Chapitre 6 Se faire des ennemis

L’Empress

 

 

Une fois ses esprits retrouvés et la chaleur de ses reins domptée, Elizabeth se dirigea vers sa cabine. La jeune femme pénétra dans cette dernière et fixa le visage de Lee qui s’était paisiblement endormi. Elle sourit vaguement et détourna son regard de l’homme. Il avait raison. Elle n’avait pas à augmenter sa faute. Mieux valait s’employer à la rattraper. Le compas dans les mains, elle réfléchit sans toutefois oser l’ouvrir. Elle avait trop peur de ce qu’il pourrait lui indiquer.

 

Barbossa lui avait dévoilé une information intéressante sans le vouloir. Jack était en possession de la carte qu’elle avait promise à Lee. Il lui suffisait donc de reprendre cette dernière pour éponger une partie de sa dette. L’espace d’un instant, le remord serra le cœur d’Elizabeth à la pensée de la trahison qu’elle projetait. Jack avait besoin de la carte pour trouver la Fontaine de Jouvence. Et il méritait cette dernière. Ne serait-ce qu’à cause de son geste envers Will. Mais Lee l’avait aidé. Et il voulait la carte non pas pour lui-même mais pour sa fille. Il avait failli laisser sa vie pour ça.

 

Un lourd soupir échappa à Elizabeth alors qu’elle affermissait sa décision. Jack comprendrait. Après tout il était un pirate lui aussi…

 

()()

 

Une boule dans l’estomac, Elizabeth sourit faiblement en découvrant Jack assis sur les marches qui menaient à la cale comme elle le pensait.

«  Vous pouvez remonter Barbossa est parti » tenta-t-elle maladroitement.

Un silence accompagné d’un sourire ironique lui répondit et elle grimaça. Feignant la légèreté, elle se laissa tomber à côté de Jack.

«  Mon intuition me dit que vous êtes troublé… Que se passe-t-il Jack ? » 

 

Le pirate tourna la tête vers elle et la dévisagea longuement.

«  Vous avez changé Lizzie.

- Je ne vois pas ce que vous voulez dire, » répondit la jeune femme, mal à l’aise.

Tout en parlant elle tendit la main vers la bouteille de rhum que le pirate s’était attribuée.

«  Qu’avez-vous offert à Barbossa en échange de sa complaisance ? » demanda le pirate.

 

Elizabeth but une longue rasade et se força à garder son calme.

«  Rien du tout Jack. »

Le silence s’installa de nouveau et il la fixa.

«  Que comptez-vous faire de Huang ? Le torturer puis le tuer comme votre cher Hector le ferait ? » Persifla-t-il.

Elizabeth coula un regard en direction du pirate et se troubla en voyant son expression. La même que celle que Norrington avait arboré après la rupture de leurs fiançailles. Incrédule, elle secoua la tête.

«  Jack, est-ce que vous êtes… jaloux ? »

 

Le pirate baissa les yeux puis sourit à nouveau.

«  Ne vous flattez pas Lizzie. Comme je vous l’ai dit mon seul et unique amour est la mer. Non, je suis juste déçu. Je vous croyais tellement plus honorable. »

Elizabeth sursauta et tripota la bouteille.

«  Je suppose que lorsque l’on a perdu autant que j’ai pu le faire. Le sens de l’honneur n’est plus une priorité.

- Comme la décence et l’humanité ?

- Que voulez-vous dire ? Demanda Elizabeth, choquée.

- Vous êtes devenue un pirate Lizzie. Déclara Jack en se levant. Un maudit pirate. Sans âme et sans cœur. »

 

Le cœur d’Elizabeth se serra en percevant le mépris dans sa voix.

«  Je suis passée de votre côté comme vous l’aviez prédit. » Tenta-t-elle.

Jack posa un regard mort sur elle.

«  Non. Vous n’avez plus rien de commun avec moi Capitaine Swann. Ni avec ce cher Will d’ailleurs.

- Jack, si, si vous m’en voulez pour ce que je vous ai dit tout à l’heure, je, je suis désolée, je ne le pensais pas… je …

- Au moins avant vous aviez assez de courage pour revendiquer vos actes. Je débarquerais dès que possible. » Répondit froidement Jack avant de s’éloigner.

 

Elizabeth, interdite, ne bougea pas. Pour la première fois depuis bien longtemps, le remord vint la titiller.

«  Je n’avais pas le choix ! » se justifia-t-elle à haute voix.

Un peu rassérénée par cette pensée, elle prit une longue gorgée de rhum. Elle devait trouver un moyen de prouver à Jack qu’il se trompait sur elle et ainsi regagner son estime. Il le fallait.

 

Le Black Pearl

 

Barbossa évitait les regards interrogateurs de ses hommes depuis son retour de l’Empress. Personne n’avait osé lui dire quoique ce soit mais il sentait les questions que se posait l’équipage. Pourquoi chercher l’Empress pour le laisser repartir sans même un coup de canon ? Il pouvait presque les entendre murmurer que le capitaine Barbossa se ramollissait…

 

Fou de rage à cette idée, il se tourna vers ses hommes.

«  Remuez-vous tas de chiens ! Je veux qu’on soit à Singapour dans deux jours ! Hurla-t-il. J’ai hâte de retrouver mon chapeau. » Ajouta-t-il plus bas.

 

L’Empress

 

«  C’est de la folie ! » protesta Lee lorsqu’ Elizabeth lui fit part de ses projets.

La jeune femme soupira.

«  Non. C’est le Code. Et c’est-ce que

- Ce que ?

- Ce que Jack attend de moi. » termina-t-elle dans un souffle.

 

Incrédule, Lee secoua la tête.

«  Mais qu’est-ce que ce type représente pour toi au juste ?

- Rien du tout ! Se défendit Elizabeth. J’ai juste besoin de gagner sa confiance pour récupérer la carte que je t’ai promise.

- Et libérer Tai permettra ça ??? Tu es plus stupide que je ne le pensais.

- Je connais Jack. Rétorqua Elizabeth, piquée au vif.

- Ce qui nous ramène à ma première question. Qu’est-ce que tu me caches ? »

 

Elizabeth fixa son complice.

«  Rien. C’est le seul moyen pour obtenir la carte. »

Lee abattit son poing sur le matelas.

«  Le seul moyen ? Au cas où tu l’aurais oublié tu es capitaine de l’Empress ! Il te suffit de mettre cet idiot aux fers et de le torturer, je te garantis qu’au bout d’une heure il sera prêt à tout dire. Si tu veux je m’en charge. »

Elizabeth blêmit à la pensée de torturer Jack.

«  Hors de question.

- Quoi ? Moi qui pensais que tu étais un pirate….

- C’est le cas. Et je pensais moi que tu n’en étais pas un ! Je ne torturerais pas Jack. Jamais. Tiens-toi le pour dit »

 

Lee leva un sourcil.

«  Qu’est-ce que tu viens de dire ?

- Je viens de dire que tu menais le jeu à Singapour, Lee. Mais nous ne sommes plus à Singapour. Comme tu l’as souligné, je suis capitaine de cette jonque. Aussi est-ce moi qui commande à bord. Et je dis que personne ne touchera à Jack. » répondit Elizabeth d’un ton dur.

Voyant que l’autre cherchait son arme, la jeune femme reprit d’une voix plus douce.

«  Je t’ai fait une promesse et je m’y tiendrais. Tu auras la carte. La manière dont je m’y prends pour la récupérer ne regarde que moi.

- Je croyais que tu rêvais de le tuer. »

Elizabeth sourit légèrement.

«  Je doute que Tai n’apprécie bien longtemps d’être seul sans eau et sans nourriture sur une île Lee. Il se brûlera la cervelle ou deviendra fou ou les deux.

- Ou il s’en sortira. Tu commets une grosse erreur Elizabeth… » Tenta Lee.

 

La jeune femme se détourna et l’homme frappa du poing sur le mur.

«  Idiote » ragea-t-il.

 

()()

 

Elizabeth, vêtue d’un riche kimono brodé de soie, fixa Tai Huang.

«  Tu t’es rendu coupable de mutinerie Tai Huang. »

Pour toute réponse, l’homme cracha et Elizabeth regarda son jet de salive atterrir sur le pont.

«  Aussi ai-je décidé de t’appliquer le sort réservé aux mutins, poursuivit Elizabeth en lui désignant la planche.

Tai ricana et se tourna vers elle.

«  Tu ne seras jamais mon capitaine. »

 

Elizabeth rougit et Tai s’avança sur la planche. Le regard froid, la jeune femme le suivit des yeux puis….

«  Faites le tomber ! » Ordonna-t-elle.

Un plongeon suivit son ordre et Elizabeth se tourna vers Jack.

«  Vous voyez je me suis conformée au Code»

Le pirate secoua la tête.

«  Non trésor. Vous avez agi comme Barbossa. » Répondit-il avant de s’éloigner.

 

Elizabeth se mordit les lèvres et se retint de le rappeler. Au lieu de ça, elle s’adressa à ses hommes.

«  Du nerf ! Cap sur la Muerta » Ordonna-t-elle sans se soucier que Tai atteigne ou non l’île qu’elle avait choisie.

 

Le Black Pearl,

 

Son chapeau retrouvé, Barbossa adressa un radieux sourire à ses hommes. L’opération s’était déroulée sans le moindre accroc. Il avait connu des moments difficiles alors qu’il arpentait le repère de Feng et avait maudit plus d’une fois Elizabeth. Jusqu’à ce qu’il LE voit. Le chapeau était posé sur le sol, abandonné. Barbossa avait chassé d’un coup de botte les rats qui y avaient établi leur nid puis l’avait coiffé sans autre forme de procès. Enfin, il se sentait entier.

 

«  Je te croyais plus intelligent. » Déclara Calypso.

Le pirate soupira avec résignation et se retourna.

« Plaît-il ?

- Un sourire de cette chère Elizabeth et tu en oublies de fouiller son navire. Idiot… »

Le visage de Barbossa s’assombrit et il s’approcha de la nymphe.

«  Que veux-tu dire ?

- Que le plaisant Jack a toujours été à bord. Susurra Calypso. Et que la carte que tu convoites tant était à portée de ta main. Seulement tu as été assez pleutre pour refuser de t’en saisir. »

 

Barbossa accusa le coup et Calypso éclata de rire.

«  Elle t’a menti et protégé Jack. »

Barbossa la fixa.

«  Si tu me mens…

- Je ne te mens pas Hector, susurra Calypso. Ce que tu cherches est sur l’Empress.

- Où est-elle ? » Gronda Barbossa.

 

Calypso lui adressa un sourire triomphant.

«  Là où tu as tout fait pour éviter de te rendre malgré notre accord.

- La Muerta…Souffla Barbossa.

- Ramène-moi la Croix. » Ordonna Calypso avant de disparaître.

 

Barbossa mit de longues minutes à digérer ce qu’il venait d’apprendre. Puis la colère le submergea.

«  Hissez les voiles tas de chiens !!!

- Pourquoi ? Demanda Pintel.

- Rattrapez l’Empress !!! Je veux le voir couler !!! » Hurla-t-il, fou de rage.

Pintel et Ragetti s’écartèrent prudemment tandis que, son chapeau vissé sur son crâne, Barbossa serrait les poings.

«  Cette fois vous êtes allée trop loin Madame Turner… »

 

L’Empress,

 

 

Deux jours s’étaient écoulés depuis sa dernière escarmouche avec Jack et Elizabeth était assez lucide pour comprendre que le pirate l’évitait. A présent remis, Lee vint la rejoindre à l’avant du navire et attaqua :

«  On dirait que ton plan est à l’eau. Sparrow débarquera demain.

- Que veux-tu que je fasse ? Nous avons besoin de provisions. Je n’ai pas le choix. »

 

Lee la regarda avec méchanceté.

«  C’est ton excuse favorite on dirait. Tu n’as jamais le choix… Je suppose que c’est-ce que tu diras à ton mari pour te justifier.

- Will ne saura pas.

- Ne saura pas quoi ? Que tu as été infidèle ? Menteuse ? »

Le regard d’Elizabeth s’obscurcit et elle porta instinctivement sa main à sa ceinture pour y prendre son pistolet. Le regard de Lee s’emplit de dégoût en la voyant faire.

«  Quand je pense que j’ai failli donner ma vie pour toi… »

 

Elizabeth se contracta et sa main lâcha la crosse de son arme.

«  Tu auras ce que je t’ai promis. Je vais faire le nécessaire.

- Tu as intérêt sinon crois moi je me chargerais de Sparrow. Même si c’est la dernière chose que je ferais avant de mourir. Je ne laisserais pas ma fille. »

Elizabeth lui jeta un regard de biais et soupira.

«  Demande à Jack de venir me rejoindre. Dans ma cabine. »

 

 

Jonque de Mistress Ching,

 

 

Ching toisa avec hauteur l’homme famélique que son équipage venait de repêcher. Ce dernier la fixa puis s’inclina profondément.

«  Seigneur Ching, je suis heureux de vous revoir.

- Vu ta situation je pense que tu dirais la même chose à tout le monde » déclara-t-elle, l’air pincé.

 

Tai Huang se fendit d’un sourire.

«  Il y a eu quelques petits changements. Je pense que vous devriez être intéressée.

- Le Seigneur Turner a récupéré l’Empress ? Si c’est tout ce que tu as à m’apprendre, sache que je l’avais compris en te voyant à moitié mort au milieu de l‘océan. » Ironisa Ching.

 

Le visage de Tai s’emplit de rage à la mention de la jeune femme.

«  Elle l’a volé.

- Elle est Seigneur et Roi, rappela Ching que la déconfiture de l’autre amusait.

- Si vous savez déjà tout je suppose que vous n’ignorez pas qui l’a aidée. » Suggéra Tai

Ching, qui s’apprêtait à faire demi-tour, s’immobilisa et se retourna vers l’autre.

«  Que veux-tu dire ?

- Lee… »

 

Ching s’empourpra sous son fard blanchâtre.

«  Que sait-il ?

- Il ne sait pas que c’est vous qui avez commandé la disparition de votre bâtarde. La rassura Tai. Mais il veut la retrouver.

- Et alors ? Tu l’as faite disparaître non ?

- Oui. Mais il la croit dans une maison de passe en Angleterre.

- Peste soit ta stupidité Tai Huang ! Ragea Ching.

- Il y a plus grave, reprit le félon. Lee a demandé à l’anglaise de lui offrir votre jonque en échange de son aide. »

 

Ching hoqueta, outrée.

«  L’anglaise a accepté. » Lui asséna Tai.

Le sabre de Ching vint se poser sur le cou de Tai et il soutint son regard.

«  Si tu me mens…

- Je ne mens pas. Elle lui a offert votre jonque et votre place au conseil pour sauvegarder la sienne.

- J’aurais dû la tuer lorsqu’elle était à ma merci, gronda Ching sur la jonque de laquelle Elizabeth avait navigué.

- Oui vous auriez dû. Confirma Tai. Si vous l’aviez fait rien de tout cela ne serait arrivé.

- Si seulement cette maudite fille n’était pas la femme du Hollandais Volant, grinça Ching. Mais cette fois je n’aurais aucune pitié»

 

Les yeux de Tai s’allumèrent d’une lueur mauvaise.

«  Que comptez-vous faire ?

- Trouver l’Empress et m’en rendre maîtresse Ensuite je vendrais cette maudite anglaise à l’un de mes bordels. Le plus sûr et celui où les filles sont le moins bien soignées.

- Nous devrions la tuer.

- Non ! Il y a le Hollandais Volant », frissonna Ching.

Tai soupira et s’inclina à contre cœur.

«  Il sera fait selon vos ordres Seigneur Ching

- Je compte sur ton aide Tai. Où va-t-elle ?

- Dans les Caraïbes.

- Soit ! Cap vers les Caraïbes ! » Hurla Ching.

 

Tai maîtrisa un sourire satisfait, il lui restait un dernier point à négocier.

«  Bien sûr, j’ose croire qu’une fois l’usurpatrice envolée l’Empress retrouvera son vrai maître….

- Il le retrouvera. » Assura Ching.

 

 

L’Empress,

 

 

Jack adressa un sourire cynique à Elizabeth en pénétrant dans la cabine de la jeune femme.

« On me rapporte que le Capitaine exige ma présence. Que me voulez-vous ? »

Elizabeth soupira lourdement à la pensée que la partie était loin d’être gagnée

«  J’aimerais dissiper notre malentendu… » Commença-t-elle d’un ton mal assuré.

 

Le regard noir de Jack lui répondit et elle se força à continuer.

«  Jack… Je sais que, que je vous ai déçu mais en vérité je n’ai pas le choix d’agir ainsi.

- Vraiment ? Ironisa le pirate.

- Vraiment…

- Expliquez-moi » la testa le pirate.

 

Elizabeth prit une longue inspiration.

«  Tout a commencé lorsque j’ai entendu parler du Feu de Glace. Des marins ont prétendu que Calypso le convoitait. Alors je me suis dit que si je le trouvais… Si je le trouvais, je pourrais échanger la liberté de Will.

- Je me demandais quand vous vous décideriez à parler de ce cher William. » Ironisa Jack.

Elizabeth se força à ignorer son ironie et poursuivit.

«  Alors je me suis arrangée pour récupérer l’Empress, puis je suis partie à sa recherche.

- De toute évidence vous avez échoué, se moqua Jack.

- Non, je l’ai trouvé. Répondit Elizabeth avec tristesse. Seulement avant cela j’ai été trahie par Huang. Il m’a vendue à Pavlov en échange de la vie sauve et de l’Empress.

- Pavlov… » Répéta Jack d’une voix blanche.

 

Elizabeth lui renvoya son regard.

«  J’ignorais qui il était. Une fois entre ses mains, j’ai été conduite dans une prison. En pleine Russie. Mon compagnon de cellule était Barbossa. »

La jeune femme fit une pause puis reprit.

«  Il faisait froid, tellement froid. Barbossa et moi avons tout fait pour garder de la chaleur… C’est comme ça que c’est arrivé…

- Je vois, répondit Jack.

- C’était horrible. Nous n’avions que des rats pour nourriture et aucun feu pour … hoqueta Elizabeth.

- Mais vous vous êtes enfuis.

- Oui. Ensuite nous avons tué Pavlov et nous avons trouvé le Feu de Glace.

- Quelle charmante équipe, ne put s’empêcher d’ironiser Jack.

- Nous voulions échanger Will contre Barbossa, ainsi Will aurait été libre et Barbossa immortel. Mais Calypso a refusé et elle a pris le Feu de Glace.

- Sans rien donner en échange ? Cela lui ressemble bien. Plaisanta Jack. D’un côté elle vous a rendu service trésor, on dit que le Feu de Glace rend fou tous ceux qui le possèdent. »

 

Elizabeth secoua la tête.

«  Vous ne comprenez pas !!! Calypso savait pour, pour ce que nous avons fait. Alors, elle m’a dit qu’à cause de moi, Will ne pourrait jamais être libéré. Sauf si je lui apportais La croix de Ponce Pilate qui se trouve sur la Muerta.

- Jamais entendu parler…

- C’est le seul moyen pour que Will ignore ce que j’ai fait ! Explosa Elizabeth. Si je lui ramène, Calypso effacera ma faute.

- Et ce cher Will croira à la fidélité de sa chère épouse, se moqua Jack. Donc je suppose que nous faisons voile vers la Muerta.

- Oui. »

 

Il y eut un silence puis Jack reprit.

«  Pourquoi m’avoir raconté tout ça ? »

Elizabeth se tourna vers lui, des larmes sincères aux yeux, ce dont elle fut la première surprise.

«  Parce que votre mépris m’est insupportable, répondit elle d’une voix chevrotante. Je peux tout admettre mais pas le regard que vous avez pour moi maintenant. »

Jack déglutit et un sourire faussement moqueur naquit sur ses lèvres.

«  Mon opinion compte donc à ce point pour vous ? Je ne l’aurais pas cru.

- Vous savez bien que si… Répondit Elizabeth. VOUS comptez pour moi Jack. »

 

Un silence s’installa et Elizabeth réalisa avec un choc qu’elle disait vrai. Jack Sparrow comptait pour elle. Plus qu’il n’aurait dû. Déboussolée par cette découverte, elle ne protesta pas lorsque le pirate glissa ses bras autour d’elle. Son corps trop longtemps privé de caresses s’enflamma et elle écarta les lèvres avec fièvre en sentant la bouche de Jack s’écraser sur la sienne. Le baiser s’intensifia et elle gémit en sentant les mains du pirate empoigner sa poitrine. Ses doigts pressés débarrassèrent Jack de sa veste et celle-ci retomba sur le sol avec un bruit mat auquel aucun des deux ne prit garde. Ils s’écartèrent légèrement pour reprendre leur souffle et elle soupira en sentant le cœur de Jack cogner contre sa poitrine.

«  Lizzie… » Commença-t-il.

 

Elle ne le laissa pas finir sa phrase et reprit sa bouche pour l’embrasser avec passion. Toutes les fibres de son corps se tendaient vers le pirate. Elle ferma les yeux dans l’attente de ce qui suivrait mais Jack s’écroula brutalement. Haletante de désir, Elizabeth ouvrit les yeux.

«  La carte est dans sa veste. » Lui annonça Lee d’un ton froid.

Elizabeth posa un regard égaré sur le jeune homme et reconnut à peine le lourd chandelier qu’il tenait.

«  Mais qu’as-tu fait !

- Il ne se méfiait pas. Répondit Lee. Il ne m’a pas entendu arriver. Il suffit de nous en débarrasser tant qu’il est inconscient. » Poursuivit il en fouillant la veste de Jack pour en sortir les cartes de Feng.

 

Elizabeth le fixa, incertaine.

«  Allons, inutile de nous encombrer avec lui maintenant que nous avons la carte. Répéta Lee.

- Mais… souffla Elizabeth.

- A moins que ton mari et la libération de sa belle âme ne soit plus ta priorité ? » Ironisa Lee qui n’avait rien perdu de leur échange.

Elizabeth rougit et réajusta son vêtement.

«  Bien sûr que si, fait préparer une chaloupe.

- C’est déjà fait.

- Je vois, grinça Elizabeth. Dans ce cas fait le mettre dedans. Avec deux bouteilles de notre meilleur rhum et des provisions en abondance.

- Quoi ?

- Obéis !!! » Ordonna Elizabeth avant de se détourner du corps inanimé de Jack.

 

Elle ne bougea pas lorsque les hommes emmenèrent Jack. Le cœur serré, elle entendit Lee ordonner de larguer la chaloupe. Elizabeth refoula ses larmes à la pensée de la double trahison qu’elle venait de commettre.

«  Il est sauf. Avec toutes les provisions que tu as exigées. » Déclara Lee dans son dos.

Elizabeth hocha la tête sans se retourner.

«  Dit aux hommes de continuer notre route et laisse-moi. J’ai besoin de rester seule. »

Un bruit de pas lui apprit que Lee s’effaçait et Elizabeth laissa ses larmes déborder.

«  Je suis désolée Jack… » Murmura-t-elle.

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