Chapitre 16 Tractations obscures

Restée sur le quai, Amy n’avait pu que regarder avec rage et détresse Will s’éloigner, un bras autour de la taille d’Elizabeth. La jeune pirate s’était débattue avec hargne et joué de l’épée pour éloigner ses assaillants avant de se retrouver à terre, des dizaines de mousquets pointés sur elle. Haletante et une douleur lancinante au poignet qu’elle jugea s’être brisé dans sa chute, Amy leva un regard voilé de douleur sur les soldats qui l’entouraient.

« Allez-y, finissez le travail. » Haleta-t-elle.

 

Le chef du bataillon la regarda avec satisfaction et la saisit brutalement par le poignet pour la forcer à se relever, lui arrachant du même coup un cri de douleur.

« Par ici ma belle, il y a des gens qui veulent te voir. »

Amy serra les dents tandis que l’autre refermait de lourdes chaînes à ses poignets et se laissa entraîner. Elle jeta un long regard rempli d’amertume et de chagrin au Pearl qui se balançait paisiblement au large des côtes. Le Pearl sur lequel il y avait sans nul doute son fiancé. Son promis qui, à la faveur d’une bataille, avait choisi de protéger cette maudite Elizabeth Swann et l’avait laissée, elle, aux mains des soldats. Elle haïssait cette femme.

 

Cette pensée ne quitta pas Amy tout le temps que dura son trajet honteux jusqu’à la capitainerie, effaçant même la souffrance lancinante de son poignet brisé. Finalement elle fut projetée dans une pièce sombre et sale.

« La voilà Monsieur Mercer. Déclara avec révérence le chef des gardes. J’ose croire que Lord Beckett sera satisfait. »

Amy fronça les sourcils à la mention de ce nom. Lord Beckett ??? Était-ce le même homme que celui dont Will lui avait toujours parlé avec haine ? Celui qui avait ruiné son mariage avec cette foutue maudite Elizabeth ?

 

Sur ses gardes même si elle voyait difficilement comment elle aurait pu se défendre, Amy dévisagea avec attention l’homme au visage couturé de cicatrices qui la regardait avec dégoût et surprise. Mauvaise passe, songea-t-elle tandis que le dit Mercer prenait la parole d’une vois métallique.

« Bande d’imbéciles, ce n’est pas la bonne femme ! »

Amy enregistra l’information tandis que le chef des gardes se répandait en excuses

« Mais Monsieur, c’était la seule, vous aviez dit la fille qui accompagne l’équipage du Black Pearl »

Non, songea Amy, pas la seule, c’est donc Elizabeth qu’il veut.

 

Mercer confirma aussitôt sa conviction.

« Crétin ! Elizabeth Swann est blonde et celle-ci est brune. » Lâcha-t-il avec froideur.

Amy savoura la confusion du garde tandis qu’il bredouillait.

« Mais il n’y avait qu’elle comme fille Monsieur. »

Faux. Corrigea mentalement Amy

« Impossible ! Rétorqua Mercer. Mes informateurs sont formels.

- Oh… Et pour elle ? » Demanda le garde.

 

Amy se retourna vivement vers Mercer, espérant vaguement se voir libérée.

« Et bien je ne sais pas, pendez la ça fera toujours un pirate de moins. » Répondit Mercer avec agacement.

Raté… Songea Amy avant de s’interposer.

« Pourparlers! » S’exclama-t-elle tandis que le garde l’entraînait vers la sortie

Mercer tressaillit à peine, il se tourna vers elle et lui accorda de l’attention pour la première fois depuis qu’elle était entrée.

« Pourparlers. Répéta Amy. Je sais où est celle que vous voulez. »

 

Cette fois Mercer intima au garde de s’arrêter et Amy retint un soupir de soulagement.

« Que sais-tu ? Parle. » Ordonna Mercer.

Le visage d’Amy prit une expression dure. La jeune pirate tendit ses poignets et grimaça sous la douleur occasionnée.

« Je ne parle pas en position de faiblesse.

- Parle ou je te pends. Répondit Mercer d’un ton indifférent.

- Alors pendez moi et tirez un trait sur la Duchesse de Somerset. » Rétorqua Amy.

La pirate eut la brève satisfaction de voir le visage de l’homme s’empourprer et ce dernier adressa un geste négligent au garde.

« Détachez la et laissez-nous. Ordonna-t-il, furieux de voir l’identité complète d’Elizabeth dévoilée.

- Mais monsieur 

- C’est un ordre. Rassurez-vous j’ai eu l’occasion de mater des pirates plus féroces que celle-ci. » Ajouta Mercer.

 

Enfin libre, Amy massa ses poignets avec précaution, cherchant à apaiser un peu sa souffrance.

« Maintenant où est-elle ? Gronda Mercer une fois que le soldat fut sorti.

- Qu’offrez-vous en échange de mes informations ? Rétorqua Amy.

- Je vous laisse la vie sauve, c’est bien assez cher payé. »

Amy réfléchit quelques instants et s’assit en croisant les jambes d’une manière provocante

« Et si je vous proposais mieux ? »

Mercer haussa le sourcil et la dévisagea avec attention.

« Poursuivez… »

 

Amy retint quelques instants son souffle tandis qu’un plan germait dans son esprit.

« Si je vous la livrais ?

- Pourquoi feriez-vous ça ? Et pourquoi passer un marché alors que mes hommes pourraient la prendre de force avec vos informations ? »

Amy sourit finement et le fixa.

« Monsieur Mercer, nul doute qu’après votre attaque les pirates seront sur leurs gardes. De plus un nouvel assaut de votre part risquerait de blesser la précieuse Duchesse. Susurra-t-elle. Et vous ne voudriez pas cela n’est-ce pas ? »

Mercer la regarda avec intérêt mais ne broncha pas.

« Alors que si je vous la livre, moyennant une petite récompense cela va de soi, vous n’aurez même pas besoin de lever le petit doigt et ne prendrez donc aucun risque avec la Dame. »

Mercer sourit, songeant fugacement qu’il aimait le style de la fille.

« Et quelle récompense désirez-vous obtenir … ?

- Amy. Précisa cette dernière.

- Amy ? » Répéta Mercer.

 

La pirate sourit légèrement et feignit une assurance qu’elle était loin de ressentir.

« La liberté et des lettres de marques. Pour moi et pour William Turner. Annonça-t-elle.

- Les autres ?

- Qu’ils soient pendus, peu m’importe. Répondit Amy en haussant les épaules.

- Je vois. Murmura pensivement Mercer. Et puis je connaître les raisons d’un tel marchandage ? Pourquoi trahir votre camp ? »

Cette fois Amy sourit sans réserve alors qu’elle répondait.

« Je suis un pirate. Disons que j’ai la trahison dans le sang.

- Et qu’est-ce qui me prouve que vous n’allez justement pas nous trahir et nous envoyer sur une fausse piste ?

- Rien hormis le fait que je hais cette femme. Cracha Amy avec sincérité. Vous voyez vos intérêts servent les miens. »

 

Mercer l’observa pensivement quelques instants puis il sortit nonchalamment son couteau et joua avec la lame.

« Si vous mentez, je vous retrouverais Amy.

- Je ne mens pas. Ma seule autre requête est que Will ne devra jamais savoir quel rôle j’ai joué dans l’histoire. Donnez-moi cette assurance et celle que nous ne serons pas inquiétés et je vous livre Elizabeth sur un plateau. »

Mercer pesa un instant la proposition, son regard froid détailla la jeune femme. Finalement il décida que cette dernière était suffisamment sauvage et haineuse pour dire la vérité.

« Bien. Maintenant que nous sommes d’accord sur les termes où nous la livrerez-vous ? » Demanda-t-il.

Amy sourit largement et se recala dans le fauteuil confortable.

« Avez-vous une carte Monsieur Mercer ? » Répondit-elle.

 

Le visage de Mercer se tordit en une caricature de sourire et il avança lentement une carte vers Amy. La jeune femme étudia longuement cette dernière et rassembla ses souvenirs sur la localisation du coffre que Jack cherchait pour calculer le temps que le Pearl mettrait pour s’y rendre. Le front plissé, elle finit par désigner une île à quelques nœuds de là, certaine de réussir à convaincre Jack de s’y rendre une fois le coffre trouvé.

« Ici. Finit elle par dire, pointant l’île du doigt. Dans quatre mois. »

Mercer se crispa, conscient que Lord Beckett était pressé de récupérer Elizabeth.

« Pourquoi pas avant ? Ou plus proche ? »

 

Amy se crispa.

« Parce que Jack Sparrow a un but dont il n’acceptera pas de se détourner et qu’il lui faudra un peu plus de trois mois pour y parvenir. Le reste du temps est celui qui faudra au Pearl pour se rendre à l’endroit que je vous ai indiqué. Du reste, vu la « rapidité »de vos navires, un délai plus court serait déraisonnable. » Ne put s’empêcher de décocher Amy, certaine que sa flèche porterait

Mercer grimaça légèrement avant d’abdiquer à regret.

« Très bien… Reste la question de votre évasion. »

 

Cette fois ce fut à Amy de déglutir en lisant la menace à peine dissimulée de Mercer.

« Oui. Savoura ce dernier en jouant avec son couteau. Je ne vous apprendrai rien en vous disant que Jack Sparrow aura du mal à croire que vous vous en êtes tirée sans dommages. Et aucun de nous ne veut voir notre plan échouer n’est-ce pas ?  Susurra-t-il.

- On a qu’à dire que je vous ai filé entre les doigts. Riposta faiblement Amy, alertée par la lueur perverse du regard de Mercer

- Trop facile. » Répondit Mercer avant de se lever.

 

Amy retint son souffle alors qu’il déchirait sa chemise de la pointe de son couteau et effleurait la peau tendre de ses seins.

« Très joli. » Commenta l’homme avec froideur.

Amy tenta de reculer mais il la plaqua au mur avec une violence sans retenue.

« Sale petite pirate. » Annonça-t-il en se saisissant d’un tison chauffé à blanc qu’il appliqua sur son ventre.

Cette fois Amy hurla tandis qu’une écœurante odeur de chair brûlée se répandait dans la pièce.

« Pour que vous n’oubliez pas ce qui est en jeu. » Susurra Mercer avant de la retourner pour dévoiler son dos nu.

 

Amy hurla de nouveau en sentant la morsure du fouet sur son dos, Mercer ne retenait pas ses coups.

« Pour le souvenir. » Commenta-t-il.

Amy sentit la morsure des lanières du fouet sur sa peau tendre, l’objet y laissa des sillons profonds tandis qu’il lui semblait que son ventre était en feu. Au bout d’un moment qui parut durer une éternité à Amy la torture cessa enfin et elle glissa contre le mur, les jambes coupées par la sauvagerie de Mercer.

« Sachez que si vous me doublez la punition sera bien pire. Affirma Mercer en la saisissant par les cheveux pour glisser sa lame contre sa joue humide de larmes de douleur. Maintenant debout ! Disparaissez. »

 

Amy prit à peine le temps de rabattre sa chemise sur elle. Elle couvrit sa poitrine et se précipita vers la fenêtre, craignant que l’autre change d’avis. Quelques instants plus tard, elle courait vers le port et tentait d’ignorer la douleur occasionnée par le traitement de Mercer. Le plus urgent était de rejoindre Will.

 

()()

 

Une fois Amy partie, Mercer ricana et appela ses hommes.

« Suivez-la, faites en sorte d’être discrets. » Ordonna-t-il avec un sourire mauvais, s’assurant ainsi la victoire si Amy venait à commettre l’erreur de ne pas respecter sa promesse.

Le soldat de garde bafouilla et Mercer lui lança un regard agacé.

« Quoi ?

- Monsieur Mercer. Il me semble que je vous avais confié une mission. » Annonça la voix de Cutler Beckett alors que l’homme pénétrait dans la pièce.

 

Mercer se tourna vers ce dernier et détailla son employeur d’un air froid.

« Lord Beckett. Je ne vous attendais pas si tôt.

- Je m’en doute Mercer. Ironisa Beckett en s’asseyant. Mais voyez-vous, notre plan a connu quelques changements de dernières minutes. »

L’homme de main haussa le sourcil et attendit la précision qui ne tarderait pas.

« Le Duc a décidé de venir en personne récupérer sa fugitive de femme. Qu’avez-vous appris ? » Demanda Beckett d’un ton où perçait légèrement son inquiétude.

 

Mercer poussa la carte vers le Lord.

« Miss Swann nous sera livrée dans quatre mois. Ici. Répondit-il en tapotant l’île indiquée par Amy

- Livrée ? Auriez-vous introduit des complices à bord ?

- En quelque sorte, disons que j’ai très récemment rencontré une jeune femme qui semble pressée de mettre un terme à la fugue de Miss Swann. »

Beckett pesa l’information et fixa un regard acier sur son homme.

«  Et qu’exige-t-elle ? »

Mercer haussa les épaules.

« Et bien la liberté comme on pouvait s’y attendre. Pour elle et pour Turner.

- Le Duc veut Turner. Souligna Beckett. Je me suis personnellement engagé à le lui procurer. »

 

Mercer sourit et caressa la lame de son couteau.

« Il n’est pas déshonorant de ne pas respecter sa parole lorsqu’on la donne à un hors la loi notoire.

- Évidemment, sourit Beckett qui se détendit pour la première fois de l’entretien. Et pour votre complice ?

- J’avais pensé qu’elle serait une agréable distraction.

- Est-elle belle ? Demanda Beckett avec un léger sourire.

- Pour l’instant. Répondit froidement Mercer, amenant un sourire amusé sur les lèvres de Beckett.

- Parfait Mercer. Répondit le Lord. Je vais avertir le Duc de notre succès futur puis nous veillerons à nous mettre en route. Nous ne voudrions pas manquer notre rendez-vous n’est-ce pas ? Déclara-t-il en se dirigeant vers la porte. Seigneur que je hais les Caraïbes, il y fait décidemment trop chaud. » Soupira Beckett avant de sortir.

 

()()

 

Alors qu’Amy empruntait avec une suspecte facilité un navire pour se rendre sur l’île où elle pensait que Jack se dirigerait pour effectuer l’approvisionnement interrompu par les gardes, à bord du Pearl, Elizabeth reprenait peu à peu conscience.

 

Elle ouvrit les yeux et rencontra avec surprise le regard inquiet de Will.

« Will ? Mais que ? » Commença-t-elle avant de se rappeler.

Angoissée, elle s’interrompit et porta la main à son ventre, cherchant à deviner d’une main tremblante si tout allait bien.

« Je crois qu’il n’a rien. » Intervint le jeune homme.

Elizabeth rougit et évita son regard.

« Que fais-tu ici ?

- Pourquoi ne me l’as-tu pas dit Elizabeth ? Demanda Will à la place. Pourquoi ne m’as-tu pas dit que tu attendais un enfant ?

- Je n’en voyais pas la nécessité. Répondit Elizabeth d’une voix mourante.

- Elizabeth, est-ce, est-ce que c’est mon enfant ? »

 

Cette fois Elizabeth se mordit les lèvres et s’écarta de lui.

« Je ne vois pas en quoi c’est important. Tu as choisi de mener ta vie seul, non ? Du moins sans moi. »

Will baissa la tête, brusquement honteux de sa jalousie qui lui parut soudain déplacée au regard de ce qu’il lui avait fait endurer depuis qu’il avait retrouvé Amy

« Non. Je ne l’ai pas choisi. Lorsque je suis revenu… Je, je revenais vers toi Elizabeth. »

La jeune femme se tourna vers lui et le regarda pour la première fois depuis qu’ils avaient commencé à parler.

« Tu as choisi Amy.

- Parce que je t’en voulais d’avoir passé la nuit avec Jack. J’ai cru, j’ai cru que tu l’aimais. Cette idée, je c’est insupportable Elizabeth ! »

 

Elizabeth sonda son regard. Elle y lut la sincérité qu’elle y avait toujours vue et lui prit la main, l’étreignant avec force tandis qu’elle approchait son visage du sien.

« Je n’ai jamais aimé aucun autre homme que toi. Et je n’en aimerais jamais d’autre. Ma nuit avec Jack c’était, c’était une erreur, je, je me sentais tellement seule, je sais que ce n’est pas une raison mais il…

- Chut… La coupa Will, ému. Je crois que je suis mal placé pour exiger quoi que ce soit de toi. Je t’aime. C’est suffisant à mes yeux. »

 

Des larmes perlèrent aux cils d’Elizabeth tandis qu’il la serrait doucement contre lui et la jeune femme se força à s’écarter.

« Will. Je ne veux pas que tu te sentes obligé parce que je, enfin tu vois. »

Will soupira et écarta légèrement une mèche de son visage.

« Le fait que tu attendes un enfant n’est pour rien dans ma décision ou dans mes sentiments. Elizabeth, lorsque j’ai vu ces soldats, je n’ai plus eu qu’une idée en tête, te protéger. Je serais devenu fou s’il t’était arrivé quelque chose. » Murmura-t-il tendrement.

Elizabeth le fixa, revivant les moments qui avaient suivi l’attaque et la manière dont Will s’était précipité vers elle pour la protéger.

« Je te crois. Souffla-t-elle. Si je ne t’ai rien dit c’est parce que …

- Je crois que j’ai compris tes raisons. » Répondit tendrement Will avant de l’embrasser.

 

Elizabeth noua ses bras autour du cou de Will et répondit au baiser avec une ardeur désespérée avant de s’écarter un peu.

“J’ai eu peur de t’avoir perdu.

- Tu ne me perdras jamais. Pardonne moi Elizabeth j’ai été stupide et injuste tant vis-à-vis de toi que vis-à-vis d’Amy. A cause de ma bêtise tu as souffert et Amy aussi. Je vais rattraper mon erreur ou du moins essayer. Même si je doute qu’elle me pardonne un jour. » Soupira Will en songeant à la peine qu’il allait infliger à sa jeune fiancée.

Elizabeth sourit légèrement avant de sentir un remord inconfortable la titiller.

« Est-ce que tu es sûr Will ? Je ne veux pas que …

- Elizabeth. La coupa Will. J’en ai toujours été sûr seulement ma jalousie m’a empêché de le voir. Je vais réparer cette erreur. Maintenant. Cette situation n’a que trop duré et j’ai fait souffrir trop de personnes par mon hésitation. »

 

Elizabeth soupira tandis qu’il l’embrassait à nouveau, ses mains parcourant son corps avec avidité, s’attardant sur son ventre pour une lente caresse.

« Repose-toi. Je te rejoins dès que j’aurais parlé à Amy. Je crois que j’ai assez attendu pour cela.

- D’accord… » Soupira Elizabeth avant de s’enfoncer dans le lit moelleux, son cœur bondissant de joie.

Après un dernier regard tendre, Will sortit et prit une profonde inspiration à l’idée de la tâche difficile qui l’attendait

 

()()

 

Le jeune homme chercha Amy sur le pont et réprima un mouvement de surprise en ne la voyant nulle part. Apercevant Jack, qui à la barre du navire, semblait avoir l’œil sur tout il se dirigea vers lui.

«  Je suppose que notre délicieuse Duchesse se sent mieux si j’en juge par ton sourire. » Plaisanta Jack en le voyant.

Will rougit légèrement et baissa les yeux.

« Nous avons parlés…

- Et pas que parler à voir ton air. Plaisanta Jack. Excellent choix, maniable, bonne sur la distance,

- Jack… Gronda Will, agacé. Ce n’est pas pour ça que je suis venu te voir. Sais-tu où est Amy ? Je dois lui parler. »

 

Jack se troubla légèrement et évita son regard.

« Oh Amy….

- Oui Amy ! Est-elle dans notre cabine ?

- J’en doute. » Répondit Jack d’une voix assombrie

Will le regarda, confus

« Enfin Jack explique toi ! Où est-elle ? »

Jack soupira et se tourna vers lui.

« Tu étais visiblement trop occupé à sauver ta donzelle pour t’en rendre compte mais Amy est restée sur place. »

Will ne cilla pas, tentant de digérer la nouvelle. Agacé Jack lutta contre une brutale envie de le secouer et reprit.

« Elle est restée sur le quai !! La dernière fois que je l’ai vue avec ma longue vue elle avait des fers aux poignets et les soldats l’emmenaient je ne sais où. »

 

Will sentit une vague de désespoir et de culpabilité mêlés fondre en lui et il saisit Jack par le bras.

« Mais on ne peut pas la laisser !! Il faut faire demi-tour, aller la délivrer ! »

Un regard agacé lui répondit.

« Hors de question, je ne mettrais pas l’équipage en danger pour sauver une fille qui, si elle n’est pas complètement stupide ce qui au vu de ses choix amoureux me parait sujet au doute, ne reviendra de toute manière pas sur le Pearl.

- Mais Jack!! Tu l’as dit toi-même tu as vu les soldats l’emmener !! Ils risquent de la pendre.

- C’est fort probable. Répondit Jack sans émotion

- Mais on ne peut pas laisser faire ça !!

- Écoute petit. Il y a certaines choses contre lesquelles un pirate ne peut rien faire. L’emprisonnement d’Amy en fait partie. Tu dois commencer à comprendre que tu ne peux pas sauver toutes les demoiselles en danger. Tu as fait un choix non ? Alors oublie Amy, elle se débrouillera.

- Mais …

- Ça suffit !! Pas de mais !!! Si Amy est rusée elle nous rejoindra à la prochaine escale en attendant je ne veux rien entendre !! De plus je doute qu’Elizabeth apprécie que tu partes au secours de la dame.

- Elizabeth comprendra. » Répondit Will.

 

Jack ne put s’empêcher de rire

« Tu devrais revoir tes positions sur les femmes petit. Nous serons au port dans deux jours. Une fois là-bas nous verrons si Amy nous rejoint.

- Mais s’ils la pendent !!!

- Dans ce cas, il est inutile de faire demi-tour. » Rétorqua Jack avant de tourner le dos à Will et de mettre fin à la discussion.

 

Le remords chevillé au corps, le jeune homme baissa la tête et se dirigea vers la cabine d’Elizabeth tout en cherchant comment sauver Amy…

 

Chapitre 15                                                                                              Chapitre 17

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