Chapitre 20 Jack se fait des ennemis

Mercer arpentait d'un pas nerveux le pont du Majestic. Après la fuite du commodore Norrington, les ennuis s'étaient succédés. Alors qu’il tenait l'Interceptor au bout de ses canons et était persuadé d’en finir avec ce dernier et ses passagers, Mercer avait eu la désagréable surprise de constater que L'Interceptor était toujours le navire le plus rapide la flotte royale. Il avait donc dû se résigner à voir celui-ci s'éloigner inexorablement. De plus, force lui était de constater que Norrington avait vraisemblablement rejoint les rangs de Will Turner et de ses amis. Depuis ces événements, il écumait les mers à la recherche de la seule chose qui lui permettrait de mener à bien la mission que Lord Beckett lui avait confiée. En effet, à l'opposé de tous les marins du monde, Mercer cherchait ardemment le Hollandais Volant.

 

L'officier de quart dans la vigie cria alors la nouvelle que Mercer appelait de ses vœux depuis des jours. Un navire, était en vue et son pavillon était inconnu. Mercer se rua sur sa longue vue en espérant réussir à identifier le bateau qui s'apprêtait à les aborder. Il retint un cri de joie, l'équipage était monstrueux et difforme, c'était le signe qu'il avait enfin trouvé ceux qu'il cherchait. Tandis que les soldats qui l'accompagnaient reculaient sous l'effet de la terreur que la vision de l'équipage cauchemardesque de Jones provoquait toujours, Mercer avança bravement d'un pas.

«  JONES ! cria-t-il.

- De quel droit t'autorises tu à me siffler de la sorte, ne sais tu pas qui je suis ? » Gronda Davy Jones.

En l'entendant les lèvres de Mercer s'étirèrent en un mince sourire cruel.

«  Oh si je sais qui vous êtes, Davy Jones, j'ai en ma possession quelque chose qui vous tient à cœur, je crois… »

 

Davy Jones, qui s'apprêtait à donner l'ordre à ses hommes de tuer cet impertinent, suspendit son geste. Alors il y était, le moment était venu, il se retrouvait pieds et poings liés face à cet homme, obligé de lui obéir comme le plus simple de ses membres d'équipage. Il tenta l'esquive.

« Que voulez-vous dire, je ne vous suis pas ?

- Je suis persuadé du contraire, nous savons tous les deux de quoi il est question ici.

- Et qu'est ce qui m'empêche de vous tuer tous et de récupérer ce qui m'appartient une fois que vos cadavres flotteront à la surface de l'eau ?

- Oh vous ne ferez pas cela parce que si vous le faites, mon commanditaire qui se trouve à Port Royal aura tôt fait de se débarrasser de vous. Vous voyez, ajouta t'il d'un ton doucereux, vous avez tout intérêt à ce que notre voyage se passe sans encombres.

- Très bien, soit, et que voulez-vous d'autre ? Se décida à demander Jones.

- Oh pas grand-chose en vérité, nous voulons juste que vous couliez un navire et que vous vous assuriez de la mort de ses occupants.

- Ah et quel est donc le nom de ce navire ?

- Voyons, vous le connaissez peut être il s'agit de l'Interceptor. »

 

En entendant ce nom Jones cacha sa surprise du mieux qu'il put, ce n'était absolument pas celui auquel il s’attendait. Il réfléchit. Se pouvait-il que l'homme qui lui faisait face ignore le retour du Black Pearl et de son capitaine sur l'océan ? Dans ce cas il ne l'apprendrait pas par lui, ce n'était pas dans son intérêt. Jones soupira et songea que sa seule chance de retrouver sa liberté était entre les mains de Jack Sparrow, ce qui était plus qu’inconfortable.

«  J'attends… s'impatientait Mercer.

- L'Interceptor oui bien sûr, accordé, autre chose ? Grimaça Jones.

- Non, ce sera tout… pour l'instant. Tenez-vous donc prêt à recevoir vos ordres et à répondre à notre appel, ajouta Mercer en souriant désagréablement.

- Dans ce cas, je ne vois pas l'utilité de prolonger cette conversation. Déclara Jones qui s'empressa de tourner les talons. Vous avez entendu vous autres ? Aboya-t-il en direction de l’équipage, nous avons un bateau à trouver et à couler alors en route ! »

 

Une fois que le Hollandais Volant se fut suffisamment éloigné, Mercer se tourna vers ses hommes qui, livides, n'en revenaient pas d'avoir croisé la route du redoutable Hollandais Volant et d'être encore de ce monde, sentant leur terreur, il ne put s'empêcher de sourire avec satisfaction.

« Et bien reprenez-vous et vite ! Notre mission est accomplie, nous rentrons à Port Royal. » Ordonna t'il

Alors que les hommes de Mercer s'empressaient de lui obéir, Jones et son équipage cherchaient le navire que commandait à présent Barbossa.

 

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Celui-ci avait fait escale à Tortuga afin de recruter de pauvres bougres dans son équipage. Il se trouvait donc à l'auberge de la Fiancée Fidèle en train de fêter son retour à la vie de pirate en descendant des pichets de son meilleur rhum lorsqu'un grand craquement se fit entendre. Ce bruit monstrueux était si inhabituel au large de la petite ile de Tortuga que l'établissement se vida de ses occupants en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, tous se précipitèrent à l'extérieur dans l'espoir d'assister à une bonne bagarre. Hector Barbossa ne fit pas exception à la règle. Le spectacle qu'il découvrit alors lui fit lâcher la pomme qu'il s'apprêtait à porter à sa bouche d'un air narquois.

 

Son bateau, c'était son bateau qui était en train d'être coulé. Coulé ? Non c'était pire que cela, il était englouti par les flots, comme si une force l'aspirait inexorablement vers les abysses. A cet instant chacun put apercevoir un tentacule émerger et s'abattre sèchement sur l'Interceptor, finissant ainsi de briser le navire. Un silence de mort, au combien inhabituel, s'installa alors sur l'assistance. Tous se tournèrent vers Barbossa et se demandèrent ce que celui avait bien pu faire pour que Jones lâche son redoutable Kraken sur son bateau et ce aussi près d'une terre. Hector, ne savait plus quoi dire, totalement abasourdi par ce qui venait de se passer, lui-même dans l'incompréhension la plus totale. A sa connaissance, Jones n'avait aucune raison de lui en vouloir au point de couler expressément son navire. Mis à part, oui bien sûr ce devait être à cause de cet homme…

« Sparrow ! hurla-t-il, brisant ainsi le silence qui régnait. Tu paieras pour cela ! Je vous tuerais toi et tes amis de mes mains! Je coulerais moi même ton bateau même si je dois y laisser ma vie je te le jure ! »

 

Après quoi Barbossa s'éloigna du lieu de sa débâcle à grands pas sous le regard médusé des autres. Une fois qu'il fut parti, ils s'entre regardèrent et se demandèrent si Barbossa n'était pas devenu fou car, enfin bon, chacun savait que le capitaine Sparrow et son Black Pearl avaient eux aussi été victimes du Kraken et ne faisaient donc plus partie de ce monde.

 

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Jones se tourna d'un air satisfait vers Maccus son second.

« Je vous félicite, Mr Maccus voici un travail proprement exécuté, rappelez le Kraken et repartons loin de cette ile. »

Après quoi Jones se rendit dans sa cabine et se mit à jouer sur son orgue. Il espérait du plus profond de son âme maudite que Sparrow tiendrait sa promesse, sans quoi il ne ferait aucun doute qu'ordres ou pas, lui tiendrait la sienne.

 

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De retour, Mercer jeta l'ancre à Port Royal et son premier soin fut de se rendre auprès de Lord Beckett pour lui faire son rapport. Il trouva celui-ci installé à sa table de travail. Il observait la carte du monde qui s'étendait devant lui ainsi qu'il en avait l'habitude. Il frappa puis entra dans la pièce sans attendre d'y être invité. Il sourit à Cutler Beckett alors que celui-ci l'invitait d'un geste à prendre un siège.

« Vous voilà enfin de retour Mercer, désirez-vous un cognac pour accompagner votre récit ? lui demanda-t-il avec un sourire.

- Merci Lord Beckett, soupira d'aise Mercer. Je dois vous dire qu'à l'heure qu'il est la mission dont vous m'aviez investi à probablement été remplie.

- Probablement ? souligna Beckett qui haussa le sourcil d'un air interrogateur. Vous n'en êtes pas sûr Mercer ? Et le Commodore tout c'est bien passé avec lui ?

- Le fait est que nous avons dans un premier temps rencontré l'Interceptor qui, je suis au regret de le dire, nous a échappé ainsi que Norrington d'ailleurs.

- Quoi ! S’étrangla presque Beckett. Mais où est-il à présent ?

- Il a rejoint Turner et les autres à bord de leur navire, mais ce n'est plus un problème.

- Et pourquoi cela ?

- J'ai rencontré Jones et je lui ai ordonné de lâcher son terrible Kraken sur l'Interceptor sourit Mercer. A l'heure qu'il est ils doivent être tous morts.

- Ils doivent ? Comment cela vous ne l'avez pas vu vous-même ?

- Non en effet mais je suis certain que Jones a obéit à mes ordres. Répondit Mercer, un bref instant désarçonné.

- Soit, Mercer, mais pour plus de précautions je vais maintenir la garde autour de la demeure du gouverneur Swann encore quelques jours. » Décida Beckett.

 

Les deux hommes échangèrent un sourire complice et leurs pensées se rejoignirent parfaitement. Si d'extraordinaire Turner et sa jeune amie parvenaient à échapper à Jones ce serait pour venir se jeter tête baissée dans le piège qu'ils leur avaient tendu.

Tandis qu'ils savouraient leur victoire future, un bateau approchait inexorablement de Port Royal avec à son bord un homme qu'ils ne s'attendaient plus à rencontrer sur leur route.

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