Chapitre 5 Vie maritale

Elizabeth n'avait trouvé le sommeil que depuis quelques heures lorsque Lord Beckett se réveilla. La jeune femme gémit douloureusement alors qu'un bras l'étreignait et elle ouvrit ses yeux gonflés par les larmes. La nuit n'avait rien changé. Beckett la fixa d'un air supérieur et glissa sa main le long de sa cuisse. La respiration d'Elizabeth se bloqua.

« Bien dormi mon ange ? Se moqua cruellement Beckett.

- Ne m'appelez pas ainsi Lord Beckett. »

L’homme sourit et glissa ses doigts entre ses cuisses

« Encore humide. »

Elizabeth se raidit. Son cœur accéléra au souvenir de la souffrance passée. Beckett força l'ouverture et susurra.

« Le plus désagréable est passé ma chère.

- Croyez-vous ? Rétorqua Elizabeth.

- Je doute que vous soyez en mesure de m'affirmer le contraire. » La testa le Lord.

Elizabeth frissonna à ce rappel subtil de leur accord et détourna le visage.

« Non Elizabeth. » lui ordonna Beckett d'une voix froide.

 

Elizabeth sentit sa bouche emprisonner la sienne pour un long baiser. La langue de son ennemi était agile et ses doigts l'étaient tout autant. A sa grande honte, Elizabeth s'entendit gémir.

« Vous êtes une merveilleuse comédienne. » ironisa Beckett en la chevauchant.

Elizabeth lui lança un regard rempli de haine et il frémit.

« Vous a-t-on déjà dit à quel point vos yeux sont beaux ?

- Et vous, vous a-t-on déjà dit que les vôtres sont à l'image de votre cœur : glacials ? » Rétorqua Elizabeth.

 

Beckett se contenta de lui sourire et l'embrassa à nouveau. Elizabeth soupira et imagina un bref instant les baisers de Will avant de renoncer. Personne ne l'avait jamais embrassée ainsi. Beckett se guida entre ses cuisses et la pénétra lentement.

« Seigneur Elizabeth… » Marmonna-t-il.

La jeune femme ne l'entendit pas. Elle était trop surprise pour cela. Loin de ressentir la douleur de la nuit dernière, elle trouva au contraire la chose presque agréable. Ce qui la sidérait et l'emplissait de honte. Sur elle, Beckett haleta.

« Parlez donc ! »

Elizabeth posa un regard alangui sur lui. Son visage la ramena au présent et elle se crispa.

« Vous êtes à moi. Vous avez promis » haleta le Lord.

Elizabeth le sentit s'enfoncer plus profondément en elle et inspira longuement. La menace était claire.

« Je ne sais que dire. » souffla-t-elle, la fin de sa phrase se perdant dans un gémissement.

Son esprit lui hurlait sa haine du Lord. Pourtant son corps réagissait à ses caresses. Elizabeth détourna le visage. Elle était comblée entièrement et loin de lui déplaire, la situation lui procurait un plaisir inédit. Elle avait honte. Un nouveau gémissement de plaisir lui échappa et elle rougit de rage.

 

Sur elle, Beckett gémit à son tour. Il lui donna un brusque coup de reins et elle poussa un cri de frustration en le sentant exploser en elle.

 

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Lorsque Will ouvrit les yeux, il eut l'impression qu'un marteau frappait son crâne. Le jeune homme gémit et Jack ricana.

« Bien dormi ? »

Sa voix rappela à Will ce qui s'était passé la veille et il rougit de honte. Comment avait-il pu dormir alors qu'Elizabeth…

« Tu auras moins mal au crâne la prochaine fois, lui déclara Jack.

- Il n'y aura pas de prochaine fois ! Je n'aurais jamais du t'écouter ton plan était stupide. Tes plans sont toujours stupides ! »

Les yeux de Jack s'étrécirent.

« Que veux-tu dire ?

- Que sans toi nous ne serions pas là. Je n'aurais jamais du t'écouter et Elizabeth non plus.

- Si c'est-ce que tu penses. » Répondit Jack en haussant les épaules.

Will serra les poings.

« Comment penser autrement ! Sans toi, Elizabeth et moi serions mariés et mon père serait libre.

- Oh et comment aurais tu réussi un tel exploit ?ironisa Jack.

- Je l'aurais fait » assura Will avant de se détourner.

Jack soupira longuement et s'allongea sur la paille. La réclusion risquait d'être plus longue qu'il l'avait prévu.

 

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La main de Beckett déserta la hanche d'Elizabeth et il se leva.

« Vous m'avez apporté entière satisfaction Elizabeth. Se délecta-t-il.

- J'aimerais pouvoir en dire autant mais je doute qu'une telle chose soit possible un jour. » Ne put elle s'empêcher de répliquer.

Un vague sourire désabusé aux lèvres, Beckett se pencha sur elle.

« Vos gémissements étaient pourtant des plus convaincants. En vérité, ils l'étaient tellement que cela mérite une récompense.

- Une récompense ? Répéta Elizabeth d'une voix blanche heurtée dans sa fierté mais incapable de refuser une chance.

- C'est-ce que j'ai dit. Disons, un cadeau de mariage. Choisissez l'un de vos amis. A l'exception de Messieurs Sparrow et Turner, cela va de soi. Et je m'engage à le libérer ce matin même. »

Elizabeth le regarda avec surprise.

« Quoi ?

- Vous avez fort bien entendu, lui répondit Beckett en s'habillant. Rejoignez-moi à table lorsque vous aurez fait votre choix. »

 

Elizabeth le regarda sortir, le cœur battant. Un membre d'équipage, elle pouvait libérer un membre d'équipage. Si cela n'avait tenu qu'à elle, elle aurait libéré Will sur le champ. A la pensée du jeune homme, les yeux d'Elizabeth s'emplirent de larmes. Comment pourrait-elle se présenter devant lui après cette nuit ? Elle se sentait sale, souillée par le corps de Beckett.

« Bonjour Mademoiselle, pardon Madame, se reprit Estrella avec un grand sourire. De quoi avez-vous envie ce matin ? Vous devez avoir faim. »

 

Elizabeth secoua la tête et songea que la seule chose dont elle avait envie c'était de partir d'ici .D'oublier Beckett et leur accord. Elle se gratta nerveusement le bras à l'endroit où il l'avait touchée et une nausée remonta dans sa gorge. Elle avait l'impression de sentir encore son odeur. Elle était partout. Sur les draps, sur sa peau. Elle ne pouvait pas le supporter.

« Fait moi préparer un bain. Brûlant. Et change ces draps » ordonna Elizabeth en se levant.

Estrella détourna pudiquement le visage tandis qu'Elizabeth ramassait une robe d'intérieur. La domestique se pencha pour ramasser la robe de mariée de la jeune femme.

« Désirez-vous que je la fasse laver ? » demanda-t-elle.

Elizabeth regarda la robe avec dégoût.

« Non. Brûle la. Je ne veux plus jamais la revoir. »

Estrella hoqueta sous l'incongruité de sa demande.

« Madame mais…

- Est-ce que tu es devenue sourde ? Je t'ai dit de la brûler ! Emporte la hors de ma vue et fait préparer ce bain! » La coupa Elizabeth avec brutalité.

Estrella se mordit la lèvre sous la rebuffade.

« Bien Lady Beckett. » Répondit-elle.

 

Elizabeth se crispa en l'entendant mais la domestique s'empressa de sortir. Une fois seule, les pensées d'Elizabeth la ramenèrent à Will. Elle étouffa un nouveau sanglot et sentit un liquide chaud couler sur ses cuisses. Comprenant de quoi il s'agissait, elle gémit.

« Je le hais… »

 

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Après avoir frotté sa peau jusqu'à l'arracher par endroit, Elizabeth jugea qu'elle était débarrassée de l'odeur de Beckett et sortit pour s'envelopper dans une serviette. En revenant dans la chambre, elle eut la satisfaction de voir cette dernière rangée et la robe disparue. Encore troublée par le ton péremptoire qu'Elizabeth avait employé un peu plus tôt, Estrella s'inclina à son entrée.

 

Elizabeth soupira. Estrella était la seule personne de son entourage actuel qui ne soit pas à la botte de Beckett. Inutile de s'en priver par un mouvement d'humeur.

« Excuse-moi Estrella. J'ai été sèche. Je n'aurais pas dû te parler ainsi.

- A votre service Madame. Que souhaitez-vous porter ce matin ? Votre mari a fait venir votre garde-robe en attendant de vous en offrir d'autres » Annonça Estrella visiblement charmée par la générosité du Lord.

Elizabeth sourit cyniquement. Quel homme prévenant réellement…

« Ma robe noire. »

Une fois de plus le visage d'Estrella accusa la surprise, mais elle eut le bon sens de ne pas relever cette fois.

 

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Le visage de Beckett se crispa en la voyant pénétrer dans la pièce vêtue de noir.

« Il semblerait que je doive donner des ordres quand à votre tenue à l'avenir.

- Dois-je vous rappeler que je suis en deuil de mon père ? » Rétorqua Elizabeth avec sécheresse.

Le lord se crispa un peu plus et Elizabeth lui lança un sourire froid.

« Quant à votre offre de cadeau. J'ai réfléchi.

- Oh et vers quelle nouvelle négociation vos réflexions vous ont-elles conduites ?

- J'ignorais qu'il faille négocier vos faveurs, persifla Elizabeth.

- Excusez-moi, une erreur d'interprétation de ma part. Vos faveurs sont effectivement les seules à être négociables.»

La main d'Elizabeth se crispa sur la tasse pleine de thé brûlant qu'elle tenait. Beckett nota son geste et sourit.

« Allons ma chère, vous ne voudriez pas jeter une ombre sur cette magnifique journée par un geste aussi puéril qu'inconsidéré n'est-ce pas ?

- Je n'en suis pas sûre…

- Votre soulagement n'en serait que temporaire tandis que votre punition serait quant à elle, longue je vous l'assure. »

Elizabeth frémit.

« Ma punition ? Je ne suis pas un chien que l'on dresse Lord Beckett.

- Un chien ? Non ma chère loin de moi l'idée de vous comparer à l'un de ces stupides animaux. Non. En fait vous êtes plus comme une jument sauvage. Vous prenez facilement le mors aux dents mais cela est compensé par le plaisir qu'il y a à vous monter. »

 

Elizabeth pâlit et Beckett se resservit d'un geste élégant

« Bien à présent que nous avons échangé les amabilités d'usage dites-moi donc ce que vous désirez.

- Vous le savez très bien.

- Tout comme vous savez que cela est hors de question Elizabeth. Allons dépêchez-vous. Vous commencez à abuser de ma patience. »

Elizabeth le fixa avec haine. Elle ne supportait plus son flegme, son ironie, ses répliques cyniques. A croire qu'il était fait de glace ! Exception faite des choses conjugales à son grand regret.

« Vous commandez bien Davy Jones n'est-ce pas ? »

Le regard de Beckett trahit brièvement sa surprise.

« En effet, mais j'ai du mal à comprendre où vous souhaitez en venir, si vous espérez que je libère ce monstre il faudra offrir plus que quelques gémissements en échange.

- Ne soyez pas stupide Lord Beckett. Je me moque de Jones. Ce que je veux c'est que vous lui ordonniez de libérer Bill Turner. »

Beckett cilla.

« Turner ? Un rapport avec ?

- Son père. Le coupa Elizabeth. Will a juré de lui rendre sa liberté. Mais comme il est enfermé ici…

- Vous vous êtes dit que vous pourriez le remplacer dans cette tâche. » Compléta Beckett d'un ton froid.

Elizabeth lui sourit tout aussi froidement.

« En effet.

- Et bien ma chère je dois reconnaître que je ne m'attendais pas à une telle requête. Je pensais plutôt à l'un de vos amis qui pourrissent dans mes geôles.

- Est-ce un refus ? » Lui demanda Elizabeth.

Beckett fit mine de réfléchir.

« Non. Si c'est-ce que vous souhaitez nous irons chercher Bill Turner. Je vous laisse le soin de l'annoncer à son fils. Vous n'aurez qu'à lui dire que c'est mon cadeau de mariage. »

 

Elizabeth blêmit à la pensée d'affronter Will et Beckett ricana.

« Allons ma chère venez donc embrasser votre époux pour le remercier. »

Le cœur au bord des lèvres, Elizabeth obéit. La main de Beckett se glissa sur sa nuque et il l'enfouit dans ses longs cheveux tout en l'embrassant avec ardeur. Finalement il se dégagea.

« Je ne vous retiens pas Elizabeth. Je suis certaine que vous avez hâte de revoir ce cher Will Turner et ses amis. Vous avez beaucoup à lui raconter je crois. » Se moqua-t-il.

Elizabeth déglutit et Beckett ricana.

« Vraiment beaucoup, Monsieur Mercer va vous accompagner pour votre visite hebdomadaire. Vous voyez, je respecte notre marché. »

 

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Elizabeth suivit Mercer dans le couloir sinistre qui menait aux geôles privées de Beckett. L'homme lui ouvrit la porte et la retint alors qu'elle avançait.

« J'espère que j'aurais un rapport satisfaisant à transmettre à Lord Beckett. »Gronda-t-il

Elizabeth lui répondit par un regard méprisant et s'engagea en tremblant.

« Lady Beckett ! » annonça l'un des gardes, un peu trop zélé au goût de la jeune femme.

Elizabeth ferma les yeux et s'immobilisa. Elle ne pouvait pas. Elle ne pouvait regarder Will dans les yeux et …

« Elizabeth ! Oh c'est bien toi ! »

Elle entendit la tendre inquiétude de Will dans sa voix et réprima un sanglot. Elle ne pouvait pas lui montrer sa peine. C'était elle qui avait passé ce marché. Et comme d'autres charges en d'autres temps, c'était à elle de porter ce poids.

 

Elle approcha de la geôle et Will fit de même. Le jeune homme hoqueta devant sa mine défaite.

« Elizabeth que t'a-t-il fait ?

- Je doute que t'aies envie d'avoir les détails mon gars. » Intervint Jack.

Elizabeth s'empourpra tandis que Will baissait la tête. Un silence gêné s'installa.

Will déglutit et les recommandations de Jack lui revinrent en mémoire. Il était inutile d'accabler Elizabeth de son chagrin.

« Est-ce que … qu'il te traite bien ? »

Elle hocha la tête.

« Aussi bien que possible. »

 

Un nouveau silence.

 

Elizabeth serra les poings. Elle devait trouver, trouver …

« Beckett va exiger de Jones qu'il libère ton père. »

Le visage de Will se remplit d'incrédulité.

« Quoi ? Mais pourquoi ?

- C'est… c'est son cadeau de mariage » souffla douloureusement Elizabeth

Jack ricana cyniquement.

« Ce maudit bougre de Beckett a du sacrément apprécier sa nuit de noces pour accepter ça. » lâcha-t-il avec une pointe d'amertume.

Elizabeth se raidit et la mine de Will s'allongea.

« Elizabeth… Ce, qu'est-ce que tu as fait ? »

La jeune femme maudit intérieurement Jack.

« Rien ! Rien de plus que ce qui était dans notre accord.

- Votre accord… » Répéta Will avec amertume.

Elizabeth rougit et expliqua.

« Il a dit qu'il m'offrait la liberté d'un homme en cadeau de mariage. A l'exception de Jack et de toi, alors, je, j'ai pensé à ton père.

- Elle aurait pu penser à nous ! S'insurgea Pintel

- Ah ça oui ! Renchérit Ragetti

- Chuttttt. » Leur ordonna Gibbs qui n'en perdait pas une miette.

Will se crispa.

« Je suppose que je dois remercier Beckett pour ça, ironisa-t-il

- Will, je … » s’inquiéta Elizabeth.

 

Le jeune homme inspira puis plongea son regard dans celui de la jeune femme.

« Excuse-moi…Et, merci pour mon père…

- Je ferais n'importe quoi pour toi. » Murmura Elizabeth.

Les doigts des jeunes amoureux s'entrelacèrent et Jack détourna le regard d'un air écœuré.

« Je t'aime. » Murmura Will

Elizabeth s'apprêtait à répondre mais un toussotement de Mercer la coupa net dans son élan. Au lieu de lui dire ce qui lui brûlait les lèvres, Elizabeth baissa le visage, résignée. Les doigts de Will caressèrent son menton.

« Regarde-moi. »

Les larmes aux yeux, Elizabeth releva le visage.

« Je t’aime, répéta Will. Ma belle, ma courageuse Elizabeth. Quelques soient tes choix. Je t'aime et je t'aimerais toujours.

- Oh Will. » Souffla la jeune femme.

 

Elizabeth avait l'impression que son cœur allait exploser. A la fois de peine, d'amour et de haine pour Beckett.

« Il est temps de remonter Lady Beckett. Votre époux vous attend. » déclara Mercer.

Will et Elizabeth se raidirent et la jeune femme lui lança un regard empli de regrets.

« Je reviendrai.

- Comme il se doit. » Souffla Will avec amertume tandis que Mercer l'entraînait.

 

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Elizabeth se laissa conduire jusqu'à sa chambre par Mercer.

« Lord Beckett vous a fait préparer des vêtements. » déclara-t-il simplement.

Elizabeth lui lança un regard rempli de défi et Mercer poursuivit.

« Il vous attend dans le petit salon dans dix minutes. Les visites vont commencer. »

Les visites… Elizabeth avait oublié les subtilités de la vie mondaine. Avec un soupir las elle regarda la robe en organdi rose qui l'attendait.

 

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Une fois Elizabeth hors de vue, Will se laissa tomber sur le sol de sa geôle. Jack haussa le sourcil en lisant son désespoir et secoua la tête.

« On dirait que notre chère Lady Beckett vient de sauver ton père. La donzelle est décidément pleine de ressources.

- Ne l'appelle pas ainsi. Jamais. Gronda Will.

- Quoi donzelle ? Plaisanta Jack.

- Tu le sais très bien…. »

Les deux hommes s'affrontèrent du regard et Jack haussa les épaules.

« Comme tu voudras petit, mais ça vaudrait mieux pour toi de t'y faire pasque c'est pas près de changer…

- Tais-toi.

- Et en plus cela vient de sauver la vie de ce bon vieux bottier.

- A t'entendre ce marché sauve la vie de tout le monde ! Ragea Will.

- C'est le cas. J'aimerais pas être à la place de Jones quand Calypso apprendra le rôle qu'il a joué dans son emprisonnement. »

 

Will le regarda avec étonnement.

« Que veux-tu dire ?

- Que c'est Jones qui a livré Calypso à la Confrérie. Je ne doute pas que les Seigneurs ne se chargent de lui dire. Moi c'est-ce que je ferais.

- Tout le monde n'est pas aussi lâche que toi.

- Je ne vois pas de lâcheté dans le fait de vouloir sauver sa vie. Et oui aussi désagréable que soit le marché passé par Elizabeth, il sauve ta vie, celle de ton père, la mienne et celle de tous ceux qui sont ici. Alors j'ai tendance à penser que c'est une bonne chose. »

Will le toisa avec dégoût.

« Et la vie d'Elizabeth ? Ça ne te fait rien qu'elle soit brisée ? »

Jack fit mine de réfléchir puis haussa de nouveau les épaules.

« Il y a toujours un perdant petit »

Écœuré, Will se détourna résolument tandis que Jack ramassait une bouteille de rhum.

 

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L'après-midi s'étirait longuement. Elizabeth posa un regard hostile sur Beckett qui lui tapotait la main.

« Lady Beckett va se faire une joie de vous faire visiter son jardin. N'est-ce pas ma chère ? »

Elizabeth persifla.

« J'avais cru comprendre que mon jardin était réservé à votre seul usage Lord Beckett. »

L'homme sourit légèrement tandis que Lady Hillier les regardait stupidement.

« Oh … J'ignorais qu'il fut privé, si j'avais su jamais je n'aurais demandé à le voir … bredouilla-t-elle.

- Lady Beckett plaisantait. Vous verrez il contient de merveilleuses roses.

- Qui faneront vite faute de soins appropriés. » Rétorqua Elizabeth.

Beckett sourit un peu plus.

« Dans ce cas ma chère, je m'occuperais personnellement de leur arracher la tête afin d'abréger leurs souffrances. »

Leurs regards s'affrontèrent et Elizabeth abdiqua.

« Vous avez raison, un tour dans le jardin sera une heureuse distraction. L'air est infect dans ce salon »

La pauvre Lady Hillier qui n'avait pas compris le moindre sous-entendu la suivit donc à l'extérieur.

 

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Une fois les visiteurs partis, Beckett se tourna vers Elizabeth.

« Approchez Elizabeth. »

La jeune femme ne bougea pas.

« Il me semblait que c'était Lady Beckett en public.

- Nous sommes en privé Elizabeth. »

La jeune femme désigna Mercer d'un signe de la tête.

« Oh Mr Mercer serait-il un meuble ? Ou mieux un chien puisque je suppose que c'est ainsi que vous le considérez. »

A sa grande surprise, Beckett pâlit.

« Vous vous méprenez lourdement Elizabeth. Mais puisque vous semblez si pressée de vous retrouver seule avec moi, Mr Mercer, voulez-vous nous laisser je vous prie ? »

Mercer s'inclina et Elizabeth se mordit la langue. Elle aurait mieux fait de se taire.

 

Beckett se dirigea vers un meuble.

« Vous avez été insolente Elizabeth.

- Vous trouvez ?ironisa-t-elle.

- C'est la dernière fois que vous me parlez ainsi devant nos invités, annonça Beckett en se penchant sur l'armoire.

- Lady Hillier est tellement dépourvue d'esprit que même un enfant de cinq ans en possède plus qu'elle. »

Beckett ne put retenir un rire.

« Une juste description ma chère. Moi qui pensait être le seul à être la cible de vos sarcasmes me voici rassuré.

- Oh vous pouvez l'être je ne me moque pas uniquement des êtres méprisables mais aussi des imbéciles. Enfin, attendu que vous êtes les deux… »

 

Elizabeth s'apprêtait à lui faire un gracieux sourire pour ponctuer ses paroles alors qu'il se retournait mais elle s'immobilisa net en voyant ce qu'il tenait. Beckett la regarda d'un air supérieur et éprouva la flexibilité de sa cravache.

« Vous n'oseriez pas… » Souffla Elizabeth.

Le lord la toisa et avança vers elle. Tremblante, Elizabeth se força à rester immobile tandis qu'il se penchait à son oreille.

« Rassurez-vous Elizabeth…. Cette cravache n'est pas pour vous, même si vous pourriez aimer cela. » Susurra-t-il.

 

Outrée, Elizabeth le fixa avec haine et il reprit avec flegme.

« Je vais faire un tour à cheval. Souhaitez-vous m'accompagner ?

- Ai-je le choix ?

- Je suppose que cela signifie que vous ne le voulez pas. Soit, je serais de retour après le dîner.

- Pour ce que je m'en préoccupe vous pourriez bien ne pas rentrer du tout, rétorqua Elizabeth.

- Je n'en doute pas ma chère. Toutefois, je vous conseille de vous montrer un peu moins revêche cette nuit sans quoi je pourrais changer d'avis sur l'utilisation de cette cravache.

- Vous êtes odieux ! Ragea Elizabeth.

- Nous voilà donc parfaitement assortis. » Rétorqua Beckett avant de quitter la pièce.

 

Une fois seule, Elizabeth poussa un cri de rage pure et referma la main sur le premier bibelot qui lui tomba sous les yeux. Folle de colère, elle le projeta contre le mur et le regarda avec satisfaction se briser.

« Nettoyez ça. » ordonna-t-elle au premier domestique venu avant de se réfugier dans sa chambre.

Sa colère passée, Elizabeth songea avec angoisse que la nuit arriverait bien trop vite.

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Commentaires : 2
  • #1

    Sharkna (lundi, 30 avril 2012 21:48)

    Franchement je suis fan du sadisme dans ton histoire je me suis bien amuser avec la cravache j'ai cru qu'il allez vraiment la frapper (je suis certaine quel va finir par s'en prendre une )

    tu a raison plus j'avance plus elle me plais cette histoire ^^

  • #2

    JessSwann (lundi, 30 avril 2012 21:52)

    Lol c'est du "gentil" sadisme j'ai fait nettement pire notamment avec ce couple d'ailleurs
    Je ne spoile pas sur la suite

    Contente que tu aimes :)