Chapitre 18 Les morts ne boivent pas de rhum

Au large des côtes de Port Royal, le Green Bottle se balançait mollement sur l'eau calme des Caraïbes. A son bord, Audrey regardait avec une angoisse sourde la terre se dessiner de plus en plus nettement. Port Royal. Elle allait dans cette ville qu'elle devait surtout éviter, qui représentait un danger mortel pour elle parce qu'il y vivait. Parce si elle s'approchait trop près de lui ou si elle ôtait la chaîne de l'anneau il saurait qu'elle était toujours vivante. Et il la chercherait sans répit, sans pitié, jusqu'à ce qu'il la retrouve et là … Audrey étouffa un sanglot en songeant à ce qui arriverait. Elle avait beau maîtriser des pouvoirs ancestraux, oubliés de la plupart des hommes, tout comme elle se savait à présent plus puissante que lui, elle avait conscience que face à cet homme ça ne compterait pas. Il la ferait plier, elle ignorait comment mais du fond de sa terreur, elle savait qu'il y parviendrait parce que c'était gravé dans l'anneau. Elle lui appartenait. D'une main distraite, elle caressa l'intérieur de son alliance tandis que son regard se posait malgré elle sur l'homme pour lequel elle prenait un si grand risque.

 

James Norrington, à présent très à l'aise à bord du navire, donnait ses ordres sans complaisance à l'équipage et se sentait revivre à chaque vague qui le rapprochait de Port Royal. Peu à peu il retrouvait le panache du Commodore qu'il était, son autorité naturelle dissuadait les marins de protester, tandis que le capitaine du Green Bottle lui-même s'effaçait devant lui. James, les poings serrés, anticipait la réaction qui serait celle de ce Mercer en le voyant réapparaître en vie. Il savait très bien que ce dernier l'avait laissé pour mort dans la ruelle et même s'il ne s'expliquait toujours pas comment il avait pu se retrouver sur ce navire avec Audrey, il ne faisait aucun doute pour James que le véritable instigateur de son assassinat était Lord Beckett. Il lui restait juste à découvrir pourquoi. Il avait longuement interrogé Audrey sur les circonstances de son arrivée sur le Green Bottle mais celle-ci avait toujours trouvé une parade pour ne pas lui répondre et il n'avait pas insisté, un peu mal à l'aise depuis ce qui s'était passé entre eux au large de la Muerta. James se considérait comme un homme bien, un homme d'honneur, aussi lui était il difficile d'assumer le comportement bestial qu'il avait eu avec celle qui l'avait sans l'ombre d'un doute aidé. La fragilité évidente de la jeune femme, les marques atroces qui maculaient son dos ainsi que sa répugnance visible à parler de l'homme qui lui avait donné l'anneau qui ne la quittait jamais touchaient droit au cœur James qui se sentait d'autant plus misérable d'avoir profité d'un moment de faiblesse de son hôtesse. A cela venait s'ajouter sa culpabilité envers Elizabeth. Il était fiancé à la jeune fille la plus adorable, la plus innocente qu'il existe et au lieu de remplir ses devoirs envers elle il se comportait comme le dernier des hommes et des maris en se vautrant dans la luxure avec la femme d'un autre. James soupira et tira de son habit une miniature qu'il avait fait faire de sa fiancée il y avait quelques temps. Tendrement, son doigt caressa les contours du visage de celle qu'il espérait bientôt retrouver et épouser comme il se devait. Les yeux perdus dans ceux de sa tendre Elizabeth, il n'entendit pas le pas léger d'Audrey qui arrivait derrière lui.

 

Audrey n'avait pu résister au désir de se rapprocher du Commodore, il avait l'air si nostalgique, si perdu qu'elle avait eu envie de voir ce qui adoucissait ainsi son regard et faisait naître un sourire sur ses lèvres. Le cœur serré, elle examina un moment le portrait qu'il serrait entre ses mains et détailla à son tour chaque courbe du visage de la jeune femme qui y était représentée

« Elle est très belle. Murmura-t-elle faisant sursauter James qui ne l'avait pas entendue approcher.

- En effet. » Rétorqua-t-il sèchement en remettant la miniature dans son habit.

 

Audrey ne se laissa pas démonter elle percevait dans sa chair le malaise de James tout comme elle en connaissait la cause… Elle plongea son regard dans celui de son amant d'une nuit et reprit la parole.

« Parlez-moi d'elle… Comment est-elle ?

- Je n'y tiens pas pardonnez-moi. » Répondit James en évitant son regard.

 

Avant qu'Audrey ait le temps de trouver une réponse adéquate, le capitaine vint leur annoncer que le Green arrivait à destination. Chacun des deux replongea alors dans ses pensées respectives, pleines d'espoir et d'attente amoureuse pour James, terrifiées et déprimantes pour Audrey. Au bout d'un moment James se tourna vers la jeune femme.

« Qu'allez-vous faire à présent ? Resterez-vous quelques jours ici ?

- Le souhaitez-vous James ?

- Mais cela a peu d'importance il me semble.

- Ça en a pour moi. » Murmura Audrey

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James la fixa un instant. Il savait qu'il devait lui dire de s'éloigner mais cette femme recelait encore beaucoup de zones d'ombres. Il n'avait toujours pas découvert comment elle était parvenue jusqu'à la passe de la Muerta ni quel lien elle avait avec les événements étranges qui s'étaient produits depuis la disparition de Sparrow mais il était certain qu'elle en savait plus qu'elle ne voulait bien le dire.

«  Je dois m'assurer d'Elizabeth. Si vous pouviez attendre pour quitter cette ville, je vous en serais reconnaissant

- Je ne peux pas rester trop longtemps. Répondit Audrey que la terreur rendait chevrotante

- Accordez moi une journée dans ce cas, je vous en prie. »

 

Audrey plongea les yeux dans ceux de James et sut qu'elle ne pourrait pas lui refuser ce qu'il lui demandait. Lentement elle hocha la tête pour signifier son accord. Il lui fit un pale sourire avant de porter sur lui-même un regard dénué de complaisance.

«  Je ressemble à un rufian. Mes vêtements sont déchirés, mes cheveux sont emmêlés et je ne parle même pas de ma barbe. Grimaça-t-il, inquiet de se présenter dans cet état devant Elizabeth

- Vous passerez plus facilement inaperçu aux yeux de vos ennemis ainsi … Remarqua nonchalamment Audrey.

- Exact. » Sourit James avant de sauter sur le quai et de s'éloigner d'une démarche confiante.

 

Dès qu'il fut parti, Audrey retourna se claquemurer dans sa cabine. Elle se sentait physiquement malade de le savoir si proche d'elle. Elle savait que chaque seconde passée à Port Royal augmentait les risques pour elle, mais elle ne pouvait se résoudre à laisser James seul dans cette ville. Elle aurait pourtant du le faire, attendu qu'il était désormais certain qu'il avait rempli la mission pour laquelle elle l'avait ramené à la vie : lui en apprendre plus sur ce qui se tramait à Port Royal. Elle savait aussi que le Commodore était malin et représentait un risque considérable pour elle mais elle sentait confusément qu'il aurait bientôt besoin d'aide et de soutien. L'aura qu'elle avait perçue autour du portrait de la jeune femme avec laquelle il était fiancé était peu commune, éclatante au premier abord mais cernée par les ténèbres ce qui l'inquiétait au plus haut point.

 

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Tandis qu'Audrey s'interrogeait sur Elizabeth, celui qu'elle fuyait depuis bientôt dix ans releva la tête. Un instant décontenancé, il observa stupidement l'anneau qu'il portait toujours à son doigt et qui s'était mis à le brûler.

« Elle serait donc en vie … » Murmura-t-il.

 

Les yeux mi clos il se demanda un instant à quoi pouvait bien ressembler cette garce à présent. Avec un sourire il se rappela de leur dernière relation amoureuse, à l'occasion de laquelle il l'avait presque tuée, il revit la chair tendre marbrée de rouge la souffrance qui inondait ses yeux mauves. Il réentendit ses supplications alors qu'elle se traînait à ses pieds pour qu'il arrête. Elle n'avait aucune fierté, aucune volonté, elle était si jeune alors, si tendre. Mais pourtant cette maudite garce avait trouvé la force de lui échapper et d’emporter avec elle un de ses plus anciens grimoires. Longtemps il avait cherché à la localiser, mais elle restait invisible au point qu'il croit à sa mort. Mais voilà que contre attente Audrey réapparaissait dans sa vie et il comptait bien la faire payer pour ce qu'elle lui avait fait. Une moue sadique aux lèvres, l'homme se leva, il avait des dispositions à prendre pour retrouver sa femme.

 

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James, quand à lui, progressait dans les rues et passait totalement inaperçu. Il hésita longtemps sur la conduite à adopter avant d'opter pour la prudence. Ça faisait des mois qu'il avait disparu et avant de faire sa réapparition, le Commodore préférait savoir où il allait mettre les pieds. Ainsi, comme William l'avait fait quelques semaines auparavant, James entra dans une des sources d'informations les plus fiables de Port Royal: La taverne de l'oncle Jo. Il commanda une bouteille et attira ainsi à ses côtés tous les ivrognes bavards que comptait l'établissement. James, les laissa un instant parler sans se mêler à la conversation puis résolut de se faire passer pour un étranger.

«  Alors les amis dites-moi fait il bon vivre à Port Royal ? On m'a dit que le gouverneur était un homme bon. Commença-t-il ne voulant pas demander trop vite des nouvelles de celle qui occupait entièrement son esprit.

- Oh pour sûr que l' gouverneur Swann c'est pas un mauvais bougre mais y' a qu'il a bien du soucis avec sa fille l' pauvre. »

 

James s'efforça de maîtriser le tremblement qui l'avait saisi à la mention d'Elizabeth.

Rassemblant tout son flegme il répondit :

«  Ah sûrement une de ses petites capricieuses …

- Non t'y es pas ! V'la que la fille elle a été enlevée le jour de ses noces ! »

James cracha le contenu de son verre à cette mention.

 

Ses noces ! C'était impossible ! Elle était fiancée avec lui !

 

« Ah par un amoureux éconduit sans doute. Se força-t-il à dire.

- Oh non parait que des monstres immortels l'ont enlevée ! Pauvre petite si c'est pas une pitié. À croire qu' le destin veut pas qu'elle se marie.

- Des monstres immortels. Répéta, incrédule, James.

- Ouais. Même que son fiancé d'avant le commodore Norrington a été assassiné en pleine rue. Sortait de chez elle il parait. Alors nous après l'enterrement on a tous pensé que la pauvre petite se relèverait pas. »

James, médusé regardait l'homme sans comprendre.

Enterrement ? Il avait dit enterrement ! Mais comment diable pouvait-il avoir été enterré…

« Mais faut croire qu'elle y tenait pas tant que ça au Commodore pasque quelques semaines plus tard elle se fiançait à nouveau. » Continua l'homme mis en joie par l'alcool et ne remarquant pas l'absence de réaction de son nouvel ami.

 

James, lui, réfléchissait tout le monde le croyait mort.

Il avait même été enterré nom de dieu !

Elizabeth avait disparue, enlevée par des monstres le jour de son mariage avec… Avec qui au juste ? Turner, oui sûrement Turner ça ne pouvait pas en être un autre.. Non ! Tout mais pas…

« … Lord Cutler Beckett ! Directeur de la Compagnie des Indes. Ah on peut dire qu'elle aura pas perdu de temps la petite ! Et très amoureuse. Parait qu'elle partait en douce de chez son père pour le rejoindre. Et cela même pas deux semaines après qu' le précédent ait été enterré! J'le tiens de ma belle-sœur, elle est domestique chez le Gouverneur et elle m'a dit qu'elle voyait souvent la jeune Elizabeth, déguisée en homme, se faufiler hors de la maison et courir le rejoindre ! »

 

James n'écoutait plus. Il avait l'impression de devenir fou. Tout ce temps il n'avait cessé de penser à elle. Et elle, elle en aimait un autre. Et pas n'importe quel autre ! Son pire ennemi, l'homme qui, il en était persuadé, avait commandité son assassinat. Pour elle, pour l'avoir bien sûr. Il porta d'un geste désabusé la bouteille à ses lèvres, toutes ses croyances, toutes ses illusions venaient de s'envoler en quelques instants. Elizabeth, la douce, la pure, l'innocente Elizabeth, celle qu'il avait respectée durant de longs mois, osant à peine l'embrasser, courait la campagne habillée en homme pour rejoindre Beckett. Ce dernier faisait montre en la recevant d'un manque d’honneur et de respect des convenances outrageant pour un homme dans sa position ce qui en soit était déjà grave mais qui plus est-il était à n'en pas douter un assassin. Et c'était cet homme qu'Elizabeth aurait épousé si elle n'avait pas été enlevée par des prétendus monstres invincibles.

« Ça va pas l'ami ? T'es tout pale ! S'inquiéta son compagnon.

- Non tout va bien. » Répondit James qui porta à nouveau la bouteille à ses lèvres.

 

Il resta des heures ainsi à se saouler, il commanda bouteilles sur bouteilles, se torturant l’esprit à l'idée que celle qu'il aimait tellement, celle qu'il avait tant voulu protéger, ne l'aimait finalement pas. Plus il y pensait, plus il réalisait qu'elle n'avait jamais du ressentir la moindre parcelle d'amour pour lui. Sinon comment aurait-elle pu se consoler aussi rapidement et accorder sa main à un autre ? Les larmes lui vinrent en repensant au visage chéri, à la douceur de ses lèvres sous les siennes. Il ne les goûterait plus jamais. Et de toute manière il était mort. Tous lui avaient menti. Elizabeth, Beckett et Audrey … Audrey lui avait fait croire qu'elle l'avait trouvé et soigné mais il savait bien qu'on ne guérissait pas les cadavres. Il se leva avec peine, une bouteille à la main et se dirigea sans s'en rendre compte vers le Green Bottle.

 

()()

 

Arrivé à bord du navire, il manqua de s'écrouler sur le pont sans toutefois lâcher la bouteille qu'il en était venu à considérer comme son alliée la plus fidèle au cours des heures qui venaient de s'écouler. Le capitaine, l'observa, l'étonnement le plus sincère se peignit sur ses traits en réalisant que l'homme était saoul. James le fixa, l'air mauvais.

« On lève l'ancre. » Ordonna-t-il.

Il s'éloigna, sûr d'être obéi, ce qui fut effectivement le cas. Il arrivait devant la cabine occupée par Audrey, lorsque la jeune femme, alertée par le bruit et le mouvement amorcé par le navire, en sortait en tremblant.

 

James lui lança un grand sourire.

« Tiens donc voici la mystérieuse Audrey. Grinça-t-il. La menteuse aussi devrais-je dire.

- James vous êtes saoul. » Dit-elle en reculant imperceptiblement, cherchant refermer la porte sur elle.

Il la repoussa d'un geste et entra dans la pièce avec elle.

«  Saoul ? Naaaaaaaaaan voyons les morts ne boivent pas de rhum. Lança-t-il en reprenant une pleine gorgée. Les morts sont mis en terre, vous le savez n'est-ce pas Audrey ?

- James j'ai voulu vous protéger c'est tout. Je vous expliquerais tout demain je vous le jure. Déclara-t-elle d'une petite voix, consciente qu'il était inutile de nier.

- Des promesses. Lança-t-il avec amertume. Vous les femmes, vous n'êtes bonnes qu'à cela. Faire des serments sans sens ! Abuser de pauvres bougres qui ont la faiblesse de croire en votre amour et qui vont attendre stupidement d'être votre mari pour poser la main sur vous. Mais j'en ai assez de me comporter avec honneur. » Dit-il en la saisissant par la taille.

 

Audrey, le cœur battant, sentit les mains pressées de James arracher les liens qui retenaient son corset. Il lui aurait suffi d'une incantation pour l'arrêter, mais derrière la violence apparente de l'homme, elle sentait une profonde détresse. Elle vit dans ses yeux verts les larmes qu'il repoussait depuis des heures. Il était seul et désespéré et malgré ses reproches et sa violence, il s'était tourné vers elle et elle, elle le voulait désespérément, même si elle savait au fond d'elle-même que c'était une autre qui dominait encore ses pensées. Elle plongea ses mains dans les cheveux hirsutes de l'ex commodore et attira son visage vers le sien.

« James. Murmura-t-elle simplement.

- Vous m'excuserez ma chère mais je n'ai pas envie de parler. » Répondit-il avec ironie.

 

Sans attendre de réponse de sa part, il finit de la déshabiller et envoya aux quatre coins de la pièce les documents qui se trouvaient sur la table de travail, sur laquelle il l'allongea sans attendre. James lui fit un léger sourire sardonique alors qu'il défaisait la boucle de son ceinturon.

« Je vais faire ce que j'aurais du faire il y a longtemps. » Annonça-t-il en lui écartant les jambes avant de s'introduire en elle d'une violente poussée.

Audrey ferma les yeux tandis qu'il la prenait sans ménagements, les mains sur ses hanches afin de l'attirer vers lui. James, les yeux fermés lui aussi, savourait la puissance de leur étreinte et s'enfonçait plus profondément en elle à chaque coup de rein. Il sentait palpiter sous lui ce corps souple qui épousait si bien le sien et qu'il avait tour à tour envie de caresser et de molester. Il finit par se lâcher en elle avec un râle rauque de plaisir, la semence s'écoulant à grands jets.

 

Audrey, à bout de souffle, se releva péniblement, honteuse de s'avouer qu'elle avait pris plus de plaisir encore cette fois que la précédente. James, croisa enfin son regard qui le dégrisa partiellement.

«  Je, je suis désolé. Bredouilla-t-il. Je ne sais pas ce qui m'a pris. Je, Elizabeth, elle ne m'a jamais aimé, elle. Fiancée à un autre, elle allait se marier mais elle a été enlevée. Par des monstres, le jour de la cérémonie. »

Audrey le prit doucement dans ses bras pour le consoler.

« Chut James, ne vous en faites pas pour moi. C'est vrai vos reproches étaient justifiés. Je vous ai menti mais je vous jure de tout vous expliquer demain. Et je suis désolée pour votre fiancée, vraiment. »

 

James la serra contre lui, se raccrochant désespérément à la seule personne qui paraissait en mesure de lui offrir un peu de chaleur humaine et de réconfort. Le nez dans son cou, ne cherchant plus à retenir ses larmes, il murmura.

«  Il me l'a prise. Cet homme a voulu ma vie pour me la prendre. Et il a réussi. Ce maudit Beckett a réussi. »

Audrey se mordit la lèvre jusqu'au sang pour ne pas hurler. Elle venait de comprendre que la situation était beaucoup plus complexe qu'elle ne l'avait cru de prime abord.

Chapitre 17                                                                                            Chapitre 19

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