Chapitre 31 Le Gardien du Code

Le Green Bottle s'enfonça dans l’épais brouillard et James découvrit avec stupeur la forteresse des pirates, l'île qu'il avait tant cherchée lorsqu'il servait encore la Couronne et se croyait du côté des justes. A ses côtés, Audrey ne put s'empêcher de murmurer.

« Mon dieu tout est tel que Jack l'avait dit.

- C'est fabuleux… Je crois que connaître cet emplacement me permettrait d'obtenir une promotion confortable si je décidais de retourner dans la Navy. »

Audrey le dévisagea d'un air inquiet.

« James… Vous, vous ne direz rien n'est-ce pas ? Vous n'allez pas vous servir de ça contre eux ? »

James la regarda un long moment, il lut la peur dans ses yeux mauves et finalement se décida à prendre la parole d'une voix désabusée.

«  Et à qui le dirais-je Audrey ? Tous ceux que je connaissais me croient mort. Et je ne suis plus sûr du tout de vouloir servir une Couronne qui nourrit en son sein des monstres comme Beckett. »

Audrey posa une main hésitante sur son bras.

« Je suis désolée James. Ceci est de ma faute, si je ne vous avais pas mêlé à tout ça vous ne seriez pas dans cette situation délicate.

- Non en effet, à la place je pourrirais au fond d'une tombe. Donc à tout prendre, je crois que je préfère être ici avec vous. »

Audrey sourit légèrement et commença à avancer vers la chaloupe, sa progression entravée par ses jupons. Norrington la regarda et la saisit par la taille.

« Permettez Audrey. »

Elle rougit légèrement et se laissa emporter dans les bras de l'homme qui était devenu tout son univers depuis qu'elle l'avait ressuscité.

 

L'ex Commodore ne l'avait plus touchée depuis sa nuit d'ivresse et gardait avec elle une distance polie et respectueuse ce qu’elle ne pouvait s'empêcher de le regretter. Finalement, ils prirent place dans la chaloupe et James commença à ramer en direction de la sinistre forteresse pirate, un pli soucieux sur le front.

« Qu'est-ce qui vous tourmente James ?

- Et bien je ne peux pas m'empêcher de penser à Elizabeth. Couper l'herbe sous le pied de Beckett et l'empêcher de réaliser son rêve ne la sauvera pas. »

Un éclair de chagrin brilla dans les yeux d'Audrey qui fut dispensée de répondre par leur arrivée. Ils débarquèrent lentement et avaient à peine mis pied à terre que déjà ils étaient encerclés par des hommes à la mine peu accueillante. L'un d'entre eux se détacha du groupe et pointa son arme droit sur le front de James.

«  Qui vous a autorisés à accoster ici ?

- Ohhh, il faut donc une autorisation. Moi qui pensait les pirates amoureux de la liberté et voilà qu'il faut demander la permission de débarquer dans leur ports.

- Tu n'es pas l'un des nôtres. Que veux-tu ? Répondit l'homme en enlevant la sécurité de son arme.

- Parler au Gardien du Code. Je dois parler au Capitaine Teague Sparrow. C'est pour ça que nous sommes ici.

- Et qu'est-ce qui te dit que le vieux Teague acceptera de te recevoir ?

- Parce que ce que nous avons à lui dire concerne l'avenir de la Piraterie. » Annonça Audrey d'une voix claire.

 

L'homme se retourna vers elle et pointa son arme sur la jeune femme.

« Et en quoi notre futur t'intéresse poupée ? Peut-être qu'on pourrait en finir avec ton soldat et s'amuser un peu avec toi plutôt, ça à l'air d'être le genre de distractions que tu aimes. »

James s'interposa immédiatement et se préparait à répondre vertement lorsqu' Audrey posa sa main sur son bras.

« Laissez-moi faire. Murmura-t-elle avant de se pencher vers le pirate, l'air concentré. Ça suffit ! Conduit nous maintenant. » Ordonna-t-elle en pressant mentalement le pirate.

Ce dernier passa sa main sur son front d'un air indécis, brutalement troublé.

«  Je…

- Maintenant. » Répéta Audrey d'une voix sans appel, les mains tremblant légèrement sous l'effort.

Sans répondre, le regard vide, le pirate se retourna et leur fit imperceptiblement signe de le suivre.

« Allons-y … » Murmura Audrey, s'appuyant légèrement sur James qui la regarda une nouvelle fois avec un mélange de peur et d'admiration.

 

()()

 

La salle dans laquelle on les fit pénétrer était immense et peu éclairée, James porta un moment la main sur le pommeau de son épée avant de se raviser. Audrey scruta l'ombre et appela.

« Capitaine Sparrow ? »

Une corde vibra dans la pièce et un pas lourd se fit entendre.

«  Et qui le demande ? »

James et Audrey reculèrent en découvrant le visage ridé de l'homme qui s'approchait d'eux. Teague Sparrow était incontestablement le père de Jack. Habillé d'un splendide pardessus rouge et coiffé d'un tricorne impressionnant, le pirate leur fit signe d'approcher et affichait un sourire que James eut envie de lui faire ravaler sur le champ. Ses yeux sombres et charbonneux se posèrent sur James.

« Que vient faire un officier de la marine anglaise à Shipwreck Cove ?

- Qui vous dit que je suis un officier ? »

 

Teague Sparrow sourit à nouveau de ce même sourire languide qu'il avait en commun avec son fils.

« Malgré votre puanteur, votre barbe sale et vos cheveux remplis de boue vous sentez le soldat à mille lieues. Suffit de voir la raideur de votre maintien et le petit geste que vous avez eu vers la garde de votre épée en pénétrant dans cette salle. Donc Monsieur ?

- Norrington. James Norrington. Je ne fais plus partie de l'armée.

- Vous êtes l'homme qui a essayé de pendre mon fils. »

James baissait la tête, ne sachant quoi répondre, lorsque Teague éclata de rire.

« Quel dommage que vous l'ayez laissé filé. Ce gamin me pourrit la vie depuis sa naissance. »

 

Teague se tourna alors vers Audrey et la dévisagea de ses yeux perçants.

« Qui êtes-vous ?

- Je suis Audrey. Je ...

- La femme de Beckett. Compléta Teague. Mon fils m'a parlé de vous, il a décrit une fille aux yeux violets. Alors Madame Beckett qu'êtes-vous venue faire ici avec l'inestimable Commodore Norrington. D'ailleurs, vous étiez pas mort vous ?

- Je l'ai ramené à la vie. Intervint Audrey.

- Oh voilà donc une chose intéressante. Asseyez-vous. Leur ordonna plus Teague qu'il ne leur proposa. Et expliquez-moi tout ça. »

Audrey s'assit sur le siège que le vieil homme lui présentait et tortilla un moment ses mains, ne sachant par où commencer.

« Votre fils vous a sûrement parlé de mon époux. »

Teague fronça les sourcils.

« Parler ? C'est un bien grand mot quand il s'agit de Jack. La seule chose que je sais c'est qu'après être parti pour mener une vie honorable, enfin ressembler à ça. Précisa Teague d'un ton méprisant en désignant James avant de reprendre sur un ton où grondait la colère. Donc ce petit imbécile a rejeté en bloc tout ce que je lui offrais, avant de revenir, quelques mois plus tard, marqué du sceau de la piraterie ce qui ma foi a du rabaisser ses perspectives de carrière. Il a parlé de vous, il a prétendu avoir été marqué parce qu'il aurait libéré une cargaison d'esclaves après avoir été surpris au lit avec la femme du Capitaine. »

 

Audrey blêmit tandis que James ne pouvait s'empêcher d'éprouver un élan de sympathie pour Jack. Son père ressemblait à s'y méprendre au sien et se distinguait par sa froideur.

« Jack et moi n'avons jamais eu de liaison. Annonça calmement Audrey.

- Ah je me disais bien que Jackie avait encore menti. Lâcha Teague d'un air méprisant. Enfin pour une fois qu'il se conduit comme un pirate.

- Votre fils m'a sauvé la vie. Précisa sèchement Audrey. Il m'a sorti de l'enfer dans lequel l'homme qui se disait mon époux m'a plongée. Il a aussi sauvé des hommes et des femmes destinés à l'esclavage ! A cause de cela il a du abandonner son rêve !

- Son rêve… Être tout autre que moi. Murmura Teague avec amertume avant de reprendre. Enfin ça n'a aucun intérêt. Expliquez-moi plutôt pourquoi vous êtes venus ici.

- C'est à cause de mon époux. Il ... C'est un homme avide, de pouvoir, de puissance, d'argent. Il est sombre, il pervertit les âmes.

- Je crois que j'ai saisi que vous n'aimiez pas votre mari Madame Beckett. Cependant je ne vois pas ce que je peux y faire !

- Laissez-la donc parler ! » S'énerva Norrington.

Teague sortit son arme et tira dans le bois du fauteuil dans lequel James avait pris place, manquant de peu sa tête. Il souffla lentement sur le canon de son arme et déclara :

« Ici, la loi c'est moi. »

 

Sans attendre de réponse, il se tourna vers Norrington.

« Vous ! Qu'êtes-vous venu faire ici ? Et pourquoi Madame Beckett qui me parait pourtant avoir toutes ses facultés vous a ramené à la vie ? »

James baissa la tête un bref instant avant de répondre.

« Il veut ma fiancée. Il a le projet d'en faire sa femme. Et je ne veux pas qu'il fasse du mal à Elizabeth. »

Audrey détourna un instant le regard avant de murmurer.

« Il l'a déjà épousée… »

James frémit à ses paroles.

« Comment le savez-vous Audrey ? Pourquoi ne me l'avez-vous pas dit ! Je, j'aurais pu empêcher ce mariage ! Pourquoi ! »

Audrey baissa les yeux, ne sachant quoi répondre, lorsque Teague la tira d'affaire.

« Écoutez… Ce n'est pas que vos histoires ne m'intéressent pas mais j'aimerais le fin mot de celle qui vous amène ici. Donc vous Madame Beckett vous allez répondre à mes questions ! Tout de suite. Ajouta-t-il d'un ton menaçant. Tout d'abord, comment avez-vous ramené cet homme à la vie ?

- Grâce à un charme. Je l'ai ramené parce que je voulais savoir ce que mijotait mon mari. »

 

Teague parut satisfait de la réponse et ne laissa pas le temps à Norrington de parler.

« Et l'avez-vous découvert ?

- Oui. Il veut le cœur de Jones.

- Et Elizabeth. Intervint James d'un ton amer. Et apparemment il l'a déjà .Ajouta-t-il en adressant un regard de reproche à Audrey.

- Pourquoi voudrait-il le cœur de Jones ? Finauda Teague.

- Je crois que vous le savez très bien. Il veut trouver Calypso puis la libérer. Je veux empêcher ça. A n'importe quel prix. Rien n'a plus d'importance. » Affirma Audrey, espérant que James comprenne.

 

Le Commodore tourna la tête, troublé et déçu de savoir qu'Elizabeth était aux mains de l'homme qui l'avait tué. Il ne savait pas à qui il en voulait le plus. A Elizabeth pour l'avoir décidemment oublié bien vite ou à Audrey pour lui avoir caché la vérité.

«  Calypso…. Oui mais il ne pourra pas la libérer sans le conseil.

- En effet. C'est pourquoi Tia nous a suggéré de venir vous prévenir, afin que vous puissiez le réunir et décider de la marche à suivre. »

Teague s'immobilisa.

« Tia ? Pas …. Tia Dalma tout de même ?

- Si. Lança James avec mauvaise humeur. D'ailleurs elle vous fait dire que votre compagnie lui manque. »

Teague se tourna vers eux, l'air soudain inquiet.

«  Que dites-vous ? Vous avez parlé de cela à Tia ? »

Audrey fronça les sourcils.

« Bien sûr je lui dois tout, c'est elle qui m'a appris à me servir du livre magique que j'ai dérobé à Cutler. »

Cette fois Teague s'approcha d'elle et la jaugea un instant.

« Et à cette occasion a-t-elle apposé une marque sur vous ? »

Audrey le regarda, troublée.

« En effet. Une sorte de protection. C'est d'ailleurs grâce à cela que Jones ne m'a rien fait lorsque je l'ai rencontré. »

Teague poussa un long soupir et les regarda.

« Vous ne savez pas qui elle est hein ? »

 

James ne répondit pas, toujours perturbé par l'annonce des noces d'Elizabeth et de Beckett. Audrey lança un regard inquiet vers James avant de se tourner vers Teague.

« Je sais juste que, elle et votre fils étaient amants. Et qu'elle m'a aidé. En revanche j'ignore d'où lui vient son savoir. »

Teague lui sourit d'un air cynique.

« Peut-être qu'il provient du fait que Tia Dalma est l'enveloppe humaine dans laquelle est enfermée Calypso. »

A ces mots, James s'intéressa de nouveau au vieux pirate.

« Quoi ? Mais que veut-elle dans ce cas ? »

Teague le regarda d'un air méprisant.

« A votre avis ? Elle veut être libérée bien sûr ! Maintenant que je vous connais je ne suis plus étonné de l'incompétence de la Royal Navy. Si tous ses officiers sont comme vous … »

 

James serra les poings et avançait vers le père de Jack dans l'intention évidente de le frapper lorsqu'un sanglot l'arrêta. Il se retourna alors et sentit son cœur se serrer devant les larmes d'Audrey. En un clin d'œil il fut près d'elle, oubliant le ressentiment qu'il éprouvait à son égard pour lui avoir caché le sort d'Elizabeth, il la prit dans ses bras.

« Elle, elle m'a utilisée je croyais que je pouvais la croire et elle s'est servie de moi.

- Calypso fait souvent ça. » Observa Teague qui s'attira un regard noir de la part de James.

L'ex commodore garda la jeune femme contre lui, il caressa doucement ses cheveux avant de reprendre à l'adresse du pirate.

« Mais pourquoi nous envoyer vous avertir si elle savait que vous découvririez ainsi ses projets ?

- C'est la question… Murmura Teague d'un ton préoccupé tout en allant vers le Code des Pirates dont il se mit à tourner rapidement les pages avant de poser un doigt crasseux sur un article. Il est écrit ici que le Tribunal de la Confrérie doit se réunir à nouveau et procéder au rituel pour que Calypso soit libérée. Cependant la formule doit être prononcée avec amour.

- Mais qui pourrait aimer Calypso ?

- Jones. Annonça calmement Teague avant de se tourner vers Audrey. Le poulpe n'a pas pu vous toucher n'est-ce pas ? A cause de la marque qu'elle vous a faite… Quelle est cette marque ? Où est-elle ?

- Un crabe. Répondit James. Dans le creux des reins. »

Teague le regarda avec ironie.

« Oh je vois que vous non plus n'êtes pas resté inconsolable devant la perte de votre fiancée. »

 

Audrey rougit violement, elle évita le regard de James et se dégagea de son étreinte.

« Calypso veut que nous venions vous voir pour vous demander de réunir le conseil.

- Non elle veut gagner du temps. Parce qu'elle pense certainement que Beckett va réussir à la trouver. Pourtant elle a besoin de vous. Annonça Teague à Audrey. Vous êtes sa servante. »

Audrey le regarda, les yeux humides de larmes mais ne put reprendre la parole.

« C'est pour ça qu'elle vous a envoyés ici. Elle sait que vous maîtrisez la magie et que vous pourriez la vaincre. Elle cherche à gagner du temps. Elle vous a éloignés pour que Beckett la trouve. Et une fois que ce sera fait, elle le guidera vers Jones. Expliqua Teague.

- Mais pourquoi ne va-t-elle pas vers Beckett directement ? »

Teague eut un sourire carnassier.

« Parce qu'elle ne le peut pas. Si elle veut qu'il soit l'instrument de sa libération, elle doit le laisser venir à elle. Faire tout pour la trouver. »

James renvoya son sourire au Gardien du Code.

« Alors si on la cache de manière à ce qu'il ne puisse pas la trouver …

- Elle ne gagnera pas. » Termina Teague.

Les deux hommes s'entre regardèrent.

« Mais pourquoi m'a-t-elle appris la magie dans ce cas ? » Demanda Audrey d'une voix incertaine.

Teague posa des yeux remplis de pitié sur elle et commença avec précaution.

« Parce que le corps qu'elle occupe est mortel. Alors elle a besoin d'une solution de repli qui, si possible, ait une certaine maîtrise des pouvoirs dont elle dispose. »

 

James resserra son étreinte sur Audrey, le visage durcit par la haine que lui inspirait la sorcière vaudou.

« Elle veut l'utiliser.

- En effet. » Confirma Teague.

Audrey nicha sa tête dans le cou de James sans rien dire, trop choquée par ce qu'elle venait d'apprendre.

« Comment savez-vous qu'elle veut m'utiliser ?

- Je la connais.

- Elle a été votre maîtresse. » Murmura James, qui sentit un désir brutal l'envahir.

Il avait envie de savoir comment c'était, ce que ça faisait de posséder une déesse.

 

Teague eut un petit sourire vicieux.

« En effet. Et la meilleure qui soit. Hormis son peu de fidélité elle est parfaite. Enfin je crois que cette question vous indiffère non ? »

James se contracta un instant et son regard se voila en pensant à Elizabeth.

« Nous devons retourner à Port Royal. Maintenant que nous vous avons prévenu c'est la seule chose à faire. »

Audrey releva à peine la tête.

«  James c'est inutile. Vous ne pourrez pas la sauver comme ça. Elle... Son âme est noire. Elle sombre de plus en plus dans la perversion de cet homme. Son aura s'assombrit et je la sens basculer. Elle ne lutte pas. Elle se laisse emporter. Pourtant en elle je sens, elle aime un homme c'est la seule lumière qui brille autour d'elle. Mais les ténèbres l'envahissent, elle est résignée et elle laisse Cutler la posséder. »

Norrington baissa la tête.

« Elle... Elle aime un homme ?

- Je... Ce n'est pas vous James, je suis désolée mais Elizabeth est amoureuse d'un autre. Sa lumière brille depuis peu de temps. »

James baissa les yeux.

« Il n'empêche. Je dois tout faire pour la sauver… »

Teague intervint.

« Nous ne pouvons pas risquer l'avenir de la piraterie ainsi que celui de votre cher royaume pour sauver une donzelle qui aime la luxure.

- Vous parlez de la femme que j'aime.

- Et qui, non contente d'en avoir épousé un autre alors que votre corps était à peine refroidi, s'offre le luxe d'être amoureuse d'un troisième homme. Vraiment si je ne savais pas de source sure qui est l'incarnation de Calypso je pourrais croire que c'est votre Elizabeth Trancha Teague. Pour l'instant il faut mettre Calypso à l'abri avant que ce Beckett ne la trouve. Elle a voulu vous éloigner, c'est donc qu'elle pense pouvoir attendre son but très vite et qu'elle ne veut pas que vous soyez là. »

 

Teague se tourna alors vers Audrey qui tentait sans succès de se composer une expression indifférente.

« Elle vous a éloignée vous parce qu'en raison de la marque qu'elle vous a faite vous détenez un pouvoir sur elle. Vous pouvez l'obliger à vous suivre et la mettre hors de portée de votre époux.

- Alors nous devons retourner au bayou ?

- Je ne peux pas vous y obliger. Mais si vous y alliez et emmeniez ensuite Calypso dans un endroit sur ça nous donnerait une avance considérable. »

Norrington soupira.

« Combien de temps avons-nous ? »

 

A cet instant les portes battantes s'ouvrirent avec violence tandis qu'un asiatique au crâne rasé et à la mine conquérante faisait son entrée et attirait tous les regards sur lui.

« Sao Feng ? Que viens-tu faire ici ? Pourquoi n'es-tu pas dans ton écœurant bouge de Singapour ? Interrogea Teague sans masquer son antipathie pour l'homme qui venait de les interrompre.

- Le chant a retenti. Le tribunal de la Confrérie doit se réunir. Répondit simplement Sao Feng en lançant une pièce de huit à Teague. En tant que Gardien du Code vous devriez savoir que nous sommes appelés à nous réunir.

- Bugger. » Murmura Teague.

James et Audrey le regardèrent.

« On dirait bien que nous n'avons pas beaucoup de temps. Déclara Norrington.

- En effet, c'est-ce qu'il apparaît. Confirma Teague.

 

Sans rien ajouter, Audrey et James tournèrent les talons et se préparèrent à reprendre la route du bayou, espérant arriver à temps pour empêcher Beckett de s'emparer de Calypso.

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