Chapitre 22 Un nouvel horizon

La nuit étendait son voile sombre sur Port Royal et les ténèbres faisaient taire peu à peu le bruissement animé des rues, les cris des chalands sur le port. Seul, dans son bureau richement décoré, Cutler Beckett surveillait l'horizon et attendait désespérément l'entrée au port d'un navire qui n'arrivait pas. Cela faisait à présent plusieurs jours que Mercer était parti pour Tortuga, poursuivant indifféremment sa femme et sa fiancée et jusqu'à présent il ne lui avait donné aucune nouvelle de l'une ou de l'autre ce qui était pour le moins intolérable.

 

D'un doigt distrait, il effleura l'anneau qu'il portait toujours. Audrey … La jeune et jolie Audrey, si pure, si innocente avec ses grands yeux violets. Elle était si charmante, surtout quand elle le suppliait de l'épargner, de ne pas lui faire de mal. Cutler soupira bruyamment en songeant à ces délicieux instants, il l'avait brisée si rapidement, trop même à son goût. Et pourtant elle avait trouvé la force de lui échapper. Pire encore, elle l'avait volé ! Bien évidemment elle n'avait pas agi seule. Ce sale petit rat de Sparrow l'avait aidée à s'enfuir. Pauvre fou qui ne parlait que d'une liberté illusoire. Il avait sacrifié sa vie, sa carrière pour la poursuite de cet idéal. Si Jack avait accepté de s'allier à lui, Beckett aurait pu lui faire gravir les échelons sociaux et lui procurer une situation enviable. Mais au lieu de ça Sparrow avait préféré jouer son propre jeu, au prétexte que travailler au service de quelqu'un n'était pas la vraie liberté. Beckett grimaça et glissa à nouveau son doigt sur l'anneau sans s'en rendre compte. Il aurait pu passer sur la perte de la marchandise humaine que contenait ses cales mais pas sur la délivrance d'Audrey ni sur le vol de l'antique grimoire qui l'avait accompagnée. Pas plus qu'il ne pouvait pardonner la trahison et l'offense.

« Tu n'aurais pas dû revenir Audrey… » Murmura-t-il d'un ton froid avant de délaisser l'anneau qui ornait sa main pour se tourner vers le petit écrin qui était posé sur son bureau depuis des semaines à présent. Un vague sourire tordu aux lèvres, il prit l'objet et l'ouvrit, laissant apparaître une alliance délicatement ouvragée et ornée de diamants minuscules qui surpassaient en éclat bon nombre de joyaux plus imposants.

 

Il avait hâte de glisser cette petite merveille au doigt de la farouche Elizabeth Swann. Cette fille était d'une autre trempe que la fragile Audrey, il l'avait senti dès le premier regard qu'il avait posé sur elle. Elle était fière, orgueilleuse même, naïve et innocente mais dans ce genre si particulier d'une sensualité couvant sous des abords lisses. Elle se savait belle mais n'avait pas encore compris comment en tirer parti. Il attendait avec impatience le moment où il se ferait son initiateur et lui ferait découvrir son pouvoir sur les hommes mais aussi les faiblesses douloureuses de sa chair une par une avant de la briser. Il la porterait jusqu'au bout des limites de la décence et de la loi et la forcerait à se voir telle qu'elle était. Pauvre petite créature esclave d'un désir qu'elle ne pourrait pas contrôler et vers lequel il l'emmènerait sans le moindre doute jusqu'à ce qu'elle abdique et alors là il la détruirait. Il lui arracherait cette confiance en elle qui faisait sa force. Alors qu’il imaginait une Elizabeth forcée de le supplier, soumise à son autorité, liée à lui par un sortilège dont il avait décuplé la puissance durant les années écoulées, Beckett sentit son sexe se tendre, appelant un assouvissement qui tardait depuis trop longtemps déjà et que les catins de Port Royal ne parvenaient plus à satisfaire. Se forçant au calme, il referma l'écrin d'un geste sec avant de se diriger vers la porte de son bureau, dans le désir évident de prendre l'air et de se changer les idées.

 

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Les soldats se mirent immédiatement au garde à vous en le voyant sortir, tremblants à l'idée qu'il puisse avoir l'envie de châtier l'un d'entre eux. D'un geste empli d'autorité, il les renvoya à leur poste et monta dans son fiacre puis prit la direction de la demeure du Gouverneur Swann. C'était plus l'apparence donnée qu'un réel désir de voir son potentiel beau-père qui motivait cette visite tardive et il attendait avec impatience le moment où, Elizabeth retrouvée et promptement sienne, il pourrait enfin cesser ces ronds de jambes et courbettes auxquels il avait de plus en plus de difficultés à se plier.

 

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Plaquant un sourire se voulant affable sur le visage, Cutler fit amener sa voiture jusqu'au perron de l'imposante maison du gouverneur. Il ne lui était pas venu une seule seconde à l'esprit que l'heure était trop avancée pour une visite. Comme toute la ville il n'ignorait pas que le Gouverneur ne trouvait plus le sommeil depuis la disparition de sa fille. La calèche stoppa dans un ultime claquement de fer et Beckett attendit que son valet de pied vienne lui ouvrir la porte ce qui prit quelques instants dont la longueur l'exaspéra. Il descendit finalement et ne songeait qu'à se diriger vers l'entrée lorsqu'une tache claire tentant de se faufiler par une porte dérobée attira son attention. Plissant les yeux il reconnut les rondeurs d'une silhouette féminine. Intrigué, il la désigna à sa garde et leur indiqua d'un geste bref mais rempli d'autorité qu'il désirait interroger la femme avant de s'engouffrer dans le hall de la maison sans plus s'en préoccuper.

 

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Une fois à l'intérieur, il pénétra d'autorité dans le grand salon sans se donner la peine d'attendre d'être annoncé. A sa grande surprise, le gouverneur se leva brutalement à son entrée, la mise défaite et le visage empourpré. Cutler fouilla la pièce du regard, à la recherche de la cause de son trouble tout en prononçant des paroles de salut accompagnées d'une feinte inquiétude.

«  Bonsoir Gouverneur Swann. J'espère que ma visite, certes tardive, n'est pas importune.

- Je… Oh Lord Beckett pas du tout qu'allez-vous imaginer ? »

Puis comme s'il se rappelait soudainement de l'incongruité de l'heure pour une visite il reprit avec espoir.

« Avez-vous des nouvelles de ma fille ? »

Beckett n'eut pas besoin de feindre la contrariété pour répondre.

«  Non. Mes hommes continuent à la chercher. J'ai grand espoir en mon bras droit Mr Mercer, il suit actuellement une piste et j'ose croire que ce sera la bonne. »

 

Le gouverneur dissimula son dégoût à la mention de Mercer et se retint de demander à ce fat de Beckett si c'était là le seul homme qu'il avait trouvé pour secourir sa fille chérie. Un silence pesant s'installa entre les deux hommes qui se détestaient et se méprisaient également. Beckett continua à fouiller la pièce des yeux jusqu'à ce qu'il aperçoive deux verres reposant sur une console aux côtés d'une carafe de sherry à demi vidée.

« Vous attendiez de la visite peut être ? » Demanda-t-il d'un ton mielleux en désignant la table du regard.

A sa grande stupeur, les marques d'une gêne accrue commencèrent à envahir le visage du gouverneur qui rougit légèrement.

«  Je… Non pas du tout Lord Beckett… Vous, vous désirez un verre ? » Tenta péniblement Weatherby.

Beckett le jaugea quelques instants et chercha à deviner ce qui le perturbait à ce point avant de repenser à la forme féminine qu'il avait aperçue en train de se faufiler à son arrivée. Ses lèvres s'étirèrent en un mince sourire cruel tandis qu'il commençait à deviner les raisons de la gêne du gouverneur. D'un mouvement délié il se leva du siège dans lequel il s'était installé d'autorité.

« Je m'en voudrais de m'imposer plus longtemps Gouverneur. J'étais juste passé m'entretenir avec vous d'Elizabeth dont l'absence m'angoisse chaque jour un peu plus, mais vous avez manifestement d'autres préoccupations qui vous occupent tout entier et qui rendent ma présence visiblement gênante, aussi vais-je prendre congé. Vous aurez ainsi loisir de revenir à des occupations plus distrayantes que le sort de votre fille unique. » Termina Beckett d'un ton volontairement suggestif qui amena une vive rougeur sur le visage du Gouverneur.

 

Beckett, impatient de rencontrer celle qui n'était à n'en pas douter la cause du trouble du gouverneur ne laissa pas à ce dernier le temps de reprendre ses esprits. Il se dirigea vers la porte tandis que le gouverneur Swann parvenait enfin à bredouiller d'un ton peu convaincant qu'il ne le dérangeait pas bien au contraire.

« Allons Gouverneur Swann nous savons tous deux que c'est faux. » Assura Beckett en sortant de la pièce sans prendre la peine de saluer son hôte.

Il remonta d'un pas affairé dans sa calèche et jeta au cocher l'ordre de se rendre à son bureau rapidement.

 

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Sur le Green Bottle, les jours se succédaient avec monotonie, James restait silencieux depuis les révélations d'Audrey. Il lança un petit regard à la jeune femme au profil de camée qui semblait perdue dans sa contemplation de l'horizon. James avait du mal à définir clairement ses sentiments, l'histoire que lui avait racontée sa compagne de voyage lui paraissait complètement folle et pourtant il sentait au fond de lui-même qu'elle n'avait dit que la stricte vérité. Il avait déjà vu trop de choses incroyables pour ne pas croire au récit d'Audrey.

 

Inexorablement, ses pensées revenaient vers Elizabeth Swann et il cherchait un moyen de protéger la jeune femme du démon qui avait jeté son dévolu sur elle. Mais avait-elle seulement envie de l'être ? Dans quelle mesure la séduction exercée par Beckett avait-elle perverti son innocence ? James Norrington avait toujours cru en des valeurs claires, établies, accompagnées d'un sens de l'honneur et du bien et du mal purement manichéen. Il était du côté de l'ordre, du droit et de la loi et représentait tout ce qui était juste et bon, du moins le croyait il jusqu'à présent. Mais quels repères pouvait-il encore avoir dans un monde où les lords battaient leurs épouses, où des assassinats étaient froidement complotés, où des hommes étaient vendus comme du bétail, où des jeunes filles pures comme Elizabeth tombaient aussi facilement dans les pièges d'hommes à la séduction troublante et dans un monde où le seul homme semblant se comporter avec honneur était marqué du sceau infâme de la piraterie ?

 

Le monde de James s'effondrait un peu plus à mesure qu'il découvrait la noirceur de l'âme humaine et pénétrait les secrets les plus enfouis et les plus honteux. Bien évidement il n'était pas naïf mais le récit d'Audrey avait levé le voile d'un monde qu'il aurait trouvé plus confortable de continuer à ignorer. Le récit de la jeune femme le forçait à revoir ses jugements sur autrui, à mitiger ses impressions. Audrey sous apparences fragiles était autant une chasseresse qu'une victime, elle maîtrisait des pouvoirs dont il ne voulait même pas connaître l'origine, tout comme celle de sa résurrection qui pouvait être due à une intervention divine tant qu'à son pendant diabolique. En pensant à sa mort, le doute affreux étreignit à nouveau son cœur. Elizabeth avait-elle su ? Était-ce possible qu'elle fut si éprise de Beckett qu'elle aille jusqu'à fermer les yeux sur un meurtre ? En pensée il revit la blondeur innocente, la fraîcheur du visage, la douceur de ses yeux sombres. Non, elle était innocente et en danger.

 

Audrey le lui avait dit et même si la jeune femme lui avait déjà menti à plusieurs reprises il lui faisait irrésistiblement confiance. Il comprenait désormais son malaise lorsqu'ils avaient aperçu le Black Pearl au large de l'île de la Muerta même si de nombreuses zones d'ombres persistaient. Il était également perplexe et terrifié devant l'acte qu'elle avait pratiqué sur lui. Se substituant à une sorte de mère, Audrey lui avait indéniablement redonné la vie. Audrey, sa belle Audrey. Il crispa ses poings en songeant aux marques gravées dans sa chair et à l'ombre qui obscurcissait son regard lorsqu'elle se croyait seule.

 

Il en était à l'heure des choix. Le choix entre reprendre une existence qui lui avait accordé la reconnaissance de la société, l'estime de ses pairs dont le prix était une obéissance sans borne à des règles qui masquaient mal l'hypocrisie et le manque d'honneur de certains des plus titrés. Ou alors se dresser ouvertement contre un homme qui possédait la faveur du roi ce qui le conduirait inexorablement au gibet. Le cœur gonflé, James regarda une nouvelle fois Audrey, et vit sur son profil délicat les sillons que la souffrance avait laissés sur elle, ses yeux trop souvent éteints, vieillis avant l'âge Alors il prit sa décision. Il tuerait Becket, il l'empêcherait de faire du mal à Elizabeth, même si pour cela il devait la perdre à jamais, même si on devait le pendre comme un vulgaire hors la loi pour son geste. Au moins il conserverait son honneur et Elizabeth comme Audrey seraient à l'abri du démon. Posant sa main sur son cœur, le regard sur l'horizon, James se répéta sa promesse. Il trouverait le moyen de tuer Beckett même si Audrey lui avait affirmé que ça lui serait impossible. Le toucher des doigts de cette dernière sur son bras le ramena à la réalité.

« Nous allons devoir continuer en barque. » Annonça-t-elle simplement.

James porta son regard sur le fleuve et découvrit avec stupeur l'obscurité qui émanait du bayou où vivait la sorcière qui avait tout appris à Audrey.

 

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Bien loin de se douter que sa femme et le défunt Commodore Norrington œuvraient à sa perte, Cutler Beckett se hâtait dans les couloirs déserts du bâtiment de la Compagnie des Indes, ne souhaitant pas différer l'interrogatoire de celle qui avait éveillé son attention. Il pénétra dans son bureau dans lequel une unique bougie diffusait une douce lumière et fut satisfait de trouver la femme assise bien droite sur une chaise. Il l'observa un instant à la dérobée, la femme lui tournait le dos et n'avait pas encore conscience de sa présence. Elle trahissait son anxiété par de petits gestes nerveux qui le firent sourire. Il serait aisé de la faire parler. Il prit la parole d'une voix onctueuse propre à endormir la méfiance.

« Bonsoir Madame. J'espère que vous me pardonnerez de mon invitation pour le moins cavalière mais vous avez éveillé ma curiosité. »

 

La femme sursauta violement en l'entendant et bondit sur ses pieds. Elle se retourna vers lui, son visage restant presque invisible dans le contre-jour de la faible bougie.

«  Je, Lord Beckett… Je vous assure que... » Commença-t-elle, sa voix exprimant une terreur sourde.

Beckett sourit avec satisfaction devant la crainte qui transparaissait dans sa voix. Il s'approcha encore d'elle et adopta un ton rassurant.

« Ne vous inquiétez pas. Je veux juste vous poser quelques questions. J'avoue que votre présence chez mon futur beau-père, le Gouverneur, à une heure si tardive m'a intrigué. Voyez-vous je m'inquiète beaucoup pour lui depuis la disparition de notre tendre Elizabeth, je ne voudrais pas que sa détresse le pousse à faire des choses inconsidérées. » Termina Beckett d'un ton où la menace perçait sous l'apparente sollicitude.

 

Il continua à s'approcher tout en parlant et, faisant le tour de son bureau, il vit enfin le visage de celle qui rendait si discrètement visite au Gouverneur. Une fraction de seconde son regard se troubla en le découvrant. La jeune femme qui lui faisait face était âgée de vingt-cinq ans tout au plus, elle possédait des cheveux châtains presque blonds qui tombaient librement sur ses épaules, sa taille était fine et les yeux qui se baissèrent devant les siens étaient d'une jolie couleur de noisette.

« Le Gouverneur préfère que cela reste secret. » Murmura-t-elle l'arrachant un bref instant à sa contemplation.

 

Beckett sentit son cœur se mettre à battre plus fort à mesure que ses yeux descendaient le long des épaules et découvraient la gorge pleine de la jeune femme. Un sourire cynique vint éclairer son visage lorsqu'il lui posa la question dont il soupçonnait avec délices la réponse.

« Depuis quand êtes vous sa maîtresse ? » Demanda-t-il d'un ton froid.

La jeune femme rougit violement et comprit qu'il était inutile de mentir.

« Trois ans Lord Beckett mais il a toujours été si gentil avec moi. Je ne veux pas qu'il ait d'ennuis… »

Beckett continua un moment son examen en silence, son regard glissa sur le tissu et chercha à deviner les courbes avant de revenir se poser sur le visage.

«  Il n'aura pas d'ennuis et vous non plus si vous m'obéissez. A présent répondez. Je suppose que le gouverneur vous a choisie entre toutes. Savez-vous pourquoi ? »

La jeune femme eut un geste de dénégation qui amena un sourire cruel sur les lèvres de Beckett qui voyait s'ouvrir de nouveaux horizons pour Elizabeth… Et son père.

« Vous paye-t-il bien au moins ? » Demanda-t-il cyniquement.

La femme rougit violement et murmura d'une voix où perçait l'humiliation.

« Très bien.

- Et je suppose qu'en retour il exige d'être le seul à jouir de vos charmes, votre nom ?

- Alicia et oui il a cette exigence. » Rougit-elle.

Cela n'étonna pas Beckett dont le désir était excité par la présence de la jeune femme.

 

D'une main il lui fit signe d'approcher et défit la boucle de sa ceinture pour libérer son sexe gonflé par le désir que les idées qui naissaient en lui avaient provoqué.

« Caresse-moi. » Ordonna-t-il d'un ton sans appel.

Alicia s'agenouilla à ses côtés, sa main se referma sur la verge brûlante, et entama un va et vient expérimenté, exerçant des pressions plus en moins fortes sur la tige tendue au maximum. Beckett reprit d'une voix rauque, cherchant à décupler son excitation.

« Est-ce qu'il te prend ? Ou est-ce qu'il cherche juste tes caresses ?

- Les deux. Il aime explorer mon corps. » Répondit-elle en accélérant la caresse, pressée d'en finir.

Beckett sentit l'orgasme déferler en lui sans pouvoir faire quoi que ce soit pour l'arrêter. Il se lâcha rapidement dans un râle animal et repoussa violement la fille.

« Tu vas rester ici. Je n'en ai pas fini avec toi. Dit-il avant de sortir, laissant la garde s'occuper de sa captive.

Il reprit alors la route de sa somptueuse demeure et songea que cette Alicia et ce qu'elle représentait serait merveilleusement divertissante lorsqu'Elizabeth serait enfin retrouvée.

 

Chapitre 21                                                                                            Chapitre 23

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