Chapitre 9 Un lendemain vraiment difficile

La bouche pâteuse et le crâne vaguement douloureux, Elizabeth Turner papillonna des yeux, à demi réveillée. Avec un soupir elle se pelotonna contre le corps chaud dans les bras duquel elle se trouvait avant de retenir sa respiration et d'ouvrir les yeux, brusquement paniquée et cette fois bien réveillée. Un rapide coup d'œil vers les mains qui traînaient familièrement sur son ventre suffit à la renseigner sur l'identité de l'homme qui avait partagé son lit.

 

Jack.

 

S'efforçant de rester immobile, Elizabeth retint à nouveau sa respiration, elle ne savait pas si elle devait estimer la présence du pirate à ses côtés comme une bonne ou au contraire une très mauvaise chose. Finalement, elle opta pour la seconde et tenta de se dégager de l'étreinte de Jack, en s’efforçant de refouler la question qui la faisait frémir. S'était-elle donnée à lui ? Rougissante, Elizabeth se mit avec lenteur sur ses pieds et observa sa robe courte d'un air critique. Elle avait pu constater la veille que ce genre de vêtement ne constituait pas une barrière efficace contre les avances d'un homme décidé. Et il ne faisait aucun doute que Jack Sparrow appartenait à cette dernière catégorie. Grinçant des dents, la tête douloureuse et furieuse de sa propre stupidité, Elizabeth se dirigea lentement vers la porte de la hutte dans l'espoir d'obtenir plus de renseignements sur la nuit écoulée avant d'affronter Jack.

 

La voix traînante et vaguement amusée de ce dernier tua net ses espérances.

« Bonjour trésor.

- Bugger. » Marmonna Elizabeth qui se retourna avec résignation.

Le pirate la regarda en affectant un air blessé et tapota familièrement le lit à côté de lui.

« C'est tout ? Je m'attendais à mieux après la nuit dernière… »

 

Elizabeth frémit en l'entendant et s'approcha de lui avec résignation, sa tête cognait de plus en plus douloureusement à mesure qu'elle tentait désespérément de se souvenir de la soirée de la veille. Elle avait bu du vin, ça au moins c'était sûr, et se souvenait aussi avoir dansé et parlé avec Tumen. Elizabeth plissa le front et se rappela que Tumen lui avait proposé de le suivre dans sa hutte. Ensuite, Jack était venu la chercher pour danser… puis ?

 

Jack suivit le développement de sa réflexion sur son visage et reprit, amusé.

«  Je n'aurais jamais cru que vous aviez ce genre de désir Lizzie. Même si j'ai toujours su que sous vos dehors polis vous étiez, disons passionnée. »

Elizabeth blêmit et baissa les yeux avec embarras.

« Oh. » Répondit-elle avec prudence en tentant de réfléchir à la situation.

Jack la regarda, partagé entre la nécessité de tout lui avouer et l'envie de continuer encore un peu la mascarade, avant de voir l'expression de son visage. Elizabeth, la tête basse, semblait sur le point de pleurer. Jack soupira et lui prit la main.

« Lizzie … Commença-t-il d'un ton sérieux sans comprendre les raisons pour lesquelles elle semblait soudainement si triste.

- Je suppose que c'est maintenant que vous allez m'annoncer que je n'ai qu'à me débrouiller pour sauver mon fils ? S'exclama-t-elle en se dégageant, furieuse à l'idée de s'être offerte comme l'une des catins qu'il fréquentait habituellement à Tortuga. Vu que je n'ai de toute évidence plus rien à marchander. » Ajouta-t-elle avec amertume.

 

Jack se crispa et retira sa main, il la toisa d'un air hautain avant de se pencher pour remettre ses bottes.

« Deux choses Elizabeth. La première, c'est que complètement saoule ou pas, si je vous avais fait l'amour la nuit dernière vous vous en souviendriez. La seconde, c'est que si cette, cette chose qui semble tellement vous rebuter ce matin était arrivée cette nuit, je ne vous aurais pas pour autant laissée partir seule pour sauver votre foutu rejeton. »

Elizabeth se mordit les lèvres en percevant sa colère.

« Jack, je suis terriblement désolée, j'ai eu peur, j'ai cru que vous et moi. Nous…

- La ferme ! La coupa Jack .La vérité c'est que vous ne trouviez pas ma compagnie si désagréable cette nuit. En fait vous m'avez clairement comprendre quelles étaient vos attentes et je dois vous dire que je me serais fait un plaisir de vous exaucer et de vous faire découvrir un tas de choses que vous ignorez manifestement si vous vous ne vous étiez pas écroulée ivre morte sur ce lit ! »

 

Elizabeth le regarda avec colère, sa rage décuplée par la douleur de son crâne qui semblait ne pas vouloir la lâcher et par ce que laissaient sous-entendre ses paroles.

« Et bien j'ai eu de la chance de boire au point de m'endormir. » Lui cracha-t-elle avec mépris.

Jack perçut ce dernier dans sa voix et lui retourna un regard noir.

« Oh … Parce que ce serait donc si horrible ? Mais bien sûr je suis stupide ! La pure, la fidèle, la parfaite Madame Turner suppliant un pirate sans âme et sans cœur de lui faire connaître un peu de plaisir, quelle honte ! Pourtant, et je suis désolé de vous le dire, mais c'est précisément ce qui s'est produit cette nuit, Elizabeth. Et j'ai apprécié la femme ivre que j'ai tenu contre moi, elle au moins elle possédait un peu de passion. Dommage pour vous que vous soyez endormie, vous auriez adoré ça ! » Ironisa-t-il.

 

Elizabeth saisie, lui lança un regard noir, et se couvrit instinctivement les jambes à l'aide de la couverture. Son mouvement n'échappa pas à Jack qui lui renvoya un regard exaspéré.

« Bon dieu Elizabeth, quand je vous vois maintenant et bien je me dis que ce n'est pas étonnant que ce cher William ait préféré son devoir à vos bras froids. Vivre avec vous ou vivre avec les morts c'est la même chose ! Mais la différence c'est que les morts savent qu'ils le sont et ne se réfugient pas derrière une sorte de, devoir maternel ou matrimonial ou je ne sais quelle fadaise pour expliquer leur état ! » Cracha-t-il.

Elizabeth folle de rage, le gifla de toutes ses forces, sa main s'enfonça dans la peau du pirate et l'arracha au passage. Jack se crispa, luttant visiblement contre sa propre colère et grinça des dents, la joue en sang.

« La vérité fait mal Lizzie ?

- Je vous méprise. Vous n'êtes qu'un, qu'un moins que rien ! Si je n'avais pas eu besoin de votre compas, jamais je n'aurais cherché à vous revoir. Et je n'aurais pas non plus passé ce marché qui me dégoûte. Hurla Elizabeth faute de mieux.

- Je vois. » Répondit Jack d'un ton sans émotion avant de sortir, la laissant seule.

 

()()

 

Une heure plus tard, vêtue de ses habits masculins miraculeusement retrouvés dans la hutte et les yeux gonflés, se sentant encore plus mal à présent qu'elle était calmée, Elizabeth sortit à son tour et se mit en devoir de chercher Jack. Répondant machinalement aux saluts de ses compagnons de la nuit dernière, elle sentit une brusque inquiétude la submerger en n'apercevant le pirate nulle part.

 

Finalement elle reconnut la silhouette de Tumen et courut vers lui.

« Vous avez vu Jack ? » Lui demanda-t-elle affolée.

Tumen la regarda d'un air sombre et hocha positivement la tête.

« Il a laissé plusieurs choses pour vous.

- Laissé, laissé ? Bredouilla Elizabeth. Oh … ne me dites pas que …

- Jack est parti il y a une demi-heure. Je ne sais pas ce qui se passe entre vous mais je ne l'avais jamais vu dans un tel état.

- Vous l'avez laissé partir ! S'exclama Elizabeth.

- Jack est libre Elizabeth, il l'a toujours été. »

 

Elizabeth se décomposa et détourna brusquement son visage de Tumen. Une boule amère lui remonta dans la gorge en réalisant qu'elle était seule à nouveau. D'abord Will, puis son fils et à présent Jack qui la laissait en arrière à son tour… Se forçant à ne pas montrer son émotion elle se tourna vers Tumen et releva fièrement la tête, les yeux légèrement brillants.

« Qu'a-t-il dit ?

- Venez. Je vais vous montrer. » Lui répondit Tumen en la précédant.

 

Elizabeth le suivit et son cœur manqua un battement en reconnaissant le morceau doré de la Conque qu'il était allé chercher pour elle dans l'épave de La Fleur de la Mort.

« Oh Jack … Murmura-t-elle, émue et bourrelée de remords.

- Il m'a également demandé de vous donner ceci. » Continua Tumen en détachant le morceau qu'il portait autour de son cou.

Elizabeth le prit sans pouvoir prononcer une parole, paralysée par les remords et la reconnaissance.

« Jack m'a assuré que c'était très important pour vous, plus que tout autre chose y compris votre propre vie. Continua Tumen. Et il a aussi laissé ces cartes. »

 

Elizabeth se précipita sur les quelques cartes pliées que Jack avait laissées et y découvrit les contours précis de l'itinéraire qu'elle devrait emprunter pour se rendre en Angleterre avec dans un coin, griffonné, le nom de Fitzwilliam P Dalton et un simple :

 

Bonne Chance.

 

Je garde le navire, vous m'excuserez mais j'ai moi aussi des projets personnels à mener à bien, (même s'ils sont évidemment moins nobles que les vôtres) et de plus j'ai cru remarquer que vous sembliez trouver un certain plaisir dans le fait de réquisitionner des navires. Je ne voudrais donc pas vous priver de ce dernier.

 

Adieu Madame Turner.

Considérez-vous libre du marché que nous avions passé.

 

Capitaine Jack Sparrow

 

Elizabeth sentit les larmes menacer à nouveau en comprenant qu'il était parti pour de bon. Elle baissa la tête et s'adressa à Tumen sans le regarder.

«  Serait-ce possible de rester seule ? Juste une minute …

- Oui. Il a dit qu'une chaloupe vous attendrait sur la plage et que vous sauriez quoi faire… » Finit Tumen en se préparant à la laisser.

Elizabeth se mordit les lèvres et se laissa tomber sur le sol, la tête entre les mains, elle se retint d'éclater en gros sanglots tandis que Tumen soupirait.

«  Allons, ce n'est pas facile … Mais c'est mieux pour vous. Jack, enfin je ne crois pas qu'il soit l'homme d'une seule femme, ni même d'une relation suivie. C'est mieux qu'il soit parti avant de vous briser le cœur. Enfin de vous le briser plus. » Se corrigea Tumen.

 

Elizabeth, les yeux gonflés, se retourna vers lui.

« Que dites-vous ? »

Tumen la regarda, l'air un peu gêné.

« Et bien, après cette nuit, enfin… J'ai compris, vous n'avez pas à faire semblant. »

Elizabeth sentit un grand froid s'abattre sur elle et elle fixa Tumen.

« Qu'avez-vous compris au juste ? » Lui demanda-t-elle d'une voix blanche.

Tumen lui sourit avec indulgence.

« Allons Elizabeth, nous savons tous les deux quels sont vos sentiments pour Jack, je veux dire, vos questions de la nuit dernière puis la manière dont vous vous êtes jetée sur lui, dont vous l'avez embrassé… »

Cette fois Elizabeth blêmit pour de bon.

« La façon dont je l'ai … embrassé ?

- Vous avez réussi à éveiller les désirs de tous en dansant ensembles. Sourit Tumen. Ce que je ne comprends pas c'est comment vous avez pu faire pour vous endormir ensuite. Parce que connaissant Jack… »

Elizabeth le regarda avec une pointe d'hostilité.

« La réponse est simple non ? Vous m'avez saoulée. »

Tumen rit doucement.

« Je plaide coupable Elizabeth mais je dois dire que vous sembliez y prendre un grand plaisir. »

 

Elizabeth dédaigna de répondre et ramassa d'une main tremblante les deux morceaux de la Conque ainsi que les cartes laissées par Jack.

« Vous faites erreur sur ce que je ressens pour Jack. J'ai besoin de son aide c'est tout. Ne put-elle s'empêcher de rectifier.

- Évidemment c'est pour ça que vous semblez prête à fondre en larmes depuis que je vous ai annoncé qu'il était parti. » Remarqua laconiquement Tumen.

Elizabeth releva le menton d'un air bravache et le toisa avec effronterie.

« Vous faites erreur je vous dis. Je ne veux pas de Jack, c'est lui qui essaie de me séduire pour me mettre dans son lit comme toutes les autres. »

 

Tumen haussa les épaules en signe d'incompréhension et la fixa.

« Mais vous en avez envie autant que lui, votre comportement la nuit dernière était clair. Alors pourquoi ne pas céder ? Puisque de toute évidence vous vous désirez tous les deux.

- Parce que je ne veux pas de lui ! S'énerva Elizabeth. En aucune manière ou circonstance ! Et si vous voulez tout savoir c'est-ce que je lui ai dit ce matin. Voilà pourquoi il est parti : parce qu'il savait ne rien pouvoir tirer de moi ! S’écria-t-elle avec rancune.

- Oh … Répondit Tumen, surpris par sa colère.

- Oui … Oh. Rétorqua Elizabeth qui s'essuya vivement les yeux, angoissée de sentir des larmes se former. Maintenant si vous aviez l'obligeance de me rendre mes effets et de m'aider à rejoindre la plage, je ne vous ennuierais pas plus longtemps.

- Qu’allez-vous faire ? » S'inquiéta Tumen.

 

Elizabeth releva le visage, elle lutta contre une brusque nausée et affecta un air digne.

« Tumen. Je suis le Roi des Pirates que croyez-vous que je vais faire ?

- Fuir ? Suggéra Tumen au grand agacement d'Elizabeth.

- Non je vais me battre et je vais sauver mon fils. Avec ou sans l'aide de Jack. Répondit Elizabeth d'une voix tranchante.

- Votre fils ? S'étonna Tumen.

- Oui. Mon fils unique, détenu par Calypso, c'est pour cela que j'ai besoin de ceci. Répondit Elizabeth en agitant les morceaux de Conque. Une fois reconstituée, la Conque me servira de monnaie d'échange contre sa libération.

- Je l'ignorais… Déclara Tumen d'un ton songeur. C'est donc à cause de cela que vous vous refusez tout plaisir ?

- Je ne me refuse rien. » S'agaça Elizabeth en rougissant un peu au souvenir des avances que l'indien lui avait faites la nuit précédente.

 

Tumen lui sourit et s'approcha d'elle.

«  Etes-vous vraiment obligée de repartir immédiatement Elizabeth ? Mon offre de la nuit dernière tient toujours vous savez. »

Elizabeth rougit légèrement et le repoussa avec fermeté.

« Je suis désolée Tumen mais c'est non. Ma seule priorité est mon fils.

- D'accord. Soupira Tumen. Mais lorsque vous aurez réussi, et si le cœur vous en dit, venez donc nous rendre visite. »

Elizabeth s'adoucit et serra le collier de Tumen entre ses doigts.

« J'en serais heureuse. Répondit-elle avant de l'embrasser légèrement sur la joue. Merci Tumen.

- Bonne chance Elizabeth. » Lui souffla ce dernier tandis qu'elle sortait de la hutte.

 

()()

 

D'un pas qui se voulait assuré, Elizabeth traversa le village, elle salua d'un signe de la main et d'un sourire ses compagnes de la veille puis s'enfonça dans la forêt hostile, la main sur son épée. Elle prenait une brutale respiration, un peu effrayée à l'idée de refaire seule le chemin menant vers la plage, sa précédente rencontre avec un couguar encore bien présente dans son esprit, lorsque la voix claire et joyeuse de Zia retentit derrière elle.

« Toi partir Elizabeth ? »

 

Avec un soupir, cette dernière se retourna vers sa jeune amie et sourit.

« Oui Zia. Je suis contente de te voir. Je tenais à te remercier pour tout. »

Zia lui sourit et ajusta son pas au sien.

«  Où toi aller ?

- En mer… Tu devrais rentrer Zia.

- Mais toi risquer te perdre… » Objecta la jeune fille avec justesse.

Elizabeth posa un regard un peu inquiet sur les arbres qui l'entouraient et secoua la tête.

« Ça ira Zia.

- Moi accompagner, dire au revoir. Répondit la jeune fille d'un ton décidé.

- Zia. La forêt est dangereuse… Commença Elizabeth avant de s'arrêter devant le rire de la jeune fille.

- Moi savoir, vivre ici. Connaître toute la forêt et pièges. Répondit Zia. Pas toi. »

Avec un sourire, Elizabeth renonça à argumenter, touchée au fond d'elle de la gentillesse que la jeune Zia lui avait montrée tout au long de son bref séjour.

« Tu es sûre ? »

Zia rit une nouvelle fois et s'avança sur le sentier, précédant Elizabeth.

« Viens. »

 

Soulagée, Elizabeth lui emboîta le pas et dépassa quelques villageois qui lui firent des sourires amicaux

« Toi pirate ? Lui demanda Zia.

- En quelque sorte. » Grimaça Elizabeth.

Zia lui lança un regard interrogateur et Elizabeth se sentit obligée de préciser.

« Je suis pirate parce que je n'ai pas le choix.

- Comme Jack ?

- Oh non pas comme Jack. » Répondit Elizabeth dont le cœur se serra désagréablement à la pensée de ce dernier.

 

Zia la regarda avec curiosité et gloussa.

« Comment toi connaître Jack ? »

Elizabeth sourit avec nostalgie et prit son temps avant de répondre.

« Il m'a sauvé la vie. »

Les yeux de Zia s'agrandirent et elle se rapprocha d'Elizabeth

« Raconte.

- Oh … Et bien j'avais quelques années de plus que toi, je me suis sentie mal et je suis tombée droit dans l'océan. De très haut. Jack a plongé et m'a sauvée.

- Et après toi et lui, vous … » Gloussa Zia.

Elizabeth secoua la tête avec un sourire

« Mon père ne l'aura pas permis, il a voulu le tuer quand il a su qui il était. Que c'était un pirate.

- Pourquoi ?

- Parce que de là d'où je viens c'est-ce qu'on fait aux pirates. Répondit Elizabeth.

- Mais si toi amoureuse. Père comprendre. » Rétorqua Zia.

 

Elizabeth soupira.

« Mais mon père était Gouverneur. Et je n'étais pas amoureuse de Jack, j'aimais celui que j'ai épousé plus tard. Répondit Elizabeth, troublée par cette évocation lointaine du souvenir de Will.

- C'est quoi Gouverneur ? Demanda Zia en voyant la peine se propager sur le visage de son amie.

- C'est comme, comme le chef dans ton village. Répondit Elizabeth, le cœur serré à la pensée de son père.

- Toi comme moi alors ! » S’exclama Zia, ravie.

 

Elizabeth lui sourit gentiment, amusée en se représentant la tête que son père aurait faite si elle avait participé à une fête comme celle de la nuit dernière, avant de se reprendre.

« Oui c'est ça.

- Jack beaucoup aimer toi. Lui sauver toi. Ames à vous liées. » Décréta Zia.

Cette fois ce fut le tour d'Elizabeth de paraître surprise.

« Que veux-tu dire ?

- Lui triste partir ce matin.

- Oh ça n'a rien à voir… Répondit Elizabeth. Jack était en colère, et j'ai été injuste avec lui. Soupira-t-elle avec remords.

- Pourquoi toi repousser lui ? Parce que pirate ? »

Elizabeth éclata de rire.

« Non ça n'a rien à voir. C'est parce que, et bien, je ne veux pas être une fille de plus avec qui il aurait couché.

- Pourquoi ? Agréable pourtant. Souligna Zia avec un grand sourire.

- Zia, Jack ne traite pas les femmes, comme et bien comme les hommes de ton village. Expliqua Elizabeth.

- Pourtant lui gentil avec moi après toi dormir. » Rétorqua Zia avec un sourire innocent.

 

Le visage d'Elizabeth se marbra de rouge et elle jeta un regard peu amène en direction de sa jeune amie.

« Que veux-tu dire Zia ?

- Pas bon homme seul Fête des Moissons. Moi consoler lui avant rejoindre mon mari. » Expliqua Zia.

Elizabeth crispa sa main sur la garde de son épée en comprenant ce que les paroles de Zia impliquaient.

« Je vois… »

La jeune fille détailla son visage.

« Toi jalouse ?

- Pas du tout … Rétorqua Elizabeth.

- Pas amour. Juste donné plaisir. La rassura Zia. Tout permis fête des moissons. Expliqua-t-elle.

- Pour Jack c'est la Fête des Moissons tous les jours. » Grinça Elizabeth qui se sentait à la fois blessée dans son orgueil et furieuse.

 

Zia ne répondit pas, elle se contenta de la regarder avec curiosité et Elizabeth s'aperçut avec soulagement qu'elles étaient arrivées sur la plage.

« Nous y sommes Zia. Merci de ton aide. » La congédia-t-elle plus sèchement qu'elle n'en avait l'intention.

Zia n'y prêta pas attention et avança sur la plage.

« Ça être ton bateau ? S'étonna Zia en apercevant une chaloupe abandonnée.

- On dirait bien… » Soupira Elizabeth en constatant toutefois qu'un paquet de vivres avait été glissé dans la fragile embarcation.

Zia fixa la chaloupe d'un air dubitatif tandis qu’Elizabeth faisait un rapide inventaire du paquet laissé par Jack, espérant vaguement y trouver un petit mot. Finalement elle laissa échapper un soupir déçu en constatant que la chaloupe ne contenait rien de plus que des vivres et une boussole.

« Toi sûre partir ? Lui demanda Zia qui perçut sa déception.

- Oui. » Répondit Elizabeth d'une voix qu'elle espérait ferme tout en maudissant intérieurement Jack de lui avoir volé son navire.

 

La jeune fille se retourna vers elle avec regrets et au grand étonnement d'Elizabeth elle la serra dans ses bras.

« Alors fait bonne route. Je demanderais à Tezcatlipoca de guider destin à toi. Lui annonça-t-elle sérieusement.

- Je crois que je n'ai pas trop envie qu'on guide mon destin… » Murmura Elizabeth en se souvenant avec amertume que les destins étaient plus souvent guidés vers quelque chose de tragique que vers le bonheur, particulièrement le sien.

Zia la relâcha et lui sourit.

« Je lui demanderais quand même. Reviens me voir.

- Si je le peux je le ferais. Promit Elizabeth avec sincérité. Merci pour tout Zia. »

Avec un soupir, elle se détourna et commença à pousser la chaloupe dans l'océan, un peu angoissée à l'idée qu'elle était à présent seule pour trouver la Conque et sauver son fils….

Chapitre 8                                                                                             Chapitre 10

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