Chapitre 7 Une rencontre


En mer

 

Bien loin d'imaginer les événements qui se déroulaient à quelques miles d'eux, les passagers du Dauntless se laissaient porter par les flots… Elizabeth était toute au plaisir de laisser le vent caresser son visage et respirait à pleins poumons l'air iodé du large. Elle se sentait un peu triste ce matin-là car le brouillard envahissait tout le pont et assombrissait le paysage et puis surtout le lieutenant Norrington lui avait appris que leur voyage toucherait bientôt à sa fin. Elizabeth ne pouvait s'empêcher d'être secrètement déçue car même si cela avait été fantastique de naviguer le voyage ne lui avait pas apporté ce qu'elle appelait de tous ses vœux. La grande Aventure n'avait pas été au rendez-vous. Leur voyage s'était déroulé sans la moindre anicroche, sans même ressentir le frisson du danger. Elle qui espérait tant voir ces fameux pirates qui pullulaient soi-disant dans les mers des Caraïbes, elle n'avait pas ne serait-ce qu'entre aperçu l'un d'entre eux. Une fois de plus elle se mit à scruter l'horizon, espérant voir apparaître des voiles noires, machinalement elle commença à fredonner un air qu'elle avait appris en écoutant Jemina.

 

« Yoho yoho, nous sommes les pirates, les forbans…

On ravage, on rançonne, on pille, on vole…

- Chut Mlle.» l'interrompit Gibbs

 

Il était terrifié. Cette petite ne savait vraiment pas ce qu'elle faisait, chanter une chanson de pirates. Tout le monde sait bien que cela porte malheur ! A ce moment-là le lieutenant Norrington s'interposa entre eux et Gibbs fut obligé de lui raconter pourquoi il s'en était pris à la jeune fille. Celle-ci, pour se justifier, ne put que dévoiler son plus cher désir à Norrington. En entendant parler de pirates il sourit avec condescendance à Elizabeth et ne put s'empêcher d'exposer ses vues sur le sujet.

 

Pour lui qui avait un sens de l'honneur élevé la présence de tels bandits sur les mers était une offense à la couronne d'Angleterre. Il se mit donc à expliquer à la jeune fille, les méthodes qu'il entendait mettre en œuvre pour les débarrasser de ce fléau et qui se résumaient à un saut dans le vide suivi d'un arrêt rapide. Weatherby, qui arrivait à cet instant, fut effaré de l'entendre exposer ses vues à Elizabeth et s'empressa de le reprendre en lui rappelant le jeune âge de cette dernière.

 

Mais Elizabeth n'avait pas peur des pirates, en fait ce qui l'inquiétait le plus c'était le sort que Norrington leur réservait. Elle trouvait un peu injuste d'appliquer la peine de mort à des hommes parce qu'ils étaient sur un vaisseau pirate. Son père la dévisagea avec inquiétude et elle s'empressa de le rassurer. Les propos tenus par Norrington ne lui avaient pas fait peur.

 

Weatherby ne put retenir un petit frisson. Dieu que cette enfant était inconsciente parfois.. Songea-t-il. Ne préférant pas se lancer dans une conversation sans fin avec sa fille, d'autant plus qu'il n'était pas sûr d'avoir le dernier mot, Weatherby se pencha sur Norrington qui au moins avait le mérite de partager ses opinions, et entama avec lui une discussion à bâtons rompus.

 

Pendant ce temps, Elizabeth avait repris sa place favorite à l'avant du bateau et regardait la mer. Tout d'un coup son regard fut attiré par un objet curieux. Une ombrelle flottait sur l'eau.. Elizabeth, intriguée, la contempla et se demanda ce qu'un objet pareil faisait abandonné en pleine mer. Ses yeux s'agrandirent soudain de surprise lorsqu'elle vit que, derrière l'ombrelle, sur un morceau de bois, il y avait quelqu'un d'allongé.

« Un enfant, il y a un enfant à la mer ! » Cria-t-elle.

 

A ces mots Norrington et les autres se penchèrent au bastingage et virent avec stupeur un jeune garçon que Norrington ordonna de repêcher. . A cet instant, Gibbs aperçut un bateau en flammes se signa convulsivement. Le restant de l'équipage le vit aussi, et chacun arriva à la conclusion qui s'imposait, des pirates étaient passés par là. Weatherby réfléchit à toute vitesse, il devait absolument éloigner sa fille et la protéger d'un éventuel danger. Il lui demanda donc de veiller sur le garçon qu'ils venaient de secourir.

 

Pour obéir à son père, et un peu par curiosité aussi, Elizabeth s'agenouilla auprès du garçon et lui caressa doucement la joue. Tout d'un coup il se réveilla avec un sursaut, lisant la crainte dans ses yeux, Elisabeth lui sourit.

« Y'a pas de danger, je m'appelle Elizabeth Swann.

- Euh, William Turner. Dit celui-ci avec peine

-         Je vais veiller sur toi William » Lui assura Elizabeth.

Elle aperçut alors un médaillon qui dépassait de sa chemise. Intriguée elle le regarda plus attentivement et reconnut le symbole de la piraterie gravé dessus.

« Tu es un pirate ? » Interrogea-t-elle Will, les yeux agrandis par l'excitation

 

Mais celui-ci était retombé dans l'inconscience et ne lui répondit pas. A cet instant, Norrington vint aux nouvelles. Elizabeth se rappela le sort qu'il réservait aux pirates et cacha le médaillon de Will derrière son dos. Elle dissimula adroitement et répondit d'un air navré que la seule chose qu'elle savait, c’était son nom. Elizabeth ne voulait pas voir ce jeune pirate pendu ! Norrington, la laissa alors pour aller donner des ordres à ses hommes. Profitant de sa relative solitude, Elizabeth sortit le médaillon et leva à hauteur de ses yeux pour l'examiner. Non elle n'avait pas rêvé! Une tête de mort, symbole des pirates ornait bien le bijou. A ce moment-là, elle vit une chose incroyable à l'horizon. Un bateau à voiles et pavillon noirs s'éloignait doucement de l'épave auprès de laquelle il se trouvait. L'espace d'un instant elle se sentit envahie par le sentiment d'avoir trouvé son chemin puis cette sensation disparut aussi vite qu'elle était venue. La seule chose qu'elle savait c'est que ce bateau tiendrait une place importante dans sa vie. Elle en était persuadée sans savoir pourquoi tout comme elle ignorait pourquoi elle semblait être la seule à avoir vu ce magnifique bateau.

 

Weatherby s'approcha alors de Norrington.

« Ne croyez-vous pas qu'on devrait allonger ce garçon, il n'a pas l'air plus âgé qu'Elizabeth. Déclara-t-il envahi d'une grande pitié.

- Si Gouverneur, nous allons l'installer dans ma cabine pour l'instant.

- Père, me permettez-vous de rester près de lui, je serais calme je vous le promets. »

Weatherby réfléchit, ce n'était pas bien séant mais en même temps le rescapé n'était encore qu'un enfant et puis c'était lui qui l'avait confié à sa fille… Weatherby accepta donc et Elizabeth suivit Norrington alors qu'il transportait Will dans sa cabine.

Chapitre 6                                                                                                Chapitre 8

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