Chapitre 4 Un enterrement et un mariage

Deux ans plus tard,

 

 

Assise à même le sol de la chapelle de l'abbaye dans laquelle elle était enfermée, Elizabeth, les mains jointes, faisait semblant de prier depuis maintenant plus d'une heure. Autour d'elle, les autres pensionnaires s'agitaient, la dernière malheureuse qui les avait rejoint se débattait faiblement sous la poigne d'une nonne mais Elizabeth, l'esprit ailleurs ne s'en rendait même pas compte. Si cela avait été le cas, elle aurait probablement posé ses prunelles ternes et vides sur la jeune rebelle et songé que son combat était vain. Il n'y avait pas plus d'espoir que de bonheur possible en cet endroit. En tout cas, depuis la mort de Will, il n'y avait plus rien pour Elizabeth. Elle avait renoncé à lutter quelques semaines après avoir reçu la lettre de son père lui annonçant la mort de son fiancé, tout désir d'évasion envolé. Pourquoi fuir lorsqu'elle n'avait plus personne à rejoindre ? Pourquoi risquer la vie de son père puisque plus personne ne l'attendait ?

 

Depuis, Elizabeth s'était renfermée sur elle-même jour après jour, brisée par la mort de Will et par les traitements que toute tentative de rébellion provoquait immanquablement. Les journées se succédaient les unes aux autres, sans la moindre saveur et sans présenter un quelconque intérêt à ses yeux, la jeune femme se résignait peu à peu à l'existence qu'elle subissait plus qu'elle ne vivait. Elizabeth donnait donc toute satisfaction à la redoutable Supérieure de l'abbaye. Elle se contentait d'accomplir les tâches qu'on lui attribuait sans protester et récitait docilement les leçons apprises sans se donner la peine de penser au sens de ces dernières. En vérité Elizabeth avait cessé de s'intéresser à la vie qu'elle était forcée de mener, les combats d'autrefois lui semblaient vains alors qu'elle avait perdu tout espoir de liberté et de voir se réaliser ses rêves amoureux auprès de Will.

 

Perdue dans ses pensées qui l'avaient une fois de plus conduite à imaginer ce qu'aurait pu être sa vie si Beckett n'avait pas interrompu son mariage, Elizabeth réagit à peine lorsque l'une des nonnes posa la main sur son épaule.

« Elizabeth. Vous avez de la visite. » Annonça-t-elle.

La nouvelle, pourtant surprenante, ne provoqua qu'un soupir las chez Elizabeth. Elle se leva lentement et se laissa conduire jusqu'à la salle des visites où les prisonnières recevaient de temps à autres leurs parents derrière d'épaisses grilles.

 

Une fois dans la salle dans laquelle elle n'avait jamais pénétré auparavant, le cœur d'Elizabeth fit un bond dans sa poitrine en reconnaissant la silhouette de Beckett qui était visiblement accompagné d'un autre homme. L'espace d'une seconde, Elizabeth sourit en croyant reconnaître son père avant de retomber dans son habituelle apathie en réalisant que le Gouverneur Swann n'était pas le compagnon de Beckett. Ce dernier haussa un sourcil en la voyant et se tourna vers l'inconnu.

« Votre Grâce, voici ma pupille dont je vous avais parlé. »

Elizabeth ne réagit pas lorsque le regard de l'inconnu la détailla des pieds à la tête, son œil parcourut le peu que les tenues imposées par la Supérieure laissait visible avant de claquer nerveusement de la langue

« Il ne suffit pas qu'elle soit belle, ce qu'elle est, je vous l'accorde. Qu'en est-il de son caractère ? »

Beckett sourit légèrement.

« Aussi fougueuse qu'une jument de chasse Votre Grâce, mais j'ai pris garde à canaliser cette énergie et à réformer son esprit. Soyez assuré que ma protégée vous donnera satisfaction dans tous les domaines où il vous plaira de l'utiliser. »

 

Elizabeth sourit avec amertume en l'entendant et ne put s'empêcher d'intervenir, renouant brutalement avec ses vieilles habitudes

« Le terme de protégée n'est pas celui que j'emploierai. » Siffla-t-elle, son cœur battant soudainement plus fort sous l'effet de la haine qu'elle ressentait pour l'homme qui avait causé la mort de Will.

Beckett lui lança un long regard emplit d'avertissement et fit signe à la nonne qui tira sèchement Elizabeth par le bras et l'emmena hors de la salle.

 

Quelques minutes plus tard la jeune femme se retrouvait à nouveau à l'air libre, l'esprit empli de sa haine de Beckett que leur récente rencontre avait ravivée. Se dégageant avec brutalité de l'étreinte de la nonne, elle se dirigea vers la chapelle, des larmes soudaines aux yeux alors qu'elle se souvenait une fois de plus du visage de Will et de sa voix lui murmurant des promesses d'amour et lui affirmant que rien ne les séparerait jamais. Sans faire attention à ses compagnes, Elizabeth se laissa à nouveau tomber à genoux sur la pierre froide et joignit les mains par réflexe, la rage au cœur de savoir le Lord parfaitement heureux alors que Will n'était plus. Elle resta longtemps ainsi, perdue dans ses souvenirs, jusqu'à ce que la nonne ne vienne à nouveau l'interrompre.

« Notre Mère Supérieure vous attend. »

Elizabeth lui lança un regard morne et résigné. Sans doute avait-elle encore dérogé à l'une des nombreuses règles de l'abbaye...

 

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Elizabeth pénétra dans le bureau ouvragé qu'elle connaissait à présent parfaitement pour y avoir subi sermons et vexations durant les années écoulées.

« Asseyez-vous, Elizabeth. Lui intima la Supérieure

- Que me vaut ce traitement de faveur ? Ironisa Elizabeth qui avait passé plus de temps agenouillée qu'assise dans cette pièce

- Les nouvelles que je vous apporte Miss Swann. » Répondit la voix sèche de Beckett.

 

Elizabeth se crispa en l'entendant et se retourna vers lui, l'ancien goût de la rébellion renaissant en elle.

« Oh, et quelles nouvelles justifient donc que vous fassiez le déplacement jusqu'à la prison où vous m'avez enfermée ? Demanda Elizabeth.

- Le Gouverneur, votre père, a été emporté par la fièvre il y a quelques mois. Répondit Beckett sans la moindre douceur. Je suis venu vous l'annoncer et vous faire part de mes autres projets vous concernant. »

Elizabeth n'écouta pas le reste de la phrase de Beckett, son cœur s'était arrêté à l'annonce de la mort de son père. La tête entre les mains, la jeune femme sanglota bruyamment et pleura le père qu'elle n'avait jamais revu depuis leurs adieux pressés sur le quai de Port Royal.

 

Beckett la toisa avec froideur.

« Remettez-vous Miss Swann. Vous voici une femme richement dotée. Et les derniers rapports que j'ai reçus à votre sujet, m'ont apportés toute satisfaction. Vous voici devenue une femme accomplie qui fera honneur à sa naissance, par conséquent je vais donc exaucer votre vœu le plus cher...

- Que pourrais-je encore vouloir ? Sanglota Elizabeth. Vous m'avez tout enlevé.

- Vous épouserez le Duc de Somerset dans un mois Miss Swann et je vous conduirai personnellement jusqu'à l'autel.

- Mon père vient de mourir ! Hurla Elizabeth, folle de chagrin en réalisant que la dernière personne qui la rattachait à la vie qu'elle avait tellement aimée venait de disparaître.

- Cela fait six mois. Rétorqua Beckett. Votre deuil est donc suffisamment avancé pour que vous convoliez ma chère

- Jamais !!! Hurla Elizabeth. Le seul homme que je souhaitais épouser est mort et je n'en veux pas d'autre ! »

 

Beckett ricana et joua machinalement avec son verre.

« Dois-je en conclure que vous préférez rester ici ? »

Elizabeth se troubla et rencontra le regard glacial de la Supérieure.

« Je… » Balbutia-t-elle, perdue.

Elle songea brutalement qu’un mariage lui permettrait de s’évader enfin de cette prison où elle mourrait peu à peu et se tut, indécise.

« Du reste, ça n'est pas comme si vous aviez le choix Miss Swann. Décida Beckett pour elle. Je suis votre tueur ce qui m'autorise à décider de tous les aspects de votre avenir. Et votre beauté n'est pas de celles que l'on laisse se flétrir derrière les grilles d'un couvent. »

Elizabeth ne répondit pas, des larmes amères roulèrent sur ses joues et Beckett se leva.

« Bien, je vous laisse à votre chagrin Miss Swann. Déclara-t-il avant de s'incliner vers la Supérieure. Ma Mère, je vous remercie du travail que vous avez accompli avec ma pupille, je veillerais à faire un don substantiel à cette abbaye dont plusieurs autres devraient s'inspirer. » Ajouta-t-il d'un ton satisfait.

 

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Le mois suivant la visite de Beckett s’écoula rapidement pour Elizabeth qui endura stoïquement le discours de la Supérieure, lequel mit en avant la réussite qu‘elle représentait pour son système d’éducation. De la même manière Elizabeth reçut sans émotion les félicitations empreintes de jalousie de ses compagnes, lesquelles semblaient fascinées par son prochain titre de Duchesse de Somerset. Elizabeth accepta tous les hommages avec un sourire de convenance et remarqua avec ironie que la Supérieure ne semblait plus considérer sa beauté comme une malédiction au vu des heures dont elle disposait à présent pour se rendre belle pour le Duc.

 

Pas la moindre corvée, ni punition ne furent infligées à Elizabeth durant son dernier mois de réclusion et la jeune femme accueillit ce nouveau traitement avec la même indifférence qu’auparavant, s’avouant toutefois que les longues stations agenouillée et les humiliations répétées ne lui manquaient pas. Elle reçut également beaucoup de visites, principalement de la couturière qui s’appliquait à lui faire une robe de mariée somptueuse et babillait joyeusement à chaque point d’aiguille.

 

Finalement, la robe fut terminée et Elizabeth eut enfin la permission de se voir dans un miroir, l’usage de ces derniers étant interdits normalement pour les pensionnaires. Vêtue de la longue robe d’un blanc si éclatant qu’il lui fit mal aux yeux, Elizabeth examina les traits de l’étrangère qui lui faisait face, peinant à se reconnaître dans cette fille maigre aux yeux immenses et vides.

« Le Duc sera comblé Miss. » Souffla la couturière.

 

La future mariée ne répondit pas, ses yeux abandonnèrent l’examen de son visage pour sa silhouette et elle s’alarma de se découvrir si maigre. Finalement, Elizabeth passa une main incertaine sur sa robe. Elle caressa le tissu riche et soyeux du jupon sur lequel était cousu des centaines de perles avant de détourner le regard, peinant à retenir ses sanglots au souvenir de la robe qu’elle avait portée des années plus tôt, lorsque le mariage était encore une promesse de bonheur à ses yeux et non sa seule chance de fuir sa réclusion.

 

Elle n’avait pas rencontré son fiancé une seule fois et ignorait même jusqu’à son prénom. De l’homme qu’elle allait épouser, elle ne savait qu’une chose il était le Duc d’un lieu qu’elle ne connaissait pas et il l’avait achetée à Lord Beckett. Elizabeth quitta donc l’abbaye par une froide matinée, ses maigres effets dans une malle et Mercer lui tenant lieu de chaperon.

 

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Le jour du mariage, elle se laissa habiller et coiffer sans protester et observa avec détachement l’effervescence des domestiques du Duc aux mains desquelles elle avait été confiée. Une fois leur ouvrage terminé, ces dernières s’écartèrent respectueusement pour laisser à Elizabeth le loisir de s’admirer. La jeune femme se regarda un instant dans le grand miroir doré, la respiration coupée par le corset et par le chagrin. Elle allait se marier. Avec un autre que Will. Des larmes brûlantes montèrent à ces cils tandis qu’elle se souvenait avec tristesse de sa joie au matin de ses noces avec le jeune forgeron et elle gratifia Beckett d’un regard haineux alors qu’il pénétrait dans sa chambre

 

Le Lord la regarda avec ironie.

« Vous êtes ravissante Miss Swann. Nul doute que le Duc sera satisfait de vous.

- Je me moque qu’il soit satisfait ou non. Répondit Elizabeth avec hargne.

- Allons ne me dites pas que vous pensez encore à ce forgeron ? Rétorqua Beckett d’un ton paternaliste. Vous allez devenir Duchesse de Somerset, Miss Swann, c’est une union que même votre père n’aurait pas espérée pour vous.

- Ne parlez pas de mon père. Murmura Elizabeth, le cœur serré à la pensée du bon Gouverneur.

- Vous avez raison, cette journée est une journée de liesse. Votre bras ma chère. »

 

Elizabeth le toisa avec haine et posa sa main fine sur le bras qu’il lui présentait.

« La seule raison pour laquelle je vais accepter d’épouser ce Duc. C’est parce que c’est le seul moyen d’être libérée de vous. Cracha-t-elle tandis qu’ils remontaient lentement la longue allée menant à l’autel.

- Souriez Miss Swann. Ordonna à mi-voix Beckett. Tous ces gens sont venus pour vous voir.

- Je n’ai que faire de ces gens. » Répondit Elizabeth sur le même ton.

Beckett rit doucement et ralentit légèrement son pas

« Croyez-moi Miss Swann. Une fois devenue l’épouse d’Edward Seymour vous regretterez amèrement que je ne sois plus en charge de votre bien être. Quand à cette liberté qui vous semble encore si chère, vous découvrirez vite son caractère illusoire. N’espérez pas séduire le Duc comme vous en aviez pris l’habitude avec les hommes de Port Royal, vous seriez déçue.

- Je n’ai que faire du Duc. Murmura Elizabeth. Je préférerais être madame Turner qu’être l’épouse du Roi lui-même. »

 

Beckett ne répondit pas, plongé dans une profonde révérence devant l’homme qui les attendait devant l’autel.

« Je vous la remets Votre Grâce. Déclara-t-il. Faites en bon usage. » Ajouta-t-il dans un souffle.

Elizabeth frémit à ses paroles. Elle se retourna vers l’homme qu’elle était en train d’épouser et découvrit son visage. La première pensée qui lui vint fut qu’il n’était pas beau. La seconde qu’il était vieux. Les doigts d’Edward Seymour se refermèrent brutalement sur les siens et elle grimaça sous la force de l’étreinte tandis que son mari gardait un visage imperturbable et récitait les formules appropriées d’un ton indifférent.

 

Lorsque vint son tour, Elizabeth sentit avec affolement une boule remonter dans sa gorge alors qu’elle répétait à son tour les mots qui faisaient d’elle la nouvelle Duchesse de Somerset et regrettait plus que jamais son mariage interrompu. Le reste de la cérémonie se déroula dans un brouillard amer et elle ne réagit pas lorsque la noblesse anglaise s’approcha d’elle, avide de voir à quoi ressemblait l’inconnue qui venait d’épouser l’un des hommes les plus influents du royaume.

 

Elizabeth passa ainsi de mains en mains, dégoûtée de se sentir observée tandis que son nouvel époux faisait de même de son côté. Finalement elle sentit la main rude du Duc se refermer sur son bras et il l’entraîna vers le centre de la pièce sans douceur.

« Venez saluer votre tuteur. Nous partons. » Ordonna-t-il d’un ton froid.

 

C’était la première fois qu’il lui parlait.

 

Elizabeth se crispa sous son étreinte et tenta de se dégager.

« Si c’est de Lord Beckett dont vous parlez je n’ai aucun désir de le saluer. »

Le Duc se tourna vers elle, une lueur mauvaise dans le regard.

« Il me plait à moi que vous le saluiez alors obéissez.

- Sinon quoi ? Ne put s’empêcher de répondre Elizabeth avec insolence, grisée par le fait d’être enfin libérée de la férule de Beckett

- Insolente. Murmura le Duc. Lord Beckett n’avait pas menti. Il m’avait prévenu que votre dressage n’était pas totalement terminé.

- Dressage ? S’outragea Elizabeth. Pour qui me prenez-vous donc ? Je ne suis pas un cheval ! »

 

Son époux dédaigna de répondre et la poussa vers Beckett, la forçant à s’incliner.

« Remerciez donc votre tuteur pour ses bienfaits. Ordonna-t-il.

- Non. Répondit Elizabeth suffisamment fort pour que des têtes se retournent vers eux.

- Ma pupille est bouleversée. S’empressa de préciser Beckett en se penchant vers elle. Faites attention Miss Swann, je n’ai plus aucun intérêt à vous voir demeurer en vie. » Murmura t’il.

Le Duc sourit à ses paroles et se tourna vers Beckett.

« Nous nous verrons demain Lord Beckett. Nous reparlerons de notre projet commun.

- Avec joie Votre Grâce. Il est fort compréhensible que vous souhaitiez profiter des charmes de votre nouvelle épouse. » Répondit Beckett, un sourire flottant sur ses lèvres.

 

Elizabeth eut à peine le temps de se demander contre quelles faveurs Beckett l’avait monnayée que le Duc la poussait dans une calèche et claquait la porte derrière eux d’un geste impatient.

« Combien m’avez-vous achetée ? » Ironisa Elizabeth sans pouvoir se retenir.

Le Duc se contenta d’un léger sourire avant de lui asséner une gifle qui propulsa sa tête contre les dorures de la voiture.

« Ne me manquez plus jamais de respect comme vous venez de le faire Elizabeth. »

Choquée, Elizabeth porta la main à sa joue, les larmes aux yeux devant la violence de l’attaque soudaine.

 

Edward la regarda d’un air dégoûté et fit jouer lentement les jointures de sa main.

« Il y a trois choses que vous devez savoir Elizabeth. La première est que vous m’appartenez au même titre que mes domestiques ou que mes terres. La seconde est que vous devez m’obéir en tout ce que j’exigerais de vous. Suis-je clair ?

- Il me semble. Ironisa Elizabeth d’une petite voix. Quelle est la troisième chose que je dois savoir ?

- Si vous dérogez à l’une de mes règles vous le regretterez amèrement. » Répondit le Duc avec froideur.

 

Elizabeth le fixa quelques secondes et se souvint avec amertume de la tendresse de Will.

« Et que pouvez-vous donc me faire ? Me tuer ? Je me moque de mourir. Répondit-elle.

- Il y a des choses pires que la mort. Rétorqua le Duc. Vous les apprendrez Elizabeth.

- Je crois que grâce à Beckett j’en connais déjà assez sur le sujet. Ne put-elle s’empêcher de répliquer.

- Nous verrons cela…. Sourit le Duc. Lord Beckett m’avait averti de votre passé à Port Royal et de votre goût pour les inepties. Vous soumettre me divertira. Pour l’instant, la seule chose que j’attends de vous est que vous me donniez un héritier, les cinq femmes qui vous ont précédées sont mortes avant d’y être parvenues. Lord Beckett m’a assuré que la richesse de votre sang et de votre caractère feraient merveille et je suis assez enclin à le croire. Le croisement fera de mon futur fils un homme de caractère et il est bon d’apporter du sang neuf dans une lignée. »

 

Elizabeth le toisa avec horreur, son regard affolé cherchait un moyen de s’échapper tandis qu’elle comprenait qu’il y avait pire que l’abbaye dans laquelle elle avait cru mourir à petit feu.

« Je suis certain que nous parviendrons ainsi à … disons trouver un emploi à cette fougue que vous possédez. Continua le Duc.

- Sûrement pas ! S’exclama Elizabeth, affolée en comprenant le sous-entendu de son époux.

- Votre désir m’importe peu. Répondit ce dernier alors que la calèche s’immobilisait devant un manoir cossu. Descendez.

- Non… » Murmura Elizabeth tandis qu’il la poussait brutalement et manquait de la faire tomber de voiture.

 

Elle sentit la main de son époux se refermer comme un étau sur son bras tandis qu’il la traînait le long du couloir dallé de marbre et la jetait dans une chambre.

« Vos mines effarouchées ne marchent pas avec moi. » Déclara-t-il froidement tandis qu’un domestique refermait la porte derrière eux.

Tremblante, Elizabeth, chercha du regard une issue pendant qu’il défaisait lentement les boutons de son costume de mariage.

« Déshabillez-vous. Ordonna-t-il.

- Non… » Répondit Elizabeth en cherchant du regard de quoi se défendre.

Le visage du Duc se durcit à ces mots et il la jeta sur le lit, ses doigts pressés déchirèrent la robe sur laquelle la couturière avait passé tellement d’heures de travail.

 

Nue, Elizabeth se débattit, cherchant à le gifler avant qu’il n’immobilise ses bras et serre ses poignets.

« Vous êtes ma femme. Lui jeta-t-il en la retournant prestement.

- Non !! Hurla Elizabeth, cette fois folle de terreur.

- Vous allez apprendre l’obéissance. » Murmura le Duc en abattant sa ceinture de cuir sur son dos.

Elizabeth poussa un autre hurlement tandis qu’il la battait à nouveau, sa ceinture laissant de longues estafilades ensanglantées sur son dos.

« Retournez-vous. » Ordonna-t-il le souffle court.

 

Elizabeth, tremblante, obéit et retint un haut de cœur en découvrant le visage rouge de son époux, elle comprit que loin de lui déplaire, sa résistance l’excitait. Elle se mordit les lèvres et retint ses sanglots tandis qu’il la forçait à écarter les cuisses et se frayait hâtivement un passage en elle. Elle poussa un cri de détresse en le sentant s’enfoncer brutalement en elle, déchirant sa virginité. Un râle de plaisir obscène fit écho à son cri et Elizabeth détourna le visage, des larmes roulèrent sur ses joues alors qu’elle comprenait qu’elle n’avait quitté une prison que pour mieux entrer dans une autre….

Chapitre 3                                                                                                 Chapitre 5

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