Chapitre 14 Un gout amer

Une fois sortie du bureau de Beckett, Elizabeth s'appuya contre le mur, tremblante. Elle avait gagné. Pourtant, le triomphe lui laissait un goût amer dans la bouche. Elizabeth porta instinctivement la main à son ventre et songea à ce qui venait de se produire. Elle se sentait trahie.

 

Elizabeth fronça les sourcils à cette découverte et soupira. Elle avait été stupide. Pendant les dernières semaines, Beckett avait presque été agréable avec elle. Tellement qu'elle s'était laissé aller de temps à autres et avait oublié qu'il était son ennemi. Son geôlier et celui de ses amis. Le meurtrier de son père. Le visage d'Elizabeth prit une expression dure à ce souvenir et elle releva la tête. Elle ne se laisserait plus jamais aller à oublier. Du reste, cela lui serait facile. A présent que Beckett connaissait son état, elle n'aurait plus à supporter sa présence. Ce qui lui convenait parfaitement.

 

La porte grinça derrière elle et Elizabeth se força à se redresser.

« Que faites-vous ici ? Vous m'espionnez ? Lui demanda Beckett.

- Non, pour cela il faudrait que vous ayez un intérêt à mes yeux. Or ce n'est pas le cas, rétorqua Elizabeth. Du reste, je doute que nous soyons amenés à nous côtoyer souvent durant les prochains mois ce qui me remplit de joie. »

Beckett la toisa.

« Certes, toutefois je vous conseille d'abandonner cette attitude pour la réception de ce soir.

- Je me sens un peu fatiguée, épuisée même, se moqua Elizabeth. Je crains de ne pas être suffisamment en forme ce soir. Vous saurez expliquer mon absence à vos amis. »

 

La main de Beckett se referma sur son bras et il la poussa doucement contre le mur.

« Elizabeth. Tout homme à ses limites, prenez garde à ne pas franchir les miennes.

- Une variante de tout homme a un prix ? Se moqua Elizabeth qui trouvait là un exutoire à la terreur qu'elle avait ressentie lorsqu'il l'avait mise en joue.

- Un avertissement plutôt.

- Je croyais vous avoir dit que vos menaces n'étaient pas indiquées… »

Leurs regards se rencontrèrent froidement et Beckett la fixa.

« Vous êtes ma femme Elizabeth. Je respecterais notre accord et je vous laisserai dormir seule et passer votre temps à rêver de vos stupides prétendants. En échange, vous vous conduirez en public comme une parfaite épouse. Est-ce clair ? »

 

Elizabeth grimaça.

« Très clair.

- Dans ce cas, je compte sur votre présence ce soir.

- Tant que je peux compter sur votre absence dans mon lit. »

Beckett ne répondit pas et la relâcha. Elizabeth le regarda s'éloigner, un sourire sans joie aux lèvres.

« Pauvre enfant, » murmura t'elle en touchant son ventre.

 

()()

 

Will fixa d'un air agacé le couloir désert et se retourna vers James.

« Il n'est toujours pas là ! »

Norrington haussa les épaules.

« Vous vous inquiétez vraiment pour Sparrow ?

- Ce n'est pas pour Jack que je m'inquiète mais pour Elizabeth ! S'il n'est toujours pas là c'est qu'il a du se produire quelque chose. »

Norrington sourit avec ironie et leva sa bouteille.

« Allons Turner, dites le fond de votre pensée. Vous redoutez que Sparrow n'ait négocié avec Beckett et racheté sa liberté. »

Gibbs poussa un cri.

« Le capitaine Jack ne ferait jamais ça ! »

Des dizaines d'yeux éloquents se tournèrent vers lui et le fidèle second soupira.

« Bon d'accord…. Peut-être qu'il le ferait.

- C'est même sûr, pesta Will. Après tout, il n'a jamais caché qu'il avait un plan non ? Et si c'était ça son plan ? Attendre que Beckett le fasse sortir. »

 

Norrington haussa les épaules.

« Lord Beckett est bien gardé. Et c'est un homme prudent, vous pouvez me croire.

- Ce n'est pas parce que vous avez échoué que Jack échouera. » Lui renvoya Will.

James blêmit et s'apprêtait à répondre lorsqu'un bruit de pas se fit entendre.

« Votre inquiétude à mon égard est aussi inutile que ridicule, Monsieur Turner. » déclara Beckett en promenant son regard sur les occupants de la cellule.

 

En le voyant, Will se précipita aux barreaux de la cellule.

« Où est Jack ? Que lui avez-vous fait ? »

La bouche de Beckett se tordit en un mince sourire ironique.

« Rassurez-vous Turner, Sparrow se trouve en ce moment même sur l'un de mes navires. Je lui ai confié une mission. »

Will se troubla et Norrington sursauta.

« Une mission ? A lui ?

- En effet James.

- Contre quoi ? Que lui avez-vous promis ! » Ragea Will.

Beckett ricana.

« Cela ne vous concerne en rien Turner. Mais si cela peut vous rassurer, je suis certain que Sparrow mesure pleinement les conséquences qu’aurait un échec. »

 

Cela ne rassura pas du tout Will qui se jeta sur les barreaux.

« Pourquoi lui ?

- Oh ? Vous étiez volontaire ? Ironisa Beckett. Malheureusement pour vous Turner, j'ai déjà obtenu tout ce qui m'intéressait chez vous. »

Will blêmit.

« Elizabeth… Que lui avez-vous fait ? Pourquoi n'est-elle pas là ?

- Ma femme va très bien, répondit Beckett en insistant sur le possessif. Elle se repose.

- Elizabeth ne sera jamais votre femme ! » Répondit Will avec fougue.

 

Cette fois, Beckett rit.

« Ah oui ? Pourtant c'est mon enfant qu'elle porte en ce moment Turner. Aucunement le vôtre. Vous devriez revoir vos certitudes. »

Un silence salua sa déclaration et Norrington reprit.

« Votre… Mais comment ?

- Allons James, vous en avez bien une petite idée non ? Ricana Beckett. Messieurs je vous remercie de vos félicitations. Je veillerais à vous faire livrer du rhum pour fêter l'événement. » Ajouta t'il cyniquement avant de s'éloigner.

Une fois Beckett parti, Will se laissa tomber sur le sol.

« Oh Elizabeth… » Gémit-il.

 

()()

 

Elizabeth laissa Estrella mettre la dernière touche à sa coiffure tout en écoutant d'une oreille distraite le babillage de la femme de chambre.

« Vous devez être si heureuse. » Déclara-t-elle pour la dixième fois depuis qu'Elizabeth lui avait fait part de sa grossesse.

Elizabeth lui fit un pâle sourire et le visage de la domestique s'emplit de compassion.

« Bien sûr ça ne remplacera jamais, mais je suis certaine que tout se passera bien cette fois. »

Elizabeth hocha la tête, le visage pâle et Estrella lui sourit.

« Vous êtes magnifique. »

 

Elizabeth jeta un regard en direction de son reflet. La robe aux manches bouffantes commandée par Beckett accentuait la finesse de sa taille tandis que sa couleur délicatement orangée faisait ressortir son teint et lui donnait une bonne mine qu'elle était loin de ressentir.

« Sans doute » répondit Elizabeth sans entrain avant de se lever pour rejoindre Beckett.

 

Le lord lui adressa un sourire de cour en la voyant.

« Je constate avec plaisir que vous vous êtes enfin décidée à porter les vêtements que j'ai fait faire à votre attention.

- Vous avez vidé mes armoires de tous les autres, rétorqua Elizabeth. Je ne pouvais difficilement faire autrement à moins de paraitre nue. »

Beckett grimaça et elle évita le bras qu'il lui présentait pour s'avancer à la rencontre des premiers invités.

 

Plus tard,

 

Une coupe de vin à la main, Elizabeth s'esclaffa à l'une des plaisanteries dénuées de finesse de Lord Goldmin qui semblait avoir décidé de faire d'elle sa victime.

« C'est un tel régal pour les yeux de vous voir Lady Beckett. »

Elizabeth adressa un sourire gracieux au londonien et feignit la gêne.

« Allons Lord Goldmin, je suis certaine que Londres regorge de femmes plus accomplies.

- Aucune ne rit à mes plaisanteries comme vous Lady Beckett. »

Tu m'étonnes, songea Elizabeth avec méchanceté tout en lui souriant à nouveau.

 

Lord Goldmin promena son regard sur la pièce.

« Je dois reconnaitre que lorsque Sa Majesté le Roi George m'a confié la tâche de venir me rendre compte de la situation à Port Royal je n'imaginais pas voir tout ceci.

- Que voulez-vous dire ? S'étonna Elizabeth.

- Et bien après les revers que la Compagnie a subis dans ces eaux ces derniers mois, je ne m'attendais pas à un tel faste. »

Elizabeth but une gorgée de vin et fixa le Lord. Ce dernier sourit et s'inclina.

« Mais je manque à tous mes devoirs en parlant à l'épouse de sujets que je ne devrais évoquer qu'avec le mari, permettez-moi de vous inviter à partager une danse Lady Beckett. »

 

Elizabeth hocha la tête, troublée. Les quelques mots que venait de lâcher Lord Goldmin, étaient clairs… La situation de Beckett n'était pas aussi bonne qu'il se plaisait à le dire. Une part d'elle s'en réjouit mais une vague inquiétude monta. Qu’arriverait-il si Beckett était remercié ? Cela pourrait-il jouer en sa faveur ? Ou alors l'entrainerait-il dans sa chute ?

« J'ai eu le plaisir de rencontrer votre père, un homme charmant, quel dommage qu'il soit mort », lui déclara Goldmin sans le moindre tact.

Elizabeth blêmit et s'apprêtait à répondre vertement lorsque Beckett intervint.

« Permettez Lord Goldmin, je n'ai pas encore eu l'occasion de danser avec ma femme. »

 

Elizabeth se força à sourire tandis que le Lord glissait son bras autour de sa taille.

« Vous êtes parfaite ce soir Elizabeth, grâce à vous Lord Goldmin gardera un excellent souvenir de sa visite.

- Je doute de lui faire oublier les raisons de cette dernière », persifla Elizabeth.

Beckett sourit et se pencha à son oreille.

« Allons ma chère, grâce à Sparrow, Lord Goldmin pourra bientôt envoyer un rapport plus qu'élogieux sur ma mission. »

Elizabeth se recula.

« Sauf si Jack ne revient pas.

- Il reviendra, votre vie en dépend. » Répondit Beckett en la faisant tourner.

Elizabeth s'immobilisa, brusquement dégrisée.

« Je suis fatiguée, j'aimerais m'asseoir. »

Le bras de Beckett l'empoigna fermement et il l'attira contre lui.

« Pas encore.

- Pourquoi ? Vous avez besoin de m'exhiber encore un peu ? »

 

Un long soupir lui répondit puis Beckett reprit la parole à contre cœur.

« Je n'ai tiré sur vous que parce que je savais que cela déciderait Sparrow. Je n'ai jamais eu l'intention de vous blesser. »

Elizabeth sentit sa gorge se serrer et la jeune femme comprit avec horreur qu'elle allait se mettre à pleurer.

« Je ne me sens pas bien. » lâcha-t-elle avant de s'arracher à ses bras, le plantant là.

 

Le cœur au bord des lèvres, Elizabeth traversa la salle de bal et courut s'enfermer dans la bibliothèque. Une fois là, les larmes qu'elle retenait depuis des heures commencèrent à couler. Elle sanglotait si bruyamment qu'elle n'entendit pas la porte s'ouvrir.

« Lady Beckett? » demanda Lord Goldmin.

La jeune femme sursauta et l'homme vint s'asseoir à ses côtés.

« Allons ne pleurez pas mon petit, ce ne peut pas être si grave.

- Si », souffla Elizabeth.

La main de Lord Goldmin saisit la sienne et l'homme la fixa.

« Allons parlez-moi, j'ai la faveur du Roi et si vous…. Enfin, » commença l'homme avant de s'interrompre.

 

Elizabeth le fixa avec ardeur.

« Vous seriez prêt à m'aider ?

- Bien sûr, je ne sais pas dire non à une jolie femme » haleta Lord Goldmin qui la saisit brutalement par les épaules.

Un sentiment d'urgence secoua Elizabeth et elle se débattit.

« Que faites-vous ? »

La bouche de Goldmin s'écrasa sur la sienne tandis qu'il la poussait sur le sol. Affolée, Elizabeth se débattit et sentit la main de Goldmin pétrir ses seins à travers l'étoffe.

« Laisse-toi faire » lui lança l'homme.

Elizabeth poussa un cri et l'homme la bâillonna d'une main.

« Ton mari est retenu ailleurs pour un moment. Et je sais que tu en crèves d'envie, » susurra t'il en montant sur elle.

 

Plaquée contre le sol, écrasée sous le poids de Goldmin, Elizabeth se débattit et chercha à le griffer au visage. Le poids sur elle se fit intolérable et elle cligna des yeux. Elle n'arrivait plus à respirer. Sanglée dans un corset étroit et la main de Goldmin l'étouffant à demi, Elizabeth poussa un gémissement de détresse.

« J'ai bien vu tes œillades… » Soupira Goldmin en remontant ses jupons d'une main impatiente.

Elizabeth gémit et Goldmin déserta ses seins pour défaire son fut. Les yeux agrandis par la terreur, Elizabeth se força à rester immobile. Goldmin sourit.

« Voilà aussi docile que son papa l'était. Dans un autre genre. »

 

Elizabeth tenta désespérément de se défendre et la porte s'ouvrit, livrant passage à Beckett.

« Lâchez ma femme, Goldmin.

- Arthur ! » S'exclama au même moment Lord Gorg qui l'avait accompagné.

Lord Goldmin blêmit et se releva, libérant Elizabeth.

« Lord Becket, Floyd, je c'est elle, elle… » Bégaya l'homme

Elizabeth blêmit en l'entendant.

« Non ! Hurla-t-elle, à demi hystérique.

- Elle m'a proposé de venir la rejoindre. » Poursuivit Goldmin.

 

Le cœur d'Elizabeth accéléra devant le regard que lui lançait Beckett. Si le Lord pensait, que, qu'elle… La scène de Molokai encore à l'esprit et terrifiée à l'idée de ce qui arriverait si Beckett croyait l'autre, elle tenta de se relever.

« Non, non, je n'ai rien fait, je le jure, je n'ai pas… commença t'elle, totalement paniquée.

- Taisez-vous », lui ordonna Beckett.

Elizabeth hoqueta devant la colère rentrée qu'elle devinait chez le Lord et ce dernier se tourna vers Goldmin.

« Je n'ai pas besoin d'explications, la scène était suffisamment parlante. Je me demande ce que le Roi pensera de tout ça. »

 

Goldmin blêmit et jeta un regard en direction de son compagnon.

« Lord Beckett, peut être pourrions-nous oublier cette fâcheuse….

- Sortez avant que je n'appelle mes hommes », lui ordonna Beckett d'une voix glaciale.

Goldmin se releva à la hâte et se précipita vers la sortie. Lord Gorg, fixa Beckett

« Lord Beckett soyez assuré que…

- J'ai dit sortez », répéta Beckett.

Gorg blêmit devant son ton et obéit.

Elizabeth leva les yeux sur Beckett.

« Je vous en prie, ce n'est pas moi. Ne leur faites pas de mal, je vous jure, je vous jure sur ma vie que je n'ai pas… » Commença-t-elle.

 

Le visage crispé dans un effort évident pour se contenir, Beckett s'approcha d'elle.

« Calmez-vous Elizabeth. Lui intima-t-il en glissant son veston autour de ses épaules.

- Je n'ai pas, pas, bégaya la jeune femme.

- Je sais, la coupa Beckett d'un ton froid. La réputation de Goldmin le précède même si peu de gens sont au courant. J'aurais dû être plus prudent, j'aurais dû savoir que vous étiez le genre de femmes à éveiller tous les appétits. »

Elizabeth le regarda avec surprise, le cœur battant à tout rompre. Beckett serra les mâchoires et la regarda, furieux.

« J'aurais dû vous chercher plus tôt. Si jamais vous veniez à perdre notre enfant à cause de ce… Je le tuerais de mes mains. »

 

Elizabeth frissonna. Le ton de Beckett était sans équivoque. Il le ferait. Beckett se pencha sur elle et la souleva sans efforts.

« Je vais faire appeler le médecin et vous faire préparer de quoi vous remettre. »

Elizabeth noua ses bras autour de son cou sans y penser et Beckett la déposa sur le sofa le plus proche.

« Vous me croyez… » Souffla t'elle, surprise.

Beckett grimaça.

« Ne soyez pas stupide et ne me croyez pas l'être. Lord Goldmin n'est pas un pirate il n'a donc aucune chance de s'attirer vos faveurs. »

 

Elizabeth le fixa tandis qu'il s'empressait de la couvrir avant de servir un verre plein de cognac.

« Tenez. »

La jeune femme referma sa main sur le verre et gémit de détresse. Elle tremblait tellement qu'elle n'arrivait pas à le tenir. La main de Beckett enveloppa la sienne et il l'aida à porter le verre à ses lèvres.

« Buvez. »

Elizabeth but à longs traits et leva les yeux sur Beckett.

« Le médecin va arriver, reposez-vous » lui intima-t-il avant de sortir.

 

Restée seule, Elizabeth reposa le verre d'une main tremblante. Troublée, la jeune femme fixa la porte par laquelle Beckett était sorti. Il la croyait… Il l'avait défendue alors qu'elle n'arrivait pas à le faire elle-même. Ou plutôt qu'elle ne le voulait pas de peur qu'il arrive un nouvel accident. La jeune femme frissonna à la pensée de ce qui aurait pu arriver si Beckett n'était pas intervenu et fondit à nouveau en larmes.

« Ils sont partis, annonça Beckett en entrant. Le médecin arrive. Avez-vous mal ?

- Je ne sens rien. »

Beckett déglutit et s'approcha d'elle. Elizabeth sentit sa main serrer la sienne et elle le fixa. Beckett lui rendit son regard et soupira.

« Je n'aurais pas dû vous forcer à assister à cette réception. Pas après ce qui s'est passé.

- Vous voulez parler du moment où vous avez menacé de me tuer ? Ne put s'empêcher de rétorquer la jeune femme.

- J'ai négocié, Elizabeth. »

 

Bouleversée, la jeune femme le toisa.

« Je ne suis donc qu'un pion à vos yeux ? Qu'un ventre disponible ? Vous avez dit que vous saviez pour Goldmin, pourtant vous m'avez laissée passer la soirée avec lui ! » Cria t'elle sans réfléchir.

Beckett la fixa avec froideur.

« Il me semblait évident que vous ne souhaitiez pas être autre chose. »

Elizabeth le fixa, écœurée par son aveu implicite.

« Je préférerais être morte plutôt qu'être la femme d'un homme comme vous. Je suppose que vous allez tirer parti de cette situation.

- Lord Goldmin m'a assuré de son rapport en effet », rétorqua Beckett d'un ton monocorde.

 

Elizabeth se détourna.

« Dans ce cas inutile de jouer la comédie de l'inquiétude Lord Beckett, vous avez eu ce que vous vouliez. Comme toujours. Répondit-elle avec amertume.

- Elizabeth…. » Commença Beckett avant d'être interrompu par l'arrivée du médecin.

L'homme l'examina longuement et finit par sourire.

« Rien de grave Lord Beckett, néanmoins je vous conseille de vous assurer de la parfaite tranquillité de Lady Beckett, elle doit rester allongée au calme le plus possible.

- Je m'en assurerais », répondit Beckett avant de le congédier d'un geste.

 

Elizabeth fixa Beckett.

« Que comptez-vous faire ?

- Vous attacher s'il le faut », répondit le Lord en se penchant sur elle.

Elizabeth recula.

« Ne me touchez pas ! Nous avons un accord.

- Je ne compte pas vous forcer…. Mais vous mettre au lit, vous n'êtes pas en état de marcher.

- Bien sûr que si !

- Non vous ne l'êtes pas. » Rétorqua Beckett en la soulevant.

 

Elizabeth grimaça tandis qu'il la portait jusqu'à sa chambre.

« Je vais vous aider à vous déshabiller.

- Je me débrouillerais seule.

- Hors de question. » Répondit Beckett en la débarrassant de son encombrante robe.

Elizabeth se raidit lorsque ses doigts effleurèrent sa peau nue et Beckett se crispa.

« Je n'ai pas l'intention de vous toucher plus que nécessaire Elizabeth. Comme je vous l'ai dit un peu plus tôt, vos charmes n'ont plus le moindre intérêt pour moi.

- Dans ce cas cette journée n'est pas si mauvaise finalement » rétorqua méchamment Elizabeth en s'enroulant dans les draps.

 

Beckett lui adressa un long regard et elle le fixa.

« Sortez, je suis fatiguée et je n'ai nulle envie de subir votre compagnie plus longtemps. »

Beckett se raidit et s'inclina.

« Si vous changez d'avis…

- Aucune chance. »

Elizabeth se détourna et ferma les yeux. Quelques instants plus tard elle entendit la porte se fermer doucement. Elle avait gagné. Beckett ne l'approcherait plus. Mais une fois de plus, la victoire lui laissait un gout amer.

Chapitre 13                                                                                               Chapitre 15

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Commentaires : 8
  • #1

    Elizabeth Swann Kenway (dimanche, 11 mai 2014 00:46)

    Eh ben pour une fois, Beckett est doux comme un agneau ! Ce qui ne laisse rien de bon à présager pour la suite...

  • #2

    Jess Swann (dimanche, 11 mai 2014 09:11)

    Lol pourquoi vois-tu toujours le pire ?

  • #3

    Elizabeth Swann Kenway (dimanche, 11 mai 2014 10:32)

    Hum...Parce que ton histoire est toujours surprenante et on ne sait jamais sur quoi on va tomber ! :D

  • #4

    Jess Swann (dimanche, 11 mai 2014)

    Ah je le prends comme un compliment ^^ merciii

  • #5

    megan (samedi, 11 octobre 2014 22:46)

    au fond cutler est bon

  • #6

    Jess Swann (samedi, 11 octobre 2014 22:50)

    Lol c'est ce que je me tue à dire ^^

  • #7

    megan (dimanche, 12 octobre 2014 10:47)

    eh bah , tas raison !!

  • #8

    Jess Swann (dimanche, 12 octobre 2014 12:28)

    J'ai toujours raison mdrrr