une romance à la mode. Répondit Beckett. Il y a des paroles mais je vous avoue que je ne m'en souviens pas.

- Vous chantez bien. Admit Elizabeth. Et vous savez danser.

- Trop aimable Miss Swann…. » Répondit Beckett tandis que sa main glissait imperceptiblement vers le creux de ses reins.

Détendue, Elizabeth laissa glisser sa main sur l'épaule nue du Lord et ils dansèrent encore quelques instants en silence.

« Prête pour le final ? » Susurra Beckett avant de la renverser légèrement.

 

Sans attendre sa réponse, il se pencha vers elle et leurs regards se nouèrent un instant, leurs bouches dangereusement proches….

Chapitre 3                                                                                          Chapitre 5

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Commentaires : 2
  • #1

    sharkna (vendredi, 02 novembre 2012 00:23)

    J'ai un peu moins aimer ce passage je pense que c'est le lieu de la grotte qui me gène je n'arrive pas à bien l'imaginer.

    Beckett et Liz qui danse a demi nu pareil je vois pas trop , surtout que à cette époque je crois pas que l'on danser le corps serrer.(après je me trompe peut être)

    Mais bon ça va pas m’en-pécher de lire la suite parce que la phrase final me donne envie de savoir ce qui va se passer.

  • #2

    JessSwann (vendredi, 02 novembre 2012 11:40)

    Lol pourtant la grotte c'est glauque , mdrrr
    On ne danse pas collé serré mais le lieu s'y prêtait donc j'ai pris quelques libertés ^^