Chapitre 3 L'anniversaire d'Alix

Weatherby Swann avait tenu sa promesse à sa fille au grand déplaisir de Mrs Brode qui n’en conçut qu’une antipathie plus vive encore envers la petite Elizabeth. La boite à musique trônait donc à présent sur la table de chevet de l’enfant qui pouvait l’ouvrir à loisir alors qu’elle rêvait des Indes où son oncle était parti s’installer.

 

Cela faisait maintenant un peu plus d’un mois que Michael était parti et que Miss Asst, la nouvelle nurse, avait en charge le bien être de la petite Elizabeth. Sa nouvelle Nanny était aussi douce qu’avait pu l’être Amy mais Elizabeth ne parvenait pas à l’aimer comme elle avait aimé la femme qui s’était occupée d’elle dès son plus jeune âge. Mais au moins Miss Asst avait le mérite de maintenir Mrs Brode à l’écart de la vie quotidienne d’Elizabeth ce dont cette dernière se félicitait. Leur première rencontre avait été teintée de méfiance et Elizabeth respectait la promesse qu’elle s’était faite: elle n’avait pas d’autre Nanny.

 

Ce matin-là, Miss Asst décida d’emmener la petite fille faire une promenade, dans l’idée que ce serait peut-être là l’occasion de se rapprocher un peu de sa nouvelle protégée. Pleine de bonnes intentions, elle pénétra donc dans la chambre d’Elizabeth et son sourire mourut sur ses lèvres en découvrant la petite fille penchée à la fenêtre dans un équilibre instable.

« Miss Elizabeth ! S’écria-t-elle avec un cri d’horreur. Mais … mais descendez immédiatement ! »

La petite fille, inconsciente du danger, lui lança un regard surpris tout en se penchant un peu plus.

« Miss Asst vous pensez que les Indes sont par où ? Demanda-t-elle.

- Encore ce pays ! Décidemment Miss Elizabeth vous êtes obsédée par cela. Déclara Miss Asst qui s’approcha doucement de la petite fille pour l’écarter de la fenêtre.

- Oncle Michael dit que là-bas on a pas besoin d’obéir. » Expliqua Elizabeth qui se laissa toutefois attraper.

 

Avec un soupir de soulagement, la nurse reposa Elizabeth au sol et la regarda d’un air impuissant.

«  Je ne sais pas Miss Elizabeth, je ne connais pas ce pays.

- Nanny saurait. Répondit Elizabeth d’un ton boudeur. Elle me raconterait des histoires si les anges ne l’avaient pas volée. »

Miss Asst soupira et se demanda combien de temps il faudrait à la petite pour l’accepter.

«  Pourquoi ne demandez-vous pas à votre préceptrice, elle doit savoir tout ceci.

- Mais Mlle Woods est trop ennuyeuse. Se plaignit Elizabeth. Tout ce qu’elle veut c’est que j’apprenne à lire, écrire et broder …

- Des choses importantes qu’une petite fille comme vous doit savoir. » Répondit Miss Asst.

Un soupir agacé lui répondit et Miss Asst regarda autour d’elles, cherchant de quoi occuper la petite fille.

« Aimeriez-vous faire une promenade dans le parc Miss Elizabeth ? »

 

Cette dernière se retourna vers elle, les yeux brillants.

« A cheval ?

- Non … Vous êtes trop petite pour monter et j’ignore tout de l’équitation.

- Nanny elle, elle, savait et on prenait des chevals pour se promener.

- Des chevaux. Corrigea Miss Asst en la prenant par la main.

- Vous me racontez une histoire ? » Plaida Elizabeth en levant ses grands yeux sombres sur elle.

Miss Asst ne put réprimer un sourire, Elizabeth avait d’ores et déjà compris qu’elle ne pouvait rien refuser à ces yeux-là. En vérité, Miss Asst souhaitait plus que tout que la petite Elizabeth lui accorde sa confiance. L’enfant était vive, intelligente et agréable si l’on oubliait sa fâcheuse tendance à l’indiscipline. Aussi, la nurse replia-t-elle son bras autour des épaules d’Elizabeth et commença à lui raconter une histoire de princesse tout en l’entraînant dehors.

 

Elizabeth était suspendue à ses lèvres à son grand plaisir et Miss Asst finit théâtralement son histoire

« Et ainsi, ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants…

- Vous racontez bien. Concéda Elizabeth avec un petit air ravi. Seulement … Pourquoi la princesse est-elle obligée d’épouser le prince ? »

Décontenancée par sa question, Miss Asst la regarda un instant sans comprendre.

«  Mais Miss Elizabeth c’est ainsi que doivent se finir les histoires … »

La petite fille la regarda avec déception.

« Pourquoi ?

- Et bien. Parce que le rêve de toutes les jeunes filles est de trouver leur prince charmant. Répondit Miss Asst en songeant que ce rêve avait été le sien.

- Oh … Commenta Elizabeth en plissant le front alors qu’elle réfléchissait.

- Un problème Miss Elizabeth ?

- La princesse pourquoi elle veut obéir ?

- Obéir ? Mais je ne comprends pas, elle épouse le prince c’est tout.

- Oui mais après elle obéit. Marmonna Elizabeth d’un ton maussade.

- Oh … Et vous que feriez-vous si vous étiez la princesse ? Demanda Miss Asst, curieuse de connaître la réponse de la petite.

- J’embrasserais le prince mais je me marirerais pas avec. »

Choquée, Miss Asst regarda un instant la petite et oublia par la même occasion de corriger son erreur langagière.

« Mais … mais ce n’est pas comme ça que font les ladies, ça c’est que font les filles de joie ! »

 

Elizabeth la regarda avec surprise devant ce nouveau terme qu’elle ne connaissait pas. La petite fille retourna un instant les mots dans sa tête. Filles de joie. Ça devait être bien. Après tout la joie c’était bien non ? En tout cas ça paraissait mieux que d’être une lady.

« Dans ce cas je veux être une fille de joie plutôt que une lady ! » S’exclama-t-elle avec fougue.

Miss Asst, catastrophée, regarda sa jeune pupille.

« Non, non Miss Elizabeth, les filles de joie c’est…Enfin. Rougit-elle.

- Quoi ? Demanda Elizabeth avec curiosité.

- Des femmes que les hommes n’épousent jamais, elles ne sont pas respectables. S’enfonça Miss Asst

- Pas de mari ! Jamais ! S’exclama avec plaisir Elizabeth. Alors je veux être ça ! Comment on fait pour être une fille de la joie ? »

Miss Asst rougit de nouveau.

« Oh Miss Elizabeth je vous en prie. Ne répétez ça à personne sinon j’aurais des ennuis …

- Pourquoi ? C’est une secret ? Demanda naïvement Elizabeth.

- Oui. Cria presque Miss Asst trop heureuse de saisir cette échappatoire. Un secret, entre vous et moi. Personne ne doit savoir ni votre papa, ni Mrs Brode. Sinon je serais renvoyée. »

 

Elizabeth la considéra un instant et réfléchit à ses paroles.

« Comme Gracie ? Demanda-t-elle.

- Oui comme Gracie. Répondit Miss Asst qui n’avait aucune idée de qui la dite Gracie pouvait être.

- Mrs Brode est méchante. Dit calmement Elizabeth. Elle renvoye tous ceux qui sont gentils avec moi. Suis sure qu’elle a demandé aux anges de prendre Nanny.

- Oh non Miss Elizabeth. Ne dites pas ça.

- Pourquoi ? Puique je le pense ? »

Miss Asst soupira elle cherchait comment expliquer les choses à la petite lorsque la cloche retentit, les prévenant de l’heure du déjeuner.

« Oh mon dieu ! S’écria-t-elle. Le repas va être servi et vous n’êtes même pas débarbouillée !

- Suffit de courir ! Répondit Elizabeth qui releva fort peu élégamment ses jupes et en joignit le geste à la parole.

- Miss Elizabeth !!! » S’exclama Miss Asst qui se vit contrainte de l’imiter et courut derrière elle jusqu’à la maison.

 

Souriant de plaisir et échevelée après sa course, Elizabeth arriva la première au perron et se retourna vers sa nurse.

« Vite Miss ! » Cria-t-elle en riant de la course maladroite de Miss Asst.

La voix sèche de Mrs Brode fit mourir son rire sur ses lèvres.

« Rentrez vous laver Miss Elizabeth. Pas vous. » Ordonna sèchement Mrs Brode à la nurse qui arrivait en soufflant.

Miss Asst blêmit et baissa la tête, en nage après sa course.

« Qu’apprenez-vous donc à cette enfant ? Croyez-vous que les ladies courent ainsi !!!

- Mais Madame… Ce n’est qu’une petite fille. Tenta Miss Asst.

- Non Miss Asst ce n’est pas qu’une petite fille !!! C’est la fille de Weatherby Swann. Et en tant que telle, elle doit apprendre le maintien, la tenue et la discipline. Si vous êtes incapable de les lui apprendre, je trouverai quelqu’un pour vous remplacer. » Répondit sèchement Mrs Brode.

 

Elizabeth qui n’avait pas bougé, écarquilla les yeux en l’entendant.

«  Non !! Vous avez pas le droit !!!

- Je vous ai donné un ordre Miss Elizabeth ! » S’exclama Mrs Brode, furieuse de l’interruption tandis que le cœur de Miss Asst fondait en réalisant que finalement la petite l’aimait un peu.

Elizabeth ouvrait la bouche pour répondre avec insolence lorsque Weatherby, que les éclats de voix avaient attiré dehors, la devança.

«  Et depuis quand est-ce que mes domestiques donnent des ordres à ma fille Mrs Brode ? »

Mrs Brode, confuse et rougissante, se retourna vers Weatherby.

« Monsieur … je , je ne vous avais pas vu…

- C’est bien ce que j’avais cru comprendre. Répondit froidement ce dernier. Miss Asst, rentrez donc avec Elizabeth et assurez-vous qu’elle soit présentable pour le déjeuner. »

Miss Asst, blême devant l’intervention du maître de maison ne bougea pas.

« Allons. Ne craignez rien. Vous avez totalement raison, Elizabeth est encore une petite fille. Je ne tiens pas à ce qu’elle se transforme trop vite en femme. Murmura Weatherby. Rentrez maintenant. »

Miss Asst, incapable de parler, hocha avec reconnaissance la tête et prit la main d’Elizabeth qui pour une fois ne souffla mot.

 

Une fois sa fille et la nurse disparues, Weatherby se retourna vers Mrs Brode, furieux.

« Puis savoir de quel droit vous traitez aussi durement ma fille ?

- Monsieur. Je, je m’efforce juste de faire comprendre à Elizabeth les contraintes de son statut et de son rang.

- Mais Elizabeth a cinq ans !! Ce n’est qu’une enfant. Et je crois que son éducation me revient et non à vous Mrs Brode. Je vous paie pour entretenir ma maison. Non pour vous substituer à ma femme. »

Mrs Brode pâlit légèrement alors qu’elle faisait face à son maître qui avait le souffle coupé par sa colère.

«  Je… Je m’excuse Monsieur, je pensais agir pour le bien de votre famille, rien de plus.

- Laissez-moi donc décider de ce qui est bien pour ma fille Mrs Brode. Répondit froidement Weatherby. Et veillez à faire servir le déjeuner. » Ajouta-t-il en tournant les talons, signalant à la domestique que l’entretien était terminé.

 

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Ayant entendu, fort volontairement, les remontrances que son père avait adressées à Mrs Brode, Elizabeth prit gaiement le chemin de la sauterie à laquelle tous les enfants de noble ascendance étaient conviés ce jour-là, accompagnée de sa nouvelle nurse. La petite Elizabeth était ravie à plus d’un titre, non seulement Mrs Brode la laisserait tranquille mais en plus sa nurse avait consenti à lui laisser porter la jolie robe bleue qui était sa préférée. Ce fut donc avec un sourire épanoui que la petite fille fit son entrée dans le salon des parents d’Alix Turrington. Derrière elle, Miss Asst retint à grand peine une exclamation de ravissement en découvrant la riche demeure de la famille qui les accueillait. Elle baissa la tête avec servilité et alla rejoindre les différentes nurses, qui comme elle, étaient obligées d’accompagner et de surveiller les enfants dont-elles avaient la charge dans ce genre de sauteries.

 

Se dirigeant vers le jardin, Elizabeth s’approcha fièrement des autres enfants, faisant jouer ses jupons d’une manière qui pour une fois aurait satisfait Mrs Brode. Alix Caston, qui fêtait ses dix ans, se tourna vers la petite fille.

« Bonjour Elizabeth.

- Bonjour ! S’écria gaiement Elizabeth qui, pourtant, ne portait pas particulièrement la petite fille dans son cœur.

- Tu dois faire la révérence quand tu me salues. Souligna Alix. Mon père est gouverneur. Le tien n’est rien du tout. » Gloussa-t-elle, imitée par une partie des jeunes convives.

Elizabeth la regarda sans comprendre.

« Ça veut dire que tu dois m’obéir. Tu es inférieure. Pavoisa Alix.

- Oh … » Rougit la petite fille qui se demandait à qui elle ne devait pas obéir.

Robert Down s’approcha de la petite fille, le sourire aux lèvres et la toisa du haut de ses douze ans.

« C’est ta nouvelle nurse Elizabeth ? » Demanda-t-il en désignant Miss Asst.

 

Elizabeth se sentit rougir sous les regards inquisiteurs des autres enfants. La journée prenait finalement un tour moins agréable que prévu. S’efforçant de ravaler sa peine à la pensée de sa Nanny elle répondit d’une voix tremblante.

« Oui… »

Alix et Robert échangèrent un regard complice et la petite fille s’approcha d’Elizabeth.

« Et où elle est l’autre ? » Demanda-t-elle sournoisement en fixant d’un œil jaloux la jolie robe de sa petite invitée.

Elizabeth ramena sa poupée contre elle et la serra instinctivement pour se rassurer.

« Laisse, Alix. Tu vois bien que c’est qu’un bébé. Intervint Robert d’un ton méprisant. Regarde comment elle serre sa poupée. »

Elizabeth rougit brutalement et resserra encore plus sa poupée contre elle tandis qu’Alix se tournait vers Robert, imitant à la perfection les mines de cour de sa mère.

«  Hélas … Quand je pense que Père et Mère m’obligent à inviter cette gamine à mon anniversaire… »

 

Robert éclata de rire et fixa Elizabeth qui aurait bien aimé pouvoir disparaître dans un trou de souris.

« En plus elle est bête, on lui pose une question simple et elle est incapable de répondre. J’ai entendu Mère dire la dernière fois qu’elle était sûrement attardée. »

Les autres enfants, soulagés de ne pas être la cible des quolibets des deux pestes, éclatèrent de rire. Alix toisa Elizabeth avant de se tourner vers Robert.

«  Sûrement qu’elle l’est … »

Elizabeth rougit. Elle ne savait pas ce que le mot attardée signifiait mais vu les rires des autres, elle se douta que l’appellation n’avait rien de flatteur ou de gentil.

« C’est pas vrai ! » S’insurgea-t-elle.

 

Les yeux de la petite Alix s’allumèrent d’une lueur mauvaise et la petite fille se tourna vers sa cadette.

« Vraiment ? Alors réponds à la question… Où est ton ancienne nurse ? »

Elizabeth baissa brutalement la tête, la lèvre tremblante.

«  C’est les anges qui l’ont emmenée. »

Un concert de rires salua sa déclaration et tandis que les enfants s’éloignaient lentement des adultes, une lueur cruelle s’installa dans le regard de Robert et d’Alix.

« Les anges. Se moqua Alix. As-tu déjà entendu quelque chose d’aussi stupide Robert ? Finalement ta mère a raison. Elle est stupide.

- Si c’est vrai !!! S’exclama Elizabeth au bord des larmes. Mrs Brode l’a dit et papa aussi … Les anges sont venus et l’ont emmenée comme ma maman !! »

Robert éclata de rire et se retourna vers Elizabeth.

«  Les anges ? Mais t’es vraiment qu’une attardée… Ta Nanny elle est morte !

- Morte ???? Bredouilla Elizabeth sans comprendre.

- Il parait que les chevaux l’ont piétinée. Renchérit Alix. On la reconnaissait même plus tellement son visage saignait. » Se moqua-t-elle.

 

Elizabeth sentit de nouvelles larmes lui monter aux cils. Elle ne comprenait pas. Qu’est-ce que les chevaux venaient faire là-dedans ?

« Non c’est les anges. Ils l’ont emmenée dans un joli endroit pour les gens gentils. »

Robert éclata d’un rire froid tandis que les plus jeunes échangeaient des regards aussi perplexes que celui d’Elizabeth.

« Non elle est morte, on l’a mis dans un trou dans la terre comme ta maman. » Se moqua Robert.

Cette fois Elizabeth fondit en larmes tandis qu’Alix continuait avec une joie mauvaise dans la voix.

« Ta maman aussi elle est dans un trou. C’est pas étonnant qu’elle soit morte en te voyant.

- Menteurs ! S’exclama Elizabeth en larmes

- Des anges... Se moqua Alix sans tenir compte de l’interruption de la petite fille.

- Regarde-moi ce bébé. Répondit Robert en désignant Elizabeth qui pleurait à chaudes larmes.

- Pitoyable. » Commenta Alix en se tournant vers les plus jeunes, les mettant au défi de prendre la défense de sa victime du jour.

Aucun des enfants ne souffla mot, trop contents de ne pas être le bébé dont on se moquait. Elizabeth laissa tomber sa poupée et s’approcha de Robert le toisant.

« C’est pas vrai !! Papa il l’a dit que c’étaient les anges.

- Parce que tu n’es qu’une idiote. N’importe quel prêtre te le dirait. Ta mère elle est dans un trou ! Et ta Nanny dans la fosse commune. Se moqua Alix.

- Un joli endroit pour les gens gentils. » La singea Robert tandis qu’Alix éclatait de rire.

 

Perdue, Elizabeth regarda les autres enfants et chercha la vérité dans leurs regards tandis qu’ils se détournaient gênés. Du coin de l’œil, Elizabeth fixa l’intérieur de la maison dans laquelle les nurses semblaient engagées dans une âpre discussion, dans le recoin proche de l’office qui leur était dévolu.

« Allez venez voir mes nouveaux jouets. » S’exclama Alix qui entraîna sa petite cour sans plus se soucier d’Elizabeth.

En larmes la petite fille regarda les autres s’éloigner sans un regard et sentit son cœur se serrer à la pensée que Robert et Alix pouvaient avoir dit la vérité. Peut-être que les anges n’avaient rien à voir comme ils le disaient… Peut-être même que sa maman et Nanny étaient mortes. De nouvelles larmes se mirent à rouler sur ses joues tandis qu’Elizabeth imaginait sa Nanny le visage en sang, jetée dans un grand trou. Reniflant elle se dirigea vers l’intérieur de la maison et chercha Miss Asst du regard sans la voir.

 

D’où elle était Elizabeth pouvait entendre les cris de ravissement des autres enfants tandis qu’Alix étalait ses cadeaux et la petite fille baissa la tête. Elle avait besoin de savoir mais sa nurse n’était pas là. Mais Alix avait dit qu’un prêtre lui dirait ! Elizabeth s’efforça de stopper ses larmes et se dirigea vers la lourde porte d’entrée des Caston. Reniflant à nouveau, la petite fille s’accrocha à la clinche et ouvrit la porte. Elle devait trouver un prêtre. Elle devait savoir ce qui était arrivé à sa maman et à Nanny. Rien que pour leur montrer qu’ils avaient tort. Sur cette pensée, Elizabeth s’élança dehors à la recherche d’une église, ses petits souliers vernis claquant sur les pavés des rues de Londres.

Chapitre 2                                                                                          Chapitre 4

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