Chapitre 2 Plans

Angelica posa un regard dégouté sur les côtes des Indes et soupira. Cela faisait plusieurs semaines qu’elle avait passé son improbable marché avec Butler mais même maintenant, elle n’était pas encore certaine de vouloir réellement s’allier avec l’homme. Plus elle y pensait, plus il lui déplaisait. Bien sûr, il ne faisait aucun doute qu’il haïssait Jack au moins autant qu’elle, voir même plus même si elle en ignorait toujours la raison, mais elle ne pouvait s’empêcher de le trouver malsain. Butler était le genre d’homme qui n’avait aucun scrupule à écraser ceux qui se trouvaient sur son chemin. Angelica médita cette idée et haussa les épaules. Après tout, si elle avait raison sur Butler, mieux valait qu’il soit son allié plutôt que son ennemi. Quant au reste, elle aviserait le moment venu.

 

«  Pas encore prête ? »

La voix, cinglante, de Butler la ramena au présent et elle se retourna.

« Cette robe est celle que porterait une catin.

- En effet, répondit l’homme d’une voix placide. Voilà pourquoi elle m’a semblée tout à fait indiquée pour vous. »

Angelica rougit de rage et l’homme sourit légèrement.

«  Allons Angelica, la maitresse en titre de l’homme le plus riche de la ville se doit d’être voyante, personne ne comprendrait sinon.

- Moi qui pensait que les hommes dans votre position préféraient les timides jeunes aristocrates anglaises, persifla Angelica.

- Ce fut le cas ma chère… Mais voyez-vous j’ai appris à mes dépends que ces mêmes jeunes filles pouvaient parfois se révéler plus viles que la pire des catins de Tortuga ou autre repaire de pirates. »

 

Angelica ne put retenir un sourire.

« Ah voilà donc la raison de votre aversion pour Jack, il vous a volé votre prétendante, l’a déflorée, puis l’a abandonnée comme le lâche qu’il est. C’est tout Jack. »

L’homme émit un ricanement méprisant.

« Croyez-moi ma chère, ce que je ressens pour Sparrow va au-delà de la simple aversion, quant aux raisons de cette dernière, une femme ne saurait en être la cause.

- Et quelle est-elle dans ce cas ?

- C’est une affaire personnelle Angelica. A présent pressez-vous donc de mettre cette robe, je veux que tout le port vous voie et reconnaisse la putain que vous êtes. »

Angelica s’apprêtait à riposter mais il posa un écrin sur le lit.

«  De quoi remplacer le tissu sur votre gorge, je vous serais reconnaissant de ne pas me le voler, cet objet m’a couté une petite fortune. »

 

Sans plus attendre il sortit.

 

Une fois seule, Angelica ne put résister à l’envie d’ouvrir l’écrin. Elle siffla entre ses dents à la vue du lourd collier de rubis et de saphirs qu’il contenait et entreprit de s’habiller avec un soupir.

 

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Teckett Butler tourna la tête vers elle alors qu’elle apparaissait sur le pont. Autour de lui, plusieurs hommes retinrent leur souffle et il ne put retenir un sourire vaniteux.

«  Aussi vulgaire que je l’escomptais, vous allez faire des ravages. » Commenta t’il en avançant à sa rencontre.

Gênée par les opulentes jupes auxquelles elle n’était pas habituée, Angelica lui répondit par un sourire glacial.

«  Je persiste à trouver cette comédie stupide.

- Allons ma chère, je gage que vous prendrez beaucoup de plaisir à cette mascarade, ricana Butler. Du reste, il me semble me rappeler que vous avez toujours aimé ce genre d’arnaques et de déguisements…

- Y’a-t-il une chose que vous ignorez ? Ragea Angelica.

- Evidemment ma chère, j’ignore où se trouve Sparrow, sans cela je n’aurais pas besoin de vous.  Rétorqua-t-il. Souriez, le moment est venu d’entrer en scène. »

 

Le cœur battant, Angelica posa le pied sur le quai tandis que Butler saluait quelques hommes de la tête.

«  Earl Butler, vous voici de retour et en quelle compagnie ! S’exclama un homme en posant un regard appréciateur d’Angelica qui se sentit soudain comme une jument sous l’œil d’un maquignon.

- Lord Crowley, salua Butler. Ma foi, j’ai fait un voyage plutôt lucratif et me suis entiché de cette fille que j’ai dégotée dans une taverne. Elle s’appelle Angelica. Plutôt mal dégrossie mais talentueuse.»

Angelica lui adressa un regard noir mais l’homme poursuivit.

« Oh je vois Earl Butler, quel dommage, ces dames avaient de nombreuses filles à vous présenter.

- Oh et bien mon cher, je dois avouer que je suis fort satisfait de ma jeune pouliche. Je la monte régulièrement et chaque fois avec le même plaisir. »

 

Humiliée, Angelica se sentit rougir et Butler l’entraina sous les rires gras de ses amis.

«  Ne compromettez pas tout par un accès de fierté mal placée Angelica, siffla t’il entre ses dents, toute trace du ton affable qu’il employait précédemment disparue.

- Comment pouvez-vous parler de moi ainsi ! Ragea Angelica.

- Allons ma chère, je ne donne pas deux heures à la nouvelle de notre arrivée pour faire le tour de la ville. Tout le monde cherchera à vous voir et les salons ne parleront que de nous. De quoi éveiller la curiosité de notre ami commun lorsqu’il viendra ici ne croyez vous pas ? »

Angelica ne répondit pas et monta dans la calèche avec un soupir rageur.

 

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La maison qu’occupait Earl Butler était à son image, prétentieuse et grandiloquente. Angelica posa un regard envieux sur les richesses qui y étaient amassées et Butler sourit.

«  N’y pensez même pas, mes chiens seraient sur vous avant même que vous ayez atteint la grille. »

Angelica se tourna vers lui.

«  Vous ne laissez donc jamais rien au hasard ?

- Non ma chère. J’ai commis une fois l’erreur de sous-estimer une femme et cela m’a couté un partie de mon existence, je ne compte pas réitérer l’expérience, encore moins s’il s’agit d’une des putains de Sparrow. »

Angelica blêmit.

«  Vous n’êtes qu’un rat…

- Non Angelica, je suis un loup, à vous de voir de quel côté vous souhaitez être, le mien ou celui de la potence. »

 

Angelica dédaigna de répondre et il la prit par le bras.

« Voici notre chambre.

- NOTRE ???

- Bien sûr que pensiez-vous ? Les domestiques parlent, des chambres séparées sembleraient suspectes. Changez-vous et rejoignez-moi dans le salon. »

 

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Restée seule, Angelica poussa un chapelet de jurons. Elle avait été stupide de s’allier à cet homme. Mais, il n’était pas trop tard pour renoncer… La jeune femme guetta les pas de Butler et s’empressa de se débarrasser de sa robe. En chemise, elle ouvrit silencieusement la porte et s’engagea dans le couloir.

 

Elle n’avait pas fait trois mètres qu’un poignard la cueillait sous la gorge.

«  Dois-je dire à Earl Butler que vous avez tenté de vous enfuir ? » Demanda Foam.

Angelica laissa filer une nouvelle salve de jurons et le toisa.

« Je cherchais du vin, j’ai soif.

- Dans ce cas il suffisait de sonner, » rétorqua Foam.

 

Une fois revenue dans la chambre, Angelica grimaça. Butler semblait décidé à la mettre dans son lit, de gré ou de force. Paraitre consentante lui donnerait peut être l’avantage… Après tout, elle était un pirate et elle avait déjà fait pire…

 

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Vêtue d’une longue robe à la mode indienne qui laissait voir ses formes, Angelica pénétra dans le salon. Là, elle observa Butler qui, penché sur des documents, semblait trop absorbé pour se rendre compte de sa présence. Elle frissonna à la vue de la cicatrice boursouflée que sa perruque peinait à dissimuler et qui semblait courir jusqu’à son dos puis releva les yeux vers l’homme. Il n’était ni beau ni franchement déplaisant, un peu petit certes mais il avait de beaux yeux. Angelica baissa les yeux vers ses mains soignées avant de parcourir la pièce du regard. Butler était riche, très riche. Lui faire croire qu’elle s’intéressait réellement à lui pourrait s’avérer lucratif une fois qu’elle se serait vengée de Jack. Dans l’exaltation de la victoire, Butler relâcherait à coup sûr sa vigilance et si elle savait s’y prendre, elle pourrait récolter un joli butin au passage. De quoi lui permettre d’acquérir un navire et le dévouement d’un équipage. Et ensuite… elle tuerait Barbossa et récupérerait le navire de son père.

 

Un sourire radieux éclaira son visage à mesure que son plan se profilait et Butler ricana.

« J’en déduis que vous avez choisi votre camp cette fois Angelica. »

Elle s’humecta les lèvres et s’approcha de lui.

« Disons que quelques sacrifices ne sont rien au regard de ma vengeance sur Jack.

- Oh, vous l’aimiez donc à ce point ? » Ironisa Butler.

Angelica s’assombrit alors que le souvenir de sa dernière conversation avec Jack lui revenait. Elle l’aimait oui, elle le lui avait même avoué et au lieu de ce qu’elle espérait, il l’avait abandonnée. Comme toujours.

«  Je vois. » Murmura Butler.

 

Angelica se força à lui sourire.

« Un verre ?

- Pas encore, mais vous aurez loisir de boire ce soir, j’organise une réception pour mon retour. Montrez-vous aussi séduisante que vous le pourrez.

- Vous me trouvez séduisante ? Souffla Angelica avec audace.

- Vous savez bien que oui, je dois laisser cela à Sparrow, il a toujours bon gout en matière de femmes. »

Angelica sourit de plus belle et glissa sa main sur l’épaule de Butler.

«  Est-ce un compliment ou une insulte ?

- Je vous laisse décider, rétorqua l’autre avant de se lever. Maintenant, laissez-moi j’ai des affaires à traiter.

- De quel genre ?

- Notre collaboration ne va pas jusque-là Angelica, » lui répondit froidement Butler avant de s’éloigner.

 

Restée seule, Angelica grimaça. Amadouer Butler s’avérait plus difficile qu’elle ne l’avait tout d’abord escompté. L’homme était méfiant et le moins que l’on pouvait dire c’était qu’il savait garder ses secrets. En fait, elle n’y comprenait plus rien. Durant leur traversée, il lui avait fait comprendre sans équivoque que la mettre dans son lit entrait dans ses projets mais maintenant qu’elle se décidait à répondre à ses attentes, il lui battait froid.

«  Il est peut être eunuque… » Marmonna Angelica.

 

Un léger sourire lui échappa à cette idée qui lui rappelait Jack et son obsession pour les eunuques. Puis, son sourire mourut sur ses lèvres alors qu’elle songeait avec haine que le pirate pourrait bien expérimenter la chose dans un avenir proche. On ne moquait pas d’elle impunément.

 

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Foam s’inclina alors que son employeur lui faisait signe de le rejoindre.

«  Des nouvelles de Sparrow ? Demanda Butler.

- Non pas encore, mais on m’a signalé des pirates non loin d’ici.

- Sûrement Sri Sumbhajee ou l’un de ses acolytes. Faites en sorte qu’on les arraisonne et prenez quelques prisonniers. »

Foam le regarda, incrédule.

«  Mais Earl Butler, nous ne pouvons faire ça, nous n’avons aucun pouvoir sur la garnison ou sur… »

Foam s’interrompit prudemment en découvrant que son employeur devenait cramoisi.

 

Butler se força au calme et reprit d’un ton placide.

« Le Gouverneur fait bien partie de la liste des invités n’est-ce pas ? 

- Oui, oui, Earl Butler.

- Soit, nous verrons donc ce que nous pouvons faire pour cette vermine. Disposez Foam. »

Soulagé, l’homme s’apprêtait à sortir lorsque Butler le rappela.

« Oh et trouvez-moi donc une de ces esclaves en fuite qui pratique le vaudou. Vu le bouge dont je vous ai sorti, la chose ne devrait pas vous être difficile.

- Oui Monsieur. »

 

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Un verre à la main, Angelica qui subissait depuis quelques heures le flot des questions des nobles invités de Butler commençait à en avoir assez.

« Et où Butler vous a-t-il trouvée ? 

- Dans une taverne, répondit Angelica.

- Oh…

- Je servais, sourit-elle. Rien d’autre. »

 

Sans attendre que l’autre ne pousse l’insulte encore plus loin qu’il ne l’avait déjà fait, Angelica s’éloigna à grands pas. Elle ne comprenait pas l’intérêt que Butler avait à la présenter comme une putain dont il aurait fait sa maitresse, il n’y en avait aucun hormis de l’humilier bien sûr. Angelica serra les poings de rage. Elle commençait à en avoir assez de se soumettre aux caprices de Butler. Après tout des deux, c’était lui qui avait besoin d’elle, non l’inverse.

 

Elle évita un groupe de femmes et se dissimula derrière une teinture alors qu’elles s’arrêtaient devant elle.

« Earl Butler a perdu la tête, pleurnicha une des femmes. D’où sort donc cette femme ? Elle n’a aucun savoir vivre et elle n’est même pas jolie.

- Sans compter qu’elle est espagnole ! Je doute que Trudy soit son vrai nom….

- Bah de toute manière c’est le genre de femme dont les hommes usent un temps et finissent par se lasser une fois qu’elles ont perdu leur fraicheur. Earl Butler en reviendra bien vite et vu l’allure de la dame ce ne sera pas le premier. »

Les femmes s’esclaffèrent et Angelica serra les poings de rage. Comment osaient elles se moquer d’elle ainsi et imaginer, imaginer…

 

Elle se décomposa soudain alors qu’elle songeait à Jack. C’était précisément ce qu’il avait fait. Il l’avait séduite, l’avait possédée puis, une fois lassé d’elle, l’avait abandonnée. Angelica soupira lourdement et des larmes montèrent à ses yeux. Elle avait aimé Jack dès la première minute, dès la première seconde et il l’avait utilisée. S’il n’était pas intervenu dans sa vie, jamais elle n’aurait quitté son couvent, jamais elle ne serait devenue pirate. Jamais elle n’aurait eu le cœur brisé par son départ. Angelica étreignit nerveusement son verre, grâce à ces idiotes elle comprenait maintenant qu’elle n’aurait jamais la famille dont elle avait tellement rêvé enfant. Les pirates n’aimaient que l’océan. Et elle était un pirate. Elle l’était parce que lorsque Jack l’avait laissée tomber elle n’avait eu que deux options : se battre et devenir pirate ou alors renoncer et devenir putain. Elle avait choisi le combat et d’une certaine manière, elle aimait sa vie de pirate mais au fond d’elle-même, Angelica savait que ce n’était pas ce qu’elle aurait aimé devenir.

 

Elle jeta un regard en direction des élégantes qui parlaient derrière leurs éventails et son regard erra sur le ventre rond d’une jeune lady. Le cœur lourd, Angelica songea qu’elle n’aurait sans doute jamais cette chance. Aucun homme n’épousait une femme pirate, pas même un pirate, surtout pas un pirate et elle s’était fait la promesse de ne jamais infligé à son enfant l’absence de père dont elle avait tellement souffert. Angelica se resservit une coupe de vin et promena son regard autour d’elle. Peut-être qu’il n’était pas trop tard pour elle. Peut-être même qu’une fois qu’elle se serait vengée de l’homme qui avait gâché sa vie elle serait enfin libérée de lui et son emprise. Peut-être que le marché de Butler était le meilleur qu’on lui ait jamais proposé…

 

()()

 

Le Gouverneur fixa Butler avec un air de totale incompréhension.

« Mais pourquoi ne pas m’avoir dit qui vous étiez avant ? A quoi rime cette mascarade, monsie

- Pas de nom. Le coupa Butler d’une voix sèche. J’ai des raisons de désirer garder le secret pour l’instant.

- Certes, bien sûr mais…

- Allez-vous envoyer vos soldats comme je vous l’ai suggéré Gouverneur ?

- Et bien oui, mais, je ne comprends pas. Pourquoi ne pas révéler qui vous êtes ? Et le Bureau de Londres est-il au courant ?

- Evidement. Quant à la raison pour laquelle je préfère rester discret, elle est simple, je ne veux pas me dévoiler à nos ennemis.

- Oui, bien sûr, je comprends, » murmura le Gouverneur qui en fait ne comprenait rien du tout.

 

Un silence tomba entre les deux hommes et le Gouverneur reprit.

« Et la femme ?

- Angelica Teach, fille de Blackbeard et pirate elle-même. »

Le Gouverneur s’étrangla à demi.

« Dans ce cas qu’attendez-vous pour la faire pendre ?

- Elle m’est plus utile en vie, susurra Butler. Du moins pour l’instant. Voyez-vous mon cher, rien n’est plus efficace contre les pirates que les pirates eux-mêmes.

- Euh certainement mon cher, certainement.

- Angelica Teach ne fera pas exception à la règle Gouverneur, vous pouvez me croire. A présent, si nous allions rejoindre mes hôtes ? »

 

Encore sous le choc de ce qu’il venait d’apprendre, le Gouverneur le suivit sans un mot tandis que Butler souriait d’un air satisfait. Cette fois il avait tout prévu…

 

()()

 

«  Jack tu es sûr qu’on doit vraiment aller là-bas ? » Soupira Gibbs.

Le pirate haussa les épaules avant de brailler en direction d’un matelot.

« Bugger mais pas comme ça bougre d’imbécile !! Arrête !!! »

Le matelot ne broncha pas et Jack claqua de la langue avec agacement.

« Il est sourd capitaine, » précisa Gibbs.

 

Jack se retourna vers lui, furieux.

« Sourd ? Et tu ne t’es pas dit que cela pourrait poser un problème sur un navire ?

- Bah j’me suis dit qu’au moins y répéterait pas ce qu’on se dirait vu qu’il entend pas…

- Magnifique, persifla Jack. Parce que bien sûr ce que nous nous disons est si important, si secret que personne ne doit l’entendre ? 

- Bah… Ça pourrait. »

Renonçant à lui faire entendre raison, Jack secoua la tête et s’empara d’une bouteille de rhum.

 

Un peu mal à l’aise, Gibbs se tortura les méninges pour trouver de quoi rattraper sa bévue et finit par s’exclamer.

« Et au moins comme ça vous êtes sûr qu’il ne prêtera pas l’oreille aux mutins ! »

Jack s’immobilisa net.

« Mutin ? Qui parle de mutinerie ici ? Donne-moi des noms !

- Mais, euh personne Jack, je disais ça au cas où …

- Au cas où quoi ? Penses-tu que mes hommes auraient des raisons de se plaindre ?

- Non, non, bien sûr que non Jack, il y a pas meilleur capitaine que vous.

- Evidemment, fanfaronna Jack. Après tout je suis le capitaine Jack Sparrow. »

 

Sur cette dernière affirmation qui sonnait comme une vantardise dans sa bouche, Jack se précipita vers le sourd en faisant de grands gestes.

« Non, non pas comme ça !!! »


()()

 

Un verre de vin à la main et en chemise, Angelica regardait l’horizon depuis la fenêtre de sa chambre lorsque Butler pénétra dans cette dernière.

«  Pas encore couchée ? »

La jeune femme se raidit imperceptiblement tandis qu’il enlevait ses bottes et les laissait tomber sur le sol.

«  Je n’avais pas sommeil.

- Vous me surprenez, avec la quantité de vin que vous avez bu ce soir vous devriez être ivre morte et dormir depuis des heures. Enfin je suppose que vous devez cela à votre existence dissolue. »

 

Angelica grimaça et se retourna vers lui.

«  Etre un pirate ne signifie pas pour autant que je n’ai pas d’honneur !

- Vous m’en direz tant, bailla Butler. Allons posez donc ce verre et venez vous coucher, des affaires importantes m’attendent demain.

- Non.

- Oh je vous en prie Angelica ! Vos protestations d’innocence sont ridicules et déplacées. »

Angelica secoua la tête.

« Je ne suis pas une putain. Je suis un pirate, c’est vrai mais je me destinais réellement à entrer au couvent, si je n’avais pas connu Jack, j’aurais prononcé mes vœux.

- Et il vous ainsi ouvert la voie pour une vie emplie de débauche, compléta Butler. Allons couchez-vous.

- Vous ne comprenez pas ! Je n’ai pas eu le choix de devenir pirate quant aux débauches dont vous parlez, je…

- Vous ?

- Il n’y a eu que Jack et un autre homme, un soir où je me sentais seule. Je, j’ai menti souvent pour parvenir à mes fins, j’ai séduit des hommes aussi pour leur faire miroiter mes faveurs mais je ne me suis jamais vendue Earl Butler. »

 

Butler cilla légèrement.

«  Surprenant.

- Mais vrai !!! Pesta Angelica. Et je suis certaine que la plupart des petites grues présentes à votre soirée ne pourrait pas en dire autant. »

Butler éclata de rire.

« La plupart ? C’est encore trop généreux. Allons Angelica, qu’essayez-vous de me dire ?

- Que lorsque je couche avec un homme c’est parce que je l’ai choisi et non pour honorer un marché.

- Soit, bailla Butler. Maintenant pouvons-nous dormir ? »

 

Angelica le regarda avec méfiance puis finit par le rejoindre. Là, Butler moucha la chandelle et elle le regarda avec surprise.

« Vous ne ?

- Quoi donc ? Il me semble que vous avez été claire non ? Et je préfère la conquête à une victoire trop facile, cela me divertira en attendant que Sparrow morde à l’hameçon. »

 

Stupéfaite, Angelica ferma les yeux tandis que, dans le noir, Butler souriait avec satisfaction. Son plan se déroulait encore mieux qu’il ne l’avait prévu, bientôt cette idiote se figurerait qu’il était amoureux d’elle et elle prendrait des risques. Et ça la conduirait tout droit à ce qu’il avait prévu pour elle lorsqu’il avait compris qui elle était…

Chapitre 1                                                                                              Chapitre 3

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Commentaires : 10
  • #1

    Ladypirate (jeudi, 01 novembre 2012 00:44)

    Donc Butler et Angie ont les mêmes projets : chacun veut faire croire à l'autre qu'il l'aime. Pour l'instant, je pense que c'est Butler qui a le plus de chances de réussir ^^ (du moins jusqu'à l'arrivée de Jack ;))
    En tout cas, j'ai trouvé qu'Angelica était touchante dans ce chapitre : on comprend mieux sa psychologie (sinon j'ai adoré sa réflexion "Il est peut-être eunuque" mdr)
    J'ai l'impression que Butler a été fortement marqué par Elizabeth :)
    Gibbs a vraiment le chic pour recruter des matelots : il y a eu Cotton qui était muet et maintenant le nouveau qui est sourd (et si justement il ne l'était pas?...) lol je pense que communiquer par les gestes ne devrait pas poser de problème à Jack :)

  • #2

    JessSwann (jeudi, 01 novembre 2012 10:56)

    Lol oui en gros ils ont la même idée
    Angelica est toujours sous le syndrome de l'abandon sans compter qu'elle considère ne jamais avoir eu le choix
    Elizabeth est marquante mdrrr
    Gibbs fait boulettes sur boulettes mdrrr

  • #3

    Angie Cruz (jeudi, 01 novembre 2012 13:57)

    super chapitre,Jess et tu me conforte dans l'idée que Butler est Lord Beckett,Ladypirtae

  • #4

    JessSwann (jeudi, 01 novembre 2012 17:42)

    Merciiiiiiii

  • #5

    Ladypirate (vendredi, 02 novembre 2012 01:40)

    @Angie Cruz : c'est surtout sa cicatrice qui me laisse penser ça, sans compter les références à Lizzie :)

  • #6

    Angie Cruz (vendredi, 02 novembre 2012 09:46)

    de rien,Jess. et tu as raison, ladypirate, plus la mention de la compagnie des Indes,plus "le pire cauchemar de Sparrow"+ Teckett Butler ressemble beaucoup au niveau du son à Cutler Beckett

  • #7

    JessSwann (vendredi, 02 novembre 2012)

    @ Lady : tu sais bien que je ne laisse jamais rien au hasard^^

  • #8

    Angie Cruz (vendredi, 02 novembre 2012 18:49)

    @Jess: donc tu confirme que Butler = lord Beckett?

  • #9

    JessSwann (vendredi, 02 novembre 2012 18:57)

    NON je ne confirme rien, je laisse TOUS les lecteurs découvrir l'histoire et je ne donne aucun spoiler

  • #10

    Angie Cruz (mercredi, 07 novembre 2012 14:35)

    ok