Chapitre 32 Un assouvissement comme compensation

Elizabeth coiffa longuement ses cheveux blonds, cherchant à les faire briller, et goûta le plaisir innocent du peigne glissant dans ses mèches soyeuses. Derrière elle, attendait patiemment la robe d'une douce nuance mordorée que lui avait demandé de mettre Cutler pour le dîner. Elle fixa un instant son reflet dans le miroir et chercha à retrouver celle qu'elle était avant son mariage ou avant sa nuit d'amour avec Jack. Elle porta lentement la main à ses lèvres, pour se souvenir de la tendresse qu'elles avaient un jour ressenti avant de se rappeler que ceci n'était plus pour elle.

 

La nuit dernière et le cadeau inattendu de son époux l'avait laissée troublée, à mi-chemin entre le dégoût de soi et l'excitation de la nouveauté. Elle rougit au souvenir des lèvres d'Alicia sur sa peau puis de la confusion qui avait suivi, la honte d'être découverte par Cutler, la honte du plaisir aussi. Sa chair semblait ne jamais réussir à être assouvie et Elizabeth songea un moment avec un frisson d'impatience à ce que Cutler lui apprendrait encore, avant de penser à Jack. Elle avait jugé le pirate indigne et infidèle après l'avoir surpris en compagnie d'Anamaria mais que dire d'elle-même dans ce cas ? Elle était mariée et pourtant elle n'avait hésité à se vautrer dans la luxure avec une autre femme tout en pensant à un autre. Sa trahison était double à la fois charnelle et intellectuelle. Seulement elle n'aimait pas Cutler et elle commençait à penser qu'il en était de même pour lui. Elle était son jouet et il lui procurait plaisir et sécurité. L'amour était absent de tout ceci. Mais l'amour ne l'avait-il pas faite assez souffrir ? Se dit-elle en revoyant Jack en train d'embrasser Anamaria. Finalement il valait peut être mieux pour elle être unie à un homme qui n'avait pas le pouvoir de lui briser le cœur comme Jack l'avait fait.

 

La voix de Cutler dans son dos la fit sursauter.

«  Je trouve bien sérieuse ma chère. A quoi songez-vous donc ?

- Rien d'important. Répondit-elle en s'efforçant de le regarder en face

- Soit. Êtes-vous prête pour ce soir ? Il y aura d'autres convives. Annonça Cutler. Je veux que vous soyez la plus belle. » Ajouta-t-il en caressant ses cheveux avant de les écarter de sa nuque pour glisser autour de son cou un lourd collier orné d'une émeraude d'une taille indécente.

Elizabeth, confuse, porta la main à son cou et toucha la pierre froide.

« Il est magnifique. Murmura-t-elle.

- La plus belle des pierres pour mon plus beau joyau, mon chaton. »

 

Elizabeth soupira tandis qu'il écartait sa chemise et caressait son corps avec douceur.

« Voulez-vous me faire plaisir à votre tour? Murmura-t-il à son oreille tandis qu'elle sentait déjà son corps répondre à la main qui glissait sur lui

- Oui. » Répondit-elle en se retournant vers lui, persuadée de savoir ce qu'il désirait.

Beckett sourit froidement et lui saisit les poignets.

«  Pas maintenant. Regardez ceci … » Demanda-t-il en lui tendant un paquet de gravures.

 

Elizabeth frissonna d'excitation et commença à regarder les images érotiques. La première montrait la femme aux yeux mauves, assise seule sur un sofa, ses yeux recouverts d'un masque tout comme ses oreilles, sa posture évoquant l'abandon lascif qui précédait le plaisir. Elle portait simplement son corset et un jupon, une de ses mains était crispée sur son sein tandis que l'autre glissait vers l'intérieur de ses cuisses. Elizabeth rougit tandis que Cutler se penchait derrière elle et faisait glisser une sorte de bandeau sur sa peau.

« Ce soir après le dîner, prétextez une de ces migraines féminines et portez ceci. Vous ne pourrez plus voir, ni entendre. Ajouta-t-il en lui tendant une sorte de petits bouchons. Vous serez si vulnérable... » Susurra-t-il à son oreille.

Elizabeth frissonna à cette idée tandis qu'il poursuivait d'une voix basse et envoûtante.

« Vous m'attendrez en vous caressant, je vous veux prête, offerte… » Continua-t-il en dévoilant la gravure suivante.

 

Elizabeth se pencha pour voir l'illustration. Cette fois la femme n'était plus le personnage central, mais pour la première fois c'était son partenaire dont elle découvrait enfin le visage. L'homme était jeune, brun avec une lueur de désir impérieux dans les yeux qui la fit trembler. Il était penché sur la femme, qui allongée, semblait attendre les caresses tandis qu'il guidait son sexe en elle, prêt à assouvir son désir. La voix de Cutler reprit, entêtante, chassant toute pensée.

« Elle ne sait pas quand il va lui donner ce qu'elle désire. Elle est obligée de demander, de supplier qu'il la prenne enfin, si fragile, si soumise…Ce soir je vous veux ainsi Elizabeth, je désire vous entendre me dire ce que vous voulez que je vous fasse. »

 

Elizabeth sentit une onde de chaleur se répandre en elle à cette idée.

« Dites que vous le ferez. Dites que vous serez une gentille petite épouse mon chaton.

- Je, oui. Répondit elle, incapable de résister à sa voix.

- Parfait ma petite catin. Une dernière condition : ne prononcez jamais mon nom. Je n'ai pas envie de me sentir un époux cette nuit. » Murmura-t-il avant de s'écarter d'elle.

D'un pas leste, Cutler se dirigea vers la porte avant de se retourner.

« Oh et portez mon émeraude ce soir… Elle est assortie à votre masque. »

 

Elizabeth ferma les yeux en l'entendant refermer la porte et reposa les gravures sur sa coiffeuse. Elle se regarda fugacement dans le miroir avant de détourner les yeux.

Non, ce n'était pas comme ça l'amour. Songea-t-elle un instant avant de pousser un soupir empli de regret et d'appeler sa suivante. Elle devait être belle cette nuit.

 

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Jack avait enfin réussi à se lever, la tête douloureuse il ne cessait de penser à Elizabeth, même son ivresse de la nuit dernière n'avait pas réussi à chasser la petite aristocrate de ses pensées. Depuis le matin il haranguait ses hommes et les forçait à travailler plus durement qu'il ne l'avait jamais fait. Gibbs s'approcha de lui, inquiet par la lueur déterminée et froide qu'il lisait dans le regard de son capitaine et qu'il n'avait jamais vue auparavant.

« Et où va-t-on Jack ?

- Port Royal. »

 

Gibbs réfléchit un instant avant de le regarder avec hésitation, il avait bien compris que ce qui avait causé la fièvre puis l'agitation de son capitaine était lié à la jeune Elizabeth Swann Beckett.

«  Jack, dis, tu comptes pas faire quelque chose de stupide hein?

- Est-ce que j'ai l'habitude d'agir stupidement ?

- Non mais…

- Rien du tout Gibbs. Remets-toi au travail. Je tiens à être à Port Royal dans deux jours. »

Gibbs baissa la tête et renonça à obtenir plus de précisions sur les projets de Jack. Après tout il était le Capitaine.

 

Jack détourna le regard du pont et, une nouvelle bouteille de rhum à la main, il partit dans sa cabine, fou de ne pouvoir aller plus vite.

 

D'un geste assuré, Jack déboucha la bouteille de rhum et s'octroya une nouvelle rasade de l'alcool ambré. Puis, sans plaisir, il repartit dans le bayou.

 

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Audrey rougit lorsque Tia lui demanda de raconter son histoire, semblant gênée, puis, à la grande surprise de Jack, elle commença son récit :

«  Je suis, j'étais la fille d'un homme très riche. A cause de cela ma dot était conséquente. La plupart des hommes qui me regardaient ne le faisaient que parce que j'étais riche. Leur cour était empruntée, pleine de retenue et par-dessus tout, sans amour, sans flamme, sans passion. Et puis il est arrivé… Il me regardait comme aucun homme ne l'avait fait jusqu'alors. Ses gestes envers moi étaient toujours tendres, sensuels… Murmura-t-elle avec un frisson.

- Cutler Beckett. Déclara Jack tandis que Tia se taisait et fixait intensément la jeune femme.

- Oui. Je, je l'ai épousé.

- Pourquoi ? Demanda Tia.

- Parce que je croyais l'aimer tout comme je pensais qu'il m'aimait. Très vite je me suis rendue compte que j'étais plus sa chose que son épouse. Il avait résolu de m'apprendre le plaisir sous toutes ses formes. Et, je, j'ai aimé ça … »

 

Jack se mordit les lèvres et repensa à la vision d'Audrey nue, attachée comme un animal dans la cabine de Beckett. Il rougit en sentant son corps réagir tandis que Tia le gratifiait d'un sourire moqueur.

« Que t'a-t-il fait ?

- Il, des pratiques licencieuses, proscrites par la loi… Je, j'avais une servante et il, j'ai eu des relations sexuelles avec elle. Lâcha Audrey, les larmes aux yeux tandis que Jack s'efforçait de chasser les images érotiques que son esprit échafaudait.

- Oh rien de bien terrible. Commenta Tia comme si pour elle la chose était banale ce qui fitt rougir de plus belle Jack qui commençait à se sentir à l'étroit dans son pantalon.

- Ce, ce n'est pas tout … il ... Il… aimait à me prendre comme les animaux.

- Ou les hommes entre eux ». L'encouragea Tia, douchant net l'excitation de Jack qui eut une grimace de dégoût.

Audrey ferma les yeux puis reprit sans les regarder, d'une voix basse, honteuse.

« Puis il a voulu m'apprendre la soumission, le plaisir et la douleur. Il me faisait l'amour et me frappait lorsqu'il me sentait sur le point de … »

 

Elle s'interrompit un instant le visage bouleversé.

« Puis il me caressait à nouveau, alternant le fouet et les caresses jusqu'à ce que je jouisse. Et au début j'ai aimé. Confessa-t-elle. Puis peu à peu les coups sont devenus plus durs et je ne l'ai plus supporté et j'ai voulu partir mais je ne le pouvais pas.

- Pourquoi ? Interrogea Tia, une lueur d'intérêt dans le regard.

- A cause de ceci. » S'étrangla Audrey en détachant l'anneau qui brillait à son doigt.

Tia le prit et l'observa d'un air circonspect.

«  Tu m'appartiens … Lut elle.

- Je. Il, c'est vrai… Certaines fois je voulais lutter, m'éloigner de lui mais une force m'en empêchait. Et sa voix dans ma tête, partout, m'ordonnait d'obéir de venir le … » Gémit Audrey, qui fondit en larmes.

Tia posa une main sur son épaule.

« Je t'aiderai à rester cachée. Je connais un charme pour ça. »

 

Jack les avait regardées, se croyant plongé dans un monde délirant, pourtant au fond de lui il savait que c'était vrai, il l'avait vu lui-même. Tia releva le menton d'Audrey et la força à la regarder.

« Une dernière chose qui était le père de ton enfant Audrey ? Tu dois le dire. »

 

Un coup frappé à la porte sortit Jack de ses douloureux souvenirs et d'une démarche hésitante il alla ouvrir à Gibbs. Ils étaient prêts pour le départ.

 

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Le repas semblait ne pas avoir de fin et Elizabeth, placée entre deux personnages haut placés, se surprit à espérer que l'heure de se retirer vienne enfin. De temps à autres elle croisait le regard fier de son père qui l'avait complimentée sur sa tenue avec toutefois une réticence qu'elle ne parvenait pas à définir. Cutler, quant à lui, assit à l'autre bout de la table, ne lui avait pas adressé la parole de la soirée, se contentant de lui baiser la main avec un sourire lorsqu'elle avait fait son apparition. Elizabeth l'ignorait mais elle n'avait jamais été aussi belle que ce soir-là avec pour seule parure l'émeraude énorme que lui offert Cutler et ses cheveux soigneusement arrangés qui retombaient sur ses épaules nues.

 

Dans un coin de la salle, Mercer observait le repas, transparent comme à son habitude mais son regard froid ne laissait passer aucuns détails. Au grand soulagement d'Elizabeth qui n'en pouvait plus de la conversation insipide de son voisin de table, l'heure du dessert vint enfin. Avec un soupir elle regarda s'ouvrir les grandes portes annonçant l'arrivée des serviteurs et blêmit. En tête de la cohorte dont aimait à s'entourer son époux se trouvait la femme qui lui avait donné tant de plaisir la veille. Troublée, elle jeta un regard effaré à Cutler qui leva son verre dans sa direction avant de se tourner vers le gouverneur.

 

Weatherby était rouge de confusion. Le gouverneur sentit son cœur se mettre à battre follement dans sa poitrine en reconnaissant sa maîtresse. Alicia se pencha devant lui et déposa la coupe de cristal contenant le vin de champagne d'une main qui tremblait un peu. Il avait passé des jours à rechercher celle qui avait sa préférence et qui lui était devenue indispensable et voilà qu'il la retrouvait au service de son gendre et de sa fille. Cutler s'adressa à lui d'une voix suave.

« Le service vous plait il Gouverneur ? J'ai trouvé cette jeune personne il y a quelques semaines et je me suis laissé dire que son emploi d'avant ne lui apportait pas toute satisfaction. »

 

Le gouverneur sentit un grand froid s'emparer de lui et l'espace d'un instant croisa le regard de son gendre. Il sut instantanément que l'autre savait.

« Je, certainement vous avez bien fait. Répondit-il platement.

- En plus elle est charmante. Et elle a presque le même âge qu'Elizabeth au service de laquelle j'envisage de l'attacher. » Continua Cutler, faisant mine de ne pas se rendre compte du malaise du gouverneur.

Ce dernier prit sa coupe d'une main tremblante et la vida d'un trait tandis que Beckett lui souriait d'un air affable.

 

Elizabeth ne s'était jamais sentie aussi mal à l'aise de toute sa vie. S'excusant à peine auprès de son voisin, elle se leva d'un bond.

« Veuillez m'excuser… J'ai la migraine. »

Cutler la regarda d'un air ironique.

« Souhaitez-vous qu'Alicia vienne vous préparer pour le coucher ma chère ?

- Non. Je me débrouillerais seule. Merci Cutler. Répondit Elizabeth en s'efforçant de ne pas perdre la face.

- C'est bien ce que j'escomptais Elizabeth. »

Sans répondre, la jeune femme sortit de la pièce, le cœur battant tandis que sur un ordre muet de son maître, Mercer la suivait.

 

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Elizabeth avait la tête qui lui tournait un peu en rejoignant sa chambre, l'arrivée d'Alicia l'avait chamboulée, la faisant se sentir encore plus honteuse qu'avant. Sur le lit, les accessoires fournis par Cutler l'attendaient patiemment et les paroles de son époux lui revinrent en mémoire. Un frisson qui était à la fois de dégoût et d'excitation la parcourut. Elle se sentait avilie mais une force puissante la poussa à obéir, à revêtir ce masque qui lui ôterait la vue et l'ouïe. Comme si elle obéissait à une force inconnue Elizabeth délaça lentement sa robe et fit tomber le lourd tissu doré sur le sol. Elle jeta un petit regard à son reflet avant de se détourner pour prendre le masque. Lentement, elle s'assit dans la bergère qui trônait dans sa chambre et posa sa main entre ses cuisses. Ce n'était plus l'amour qu'elle cherchait. Mais l'oubli de ce qu'elle était, de la jeune fille qu'elle avait été et de celui qui la hantait. Derrière la porte, Mercer sourit en la voyant remonter avec hésitation sa fine main vers son intimité avant de s'éloigner pour rendre compte à son maître.

 

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Seul dans le petit salon avec Cutler, le Gouverneur se sentait plus mal que jamais. Il avait laissé tous les invités s'éclipser un par un, résigné à demeurer près de son gendre. Il devait s'assurer que ce dernier ne l'avait pas percé à jour. Qu'il n'avait pas compris ce que représentait vraiment Alicia à ses yeux. Perdu dans ses pensées il n'entendit pas Mercer se glisser dans la pièce pas plus qu’il ne le vit adresser un signe de tête muet à Beckett.

 

Cutler sourit à son âme damnée et reprit la parole. Il était temps de mettre son projet à exécution.

« Dites-moi Gouverneur votre maîtresse ne vous manque pas trop au moins ? »

Weatherby faillit s'étrangler en entendant la vérité sortir si crûment de la bouche de son gendre. Il leva des yeux fatigués et but son cognac d'une main tremblante.

« Je ne vois pas de quoi vous voulez parler.

- Au contraire vous le savez très bien. Alicia est charmante, si jeune, si fraîche. Dites-moi Gouverneur Swann à qui pensez-vous lorsque vous la besognez ? »

 

Weatherby rougit violemment à cette question et tenta de reprendre un peu d'assurance.

« A… personne. »

Cutler eut un mince sourire et se leva.

« Tsss Gouverneur Swann, venez avec moi… Je me rends compte que je n'ai pas été très juste en vous prenant votre maîtresse chérie pour l'attacher à mon service et qu’il serait normal que je vous offre une compensation. Venez avec moi. »

 

Le Gouverneur se leva et renonça à lutter, l'esprit embrumé par l'alcool qui l'avait réchauffé durant le repas. Sans un mot il suivit son gendre, jusqu'à parvenir à la chambre vers laquelle ce dernier le guidait. Cutler ouvrit la porte et l'invita d'un geste à le précéder. Weatherby obéit avec une moue agacée qui s'effaça bien vite en découvrant le spectacle vers lequel il l'avait conduit.

 

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Devant eux se tenait Elizabeth en corset et chemise, un masque recouvrait ses yeux et elle avait la tête renversée en arrière. L'émeraude brillante reposait sagement à la naissance de sa jeune poitrine tandis qu'une de ses mains allait et venait entre ses cuisses et réveillait un désir que le gouverneur avait cru avoir vaincu. Cutler referma la porte derrière eux et se plaça entre son beau-père et cette dernière.

« Regardez la Gouverneur, si belle, si offerte… »

Weatherby rougit en sentant son corps réagir et détourna le regard avec précipitation.

«  Je vais prendre congé. »

 

Cutler s'approcha de lui et le força à reculer.

« Quand cela a-t-il commencé ? Quand elle a eu dix-huit ans ? Dix-sept ? Moins peut être ? Oui… Ça devait être avant. Murmura Cutler avec ironie.

- Je ... Je ne comprends pas …

- Allons Gouverneur pas à moi ! Regardez-la, elle ne voit rien, n'entend rien. Elle ne sait même pas que vous êtes là. »

Lentement Weatherby tourna la tête vers sa fille dont la main accélérait entre ses cuisses, la faisant pousser un gémissement de frustration.

 

Elizabeth fantasmait, sous son masque, imperméable aux bruits, à la lumière, elle avait oublié où elle était, ce qu'elle faisait. Elle imaginait les mains de Jack sur elle, la douceur des baisers qu'il lui avait donnés. Cutler sourit un instant en la voyant si soumise, il songea que la potion qu'il avait fait verser dans son verre avait décidemment des effets plaisants et la rendait encore plus prête à la luxure que d'ordinaire puis il se tourna vers le gouverneur.

« N'est-ce pas justice que vous goûtiez enfin ces charmes ? » Murmura-t-il en s'approchant de sa femme, dont il délaça le corset, faisant apparaître ses seins menus.

 

La bouche sèche, le gouverneur ne savait plus quoi faire. Les gémissements d'Elizabeth résonnaient dans la pièce et exacerbaient un désir trop longtemps contenu et contre lequel il ne se sentait plus capable de lutter.

« Touchez la … Murmura Cutler tentateur à son oreille. Vous en avez tellement rêvé je le sais. Elle est à vous ce soir. C'est une femme à présent.

- Je… Je ne peux pas ... Elizabeth… c'est ma fille. Gémit avec désespoir le gouverneur

- Plus maintenant, c'est mon épouse et je vous l'offre. »

Weatherby ferma brièvement les yeux et s'efforça de lutter contre le désir qui le submergeait. Elle était si proche et ses cuisses fermes, écartées juste assez pour qu'elle puisse se caresser, l'attiraient comme un aimant.

« Ne soyez pas timide, touchez la. » Répéta Cutler qui posa une main sur la jambe d'Elizabeth, relevant son fin jupon pour effleurer sa peau.

Elizabeth gémit à son contact et ouvrit un peu plus ses jambes, son corps lui répondant. Cutler sourit et s'écarta.

« Faites plaisir à votre fille, elle vous veut … »

 

Weatherby la regarda. Il avait passé des nuits à combattre son envie, à chasser les images que son esprit créait et qui étaient encore en dessous de la réalité. Il l'avait vue devenir une femme, belle, désirable, sous ses yeux et s'était interdit de penser à elle. Mais elle l'obsédait trop. Alors il s'était trouvé une maîtresse qui lui ressemblait un peu, imaginant que c'était elle qu'il prenait lorsqu'il s'activait entre les cuisses d'Alicia. Mais ce n'était pas Alicia qu'il voulait. Lentement sa main se leva et vint se poser sur le sein ferme d'Elizabeth, il en apprécia la chaleur qui l'enflamma tout en entier tandis qu'il écartait le corset déjà défait et dévoilait entièrement la poitrine de la jeune femme.

 

Elizabeth soupira d'aise en sentant la caresse presque hésitante sur sa poitrine, la peau qui frôlait son téton érigé, comme lorsque Jack l'avait touchée la première fois.

« Viens. Murmura-t-elle d'un ton empli de désir.

- Allez y Gouverneur goûtez y une fois, qui le saura ? »

 

Weatherby ne l'écoutait déjà plus, d'une main pressée il défit sa ceinture et fit jaillir son sexe déjà prêt à exploser tant il la désirait. Sans même réfléchir il commença à presser le sein qu'il tenait et le malaxa, son excitation redoublée par les battements affolés qu'il devinait sous sa paume. Elle le désirait.

 

Cutler s'effaça dans l'ombre avec un sourire ironique aux lèvres, c'était si simple de découvrir les faiblesses de chacun. Le gouverneur poussa fermement Elizabeth sur la bergère avant de la forcer à se retourner et d’arracher le jupon qui lui cachait encore ses charmes. Elle gémit en sentant confusément le désir brûlant qui animait son partenaire, ses mains tremblantes d'émotion et à nouveau son cœur la ramena sur Molokai. Ses hanches ondulèrent tandis qu'elle poussait son bassin vers son amant et gémit plaintivement.

« S'il te plait. »

 

Le gouverneur gémit à son tour avant de s'enfoncer en elle d'une violente poussée, une de ses mains saisit sa luxuriante chevelure tandis que l'autre il maintenait son bassin, allant et venant en elle avec un râle de désespoir. Il ferma les yeux et savoura l'étroitesse de son intimité, la chaude humidité qui l'accueillait puis jouit, trop excité pour se contenir plus longtemps.

 

Le cœur battant il ressortit d'elle, son sexe encore palpitant, frustré de n'avoir pas pu la posséder plus tandis que derrière lui Cutler lâchait un ricanement méprisant.

« J'aurais parié que vous la prendriez ainsi. »

Weatherby n'eut pas le temps de répondre que déjà, Elizabeth se retournait, croyant à un nouveau jeu de son époux et gémit plaintivement. Elle savait que le jeu était ainsi. Elle devait lui plaire. Alors elle tendit la main et empoigna son sexe sans qu'il réagisse pour l'écarter. Weatherby frissonna en sentant la bouche d'Elizabeth se refermer sur son gland, sa langue passa sur sa hampe humide des marques de son désir et il soupira en se sentant grossir en elle.

« Oh seigneur Elizabeth… » Gémit il, son désir au paroxysme.

 

D'un geste brusque il la repoussa et la força cette fois à s'allonger complètement. Ses mains passaient sur son corps, la découvraient, glissaient dans les endroits les plus intimes qu'il n'avait jamais imaginé pouvoir voir un jour. Elizabeth écarta ses cuisses plus largement, son visage tendu par l'attente. Weatherby ne se contrôlait plus. Elle n'était plus sa fille mais la femme qu'il désirait depuis des années en silence. Lentement cette fois, il s'introduisit en elle, savourant chacune des courbes de son corps, et saisit ses poignets pour les relever au-dessus de sa tête jusqu'à la faire crier. Il la voulait ainsi offerte, soumise, cette fille qui avait tant de fois bravé son autorité. Il allait et venait en elle et la prenait chaque fois plus profondément tandis que leurs gémissements rauques se mêlaient dans la pièce assombrie.

 

Elizabeth sentit son cœur accélérer et laissa le plaisir la submerger une fois de plus sans remords. Elle pensa une nouvelle fois à Jack tandis que l'orgasme déferlait en elle et lui faisait pousser un cri de jouissance. Le gouverneur, la suivit de peu, vaincu par la sensation que lui procuraient les contractions de son orgasme qui enserraient son sexe dans une étreinte voluptueuse qui suffit à le faire exploser.

 

Laissant Elizabeth pantelante, il se retira, le cœur encore battant devant la folie qui s'était emparée de lui. Il recula lentement. Le remords et l'horreur de son acte lui apparurent brutalement lorsqu'il la vit se pelotonner sur elle-même, un sourire satisfait aux lèvres, si semblable à l'enfant qu'elle était encore il n'y avait pas si longtemps.

« Vous devriez partir à présent Gouverneur. » Intervint Cutler qui n'avait rien perdu de la scène.

Weatherby se tourna vers lui, l'air égaré tandis que l'autre lui souriait avec suffisance.

« Ce sera notre petit secret. » Le rassura-t-il en se penchant sur Elizabeth pour lui ôter son masque.

 

Horrifié, Weatherby rassembla ses affaires, se rhabillant à peine et sortit de la pièce. Il fuyait l'horreur de son geste contre nature, le désir qui le tourmentait encore plus à présent qu'il y avait goûté…

 

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A l'intérieur de la chambre, Cutler sourit à Elizabeth qui s'étira avec langueur et déposa un léger baiser sur ses lèvres.

« Vous avez été parfaite mon chaton. Reposez-vous à présent. »

Elizabeth eut un sourire égaré, le corps encore gorgé de plaisir et ferma les yeux, retrouvant ses rêves dans lesquels lui souriait invariablement un pirate aux yeux sombres.

Cutler sortit de la chambre en silence et rejoignit Mercer, qui un sourire cruel aux lèvres, l'attendait dans un renfoncement du couloir. Le lord le regarda avec cynisme.

« Existe-t-il un plus beau spectacle que celle d'une famille unie mon cher Mercer ?

- J'en doute my Lord. A moins peut être… Répondit-il en aiguisant son couteau.

- Bientôt Mercer, bientôt … d'abord détruire cette jolie chose fragile. » Ricana Beckett avant de s'enfoncer dans les ombres, suivi par son complice.

 

()()

 

Pendant ce temps, guidant le Black Pearl à travers une nuit sans étoiles et sans lune, Jack s'efforçait de calmer l'angoisse qui le tenaillait. Dans son esprit que le rhum n'avait pas réussi à obscurcir totalement la réponse d'Audrey à la question de Tia Dalma ne cessait de résonner

« C'était Anthony mon frère … »

Dieu merci Elizabeth n'avait pas de frère songea Jack avant d'haranguer à nouveau ses hommes. Il devait faire vite, qui savait de quoi le monstre que Lizzie avait épousé était capable ?

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Commentaires : 2
  • #1

    emy (vendredi, 26 octobre 2012 03:37)

    quand j'ai lu celui la j'ai compris pourquoi tu m'a dit bon courage courage pour la suite^^ son PERE quoi Haaa tu es folle je te l'assure ^^. mais continu quand meme j'adore te lire ;-)

  • #2

    JessSwann (vendredi, 26 octobre 2012 09:21)

    Lol bah quoi ? En même temps vous n'irez pas dire que vous n'étiez pas prévenu mdrrr

    Merciii