Chapitre 12 Norrington tente de retrouver son honneur

Tandis que Jack Sparrow se demandait avec amertume comment il avait pu être aussi stupide et cherchait un moyen de retourner la situation en sa faveur. Norrington s'apprêtait à prendre la mer accompagné de Mercer.

 

James fut surpris de découvrir que de nombreux hommes d'arme étaient venus l'escorter jusqu'à l'embarcadère. Il s'adressa à Mercer.

« Cette escorte est-elle bien nécessaire ?

- Voyons Commodore, Lord Beckett souhaite que vous entamiez votre voyage en toute sécurité voilà tout.

- Ou cherche-t-il à me faire surveiller ? Ironisa Norrington.

- Qu'allez-vous chercher, vous ne représentez aucune menace pour Lord Beckett. » Affirma Mercer en souriant.

Norrington ne répondit pas et suivit la tête haute son "escorte" tout en se promettant de faire ravaler ses paroles à cet insupportable Mercer.

 

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Une fois sur du départ de Norrington pour le port, celui-ci se rendit directement au bureau de Beckett dans lequel il se glissa. Le voyant entrer, Lord Beckett lui servit d'autorité un cognac.

« Alors Mr Mercer, tout s'est passé comme prévu ? Lui demanda-t-il en lui tendant le verre.

- Comme toujours Lord Beckett, répondit Mercer qui sirotait son cognac.

- Vous êtes sûr qu'il n'a aucun soupçon ?

- Oh il a eu quelques doutes en voyant le détachement d'hommes l'escorter mais il ne soupçonne pas la vérité.

- Très bien, assurez-vous qu'il continue à en être ainsi. Le Commodore doit absolument ignorer le décès du gouverneur pour le moment.

- D'ailleurs de quoi est-il mort ?

- A votre avis Mercer ? »

 

Mercer éclata de rire et finit son verre d'un trait.

«  Je suppose que vous lui avez d'ores et déjà trouvé un remplaçant.

- Oh pour l’instant, comme tout le monde ignore le décès de Swann j'assure ses fonctions. Cette disposition deviendra probablement définitive.

- Voulez-vous que je me charge des domestiques avant de partir ?

- Non merci Mercer, je préfère vous savoir avec ce Commodore. Malheureusement nous n'avons pas encore réussi à le briser totalement.

- Ne vous inquiétez pas Lord Beckett j'en fais une affaire personnelle. »

 

Sur ces quelques mots, les deux hommes se séparèrent et Mercer partit rejoindre Norrington à bord de l'Impérial tandis que Beckett contemplait la carte du monde qui s'étalait devant lui, un sourire bancal aux lèvres.

 

Quelques jours plus tard, à bord du Majestic…

 

Le commodore Norrington était dans sa cabine en train d'examiner son itinéraire lorsqu'il fut interrompu par l'entrée de Mercer. Norrington grimaça à sa vue, l’homme lui faisait froid dans le dos.

« Qu'il y a-t-il Mr Mercer ?

- Je crois que vous devriez venir voir ceci, Commodore.

- Vous avez trouvé le Hollandais Volant ?

- Mieux que ça … L'Interceptor. »

A ces mots Norrington bondit sur ses pieds. C'était tout bonnement impossible ! Il avait vu lui-même ce bateau couler. Il se rua sur le pont et du bien se rendre à l'évidence, c'était bien lui.

 

Il se demandait comment une telle chose était possible lorsque Mercer intervint.

« Alors Commodore qu'attendez-vous pour envoyer ce navire par le fond ?

- Une minute Mr Mercer, j'aimerais comprendre comment cela est possible.

- Peu importe. Dois-je vous rappeler quels sont vos ordres ?

- Non Mr Mercer, je les connais. Je veux juste évaluer la situation avant de me lancer tête baissée dans ce qui est peut être un piège.

- Ne vous inquiétez pas je suis sûr qu'ils ne vous opposeront aucune résistance. »

 

A ce moment, voyant le regard que lui lançait le Commodore, Mercer sut qu'il avait fait une erreur stratégique. Norrington le dévisageait ouvertement. Pris d'une impulsion il saisit la longue vue et la dirigea vers l'Interceptor pour la lâcher aussitôt.

« William Turner ! Il est en vie ! Dit-il en se tournant vers Mercer.

- On dirait bien, répondit prudemment ce dernier. Bien, maintenant que votre curiosité est satisfaite, si vous exécutiez vos ordres ?

- Une minute ! Pourquoi voulez-vous que je coule ce bateau ? »

 

Tandis que Mercer cherchait une parade, Norrington, reprit la longue vue et aperçut Elizabeth. Il se tourna vers Mercer.

«  La fille du gouverneur Swann est à bord, nous ne pouvons pas couler ce bateau.

- Et alors où est le problème ?

-Vous le saviez n'est-ce pas ! s'écria Norrington qui venait de tout comprendre, du moins le croyait-il.

-Ne soyez pas ridicule ! Comment aurais-je pu le savoir ? De toute manière ça ne change rien ! Armez les canons ! ordonna Mercer.

- Non !

- Non ? Vous êtes en train de faire une grossière erreur Commodore.

-Vous croyez vraiment que je vais vous laissez les tuer sans rien faire ?

- Bien sûr… Si vous tenez à votre rang et à votre honneur.

- Mon honneur ! s'écria Norrington. Comment osez-vous parler d'honneur ? Vous n'en avez aucun Mercer.

- Je vais mettre vos propos sur le compte d'un égarement passager. Allez-vous autres, tuez-les tous ! C'est un ordre ! »

 

A cet instant James Norrington sut ce qu'il devait faire s'il voulait un jour être en mesure de se regarder dans un miroir. Il jeta un coup d'œil en direction de l'Interceptor pour évaluer la distance qui les séparait puis se jeta sur Mercer. Celui-ci ne s'attendait pas à subir une telle attaque et retomba lourdement sur le pont, assommé. Voyant cela Norrington saisit sa chance. Il donna l'ordre aux soldats de cesser le feu, puis plongea sans hésiter dans l'océan. Il commença alors à nager en direction de l'Interceptor en priant pour que ses passagers le voient et le repêchent.

Chapitre 11                                                                                            Chapitre 13

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